Archives mensuelles : novembre 2007

Après la visite de Monsieur Fillon…….

 

Le premier ministre a ressenti l’urgent besoin de venir s’exprimer à Champigny. Grand bien lui fasse d’autant que les espaces de parole que lui laisse le Président Sarkozy sont rares. Il a eu donc raison d’en profiter.

Mais pour les Campinoises et les Campinois, où est la plus value de faire de leur commune le champ d’un affrontement national? La confiscation du débat municipal par un pseudo-débat national ne réglera en rien les questions de l’urbanisme, de la démocratie locale, des transports et de l’environnement. L’attaché parlementaire du 1er ministre cherche peut être un tremplin pour sa carrière nationale, la liste d’entente citoyenne présenté par le Forum des Boucles de la Marne cherche, elle, à changer la vie de la commune et le quotidien de nos concitoyens.

Nous ne jouons pas dans la même cour.

L’enjeu, face à un état qui se désengage de plus en plus, est bien de construire, au plan local, une force de changement et de gouvernance citoyenne. Il ne s’agit pas de clientélisme, on a déjà donné, mais de démocratisation de la vie politique locale pour que les décisions municipales soient élaborées pour et par les habitants.

Yves Fuchs

L’eau pour la ville… des décisions politiques attendues

Le problème de la distribution de l’eau par des sociétés privées en Ile de France (groupe VEOLIA) est de plus en plus remis en question et ceci à la veille de négociations qui auront lieu en 2009, les contrats en cours venant à expiration en 2010.

Une question brûlante sur laquelle Forum s’est déjà exprimé en 2005 ( voir en annexe documentn°1) et sur laquelle la mairie vient de prendre position (voir en annexe document n°2). Cette adhésion de la mairie à l’association pour une gestion publique de l’eau intervient deux ans après l’appel lancé par Patrick Braouézec, député de Seine Saint Denis, Président de la Communauté de Commune de la Plaine et par Christian Métairie, 1er adjoint au Maire d’Arcueil, Président de la Communauté de Communes du Val de Bièvre, appel auquel une quarantaine de maires d’Ile de France, de différentes sensibilités politiques se sont associés (en annexe document n°3). Nous donnons ci dessous quelques informations pour nos lecteurs tout en conseillant à ceux qui veulent en savoir plus de se connecter sur le site de l’Union Française des Consommateurs Que Choisir qui a fait une étude très poussée de cette question

http://www.quechoisir.org

Vous trouverez aussi en annexe  n°4 la récente (31/11/07) déclaration d’élus au SEDIF qui contient des informations très intéressantes

Et à Champigny comment vont les choses ?Les responsables d’associations (dont Forum des Boucles de la Marne) et les membres de la commission extra municipale de sur la problématique de l’eau ont reçu une lettre de MM Georges Charles et Bernard Lécuyer, Maire-Adjoints, délégué et Délégué adjoint au SEDIF (Syndicat de Distribution des Eaux de l’Ile de France).

Cette lettre invite à une réunion en Mairie le Mercredi 12 Décembre à 19H pour une rencontre suite au vote par le Conseil Municipal d’une délibération relative à l’adhésion de la commune à l’association  »  Une eau pour tous-objectif 2010 « .

La mairie vient donc de voter avec un long délai de réflexion l’adhésion à cette association groupe initié il y a 2 ans par un appel de Patrick Braouézec, député de Saint Denis, Président de la communauté de commune de la Plaine (93) et Christian Métairie, 1er adjoint au maire d’Arcueil et Président de la Communauté de commune du Val de Bièvres ( voir en annexe document n°3) 

Pourquoi cette réunion ? l’ordre du jour est vague. S’agit-il de montrer que la municipalité se préoccupe réellement du problème de l’eau et de la renégociation des contrats avec le privé qui doit se faire en 2009 ?

Pourquoi alors la commission extramunicipale crée en 2005 après une demande de Forum ne s’est-elle réuni qu’une seule fois pour une simple prise de contact puis a été mise en sommeil ?

. Nous sommes prêts à appuyer toute initiative concrète mais pas à nous prêter à une opération de communication pré-élections.

Nous irons à cette réunion du 12 décembre pour nous informer et vous informerons sur ce blog des propositions qui seront faites et des décisions qui seront prises.

 

Le prix de l’eau à Champigny

Entre 1994 et 2001 le prix du m3 d’eau (HT) à Champigny a d’abord grimpé de 7,437 F (1,12 euro) en juillet 94 à 8,434 F (1,27 euro) en juillet 97 soit une augmentation de 13% sur 3 ans (4,25 % par an). Ensuite de 1997 à 2001 les prix varient peu jusque fin 2001 (8,566 F= 1.28 euros). Le passage à l’euro se traduit en janvier 2002 par un bond (comme dans beaucoup de domaines). Le prix du m3 s’établit alors à 1,3145 euros et de 2002 à 2007 il va grimper régulièrement pour atteindre en août 2007 un niveau record de 1,4790 euros soit + 15,5% sur les 6 dernières années. Et ce n’est pas tout. Entre temps certaines charges ont été augmentées. Si je compare les factures pour 15m3 d’eau distribuée en 1994, 1997, 2000, 2002, 2005 et en 2007 à Champigny

Je constate les chiffres suivants (HT)

 

1994 (en euros)

1997 (en euros)

2000 (en euros)

2002

2005

2007

Distribution de l’eau

18,81

20,09

20,80

23,54

22,90

24,83

Collecte et traitement des eaux usées

5,89

7,97

15,97

16,55

17,99

19,91

Organismes publics

12,10

14,75

8,35

8,91

7,41

9,14

Total (HT)

36,8

42,81

45,12

49,00

48,3

53,88

Quel est le prix de revient du m3 d’eau tel qu’il est vendu par le privé à Champigny ? Ce chiffre n’est pas connu mais des études réalisées par UFC que choisir pour certaines villes montrent que l’écart entre le prix du m3 facturé à la distribution et le prix tel que calculé par UFC sont importants : 36,3% sur Paris (où le m3 est facturé 0,99 euro), 56,0% sur Lyon ou le m3 est facturé 1,41 euro et de 60,6% à Gennevilliers où le m3 est facturé 1,373 euro.

Quelle est la marge à Champigny où le m3 est facturé 1,479 euro ? Si on prend en référence le prix moyen de 0,62 euro calculé par UFC-Que Choisir pour la banlieue parisienne le surcoût à Champigny serait de 0,859 euro soit + 138%. Nous attendons des précisions des prochaines réunions !!!

Ce que l’on peut observer c’est seulement l’évolution du prix sur 13 ans pour une même quantité (15m3)

Ce qui a augmenté le plus rapidement sur cette période test ce n’est pas le prix de l’eau à la distribution ( +2,5% par an sur 13 ans) ce qui  n’enlève rien au fait que ce prix soit surévalué mais les redevances communales, départementales et interdépartementales. Pourquoi? Les frais d’assainissement ont grimpé de façon accéléré là comme dans d’autres domaines l’état a transféré des charges importantes aux communautés locales, départementales et régionales et le contrecoup se fait sentir : 18,31% en moyenne d’augmentation par an sur 13 ans (+238%).

Par contre on constate que les sommes affectées aux  » Organismes Publics  » ont diminué de 2,28% par an (compte non tenu de l’inflation). Cela veut dire que les activités qui sont financées par ces redevances ont reçu moins de moyens (lutte contre la pollution, voies navigablesde France). Est ce bien logique alors qu’on parle développement durable que de moins en moins de moyens soient récoltés pour le renouvellement et la protection des ressources en eau ?

Documents en annexe

Document 1 : article dans le n°25 de Débats de Forum

Il y 2 ans en octobre 2005 Michel Burguière écrivait l’article suivant dans le n°24 de notre journal :  » Les Débats de Forum « 

Pour qui l’eau coule-t-elle ?

L’eau coule à notre robinet. Nous nous préoccupons de sa qualité (nitrates, pesticides) nous savons bien que l’eau est un problème important pour notre planète mais nous pensons trop souvent que c’est un problème du tiers monde en oubliant que 70 départements français ont été touchés par la sécheresse en cet été 2005. En tant que citoyens et consommateurs il est urgent que nous prenions conscience des différents problèmes de l’eau

Qui Gère ?

Dans de nombreux syndicats de commune la gestion de l’eau est confiée à une compagnie privée. Ce type de décision a été pris par de nombreux maires, tant de gauche que de droite, au cours des années 70 et 80. L’argument qui emportait la décision était que l’affaire serait mieux gérée par des professionnels, que cela ferait une charge de moins pour la mairie. Et puis on était dans une période où l’option libérale, la plus grande efficacité du privé étaient rarement remises en cause même à gauche….

Les grands groupes de la distribution de l’eau ont su en même temps tisser de bonnes relations avec les élus, leurs partis, patronner des clubs sportifs. La justice a même été saisie d’affaires de corruption et a condamné en 1996 l’ancien maire de Grenoble pour avoir obtenu des avantages personnels en échange du marché de l’eau. Puis dans quelques villes des comités d’usagers se sont penchés sur sur ces concessions au privé, souvent parce que le prix de l’eau augmentait de façon importante dans leur commune. A Castres le comité d’usagers a mis en évidence des pratiques qui ont été condamnées par le tribunal administratif de Toulouse. Le maire (UMP) appuie maintenant la démarche du comité et cherche à renégocier avec la Lyonnaise des eaux. A Neufchateau c’est un maire socialiste qui a remis en cause les accords qu’il avait lui même passé en 1990. Sur la base d’une étude indépendante il s’est rendu compte qu’en 1992 l’eau était facturée 24F (3,60 euros)le m3 alors qu’elle aurait du coûter 19F (2,85euros) En 2001 le contrat avec le privé a été résilié, une nouvelle régie a vu le jour. Le prix du m3 qui avait grimpé de 3,09 euros en 1995 (sur la base d’une consommation annuelle de 120m3) à 3,84 euros en 2000 (+24%) est redescendu à 2,92 euros en 2004. Grace aux bénéfices qu’elle a pu réaliser la régie a pu effectuer des travaux sur le réseau qui se sont traduits par une diminution de 22% de la consommation du fait de la réduction des fuites ! Une façon concrète de sauver l’eau et de penser développement durable.

Comment se fait la gestion de l’eau à Champigny ?

Dans les départements de la première couronne, auxquels nous appartenons, existe le SEDIF, Syndicat de l’Eau d’Ile de France. C’est ce syndicat, regroupant nos communes qui produite et même transporte l’eau puisque c’est à lui qu’appatrtiennent les 3 usines de traitement sur la Seine et la Marne, et même les canalisations. Mais la gestion de la distribution a été à des sociétés privées du groupe de la Compagnie Générale des Eaux. Cette concession doit être renouvelée en 2009. Ne serait-ce pas le moment pour les communes de poser la question du retour de la gestion au service public en l’occurrence le SEDIF.

Document 2 : extrait des Délibérations du Conseil Municipal

Direction Générale des Services Techniques

Adhésion de la commune de Champigny sur Marne à l’association  » Une eau pour tous-objectif 2010 « 

Commissions concernées :

Travaux, Transport et Circulation, Cadre de Vie, Environnement, Finances, Personnel, Affaires Générales.

Rapport Présenté par M. Fautré (en l’absence de Mme Vacher)

 » L’actuel contrat de régie intéressée conclu entre le syndicat des eaux d’Ile de France (SEDIF) et la société VEOLIA pour l’exploitation du service public de l’eau arrive à échéance en 2010.

Or, il conviendra, pour cette échéance, de préciser les futures conditions d’exploitation de ce service et, notamment, d’effectuer un choix entre le maintien d’une délégation de service public ou une reprise en régie directe permettant une complète maîtrise publique, tant au plan économique que technique, de ce service public essentiel.

A cet égard et à la suite d’une réflexion de nombreux délégués de commune siégeant au SEDIF, les représentant de certaines d’entre elles ont pris l’initiative de constituer une association dénommée :  » Une eau pour tous-objectif 2010  » dont l’assemblée générale constitutive s’est tenue le 21 juin dernier.

Elle a pour but de mener, au delà de l’assistance à maîtrise d’ouvrage mise en œuvre par le SEDIF dans le cadre de la procédure de renouvellement de la délégation, une expertise indépendante et précise des actuelles conditions techniques, juridiques, financières, économiques et sociales de réalisation du service public de l’eau en Ile de France.

Cette étude devrait permettre aux membres de l’association de fonder leur choix entre régie directe et régie intéressée sur une connaissance fine des conditions de satisfaction de ce service public et des implications rspectives de chaque mode de gestion.

Cette démarche collective rejoint, tout à fait, la volonté de notre municipalité d’agir, en toute connaissance de cause, pour un retour en gestion directement publique de l’eau « 

M . Prigent s’enquiert du nombre de villes à l’origine de la création de cette association.

Réponse de M. Fautré : une trentaine de villes.

M. Chevallier estime que la position développée, avant toute étude, en faveur d’un retour en gestion publique directe de l’eau n’est pas objective.

Il estime que le SEDIF a tout à fait l’expertise pour fonder le choix qui sera fait. En quoi une nouvelle association aurait-elle une vision plus objective ?

Son groupe votera donc contre la délibération proposée.

Mme Perrin se félicite de la mise en place de cette association dont l’objectif est d’aboutir- en fondant ce choix- à un retour à une gestion publique de l’eau dont elle réaffirme que c’est un bien commun.

M. Lécuyer répond à M. Chevallier : L’association regroupe 30 à 40 villes de toutes les tendances politiques. Il n’y a aucune mise en cause du SEDIF. L’objectif final est d’aboutir à un cout moins élevé de l’eau pour les usagers.

M. Barnaud se prononce, pour sa part, favorablement sur la délibération proposée.

L’étude menée contribuera à faire évoluer les politiques publiques menées dans un secteur où les questions sont complexes.

M. Barnaud attend avec beaucoup d’intérêt les conclusions de cette étude.

M. Charles réaffirme que l’eau est un bien public et non marchand.

Ce n’est effectivement pas le SEDIF qui est en cause. C’est un outil extraordinaire qui fonctionne au profit de 144 communes depuis 1923.

Il est normal que des élus de toute sensibilité se posent des questions sur la gestion de l’eau (actuellement concédée à Véolia).

Il est donc logique et souhaitable de mener une étude indépendante au regard des enjeux notamment financiers.

M. Charles considère qu’on peut à bon droit avoir déjà une opinion sur la meilleure gestion que l’étude devra confirmer.

M. le Maire va dans le même sens.

Il est légitime de réfléchir au meilleur mode de gestion de l’eau pour l’usager. Le seul recours à l’appel d’offres sans réflexion préalable paraît un peu court au regard des enjeux.

M. Rivallain justifie également la création d’une association indépendante. Les délégués des communes au SEDIF croulent sous les informations données par VEOLIA sans être en mesure de les analyser.

Adopté à la majorité

39 voix pour dont 11 procurations

Groupe des élus communistes et républicains

Groupe socialiste

Groupe MARS

M. Prigent non inscrit

M. Karrer non inscrit (par procuration)

Groupe Les Verts

Groupe UDF/Modem

9 voix contre dont 3 procurations

Groupe UMP

Document n°3   Appel de Patrick Braouézec et Christian Métairie (octobre 2005)

Appel pour une gestion

Publique de l’eau

En Ile-de-France

 

 

A l’attention des Maires de gauche

des villes adhérentes au SEDIF

A l’attention des délégués au SEDIF

 

Madame, Monsieur, Chers collègues,

La question de gestion publique de l’eau se pose de plus en plus fortement, et pour les villes adhérentes au SEDIF, l’actualité c’est le renouvellement du contrat de délégation à la Compagnie Générale des Eaux (Véolia) qui doit avoir lieu en 2009.

Nous vous proposons, dans le cadre du prochain congrès des Maires de France,

de rendre public un appel pour que la question soit réellement posée.

Nous vous proposons d’être co-signataire de cet appel dont vous trouverez ci-joint un exemplaire. Cet appel recevra aussi le soutien d’un certain nombre de personnalités nationales et internationales sensibles aux questions de l’eau (nous avons sollicité Ricardo Petrella, Danielle Mitterand, ….).

 

Nous restons à votre disposition et vous prions de croire chers collègues

a l’assurance de nos sentiments les plus cordiaux.

 

 

Patrick Braouezec Christian Métairie

Député 1er adjoint d’Arcueil

Président de la Vice-Président de la

Communauté d’agglomération Communauté d’agglomération

Plaine Commune du Val de Bièvre

 PS : merci de faire parvenir vos signatures par fax au 01 55 93 56 25 ou par mail : appel.eau.publique@gmail.com avant le 17 novembre 2005

Appel pour une gestion publique de l’eau en Ile-de-France

Depuis de nombreuses années, l’eau est l’objet d’une attention croissante. Objet de conflit pour les uns, source de profits colossaux pour les autres, elle est une question de vie ou de mort pour des millions de personnes. A l’échelle locale, nationale, et internationale, de nombreux élus, associations et citoyens posent publiquement et fermement la question de la gestion de l’eau. Ces interrogations portent sur la raréfaction de l’eau, sa pollution ainsi que sur les modes de gestion de ce service public.

En France, depuis quelques années, nous assistons à une réelle prise de conscience sur ces enjeux. Plusieurs contrats ont été dénoncés suite à des dysfonctionnements et des malversations. Le cas le plus emblématique est celui de Grenoble, où le contrat avait été signé avec la Lyonnaise des Eaux dans des conditions plus que contestables. Après une bataille de plus de 10 ans, la distribution de l’eau à Grenoble est désormais assurée par une régie communale. D’autres collectivités ont repris un contrôle direct : Pleumeur-Bodou, Castres, Cherbourg, Neufchâteau… D’autres y travaillent.

Il ressort de différents rapports et études, que la gestion privée en France entraîne un surcoût non négligeable pour l’usager. Si l’on se réfère notamment au rapport de la Mission d’Evaluation et de Contrôle de l’Assemblée Nationale de 2001, on y apprend qu’  » une récente enquête conduite par le Service central des Enquêtes et Etudes Statistiques (SCEES) et l’Institut Français de l’Environnement (IFEN) a même conclu à une différence de prix nettement plus marquée que celle mise à jour par la DGCCRF. Elle n’atteindrait pas 13 % pour l’ensemble du service, mais 27 % pour la distribution d’eau et 20.5 % pour l’assainissement. L’écart serait même de 44 % entre les communes entièrement en régie et celles entièrement en affermage intercommunal « . Par ailleurs,   » … les régies sont, elles aussi, soumises à des contraintes particulières : il leur est en particulier interdit d’effectuer des placements de trésorerie, qui sont sources de produits financiers pour les délégataires. « .

Le rapport est sans ambiguïté :  » … Dans son rapport de 1997, la Cour des Comptes estime que la hausse du prix de l’eau est bien à mettre en rapport avec la délégation du service dans de nombreux cas examinés par les Chambres Régionales des Comptes « . Ainsi, sur la période, le prix du m3 d’eau est de 2.21 euros en régie et de 2.90 en délégation. Rien ne justifie que les citoyens paient plus cher ce qu’une régie leur fournirait au juste coût de revient.

Le SEDIF (Syndicat des Eaux d’Ile-de-France, 144 communes (hors Paris)) a délégué la distribution de l’eau à Véolia, ex Vivendi, ex-Compagnie Générale des Eaux, depuis 1923. La question d’une gestion publique est posée par un certain nombre d’élus de ce syndicat.

 

Nous, Maires, présidents de communautés d’agglomération, délégués de nos communes au SEDIF, personnalités et élus locaux, lançons un appel à tous nos collègues de ce syndicat pour que dans la perspective de la fin de la délégation actuelle (2011), nous travaillions à ce que soit étudié une alternative : la reprise en régie directe par le syndicat de la distribution de l’eau.

Nous ne faisons par ailleurs que suivre les recommandations du Conseil de la concurrence qui dans l’ Avis 00-a12 du 31 mai 2000 recommande, à l’échéance de chaque convention de délégation de prévoir une consultation de l’ensemble de l’assemblée délibérante de la collectivité concernée sur le principe du retour en régie. En outre, le même avis préconise d’ajouter dans le CGCT une disposition imposant cette mesure aux assemblées délibérantes des collectivités territoriales.

Nous pensons que le SEDIF, qui est propriétaire du réseau de distribution et des usines de production, a maintenant acquis la compétence suffisante pour être aussi gestionnaire de la distribution.

Toutes les conditions sont aujourd’hui atteintes pour pouvoir mettre en accord nos orientations politiques avec nos actes, il serait dommage de ne pas profiter d’une telle occasion, dont les usagers et les collectivités d’Ile-de-France concernés seront les premiers bénéficiaires.

 

Infos : 06 70 63 01 40. Signatures : appel.eau.publique@gmail.com

 

Annexe n°4 Déclaration au SEDIF du 31/10/2007

Aujourd’hui a lieu à l’Assemblée Nationale une conférence de presse concernant le prix de l’eau pratiqué par notre syndicat, et la corrélation de ce dernier avec le mode de gestion actuel.

Cette conférence de presse se tient dans un contexte tout particulier.

En effet il y a 15 jours Que Choisir, pour la deuxième année consécutive, a rendu publique son étude concernant le prix de l’eau en France. Et pour la deuxième année consécutive, le SEDIF remporte encore une fois le trophée de la cherté. En effet l’enquête place le Sedif (syndicat des eaux d’Ile de France qui regroupe 144 communes) en tête au niveau national pour la marge réalisée sur le prix de l’eau : 61,2% ! Un usager paierait 1,60 € pour un mètre-cube d’eau distribué, alors que le coût de ce service est estimé à 0,62 € /m3 !

A quelques encablures d’échéances politiques locales majeures, qui, n’en doutons pas, placeront la gestion de l’eau au cœur de nombreux débats citoyens. Ce débat, autour du SEDIF et de la gestion privée de l’eau, nous le souhaitons le plus rapidement possible et le plus transparent possible.

Pour notre part, nous n’avons jamais avancé masqués, s’agissant de la ressource rare et précieuse qu’est l’eau, nous avons toujours dit qu’ il était préférable que les gestionnaires de ce service public fondamental, seul capable de garantir le droit à l’eau, rendent des comptes à des assemblées élues plutôt qu’à des assemblées d’actionnaires, via une gestion publique.

 

Le tout, en s’appuyant sur des faits concrets.

 

– 60 % des communes françaises (80 % des usagers) ont délégué la distribution de l’eau aux trois grands groupes privés.

lorsqu’une société privée gère l’eau potable d’une commune, les usagers paient une facture en moyenne 27 % supérieure à la facture d’une régie publique et jusqu’à 44 % dans le cadre d’une intercommunalité

Dans son rapport de 1997, la Cour des Comptes estime que la hausse du prix de l’eau est bien à mettre en rapport avec la délégation du service dans de nombreux cas examinés par les Chambres Régionales des Comptes « . Ainsi, sur la période, le prix du m3 d’eau est de 2.21 euros en régie et de 2.90 en délégation. Rien ne justifie que les citoyens paient plus cher ce qu’une régie leur fournirait au juste coût de revient.

En principe, l’usager d’un service public n’est tenu d’acquitter que la stricte contrepartie du service qui lui est rendu.

Or, pour l’eau, lorsque le service est délégué, l’usager paye plus que le service rendu puisqu’il rémunère, de surcroît, des actionnaires. Des bénéfices qui ne sont pas toujours réinvestis, et plusieurs commissions d’enquête parlementaires ont été déposées pour connaître la destination finale de ces fonds.

Dans le même temps, il est accordé de grosses ristournes aux gros consommateurs d’eau, ce qui s’apparente pour le moins à une incitation à la consommation lorsque chacun devrait œuvrer à une meilleure utilisation de la ressource.

Exemple : la ville de Neuilly sur Seine est en tête du palmarès et bénéficie de ristournes énormes : 61% de réduction à partir d’une consommation annuelle de 1 825 000 m3 en 2006 !

L’appel pour une gestion publique de l’eau en Ile-de-France, lancé en novembre 2005 va fêter ses deux ans. Il a été signé plus d’une trentaine de villes adhérentes du SEDIF, mais aussi par de nombreuses personnalités, qui souhaitent elles aussi affirmer haut et fort que l’eau ne saurait être considérée comme une marchandise. Une attente réelle existe donc sur cette question.

Il avait dès le départ vocation à être le plus large possible et transcender les clivages politiques afin d’ouvrir le débat largement afin de prendre la meilleure décision pour les citoyens et les usagers lors du renouvellement de ce contrat. La volonté affichée était de se donner les moyens d’étudier tous les scénarios possibles à l’échéance du contrat en 2010.Nous souhaitons que soit véritablement étudié une alternative qui redonne une maîtrise publique sur le cycle de l’eau.

 

La gauche parisienne, dans sa diversité se prononce elle aussi d’ores et déjà pour un retour en régie municipale dès la fin du contrat qui les lie aux entreprises privées.

En Ile-de-France et ailleurs, les enjeux sont énormes afin de faire en sorte que l’eau devienne véritablement un bien public commun de l’Humanité.

VELIB à Champigny, on nous ballade

 

Tout le monde parle de l’extraordinaire succès de Vélib à Paris. Nous nous en félicitons. Ce succès prouve qu’il est possible de développer les circulations douces en milieu urbain dense. Cela ouvre des perspectives d’économies d’énergie, de diminution de la pollution et de pratique d’une activité physique.

 

Lors des dernières rencontres citoyennes on nous a annoncé (voir notre note du 26/10) que Champigny était ville candidate au Vélib. Une information reprise et diffusée quelques jours plus tard par le Parisien.

 

Bien sur Champigny n’est pas limitrophe avec Paris et l’extension du système Vélib n’est prévu qu’aux communes ayant une limite commune avec Paris. Qu’à cela ne tienne. On nous annonce que Joinville (qui a une limite avec le Bois de Vincennes donc Paris) est d’accord pour installer une station Vélib en limite de Champigny à la Fourchette.

Manque de chance la Mairie de Paris a publié la liste des 5 communes candidates à l’extension du Vélib… Joinville n’y figure pas.

 

La signification de ceci : une fois de plus la mairie lance une annonce pour le communiqué sans aucun fondement réel.

 

Venons en plutôt au fond du problème.

 

Peut-on réellement développer les circulations douces à Champigny ? et ceci pour que le vélo ne soit pas seulement un moyen de ballade sur quelques tronçons de Bords de Marne fermés aux voitures les dimanches d’été, mais un moyen de transport pratique, quotidien, régulier, utilisable en toute sécurité pour faire des courses, aller et revenir de son travail.

 

Pour répondre à cette question il faut analyser les raisons du succès de Vélib sur Paris. Il ne doit rien au hasard. La municipalité à Paris a fait un gros travail préparatoire d’information du public pour populariser les circulations douces, ensuite des aménagement de pistes cyclables, des signalisations nouvelles aux carrefours ont facilité et sécurisé l’usage du vélo à Paris. Si cela n’avait pas été réalisé avant l’opération.  Vélib à Paris aurait été un tonitruant échec.

 

A partir de là on peut raisonnablement se poser la question. Une opération Vélib aurait-elle quelque chance de succès à Champigny ? Oui beaucoup de Campinois sont favorables aux circulations douces (voir sur ce blog le succès des manifestations de « Villavélo » le 13 mai et des « Roues de Coeuilly » le 23 juin) mais il reste beaucoup à faire pour créer les conditions d’un développement réel des circulations douces à Champigny.

manif de Villavélo en Mai 2007

Aujourd’hui circuler à vélo à Champigny est difficile et dangereux. Demandez donc son avis à votre facteur ou factrice ! Ce danger il le ressent quotidiennement en faisant son travail.

D’abord (notre photo) les chaussées sont défoncées ce qui oblige les cyclistes à des numéros d’équilibre ou à des écarts dangereux lorsqu’une voiture les suit.

 

Ensuite parce qu’il n’existe pas de réseau cyclable. Encore une fois on a jeté de la poudre aux yeux en créant de pseudo pistes non séparées des chaussées .

On a fabriqué quelques hectomètres de piste cyclable ou de rue soi disant aménagée, des hectomètres parfois très dangereux comme rue des Lyonnes ou rue de Bernau sur des trajets sans intérêt pour les cyclistes et ou n’en voit pratiquement jamais. Pourtant le Plan adopté par le Conseil Municipal après le rapport d’un cabinet d’étude en 1998 prévoyait de structurer les déplacements en vélo autour de grands axes permettant de rejoindre les gares RER, le centre ville, les collèges et les lycées. Cela n’a pas été fait.

 

Au contraire la municipalité de Champigny, représentée par M. Fautré, est venue annoncer à la dernière réunion du Comité d’Axe de la RN4 à la DDE de Créteil qu’elle était opposée à la création d’une piste entre la Tour Hertzienne et la Mairie.

Alors que toutes les municipalités avaient donné leur accord pour une piste continue de Pontaut Combault  à Joinville, celle de Champigny a introduit un hiatus dans la continuité du dispositif sans même proposer une déviation d’itinéraire.

 

Il reste tout à faire à Champigny pour que notre ville puisse accueillir la circulation à vélo dans de bonnes conditions de sécurité pour les cyclistes et alors seulement  il sera possible de réfléchir avec un peu de sérieux au développement de systèmes du type Vélib.

 

Il faut que la municipalité comprenne que ce sont des réalisations concrètes que nous attendons. Tenter de tirer parti du succès réel de Vélib sur Paris ne suffit pas à masquer qu’un tel succès est impossible à Champigny parce qu’il n’y a pas la volonté politique de penser autrement et d’agir pour le développement des circulations douces.

Allons un véritable effort pour les vélos à Champigny et nous serons les premiers à applaudir

Champigny demain? et pourquoi pas?