Archives mensuelles : juin 2009

A Paris la Concertation Citoyenne va bien. et ici?

La Mairie de Paris a organisé une conférence des citoyens pour discuter du problème des antennes mobiles et faire des propositions. Ci dessous vous trouverez à ce sujet la position de l’association PRIARTEM.

Et maintenant à quand la concertation citoyenne à Champigny pour discuter de ce problème?

Ci-dessous le communiqué de Janine le Calvez ( Présidente de Priatem) et de M. Marc Arazi au titre de Coordinateur Régional Ile de France, le 19 juin 2009, suite à la conférence des citoyens organisée par la Mairie de Paris:

Le panel de citoyens sélectionnés dans le cadre de la conférence de citoyens initiée par la mairie de Paris a rendu, le 18 juin, son avis au Maire de la capitale. Cet avis, parfaitement motivé, est totalement en phase avec nos revendications.

Nous avions pourtant quelques appréhensions. Favorables, a priori, à toute forme de concertation citoyenne, nous avions plutôt apprécié positivement la procédure, inspirée d’un modèle scandinave, lancée par la mairie. Nous avons, comme cela nous a été demandé, fourni ce qu’il est convenu d’appeler des « cahiers d’acteurs », c’est-à-dire un certain nombre de documents synthétiques susceptibles d’éclairer les membres du panel. Nous n’avons fait la connaissance de ceux-ci qu’à l’occasion des auditions publiques auxquelles il nous avait conviés, le samedi 13 juin, soit la veille du jour où le jury citoyen devait rédiger son avis. Au cours de cette journée nous avons senti les positions évoluer et nous partageons l’opinion du jury citoyen qui a regretté que « les associations n’aient pas été entendues dès les premiers week-ends ».

L’avis rendu montre que, malgré les imperfections relevées dans la procédure mise en place, les citoyens, une fois informés, sont à même de développer des propositions parfaitement responsables. La cohérence de celles-ci avec nos revendications nous donne une légitimité encore plus forte en tant qu’association citoyenne.

Rappelons les 10 grandes recommandations :

– Paris : une ville numérique responsable
– Des lieux publics sans ondes
– Paris exemplaire avec un seuil de 0,6 v/m
– Usages et prévention à l’école du téléphone portable
– Développer le savoir vivre ensemble dans les transports en commun
– Vers une mutualisation des réseaux
– Création d’une entité de contrôle et de suivi de la Ville de Paris (type Air Parif)
– Une information citoyenne, complète et compréhensible par la Mairie de Paris
– L’engagement de la Ville dans la recherche
– Vers une reconnaissance de l’intolérance aux champs électromagnétiques

Nous attendons maintenant les propositions concrètes de la ville de Paris quant à la mise en œuvre de ces recommandations.

Bien évidemment la démarche mobilisée fait de ce texte un avis de portée plus générale, notamment en ce qui concerne les grandes villes de France et nous invitons donc tous les élus à s’en approprier.

Janine Le Calvez, présidente de Priartem,

Marc Arazi, coordinateur responsable de l’Ile de France

Européennes 2009 (suite et fin)

QUI A VOTE EUROPE ECOLOGIE ? ET POUR QUELLES RAISONS ?

 

Après le succès électoral des listes Europe Ecologie aux élections européennes, les commentateurs politiques de tout crin ont fourni leurs explications et ceci dès les premiers résultats.

Tout le monde a reconnu que les « têtes d’affiche » des listes Europe Ecologie (D. Cohn Bendit, Eva Joly, José Bové) avaient une forte personnalité et que leurs propos « passaient » bien en télévision puisque, aujourd’hui, l’image donnée à la télévision est un aspect essentiel d’une campagne politique nationale.

C’est exact mais on est en droit aussi se demander si au-delà de l’image les gens n’attendent pas,  voire espèrent, un discours autre que le ronron politicien habituel et des propositions nouvelles. On y reviendra.

Sur les plateaux de télévision dès le 7 au soir, dès le lendemain et les jours suivants dans la presse la cause était entendue : le succès d’Europe Ecologie s’expliquait par un transfert de voix d’électeurs socialistes ayant déserté leur vote habituel. Le Figaro estimait que cela traduisait un désarroi de ces électeurs devant le manque de perspectives d’une opposition systématique et stérile pratiquée par la direction du PS tandis que l’Humanité y voyait une réaction d’électeurs socialistes contre le manque de clarté d’une ligne trop floue et pas suffisamment à gauche. Cette analyse est clairement explicitée dans un article de l’Humanité du 17 juin que vous trouverez en annexe pour information et qui parle d’un « vote sanction » à l’égard du Parti Socialiste.

C’était aussi l’analyse de Dominique Adenot, maire de Champigny qui, le 7 juin vers 22H30, lors de la promulgation des résultats en mairie de Champigny déclarait que le parti socialiste payait son manque de fermeté devant les tenants des politiques libérales et que ce désarroi avait profité à Europe Ecologie.

Nous avons pris un peu plus de temps pour examiner les résultats à Champigny et répondre aux deux questions exprimées dans le titre :

1/d’où viennent les voix qui ont fait le succès d’Europe Ecologie

2/ quelles sont les raisons de ce choix

Nous nous sommes occupés uniquement du vote à Champigny. Il est donc possible que dans d’autres communes les résultats puissent être différents mais Champigny c’est quand même déjà un bel échantillon.

D’où viennent les voix qui ont fait le succès d’Europe Ecologie ?

 

Le 7 juin 2009 la liste Europe Ecologie obtient  à Champigny sur Marne 2691 voix  sur 15117 suffrages exprimés soit 17,80% c’est pratiquement 4 fois le score des Verts en voix (707 voix) et 6 fois en pourcentage (3,15%) aux législatives de 2007. Dans notre première note quelques jours après les élections nous avons toutefois souligné que c’est dans les bureaux où lors des législatives de 2007 les candidats des Verts avaient réalisés leurs meilleurs scores que Europe Ecologie obtient ses meilleurs résultats ce qui, malgré la disproportion des chiffres entre 2007 et 2009, indique qu’il existe un certain « héritage », un certain socle, de vote Vert qui contribue au résultat de la liste Europe Ecologie. Il parait aussi intéressant de rapprocher le résultat de Europe Ecologie de celui de la liste Entente Citoyenne présente aux municipales de 2008 (1228 voix et 5,45%). Certes l’élection en 2008 et les thèmes politiques mis en avant par la liste Entente Citoyenne sur le plan municipal ne sont pas du même type que ceux défendus par Europe Ecologie au plan européen mais en fait l’esprit est le même : la liste Europe Citoyenne regroupe des militants associatifs, des membres ou sympathisants du groupe des Verts de Champigny, premier point de comparaison mais surtout comme Europe Ecologie elle propose une participation citoyenne plus importante à l’élaboration des programmes, une autre façon de s’impliquer en politique et cherche à dégager pour l’urbanisme, les transports, le logement etc. d’autres façons d’aborder les problèmes de la ville.

Lorsqu’on examine bureau de vote par bureau de vote les pourcentages obtenus par Entente Citoyenne en 2008 et Europe Ecologie en 2009 on constate une excellente corrélation des pourcentages. Les deux votes procèdent du même type de démarche.

Toutefois une interrogation demeure : Entente Citoyenne avait obtenu 1228 voix en 2008, Europe Ecologie en recueille 2691 soit 1463 de plus en 2009 alors que le nombre des suffrages exprimés baisse de 22526 (53,70% des inscrits) à 15117 (35,90% des inscrits). D’où viennent ces voix supplémentaires alors que le nombre des votants a chuté ?

Une des pistes consiste à explorer l’idée répandue par la télévision et la presse écrite selon lesquelles ces voix proviennent d’électeurs ayant abandonné le PS. Sur Champigny le Parti Socialiste entre 2007 (législatives) et 2009 (européennes) perd 1908 voix (de 3651  à 1743voix) et passe de 16,25%  à 10,59% des suffrages exprimés.

Pour tenter de voir si les voix perdues par le PS ont pu se reporter sur Europe Ecologie on a procédé de la façon suivante : pour chaque bureau de vote on a additionné les voix obtenues par Entente Citoyenne en 2008 (considérées comme un socle dont une très large majorité avait du trouver des affinités avec Europe Ecologie) et on y a ajouté le nombre de voix perdues par le PS. On a comparé ce chiffre au nombre de voix obtenues réellement par Europe Ecologie. Nous reconnaissons que la démarche n’a pas toutes les garanties de la rigueur (elle ne tient pas compte de chassés-croisés possibles avec l’abstention) mais la cohérence des résultats obtenus est intéressante.

Il existe une bonne corrélation à quelques unités prés pour la grande majorité des bureaux de vote. Les écarts observés sont faibles et peuvent être liés à des choix vers l’abstention d’une petite partie des anciens électeurs socialistes. La ligne verte sur le schéma représente le résultat théorique d’un vote où le résultat d’Europe Ecologie résulterait de l’addition parfaite des voix d’Entente Citoyenne et des pertes du PS.

Pour quelques bureaux de vote (6 sur 38) les pertes du PS ne profitent pas à Europe Ecologie

(Bois l’Abbé, Boullereaux, Ping Pong, Marcel Cachin maternelle). Il s’agit de bureaux, pour la plupart dans des zones d’habitat collectif, où le Front de Gauche obtient un meilleur pourcentage que le PCF en 2007. Il est probable que la progression en pourcentage du Front de gauche dans ces quartiers puisse s’interpréter comme un report vers celui-ci d’anciens électeurs du PS, plus proches des choix de Mélanchon. Dans ces bureaux le parti La Gauche aurait alors trouvé une expression électorale réelle.

A l’inverse dans d’autres bureaux (Jeanne Vacher, Jean Jaurès primaire, Romain Rolland maternelle, Politzer maternelle, Gymnase Tabanelli) le nombre de voix obtenues par Europe Ecologie dépasse nettement le potentiel représenté par les électeurs d’Entente Citoyenne et les pertes du PS. Comme il s’agit de bureaux dans des zones pavillonnaires caractérisés par des pertes importantes du Front de Gauche par rapport aux électeurs PCF de 2007 (entre 1/3 et la moitié des électeurs perdus)  il est raisonnable de penser que ce gain très fort réalisé dans ces bureaux de vote par Europe Ecologie provient pour partie d’électeurs ayant déserté le PCF.

 

 

Quelles sont les raisons de ce choix ?

 

Beaucoup de commentateurs de l’Humanité au Figaro voient dans le succès des listes Europe Ecologie un vote sanction contre le Parti Socialiste : explication très simple et qui finalement ne gêne en rien la quiétude politique de ceux qui la mettent en avant. Seule la raison invoquée pour expliquer cette volonté de « punir » le PS varie selon le bord politique, chacun cherchant à tirer la couverture à lui.

Cette explication est trop courte. Oui il existe un certain rejet des langages et des méthodes politiciennes. Les gens n’y croient plus. Ils ne supportent plus non plus l’ego des professionnels de la politique.  Mais en même temps, contrairement à ce qui a été souvent dit ou écrit, beaucoup s’intéressent à la politique et veulent avoir leur mot à dire. Europe Ecologie leur a parlé un langage simple direct très éloigné de la « langue de bois » habituelle, en leur proposant de participer à l’élaboration des orientations d’une politique européenne. Les mots ont sonné juste; cette façon d’aborder les choses de façon participative a éveillé l’intérêt des gens.

De plus les orientations proposées ont évoqué les problèmes d’une politique européenne de relance, avec une vision différente des problèmes de l’énergie, et une conception non consumériste de l’économie.

Aujourd’hui dans notre pays et dans beaucoup de pays de l’espace européen des gens en nombre grandissant s’intéressent à une vision différente de la production, du développement des forces de travail.

C’est la combinaison de ces éléments qui a produit le beau succès des listes Europe Ecologie. Qu’en sera-t-il demain ? Bien sur le soufflé peut retomber et aux prochaines élections on peut retrouver ce ouvement réduit à quelques pour cent. C’est possible. Pour que cela ne se produise pas il faut éviter certaines erreurs. Daniel Cohn Bendit a souligné dès après le scrutin qu’il n’était pas question de transformer Europe Ecologie en un grand parti social démocrate classique. C’est en effet une erreur à éviter. Les gens n’ont pas besoin d’un parti politique classique de plus avec ses structures, ses pontes et ses caciques. Ils ont besoin de structures proches d’eux, locales et en même temps confédérées pour échanger et agir ensemble. Trouver et faire vivre de telles structures citoyennes c’est le défi posé par le remarquable résultat d’Europe Ecologie.

 

Annexe : l’analyse du succès d’Europe Ecologie faite par l’Humanité du 17/6  

Les électeurs écolos cherchent leur gauche

Les citoyens qui se sont portés sur les listes Europe Écologie continuent de se dire orphelins d’une gauche unie capable d’incarner une alternative à la droite sarkozyenne.

« Notre succès n’est pas le fruit d’un vote d’humeur », se réjouit Daniel Cohn-Bendit, après le score de 16,28 % recueillis par les listes Europe Écologie aux élections européennes. Avec 2 803 759 voix, les écologistes talonnent, sur fond d’abstention massive, les listes du Parti socialiste, qu’ils devancent en Ile-de-France (20,86 %) et dans de nombreux centres urbains.

Un vote de sanction vis-à-vis du PS

Pas un vote d’humeur ? La plupart des électeurs qui se sont portés sur les listes vertes le 7 juin dernier affichent pourtant ouvertement leur amertume, voire leur colère à l’endroit d’un PS « replié sur lui-même », miné par les divisions, incapable de porter un projet mobilisateur. « J’espère que cette élection provoquera un électrochoc au PS. C’est leur dernière chance de se réformer, s’ils ne veulent pas finir marginalisés », résume Jérôme. Ce webdesigner de quarante-sept ans vit dans le 20e arrondissement de Paris, où les listes écologistes ont recueilli 32 % des voix. C’est la première fois que cet électeur socialiste, partisan du non en 2005, vote pour les écologistes. Première fois aussi pour Olivia, trentenaire, rédactrice dans la presse spécialisée, pour laquelle le score du PS est « un choc ». « Leur résultat reflète leur absence sur la scène politique. C’est dommage, mais cette grosse claque est presque méritée », tranche cette électrice socialiste.

Même sévérité du côté des électeurs du PCF qui ont opté, cette fois, pour les écologistes. « Avec cette insupportable façon de faire de la politique autocentrée sur l’appareil, le PS est fermé aux évolutions de la société. Jusqu’ici, ce parti a traité ses alliés communistes et Verts comme des vassaux. Sa chute est positive, elle le contraint à être moins hégémonique », se réjouit Cécilia, vingt-neuf ans, doctorante en sciences politiques, enseignante.

Un fort attachement à l’idée européenne

Tous insistent aussi sur l’hiatus entre leur sentiment d’être des « citoyens européens » et les campagnes jugées trop « franco-françaises » des autres formations de gauche. « Le Front de gauche m’a paru trop antieuropéen. Je suis hostile à l’Europe libérale telle qu’on nous l’offre en ce moment mais je pense que l’appartenance à l’UE est une bonne chose », explique Florent, vingt et un ans, un étudiant qui a voté pour Marie-George Buffet au premier tour en 2007. « Les Verts, très pro-européens, sont clairs et crédibles sur ce sujet, alors que le PS s’est montré très divisé sur l’Europe depuis le référendum sur la Constitution européenne », explique Simon, trente-cinq ans, sociologue. Électeur socialiste, partisan du oui en 2005, celui-ci a déjà opté pour les Verts aux deux précédentes élections européennes. Olivia, comme de nombreux électeurs écologistes, met aussi au crédit de ces listes la clarté de leur position en faveur de l’entrée d’Ankara dans l’UE. « Ils sont les seuls à ouvrir franchement les portes de l’Europe à la Turquie », insiste-t-elle.

Cette « dimension européenne » revendiquée par les Verts importe d’autant plus à ces électeurs que l’UE leur paraît être l’échelon pertinent pour avoir prise sur les problèmes écologiques posés au niveau mondial. « Si cette question n’est pas traitée à l’échelle européenne, on ne pourra rien faire. Je n’ai pas confiance dans le Grenelle de l’environnement », explique Cécilia.

Un sentiment d’urgence attisé par la crise

La lutte contre le réchauffement climatique, la protection de l’environnement constituent « une priorité absolue » aux yeux de ces électeurs, au point de reléguer, pour certains, la question sociale à l’arrière-plan. Mais, pour la plupart, la crise économique mondiale nourrit la mise en cause d’un système qui détruit l’environnement au même rythme qu’il broie les êtres humains. « Pour moi, l’enjeu écologique doit impérativement s’articuler à l’enjeu social. La gauche est trop défaitiste, repliée sur des acquis à sauver, surtout avec la crise. Ce qui m’enthousiasme dans l’écologie, c’est la promesse d’un nouveau projet de société », poursuit Cécilia. Un « nouveau projet » qui peut prendre corps dans des changements de comportement individuel, complète Jérôme : « Dans les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix, nous étions dans un monde futile, glorifiant le profit. La crise nous oblige à changer nos réflexes de consommation. » Le sentiment d’inquiétude cohabite avec un discours très volontariste : « La prise de conscience est en marche, veut croire Florent. Les habitudes, les valeurs sont en train de changer. De toute façon, nous n’avons pas le choix. »

Le système économique mondial, disent-ils aussi, doit être « réformé ». Une attente que les listes Europe Écologie ont su capter, en faisant de la promesse de « réguler les paradis fiscaux » un étendard parfaitement identifié et systématiquement cité par leurs électeurs. Cet affichage a permis de gommer, aux yeux de ceux-ci, les penchants libéraux de Daniel Cohn-Bendit. « Ils étaient clairs sur l’opposition à Barroso. Ils se sont engagés à ne pas soutenir les options libérales au Parlement européen », soutient Cécilia.

La prime au rassemblement

En réunissant un attelage hétéroclite de personnalités venues de différents horizons, les écologistes ont finalement su jouer sur le désir d’union fortement exprimé par l’électorat de gauche. « Ils ont su se mettre d’accord. Eva Joly, José Bové, Daniel Cohn-Bendit… C’est un trio de rebelles qui n’ont pas peur de bousculer le système », assure Jérôme. « Daniel Cohn-Bendit est plutôt libéral du point de vue économique, corrige Cécilia. Mais j’apprécie, chez José Bové, l’engagement altermondialiste, la désobéissance civile. Quant à Eva Joly, j’ai été séduite par son expertise et son engagement contre la délinquance financière. »

Tous, pourtant, continuent de se dire orphelins d’une gauche unie capable d’incarner une alternative crédible à la droite sarkozyenne. « J’ai été très déçue que la victoire du non de 2005 n’aboutisse pas à l’union autour d’un nouveau projet politique », regrette Cécilia. « Pour battre Sarkozy, il faudrait un PS en meilleur état, allié au Front de gauche et aux Verts », suggère Florent. « La seule solution, à gauche, c’est le rassemblement. Le PCF, le PS, les écologistes ont des valeurs communes de progrès. Ils devraient s’unir pour susciter une dynamique, un élan », dit aussi Jérôme. Comme Cécilia, il rêve d’un « large et authentique front de gauche ».

Rosa Moussaoui

Européennes à Champigny (suite)

10 jours plus tard….

Il n’est pas inutile, une semaine et demi après le scrutin d’essayer de revenir et de préciser les points de notre première analyse à chaud (ci-dessous). D’ici quelques jours nous essaierons de préciser le contexte et les raisons du succès d’Europe Ecologie et n’oubliez pas d’apporter votre grain de sel dans la discussion.

Quelques points doivent être précisés: le Front de Gauche ce n’est pas seulement le PCF. Il regroupe aussi le parti La Gauche (Jean Luc Mélanchon) et des dissidents du NPA de Besancenot. Peut-on nous reprocher  à la comparaison brute que nous avons faite entre résultats du Front de Gauche et ceux du PCF aux dernières législatives de méconnaitre la diversité des composantes du Front de Gauche? Oui mais…Le parti « La Gauche » n’existait pas au moment des législatives 2007. Il est donc difficile de connaître son poids électoral. Quand on considère le poids important du PCF à Champigny, son hégémonisme d’expression par rapport aux autres composantes du Front de Gauche,  et l’engagement de ses militants, il nous semble que le résultat obtenu par le Front de Gauche à Champigny doit beaucoup au PCF et que comparer comme nous l’avons fait ses résultats à ceux du PCF en 2007 n’est pas absurde et ne doit pas introduire une erreur significative.

Autre question que l’on est en droit de se poser : les comparaisons faites ont-elles un sens lorsque l’abstention est très forte (63,2% des inscrits) ? Il faut revenir sur ce point en regardant quel sens on peut donner à l’abstention et quelle influence elle a pu avoir sur les résultats des uns et des autres.. S’abstenir est un acte politique.  Le pourcentage d’électeurs séduits par l’abstention n’est pas forcément le même dans toutes les grandes familles politiques et cette abstention différenciée, si c’est le cas, porte un sens et a une influence sur le résultat du scrutin. Si dans une famille politique les électeurs potentiels sont moins touchés par l’abstention, plus motivés, le pourcentage de cette formation va évidemment grimper même si en nombre de voix on observe un recul. Si par contre (découragement, rejet de tel ou tel aspect du programme) les électeurs potentiels d’une famille politique s’abstiennent plus que la moyenne générale de la population, le pourcentage de celle-ci va baisser.

Nous avons comparé les résultats de l’UMP et du Front de Gauche (voir graphique ci dessous) dans chacun des 38 bureaux de vote.

Les électeurs de l’UMP se sont peu mobilisés. C’est la surprise de ce scrutin à Champigny.

Le graphique nécessite quelques explications. En abscisse (droite horizontale) l’augmentation de l’abstention entre 2007 (législatives) et 2009 (européennes) en ordonnée (axe vertical) la part de perte que représente le % de 2009 par rapport à 2007. Prenons un exemple concret si dans un bureau l’UMP avait 40% des voix en 2007 et 30% en 2009 la perte représente le quart du total soit 25%  etc.

Si les électeurs potentiels de l’UMP avaient été aussi motivés à participer que la moyenne des inscrits de leur bureau de vote le pourcentage de l’UMP serait resté constant Pour tous les bureaux de vote le recul relatif de l’UMP est  nettement supérieur à l’augmentation de l’abstention. Les électeurs potentiels de l’UMP se sont encore moins mobilisés que la moyenne des campinois.

Quand on regarde les bureaux où l’UMP enregistre les reculs les plus fracassants, supérieurs à 50% de son pourcentage on relève le bureau 5 (Maurice Denis maternelle) dans le canton ouest, des bureaux 14 (Gymnase Tabanelli) et 22 (Eugénie Cotton maternelle) dans le canton centre et 37 (Jean Jaurès primaire) dans le canton de Bry.

Le PCF aurait-il 2  électorats ?  qui évoluent différemment ?

Si on opère de la même façon pour le Front de Gauche on a des résultats très contrastés. Dans certains bureaux en effet le pourcentage du Front de Gauche est plus faible que celui du PCF en 2007, dans d’autres ils est en progrès. Les cas les plus flagrants sont les bureaux n°2 (salle du Ping Pong) (+8,07 en pourcentage) et 33 (Jacques Solomon maternelle 2) (+9,23%) mais il existe  6 autres bureaux  où le pourcentage obtenu par le Front de Gauche est supérieur à celui du PCF en 2007. Il y a donc eu une mobilisation supérieure à la moyenne des électeurs potentiels du Front de Gauche dans ces bureaux.

 

A quels critères les bureaux où il y a progrès correspondent-ils ?

D’une façon générale dans les bureaux du canton ouest on note globalement une certaine stabilité. Est-ce du à la présence sur la liste des européennes de Christian Favier, conseiller général du canton, qui a, sur son canton, un rayonnement personnel, attesté par son succès aux dernières cantonales (2008). C’est plausible. Sur les autres cantons les résultats sont plus contrastés avec des progressions relatives ou des reculs très faibles sur les bureaux des grands ensembles de logements sociaux (Boullereaux, Eugénie Cotton, Bassis Primaire) mais pas tous car sur certains grands ensembles on note des reculs significatifs (Cités Blanches, Cités Jardins et même dans une plus faible mesure aux Mordacs) et ces reculs sont généraux sur les quartiers à dominante pavillonnaires du  canton centre  (Politzer, LCP Jean Morlet, Jeanne Vacher) ou de Coeuilly (canton Est) et du Tremblay (canton de Bry).

Si on prend en compte les préférences politiques exprimées lors du scrutin de 2007 pour le PCF on note que le Front de Gauche récupère des pourcentages proches de ceux du PCF en 2007 sur les bureaux de vote où le PCF était fort et que son pourcentage est en recul là ou le PCF était moins fort.

La force électorale du PCF à Champigny est localisée essentiellement dans un certain nombre de quartiers où prédominent les grands ensembles de logements sociaux (Bois l’Abbé, Boullereaux et quelques autres). Là ses militants sont actifs, bien implantés, les associations diverses où leur présence est très visible sont très présentes, le lien avec la population est fort et malgré les difficultés de la campagne des européennes le Front de Gauche a réussi à mobiliser mieux que d’autres et ce résultat est satisfaisant pour sa principale composante le PCF. Toutefois cette constatation ne doit pas masquer que cette situation est fragile. Dans certains quartiers d’ensembles de logements sociaux où ce lien n’existe plus il y a un fort recul, de même que dans les quartiers à dominante pavillonnaire. On peut donc s’interroger sur l’avenir de cette situation avec cette très grosse coupure politique entre quelques quartiers et l’ensemble de la ville.

 Ajout du 22/06

Nous avions omis de parler du score de la liste du MoDem. Voilà qui est fait ci dessous. avec toutes nos excuses pour cette omission.

Lors de la présidentielle de 2008 M. Bayrou avait effectué une percée sur Champigny obtenant 5970 voix et 17,74% des exprimés. Par comparaison le résultat des européennes 2009 parait bien étriqué : 1051 voix et 6,95% des exprimés. Ce jugement serait tout à fait erroné. Au premier tour de la présidentielle M. Bayrou avait réalisé un score personnel élevé. Pour établir une comparaison valable il faut se reporter aux législatives de 2007 lors desquelles les candidats du MoDem avaient obtenu sur Champigny 1973 voix et 8,82% des suffrages.

Si on compare ces résultats (graphique ci-dessous) on constate que le MoDem se comporte plutôt bien. Si il enregistre des pertes sur le canton ouest dans les autres cantons pertes et profits s’équilibrent. Les meilleures progressions (en pourcentage) sont observées à Curie maternelle +2,65%, Solomon maternelle 1 + 2,55%, les pertes les plus importantes à Maurice Denis maternelle  -7,19% au bureau 4 et -6,27 % au bureau 5, et à Marcel Cachin maternelle -5,31%).

 

Le MoDem a certes des résultats très en dessous de ses espérances à Champigny comme ailleurs mais il résiste plutôt bien surtout dans le contexte campinois où le courant démocrate centriste n’a jamais jusqu’à présent, constitué une composante majeure du paysage politique local.

Note :  Europe Ecologie réalise ses meilleurs scores sur le centre ville (Gymnase Tabanelli 26,75%, Jean Morlet 24,35%) et le quartier du Maroc (Maurice Denis maternelle 26,15%, Marcel Cachin Primaire 25,11%), mais la liste menée par Daniel Cohn Bendit a des résultats décevants sur les bureaux du Bois l’Abbé (respectivement 4,19%, 5,24% et 4,10%) des Mordacs (6,44%) et des Boullereaux (6,47%), là où le Front de Gauche réalise ses meilleurs scores.  

CHAMPIGNY SUR EUROPE, élection du 7 juin

Voici quelques commentaires à chaud sur le scrutin européen de dimanche dernier 7 juin à Champigny, commentaires rapides qui mériteront d’être complétés, affinés et les lecteurs du blog voudront certainement ajouter leurs commentaires, leurs critiques et précisions

Champigny

Nombre d’inscrits : 42.050

Votants 15484 soit 36,82%

Blancs ou nuls 367 soit 2,37 %

Suffrages exprimés : 15117

 Ont obtenu      Front National             682      soit 4,51% des exprimés

                        Liste Dieudonné         228      soit 1,51%

                        Liste de Villiers          371      soit 2,45%

                        (Libertas)

Liste Dupont Aignan287      soit 1,90%

(Debout la République, Souverainiste)

UMP+Nouv. Centre   2997    soit 19,83%

Ecolog. Independant  446      soit 2,95%

MoDem                      1051    soit 6,95%

Europe Ecologie         2691    soit 17,80%

                        Parti Socialiste            1743    soit 11,53%

Front de Gauche        3597    soit 23,79%

                        (PCF+ la Gauche)                 

                        NPA                           570     soit  3,77%

                        (Nouveau Parti

                        Anticapitaliste)

                        Lutte Ouvrière            108      soit 0,71%

15 autres listes se partagent 2,3%  des voix

Les résultats de Champigny sont tout à fait comparables à ceux de l’ensemble du pays; Champigny n’est pas une île perdue, coupée de la politique française et européenne mais en même temps quelques traits spécifiques de notre commune apparaissent à la lecture détaillée des résultats. Prenons le cas de l’abstention, comme partout en France elle est forte, plus forte même qu’aux européennes de 2004.  La participation passe en effet de 44,59% en 2004 (un chiffre déjà extrêmement faible) à 36,82 en 2009 soit -7,77%.

Cette faible participation est générale en France (et dans la plupart des pays européens on le sait). Elle passe de 43,82% en 2004 pour notre département du Val de Marne à 40,82% en 2009 soit un recul de 3 points contre un recul de 7,77 à Champigny. Le Val de Marne dans son ensemble sociologiquement, politiquement ne diffère pas beaucoup de Champigny. Voilà donc une première spécificité campinoise et elle nous interpelle parce qu’elle semble dénoter une dégradation plus importante à Champigny de la participation des citoyens à la vie publique, que dans les autres communes du 94

Conséquence de cette forte abstention, même les listes qui ont le mieux réussi à ce concours des européennes et qui s’en félicitent ne représentent qu’une toute petite minorité des électeurs campinois. La liste du Front de Gauche, en tête sur notre commune avec 23,75% des exprimés représente en réalité 8,5% des électeurs inscrits, moins d’un électeur sur 10. Evidemment c’est encore moins pour les autres listes.

Dans ce contexte de faible participation toute analyse, toute spéculation sur les élections à venir restent hasardeuses. Il suffirait d’une mobilisation politique plus poussée pour que les rapports de force politiques d’aujourd’hui soient bousculés.

Autre spécificité campinoise, il existe dans notre commune un différentiel important entre la participation dans les quartiers à dominante pavillonnaire ou elle est plus forte que dans les bureaux de vote des grands ensembles de logements sociaux ou la participation est traditionnellement plus basse. Cela existe dans beaucoup de communes du Val de Marne mais à Champigny le phénomène est particulièrement clair. Si nous considérons le bureau qui a le plus voté (Jacques Decour, Quartier du Maroc)) et celui qui a le moins voté (Solomon, quartier du Bois l’Abbé) la différence est de taille : une participation de 47,87% à Jacques Decour contre 24,85% à Solomon soit 23 points d’écart, presque du simple au double !!!

En 2004  l’écart était déjà important entre ces bureaux : 13,9 points mais il a augmenté considérablement en 5 ans. En fait voir schéma ci-dessous l’écart est variable selon les élections.

1 Présidentielles 2002 (1er tour)                     2 Législatives 2002 (1er Tour)

3 Européennes 2004                                      4 Présidentielles 2007 (1er Tour)

5 Législatives 2007 (1er Tour)                        6 Européennes 2009

Ligne bleue participation J. Decour

Ligne verte participation Solomon

Il y a donc un différentiel croissant et une plus faible mobilisation de l’électorat populaire, qui s’était fortement mobilisé en 2007 pour voter contre N. Sarkozy. Cette faible mobilisation des quartiers les plus populaires explique (on y reviendra) l’ échec relatif de la liste du Front de Gauche sur Champigny à qui il manque 2754 voix et 4,52% pour égaler le résultat des candidats du PCF aux dernières législatives (2007).

Toute comparaison doit aussi tenir compte du fait que les voix des électeurs se sont aussi dispersées sur une bonne quinzaine de listes qui en captant de 0 à quelques dizaines de voix finissent par représenter toutes ensembles quelques 2-3% de l’ensemble des votants.

Dans ces conditions : forte abstention et dispersion d’un nombre négligeable de voix sur des petites listes non clairement identifiées politiquement pour certaines il est difficile de répondre clairement à la question : qu’ont voulu exprimer les électeurs ?

Ceux qui ont pris la peine de voter ont fait de ces élections des élections vraiment européennes. Depuis 1979 en France les élections européennes n’ont été que des occasions de débat sur la politique française. Cette phase est aujourd’hui dépassée. Les listes qui ont choisi le terrain de la politique française se sont trompé de bataille et l’ont chèrement payé. C’est le cas évidemment du MoDem et de son leader M. Bayrou mais aussi du Nouveau Parti Anticapitaliste de M. Besancenot comme à l’opposé sur l’échiquier politique le cas de la liste de Villiers et de celle du FN. De la même façon le Front de Gauche qui souhaitait regrouper le non de gauche au Traité de Lisbonne (référendum du ) a échoué dans ce projet  parce qu’il se plaçait en retard d’une bataille.

Par contre l’UMP sans gagner vraiment (28% c’est vraiment étriqué pour faire une « majorité présidentielle ») a pu limiter les dégâts en se plaçant clairement dans une perspective européenne.

Europe Ecologie avec 17,80% effectue une percée réelle. Cette liste n’était pas seulement celle des Verts, même si ceux-ci en étaient une composante majeure, mais avait aggloméré de nombreux mouvements citoyens, des militants associatifs etc.

La liste Europe Ecologie liste ouverte donc, proposait un programme résolument européen, et a su mettre en avant des personnalités (Daniel Cohn Bendit, Eva Joly, Bové etc) qui, par leur engagement personnel, leur histoire, leur parler rompent nettement avec la langue de bois des professionnels de la  politique. De nombreux électeurs de gauche qui ne se retrouvaient ni dans le langage dépassé du Front de Gauche et du NPA, ni dans les obscurités manœuvrières d’appareil du PS et qui pour certains auraient pu être tentés par un vote MoDem ont trouvé avec Europe Ecologie des gens qui participaient d’un autre langage, d’une autre façon d’appréhender la politique. 

Ils s’y sont reconnus. Le succès de ces listes en témoigne.

Tout cela n’est pas acquis ; le champ politique est en mouvement. Rien n’est figé.

Le Front de Gauche est-il capable de dépasser son positionnement de pôle de rassemblement des adversaires de gauche du traité de Lisbone ? le veut-il ?

Bayrou et le MoDem se sont trompés de scrutin lors de ces européennes mais politiquement leur stratégie peut payer dans un autre débat, surtout si le PS s’avère incapable de proposer une alternative politique. Europe Ecologie a suscité de l’espoir par sa façon de parler autrement de politique. Cette liste a répondu au désir profond de nombreux citoyens de refuser la politique politicienne des caciques et en même temps de s’impliquer, d’être des citoyens acteurs de la politique. Dès demain il faudra que ce rassemblement Europe Ecologie, avec tous ceux qui se sentent concernés, trouve les moyens, de traduire ces aspirations aux différents niveaux.

Comment tout cela s’est-il exprimé à Champigny sur Marne ?

 

Pour le savoir on peut évidemment comparer les résultats  des européennes de 2009 avec les résultats des européennes de 2004. Nous l’avons bien sur fait mais ces comparaisons sont assez aléatoires car le paysage politique a été profondément modifié depuis 5 ans. Souvenez vous en 2004 les électeurs étaient encore sous le choc de la présidentielle de 2002 avec la présence de Jean Marie Le Pen au second tour et cela pesait sur toutes les élections. Aujourd’hui le paysage politique a changé et il semble plus judicieux pour mesurer les évolutions de se reporter aux résultats des législatives de 2007, plus proches de nous. C’est ce que nous avons fait.

De plus un aspect technique entre en ligne de compte. En 2004 il n’y avait que 35 bureaux de vote, en 2007 et en 2009 il y en a 38. les limites de certains bureaux ont changé rendant les comparaisons fines difficiles.

Politiquement il y a quelques surprises à Champigny mais aussi quelques confirmations.

A l’extrème droite tout d’abord J.M. Le Pen s’était fixé pour but de ramener au Front National les électeurs qui avaient été séduits par le contenu sécuritaire et anti-immigration du discours de N. Sarkozy lors de la campagne présidentielle de 2007 et qui avaient voté pour l’UMP aux législatives. Comme à l’échelon national il a échoué à Champigny même si en pourcentage l’extrême droite progresse un peu. Aux législatives de 2007 l’ensemble des candidats FN+MNR(Mégret) obtenait 1092 voix et 4,86% sur la ville, à cette européenne le FN+ Dieudonné en recueille 910 soit 6,02%. Si on examine les résultats  du FN seul, bureau par bureau aucune cohérence ne se dessine. Dans nombre de bureaux  le FN recule en voix et souvent aussi en pourcentage. Dans d’autres il progresse en pourcentage et enfin dans quelques uns il progresse en voix et en pourcentage : Albert Thomas maternelle +5 voix et de 4,29 à 8,28%, collège PVC + 9 voix et de 4,03 à 7,74%, Romain Rolland A +8 voix et de 3,21 à 6,28%, Solomon +6 voix  et passe de 2,37 à 6,31% . Au gymnase Jaffray ou son influence est notable il se maintient avec 8,78%. On ne trouve aucune ligne directrice qui puisse expliquer ces gains qui se produisent aussi bien dans des quartiers pavillonnaires de  Coeuilly que dans des zones ou l’habitat social est majoritaire (Solomon au Bois l’Abbé). Le FN reste toutefois loin des 1421 suffrages et 9,40 % qui s’étaient portés sur ses listes en 2004 (-739 voix et -4,99%). Quant à Dieudonné son échec est total il recueille 228 voix et 1,51% alors qu’en 2004 les listes Europalestine d’une inspiration voisine de la sienne avaient obtenu 357 voix et 2,4%.

Toujours dans ce domaine très à droite et souverainiste on trouve la liste Libertas (de de Villiers) et celle Debout la République de Dupont Aignan. Elles n’ont pas trouvé d’écho. La liste de Villiers avec 371 voix et 2,45% des voix progresse légèrement par rapport à 2007 ou présente sur la seule 5è elle y avait rassemblé 264 voix et 1,61% (+ 15 voix + 0,97% sur ce scteur en 2007) mais ne retrouve pas son score des européennes de 2004 : 670 voix et 4,43%. De villiers perd donc 299 voix et 1,98% sur 2004.  Quand aux listes souverainistes de Dupond Aignan elles n’ont intéressée que 287 électeurs (1,9%).

A l’opposé sur l’échiquier politique le Nouveau Parti Anticapitaliste rate sa campagne (570 voix et 3,77 %) et Lutte Ouvrière disparaît presque complètement (108 voix et 0,73%). On est bien loin des espérances affichées par le NPA mais il y a toutefois une légère progression puisque la Ligue Communiste révolutionnaire et Lutte Ouvrière qui avaient fait liste commune en 2004 n’avaient obtenu que 479 voix et 3,17%. Globalement NPA et LO progressent donc de 199 voix et de 1,33%.

Le NPA obtient ses meilleurs scores au bureau  9, Jacques Decour Maternelle (6,21%), au bureau 18 , Joliot Curie Maternelle (8,62%), au bureau 22 Jeu de Paume (7,43%) et à P.V. Couturier maternelle (6,95%). Certains de ces bureaux correspondent à des secteurs à dominante d’habitat social (Joliot Curie et Jeu de Paume) ou le Front de Gauche réalise d’ailleurs des scores supérieurs à 45% et semblerait indiquer que le NPA a réussi à trouver une certaine assise dans les milieux populaires mais cette impression ne vaut pas pour le Bois l’Abbé et Les Mordacs ou le NPA réalise des scores catastrophiquement bas.

L’UMP, Union pour la Nouvelle Majorité recueille 2997 voix soit 19,83% en recul  sur les législatives de 2007  (7480 voix et 33,30%). Les points forts de l’UMP  restent localisés dans le quartier du Maroc (les 2 bureaux de J. Decour respectivement 25,94 et 24,59%, Marcel Cachin Primaire 24,68) le Plant (Cuisine Centrale 26,05%), les bords de Marne vers la limite de Chennevières (Jeanne Vacher 25,17%) Coeuilly (Romain Rolland A et B respectivement 33,72 et 33,18%), le Tremblay ( L.Frapié maternelle : 29,90%) tous secteurs où l’habitat pavillonnaire est dominant. Par contre les scores les plus bas sont observés dans les secteurs à forte densité d’habitat social 5,40% à Danielle Casanova (les Boullereaux) et respectivement 4,47%, 5,50% et 6,62% pour les 3 bureaux du Bois l’Abbé.

Légende:  losanges bleus bureaux du canton ouest
carrés rouges: bureau du canton centre, triangles bruns bureaux du canton est, cercles: bureaux du canton de Bry (légende  valable pour tous les graphiques suivants.

On note l’étroite corrélation négative des votes pour les deux principales listes à Champigny. Le Front de Gauche (PC+ La Gauche) et l’UMP une différence basée sur la différence du type d’habitat. Ce graphique témoigne d’un double échec : celui de l’UMP à s’installer dans un électorat populaire qui le rejette sur la base de l’expérience qu’il fait de sa politique mais aussi l’échec du Front de Gauche à gagner dans un habitat pavillonnaire qui sociologiquement n’est pas constitué de gros possédants mais plutôt de couches moyennes traditionnelles et de couches moyennes émergentes (techniciens, ingénieurs, chercheurs etc).

On constate que la part de l’électorat perdue par l’UMP est beaucoup plus importante dans les bureaux correspondant à un électorat populaire. L’UMP perd entre 60 et 90% de ses voix là où elle est déjà faible (grands ensemble) tandis qu’elle en perd seulement 40 à 50%  là ou elle a une forte influence. Si on prend d’ailleurs en compte la diminution de la participation cela correspond à une perte limitée à 15-25%.

Les résultats des européennes marquent donc une ségrégation accrue des votes selon les quartiers et leur type d’habitat. Ce qui vaut pour l’UMP vaut aussi pour le Front de Gauche puisque les comportements électoraux de ceux qui les soutiennent sont à la fois opposés et complémentaires.

Le MoDem attendait beaucoup de ces élections européennes. Ses espoirs sont déçus . Il obtient 1051 voix soit 6,95% des exprimés. Il est difficile de comparer ce cihiffre à celui de 2004 car l’UDF qui avait réuni 1335 voix soit 8,83% des exprimés a depuis rejoint le Nouveau Centre et fait liste commune avec l’UMP. Par rapport aux législatives de 2007 ou les candidats MoDem avaient réuni 8,78% des suffrages exprimés (1973 voix) il y a certes recul faible, mais d’autant plus sensible que le ModDem pensait que ces élections lui permettraient de prendre place parmi les « majors » du débat politique.

Le recul du Parti Socialiste prévisible certes, prend, à l’échelle nationale, l’allure d’une déroute. Les électeurs n’ont pas suivi un mot d’ordre qui, à propos d’une élection européenne, leur proposait d’émettre un vote sanction à l’égard du Président de la République et du gouvernement Fillon.

Le Parti Socialiste avait recueilli lors des législatives de 2007 3651 voix soit 16,25% des exprimés. Avec 1743 voix et 11,53% des exprimés il perd 1908 voix c’est-à-dire plus de la moitié de son électorat et 4,72% en pourcentage. Au vu des résultats nationaux on a parlé de catastrophe. A Champigny il s’agit d’un fort tassement mais guère pire  finalement que celui du Front de Gauche et de l’UMP. Ou sont allées les voix perdues par le PS ? Certains ont cru pouvoir voir dans la défaite du PS et le succès des listes Europe Ecologie une relation simple du type vases communiquants. On verra plus loin, en analysant les résultats d’Europe Ecologie que pour l’essentiel c’est faux. Il n’y a pas de corrélation claire entre les pertes du PS et les gains d’Europe Ecologie quand on analyse les votes bureau de vote par bureau de vote. Tout au plus entre le quart et le tiers des voix perdues par le PS sont allées à Europe Ecologie.

Dans sa présentation des résultats dimanche soir M. Adenot, maire, attribuait le recul du PS au manque de netteté de ses prises de position vis-à-vis de l’Europe « libérale ». La politique du PS certes manque parfois de clarté mais est ce le rôle d’un allié potentiel de se poser en donneur de leçon ?

Europe Ecologie est le grand gagnant du scrutin, en France, en Ile de France et à Champigny. Pour certains ce succès relève d’une toccade ou d’une subite sensibilisation des électeurs aux questions de l’environnement, dopé par une soudaine désaffection des électeurs socialistes pour leur parti ce qui les aurait conduit à voter en masse pour Europe Ecologie.

D’abord les voix d’Europe Ecologie ne sont pas tombées du ciel. Certes il y a gain important par rapport aux voix obtenues par les candidats Verts aux scrutins de 2004 et 2007 mais et le graphique ci-dessous le montre clairement c’est là ou déjà lors des scrutins précédents les candidats écologistes avaient obtenus les meilleurs résultats que la progression est la plus importante.

C’est le travail politique fait par les Verts, différentes associations citoyennes et de l’environnement qui a fini par payer.

Ensuite l’examen des résultats  bureau par bureau montre que les gains de la liste Europe Ecologie ne résulte pas d’un transfert pur et simple de voix d’électeurs qui avaient précédemment voté pour le Parti Socialiste.

La flèche qui sépare le graphique en 2 figure un transfert simple des voix perdues par le PS vers Europe ecologie. Pour tous les bureaux situés au dessus de cette droite les gains réalisés par Europe Ecologie sont supérieurs aux pertes enregistrées par le PS et cela est particulièrement vrai pour Tabanell et Jean Jaurès. Dans tous ces bureaux il a fallu que d’autres électeurs que ceux qui choisissent habituellement le PS et l’ont abandonné cette fois ait décidé de voter pour la liste  Europe Ecologie. Pour les bureaux situés en dessous de cette ligne il apparaît que la majorité des électeurs qui ses sont refusé à voter PS n’ont pas choisi Europe Ecologie et ceci est particulièrement net pour le bureau n°6, pour les trois bureaux du Bois l’Abbé et le bureau de Daniele Casanova (Les Boullereaux).

Ce qui est certain c’est que la liste Europe Ecologie a attiré des électeurs nouveaux, des citoyens qui sans cela n’aurait pas pris la peine d’aller voter parce qu’ils se sentent mal à l’aise quand les hommes politiques pratiquent la langue de bois et que les manœuvres politiciennes occupent l’avant scène. Ils se sont reconnus dans une façon différente d’aborder la politique. C’est un enseignement important pour nous, citoyens qui souhaitons faire de la politique l’affaire de tous. Nul ne sait ce que deviendra ce potentiel éveillé par Europe Ecologie mais nous auront à cœur de lui donner un avenir.

Le Front de Gauche a réussi à être en tête dans certaines municipalités dirigées par les communistes ( Champigny,Ivry, Villejuif, Vitry) mais il est devancé par Europe Ecologie à Fontenay sous Bois et par l’UMP, le PS et Europe Ecologie à Choisy. Al’échelle du département il est en 4ème position derrière l’UMP (26,43%), Europe Ecologie (20,24%) le Parti Socialiste (13,70%).

A Champigny il est nettement en tête avec 23,75% des  voix mais il perd 2754 voix et 4,52% par rapport au score du PCF des législatives de 2007.

Traditionnellement il existe une relation simple linéaire entre le taux d’abstention des bureaux de vote des bureaux et le vote communiste à Champigny (ce n’st pas faire injure aux membres de La Gauche parti associé au PCF dans le Front de Gauche, que de constater que le PCF est la composante majeure de leur rassemblement.

En fait l’abstention est développée surtout dans les quartiers les plus populaires là où les communistes font le plus de voix. (on pourra le constater en se rapportant aux notes sur les différentes élections : présidentielle 2007, législative 2007, municipales 2008 parues sur ce blog) Or cette fois ci la relation parait moins nette.

Une relation est certes visible mais le coefficient de corrélation est plus faible.

Tout se passe comme si le PCF restait dominant dans certains bureaux mais était de moins en moins en mesure de maîtriser la participation électorale. Un changement en sourdine qui pourrait avoir des conséquences….