Archives mensuelles : décembre 2008

UN AGNEAU SE DESALTERAIT DANS LE COURANT D’UNE ONDE PURE… (Jean de la Fontaine)

Vote au SEDIF le 11 décembre.

En annexe un communiqué des Verts 94 et Communiqué de J. Perreux (PCF) vice président du Conseil Général 94

La régie de distribution de l’eau en région parisienne (sauf Paris) fait l’objet d’une convention du SEDIF (Syndicat des Eaux de l’Ile de France) avec VEOLIA. Cette convention vient à terme fin 2009. La question a donc été posée par un certain nombre d’élus de gauche d’un retour en régie publique. Cette position était d’autant plus justifiée que les enquêtes de la Cour Régionale des Comptes et de l’association UFC-Que Choisir avaient révélé que le prix payé par les Franciliens pour leur eau était exorbitant et les bénéfices affichés par VEOLIA faramineux.

Cette position de retour du service public, lancée donc par des élus de gauche, a reçu des appuis au delà tant auprès des élus du Modem que auprès de conseillers municipaux UMP. C’est ainsi que le Conseil Municipal de Villejuif a voté à l’unanimité le retour en régie publique. En province, à  Saint Dizier, le maire (UMP) a engagé un bras de fer juridique en dénonçant le contrat liant sa ville à Veolia et il a gagné devant les tribunaux.

A Grenoble le retour en régie publique s’est fait de façon satisfaisante pour tous. Il est vrai que Grenoble a fait l’expérience dans les années 90 du poids et des pressions que les gestionnaires privés pouvait exercer sur des élus. L’affaire Carignon en a témoigné.

A Champigny un comité local EauIDF s’est battu pour que notre ville et ses délégués au SEDIF prennent clairement position pour la régie publique.

La chose n’était pas si évidente qu’il y paraît. Le retour en régie publique était même combattue par certains à gauche comme le maire (PCF) de La Courneuve. A Champigny les interventions de certains adjoints en commissions municipales étaient très réticentes (les compte rendus en témoignent). Toutefois dès le début D. Adenot, maire, A. Prigent, Conseiller Municipal , Y. Fuchs Conseiller Municipal signaient le texte de l’appel des élus pour une gestion publique. Plus tardivement (6/12) ils étaient rejoints par 31 autres élus.

La bataille au SEDIF s’annonçait incertaine. La gauche y est minoritaire. Elle y dispose de 65 sièges sur 144, les 3 conseillers MODEM avaient annoncé qu’ils voteraient pour le retour en régie publique. L’affaire n’était pas très bien engagée mais on pouvait penser que certains élus de droite étaient eux aussi favorables au retour au service public. L’espoir était donc fragile mais réel.

Au contraire ce fut une douche froide. Au cours d’un vote que M. Santini, président du SEDIF, avait voulu au scrutin secret le retour au service public n’obtenait que 54 voix contre 88. 18 (au moins) élus qui s’étaient engagés à voter pour le service public avaient fait défection. Véolia a certains charmes…

Nous vous communiquons ci dessous en annexe les réactions des Verts 94 et de J . Perreux vice président du Conseil Général du Val de Marne qui chacun à sa façon nous paraissent bien traduire l’état des lieux.

Objet : SEDIF communiqué Verts 94

communiqué des Verts 94

en réaction au vote aujourd’hui du SEDIf en faveur de la reconduction du marché Véolia, on peut s’étonner qu’au final, les opposants aux projets présentés par Santini aient été moins nombreux que prévus.
Peut-être faut-il voir là un signe tangible des capacités des multinationales comme Véolia à défendre leurs propres intérêts et à convaincre des élus de leur confier des marchés juteux. Nous regrettons que l’intérêt des usagers, qui passe par un service public de l’eau, transparent et moins coûteux, n’ait finalement pas été pris en compte par une majorité d’élus du SEDIF, alors que d’autres collectivités, comme Paris, ont su faire un choix courageux et de conviction, en remunicipalisant leur service de l’eau.

Catherine Calmet
porte parole des Verts 94

Il faudra bien placer devant leurs responsabilités ceux qui font facilement un procès de libéralisme aux verts. Certains veulent transformer le monde dans les actes, d’autres ne le font qu’en paroles (Note de la rédaction du blog)

Déclaration J.Perreux jeudi 11 décembre 2008

La politique, ce n’est pas cela !

 

Aujourd’hui a eu lieu le vote au sein du SEDIF pour décider de son futur mode de gestion. Celui-ci survenant après une magnifique campagne citoyenne, devait selon tous les observateurs être extrêmement serré entre les partisans d’une gestion publique et les partisans de la poursuite d’une gestion aujourd’hui déléguée à Véolia. Monsieur Santini et ses amis de droite ont imposé le vote à bulletin secret. Ainsi des élus du peuple, ceux de la République contrairement aux usages démocratiques dans les assemblées communales, départementales et nationales ont pu cacher leur vote sur une question d’intérêt général et sur une question concernant les générations futures. La gauche et les verts qui comptent soixante-cinq élus ainsi que le Modem qui en compte trois ont annoncé qu’ils voteraient  »  non  » à la proposition de M. Santini. Une chose absolument incroyable s’est alors passée, puisque seulement cinquante-quatre votes  » non  » ont été recencés. Les citoyens ont donc été volés, la démocratie bafouée, par un certain nombre d’élus qui se sont rendus coupables de lâcheté en votant l’inverse de leur engagement public. Cet acte jette l’opprobre sur la politique et entretient une suspicion déjà très forte. S’il est déshonorant, il n’aura pas le pouvoir de décourager toutes celles et tous ceux, associations, citoyens et élus qui considèrent qu’il n’est pas de meilleure gestion pour un bien commun que la gestion publique et toutes celles et tous ceux que croient qu’en politique, les actes doivent nécessairement aller de pair avec les paroles. Bien au contraire !

J. Perreux, vice Président du Conseil Général du Val de Marne est un électron libre du PCF. Il n’hésite pas à dire bien haut ce qu’il pense. Et dans le cas du SEDIF cela sonne juste. Nous l’en félicitons. (Note de la rédaction du blog)