Archives mensuelles : novembre 2009

LES DEBATS DE FORUM: N°29 Notre Dossier LE GRAND PARIS

Sommaire      Editorial : Le Grand Paris est à l’ordre du jour par J.M. Lagache Studio 66 : La dernière séance ? par Th. Vichy En pages centrales :  les réponses de MM. Carrez, député (UMP) et  Favier, Président du Conseil Général (PCF) à nos questions sur le Grand Paris, le futur métro, la réforme des collectivités locales                        

EDITORIAL Le Grand Paris est à l’ordre du jour.

Pour que la métropole de demain soit attractive il faudra que la qualité de la vie y soit améliorée pour tous. De gros chantiers (transport, logement, environnement) sont donc nécessaires.

Dans ce numéro deux personnalités locales fortement impliquées dans le débat sur le Grand Paris : M. Gilles Carrez, Député (UMP) de la circonscription de Bry, Champigny, Le Perreux, rapporteur général du Budget de l’Assemblée Nationale, M. Christian Favier, Président du Conseil Général du Val de Marne, Conseiller Général (PCF) de Champigny sur Marne (canton ouest) ont bien voulu répondre aux questions que nous leur avons posées. Nous les en remercions.

Leurs analyses et leurs conclusions sont différentes mais c’est aussi à vous citoyens, par vos avis,  de faire avancer les idées sur le Grand Paris à venir.

J.M. Lagache, Président de Forum des Boucles de la Marne

 

 

STUDIO 66 La dernière séance ?

Lorsque le Cinéma Art et Essais a quitté Gérard Philippe, les membres de Forum habitant Coeuilly ont eu un pincement au coeur mais ils se sont consolés en pensant qu’il serait égoîste de leur part de refuser d’admettre que la salle du 66 plus centrale,mieux adaptée à l’accueil de tous les publics répondait aux besoins de la ville. Certains avaient bien quelques craintes quant à la viabilité de la formule retenue qui mélangeait le public et le privé commercial.

Hélas quelques années plus tard leurs craintes s’avèrent fondées. La partie commerciale est un fiasco et la programmation Art et Essais -soyons juste – n’a pas été inexistante mais s’est trouvée ensevelie sous un amoncellement de films médiocres. L’information n’a pas su la mettre suffisamment en exergue et le public cinéphile habitué de Gérard Philippe a été en partie perdu. Gérard Philippe est devenu une coquille quasi vide car le théâtre n’a pas hélas  remplacé le cinéma perdu. La municipalité a dépensé beaucoup d’argent (deux millions d’euros de perte) sans résultat. Elle prétend actuellement avoir sauvé le 66 en vendant le fonds commercial à un repreneur de Nogent pour six cent mille euros. Elle s’est certes engagée à subventionner l’Art et Essais à hauteur de cent cinquante mille euros annuels mais elle reste propriétaire des  murs et devra assumer la lourde charge financière de la mise en conformité des locaux lors du passage au numérique. Que fera le concessionnaire dans 2 ans si le bilan reste dans le rouge ? Il fermera. Peut on imaginer politique plus désastreuse? Un service public mal rendu est devenu un gouffre financier au profit du privé. Le projet devait soi disant animer un centre ville désespérément mort aux week-ends. Il a échoué. Pour aller voir le dernier film sorti à grand renfort de publicité tapageuse la jeunesse préférera toujours un centre commercial plus attractif que celui de Champigny. Alors pourquoi ne pas tout remettre à plat, élaborer démocratiquement en liaison avec le public et les associations un projet plus modeste recentré sur les aspirations culturelles des Campinois?
Thérèse Vichy, membre du bureau de Forum

 

—————————————————————————————————————-

NOS QUESTIONS  A MM CARREZ ET FAVIER SUR LE PROJET ET LEURS REPONSES

  

REPONSE DES M. Gilles CARREZ député

 

1)    Urbanisme, habitat

 

  Question : Le projet présenté par le  gouvernement prévoit un pouvoir absolu a de  préemption sur 35 000ha. C’est toucher là à un des éléments essentiels de la politique de l’urbanisme et du logement des communes. Pensez vous que cette nouvelle donne soit susceptible de permettre une meilleure cohérence des projets urbanistiques, un meilleur investissement dans le logement social et la réduction des inégalités entre celles des communes qui respectent les obligations de la loi SRU et celles qui, jusqu’à aujourd’hui, se refusent à l’appliquer, ou au contraire pensez vous que cela risque de privilégier les projets spéculatifs et d’aggraver les ségrégations ?

 Il est important que les maires restent responsables de leur territoire. C’est pourquoi la dernière version sur le sujet du droit de préemption est différente. Désormais, le texte prévoit que l’Etat et les communes qui le souhaitent signeront un contrat de développement territorial qui définira, sur une zone précise, la politique d’aménagement, de logement ou de développement économique. L’Etat disposera d’un pouvoir de préemption prioritaire, et non absolu, dans les territoires que la commune acceptera d’inscrire en Zone d’Aménagement Différé. Et s’il choisit de ne pas l’exercer, la commune pourra le faire. Concernant le logement, il s’agit bien évidemment d’une priorité en Ile-de-France. Le Grand Paris prévoit donc la création de 70 000 logements par an, soit un rythme deux fois supérieur à aujourd’hui, et la sélection d’architectes pour créer une nouvelle ville. Cet objectif de construction de logements est indispensable, mais c’est aussi un vrai défi pour l’Etat et les collectivités locales.

2)   Inégalités

A votre avis cette nouvelle structure est-elle un outil adapté pour tenter de diminuer les inégalités de développement et de richesse entre différents territoires ? Quelles mesures pourrait-elle prendre ?

L’idée du Grand Paris, impulsée par le Président de la République, est un formidable vecteur pour l’aménagement de la capitale et sa banlieue Il faudra veiller à ce que le développement économique soit équitablement réparti sur le territoire. Schématiquement, la proche banlieue s’est construite ces dernières décennies avec le développement économique à l’Ouest (la Défense) et la construction des logements à l’Est, avec toutes les conséquences que cela comporte en termes de transports. Il faut revoir ces équilibres. Comme nous le faisons avec l’Actep (Association des Collectivités de l’Est Parisien) depuis 2000, nous devrons favoriser le développement économique de l’Est Parisien.

3)   Transports

 Un métro inter banlieues est nécessaire. Tout le monde en est convaincu. Le projet ORBIVAL et le projet de M. Blanc sont toutefois différents. Le projet Orbival (ou Arc Express) cherche à favoriser les échanges entre les têtes des différentes lignes de métro et à desservir des zones urbanisées. Le projet de M. Blanc vise à relier des pôles d’excellence (La Défense, Saclay, Marne la Vallée, Plaine Communes), les aéroports et les gares TGV.  A quel projet va votre préférence ? Pourquoi? Pensez-vous qu’un compromis soit possible entre ces 2 projets ?

 

Un projet de métro favorisant les déplacements de banlieue à banlieue est indispensable. Dans notre sec

ecteur, le tracé de rocade fait l’objet de deux options : soit un passage par les pôles de proche couronne (Val-de-Fontenay/Noisy/Pleyel), soit en raccordant le pôle du Bourget au pôle de Marnes-La Vallée-Cité Descartes via l’Est de la Seine Saint Denis (en passant par Clichy Montfermeil). Dans le rapport que j’ai remis au Premier Ministre le 30 septembre dernier sur le financement des infrastructures des transports du Grand Paris, le comité que je pilotais, et qui réunissait des élus de droite et de gauche des différents secteurs, n’a pas pris position. Dans le Val-de-Marne, le projet de Christian BLANC et Orbival correspondent exactement et assurent un bon maillage avec les lignes RER et les terminus de métro. Quelle que soit l’option retenue le renforcement du pôle de connexion de Val-de-Fontenay est indispensable et l’une des solutions serait de prolonger la ligne 1 de métro jusqu’à Fontenay et de là jusqu’au centre de Champigny pour la connecter à la rocade automatique. Ce serait, vous le voyez, un très beau projet pour une desserte optimale de notre secteur.

4)   Education Recherche

Un pôle important existe déjà sur le Plateau de Saclay avec des moyens de recherche lourds (synchrotron Soleil, Centre de recherches du CEA, un environnement universitaire (Paris Sud) et de grandes écoles (Polytechnique, Supélec). Pensez vous qu’il faille encore renforcer le poids spécifique de ce pôle (Projet Blanc) ou au contraire améliorer son intégration dans un réseau territorialisé associant les centres de recherches de Paris intra muros et le développement des centres de banlieue. Comment, en particulier, voyez-vous dans ce contexte le développement du pole de recherche constitué par les Universités de Créteil et de Marne la Vallée (PRES Paris Est) ?

 Sur ce sujet, le projet devra s’appuyer sur le développement des pôles d’excellence à vocation mondiale que compte notre région, telle que la Défense ou Saclay. Mais comme je l’indiquais sur la question des inégalités territoriales, il faut aussi promouvoir les atouts de l’Est parisien. C’est pourquoi le projet intègre le pôle Marne-la Vallée-Cité Descartes qui est en plein expansion puisqu’il verra bientôt l’arrivée du pôle scientifique et technique de l’Ecologie et la construction d’une résidence internationale d’accueil des chercheurs. Pour ma part, j’attache une grande importance au développement de la filière image avec l’INA et la SFP situés à Bry-sur-Marne. Le Val-de-Marne a été retenu comme un pôle de compétitivité à vocation mondiale, image, multimédia et vie numérique et L’INA est désormais l’animateur du pôle image et médias au sein du PRES Université Paris Est, qui pourra compter également à l’avenir sur l’implantation du lycée international de l’Est Parisien, situé à cheval sur Noisy le Grand et Bry-sur-Marne. J’ajoute que dans l’option où le métro de rocade automatique passerait par Créteil et la Cité Descartes, nous bénéficierons d’une desserte parfaite du PRES Paris Est.

5)   Développement durable

 Les transports, l’habitat, la recherche doivent maintenant prendre en compte les enjeux du développement durable. Quelle devraient être selon vous les buts de la métropole pour assurer cet objectif ?quels moyens spécifiques doit-elle se donner ?

 Le développement durable constitue l’un des axes forts de ce projet. Il s’agit de répondre aux enjeux écologiques de l’après-kyoto en limitant les émissions de gaz à effet de serre pour faire de Paris une ville durable. Le Président de la République et le Gouvernement ont donc prévu plusieurs propositions concrètes dans ce domaine auxquelles je souscris. On peut citer par exemple le développement des énergies renouvelables, la construction de bâtiments écologiques parfaitement intégrés dans le paysage urbain, la plantation d’une nouvelle forêt dans le cône de bruit de l’aéroport de Roissy, l’augmentation des forêts franciliennes pour faire baisser de 1 à 2 degrés la température nocturne de Paris, la création de toitures végétalisées ou de jardins suspendus.

6)   Services publics

 La constitution du Grand Paris peut-elle conduire à une amélioration ou à une détérioration des services publics ?

Une amélioration. Prenons l’exemple des transports en commun. Le réseau de transport que l’on connaît aujourd’hui date de plusieurs décennies. Il n’est plus à la hauteur d’une capitale européenne et ne répond plus aux besoins de ses habitants. Pour l’avenir, le projet prévoit, en plus du métro reliant les banlieues entre elles que j’évoquais tout à l’heure, le prolongement au Nord et au Sud de la ligne 14 (Météor) qui reliera ainsi les deux aéroports Orly et Roissy. La ligne E du RER (Eole), qui s’arrête aujourd’hui à Hausmann Saint-Lazare, sera prolongée jusqu’à la Défense. Enfin, les transports en commun existants seront améliorés, les temps de trajet seront raccourcis, et des lignes de tramways seront créées. Une fois réalisée, tous ces chantiers amélioreront incontestablement les conditions de vie des habitants.

7)   Finances et valorisation

Il est normal que la valorisation financière puisse permettre de soutenir, en partie, les investissements prévus par le projet mais si le financement repose uniquement sur la valorisation cela peut-il conduire au développement exclusif des activités tertiaires et du logement « haut de gamme » ? Or ce que ses habitants attendent de la métropole c’est une meilleure qualité de vie, de services, de diversification de l’habitat, d’équipements culturels et sportifs. Quelles mesures proposez vous pour réaliser le financement de ces projets ?

Le projet prévoit d’utiliser cette ressource financière liée à la valorisation foncière et immobilière essentiellement pour financer le volet transport. Pour ma part, je pense que le montant du produit à escompter reste aléatoire et  ne permettra pas de couvrir l’ensemble du coût global. Rappelons que 25 milliards d’euros seront nécessaires pour financer l’investissement des nouveaux projets dans les transports (dont la moitié pour la première boucle du métro automatique et le prolongement de Météor) auxquels il faut ajouter les charges d’exploitation supplémentaires. Tout cela représentera plus de cinquante milliards d’euros à mobiliser. C’est pourquoi dans mon rapport, j’ai ouvert plusieurs pistes permettant de mobiliser tous les acteurs, tout en veillant à un équilibre des efforts entre usagers, entreprises et contribuables. Les tarifs ne devront pas augmenter plus vite que le pouvoir d’achat. La contribution des entreprises sera accrue dans des proportions raisonnables, comme celle des départements franciliens et de la région. Et il faudra limiter l’emprunt au strict nécessaire, pour ne pas pénaliser le pouvoir d’achat de nos enfants

8)   Comment les citoyens seront-ils amenés à donner leur avis ?

Dans son discours de Chaillot (29 avril 2009) le Président de la République M. Sarkozy a déclaré : «  Le Grand Paris, […] c’est l’Etat qui donne l’impulsion nécessaire mais qui n’impose pas d’en haut un projet qui ne peut réussir que s’il est partagé par tous. » . Pourtant le projet de loi présenté cette semaine réduit la concertation au strict minimum (débat public d’un mois). Les maires et les présidents de Conseils Généraux pourront seulement demander à être entendus ( !) et dans la structure proposée, seul l’Etat aura pouvoir de décision. Qu’en est-il d’un véritable co-pilotage avec les élus ? La mise en place de cette nouvelle structure peut-elle se passer d’un très vaste débat auprès des citoyens ? Quelles modalités préconisez vous ? Un référendum ouvert aux 8 à 12 millions de métropolitains de toutes nationalités vous parait-il envisageable ?

Tout d’abord je tiens à rappeler le volontarisme de Nicolas SARKOZY sur ce sujet. Tout le monde s’accorde sur la nécessité de redonner une ambition à la région capitale depuis des années, comme l’ont fait d’autres capitales mondiales. Sur un tel projet, l’intervention de l’Etat est nécessaire. Le Grand Paris cherche à définir une vision de la capitale pour l’avenir, dans les domaines de l’économie, du logement, de l’environnement et des transports. Toutes ces préoccupations concernent le quotidien des habitants et des élus franciliens. Il est indispensable de les associer à ce débat. Mais il faut aussi être conscient de l’urgence du projet. Des Etats généraux publics seront donc organisés en 2010, pour que chacun donne son avis. J’ai pour ma part organisé, comme d’autres élus, des réunions dans ma circonscription sur ce sujet. L’idée d’un référendum me paraît difficile à établir sur un plan pratique. Il faudra nécessairement associer les élus, de tout bord politique pour qu’ils travaillent ensemble sur ce dossier. Sur le volet transport par exemple, il doit y avoir une étroite collaboration entre le syndicat des Transports d’Ile-de-France et l’entité chargée du Grand Paris. Par ailleurs, il y aura également un débat dans quelques semaines à l’Assemblée nationale. J’y prendrai naturellement toute ma part. Mais je le répète, si le temps du débat est important, celui de la mise en œuvre des chantiers l’est tout autant. On ne peut plus attendre. J’ajout enfin que chacun salue l’esprit de concertation dans lequel j’ai mené les travaux de réflexion pour préparer mon rapport au Premier Ministre, qui à ce stade apparait comme un ensemble de propositions plutôt consensuelles.

 

 

REPONSES de M. Christian Favier Président du Conseil Général

 

Question : Le projet présenté par le gouvernement prévoit un pouvoir absolu de préemption sur 35 000ha. C’est toucher là à un des éléments essentiels de la politique de l’urbanisme et du logement des communes. Pensez vous que cette nouvelle donne soit susceptible de permettre une meilleure cohérence des projets urbanistiques, un meilleur investissement dans le logement social et la réduction des inégalités entre celles des communes qui respectent les obligations de la loi SRU et celles qui, jusqu’à aujourd’hui, se refusent à l’appliquer, ou au contraire pensez vous que cela risque de privilégier les projets spéculatifs et d’aggraver les ségrégations ?

 

Le projet de loi soumis au Parlement reste muet sur l’étendue réelle des périmètres où l’Etat exercera, via la Société du Grand Paris, les compétences d’urbanisme, qui vont d’ailleurs bien au-delà du droit de préemption. Ces périmètres seront définis par décret afin d’éviter un contrôle bien gênant des parlementaires sur cette question. Mais nul doute qu’ils porteront sur des étendues très larges, comme en atteste la première version du texte qui évoquait 700 hectares autour de chaque gare du futur métro de Christian Blanc. Cette façon de couper la métropole en deux, entre d’une part des territoires désignés comme attractifs, grands projets d’intérêt national situés dans le rayonnement du futur métro, et d’autre part des territoires oubliés, restant dans l’ombre, favorisera un urbanisme de la ségrégation sociale et économique. Le risque est grand en effet de voir fleurir autour de certaines gares de magnifiques buildings, sièges sociaux d’entreprises ou bâtiments d’habitat de haut standing, alors même que les logements sociaux, et donc les populations les plus fragiles, seraient relégués dans des poches de pauvreté ou à la lointaine périphérie.

A votre avis cette nouvelle structure est-elle un outil adapté pour tenter de diminuer les inégalités de développement et de richesse entre différents territoires ? Quelles mesures pourrait-elle prendre ?

L’expérience nous montre que l’Etat n’est pas, loin s’en faut, le meilleur garant du rééquilibrage entre les communes en matière d’habitat puisqu’il n’a jamais actionné les mécanismes de la loi SRU, qui lui permettent d’imposer la construction de logements sociaux sur les communes situées en dessous du plancher de 20 %. Alors pourquoi retirer à l’ensemble des maires les prérogatives d’urbanisme quand la plupart d’entre eux ont démontré leur capacité à agir en toute responsabilité ? C’est à l’opposé du processus de décentralisation que l’on connaît depuis maintenant près de trente ans. Le contre-pied total de l’histoire de notre démocratie.

Inégalités A votre avis cette nouvelle structure est-elle un outil adapté pour tenter de diminuer les inégalités de développement et de richesse entre différents territoires ? Quelles mesures pourrait-elle prendre ?

 

La Société du Grand Paris sera un outil aux mains de l’Etat pour mettre en place sa vision de la métropole francilienne, c’est à dire une ville à deux vitesses, vitrine de la finance internationale et de quelques grands pôles économiques spécialisés et d’élite, comme la Défense, Roissy ou le Plateau de Saclay. On est bien loin des objectifs de rééquilibrage territorial et de réduction des inégalités.

Les dispositions du projet de loi Grand Paris portent au contraire une vision morcelée de l’aménagement régional, qui contribuera à aggraver les inégalités entre les territoires, entre les communes, et entre les habitants, à l’opposé d’une métropole de l’équilibre urbain et social que les élus locaux de gauche appellent de leurs vœux.

 

. Un métro inter banlieues est nécessaire. Tout le monde en est convaincu. Le projet ORBIVAL et le projet de M. Blanc sont toutefois différents. Le projet Orbival (ou Arc Express) cherche à favoriser les échanges entre les têtes des différentes lignes de métro et à desservir des zones urbanisées. Le projet de M. Blanc vise à relier des pôles d’excellence (La Défense, Saclay, Marne la Vallée, Plaine Communes), les aéroports et les gares TGV.  A quel projet va votre préférence ? Pourquoi? Pensez-vous qu’un compromis soit possible entre ces 2 projets ?

 

 En tant que président de l’association Orbival, un métro pour la banlieue, vous ne serez pas surpris de ma préférence. Notre association rassemble, je le rappelle, la totalité de l’éventail politique val-de-marnais, de très nombreux acteurs du monde économique et de la recherche, et surtout Orbival a reçu le soutien de plus de 50 000 val-de-marnais.

Nous portons un projet de rocade de métro automatique entre Val-de-Fontenay et Arcueil-Cachan de 20 kilomètres qui desserve l’ensemble des territoires traversés, avec une station tous les 1 à 1,5 kilomètres. Orbival a vocation à être l’arc sud-est de la rocade Arc Express qui fait le tour de Paris. Les études conduites par le STIF qui vont permettre l’organisation dans les prochains mois d’un débat public organisé par une autorité indépendante, la Commission Nationale du Débat Public, ont mis en évidence que cet intervalle entre stations était le plus efficace, et permettrait une utilisation maximale de cette rocade.

Les études menées dans le cadre d’Arc Express reprennent 80% du tracé d’Orbival (d’Arcueil et Cachan jusqu’à Saint-Maur et Créteil) mais ensuite ouvre le débat entre la desserte de Val-de-Fontenay et celle de Marne la Vallée. Nous sommes bien entendu favorables à ce que deux options soient débattues, ce qui est également la position examinée par la commission parlementaire présidée par Gilles Carrez.

En revanche, il évoque des intervalles entre stations de l’ordre de 3 kilomètres, au nom d’une volonté de relier simplement quelques grands pôles économiques. Cette conception laisserait de côté la desserte de territoires entiers et nous nous y opposons totalement. Elle n’est tout simplement pas efficace. Il s’agit d’un parti pris théorique, idéologique, et qui à mon sens ne résistera pas à un débat public ouvert avec la population. On ne construit pas des métros qui passent sous les populations sans les desservir.

Une gare au Centre sur la RN4?

                                                                                                              Ou bien à la Fourchette?

Un pôle important existe déjà sur le Plateau de Saclay avec des moyens de recherche lourds (synchrotron Soleil, Centre de recherches du CEA, un environnement universitaire (Paris Sud) et de grandes écoles (Polytechnique, Supélec). Pensez vous qu’il faille encore renforcer le poids spécifique de ce pôle (Projet Blanc) ou au contraire améliorer son intégration dans un réseau territorialisé associant les centres de recherches de Paris intra muros et le développement des centres de banlieue. Comment, en particulier, voyez-vous dans ce contexte le développement du pole de recherche constitué par les Universités de Créteil et de Marne la Vallée (PRES Paris Est) ?

 

Je suis bien évidemment favorable au développement de la recherche et de l’enseignement supérieur en Ile-de-France. Mais cela ne passe pas nécessairement par la constitution de quelques pôles surdimensionnés à l’échelle régionale, au détriment des autres territoires. Je crois davantage à la mise en réseau des acteurs de la recherche, en s’appuyant notamment sur les PRES dans leur rôle de coordinateurs. C’est d’ailleurs le meilleur moyen pour assurer une capacité d’innovation à nos territoires, car les entreprises se nourrissent de la proximité des équipes de recherche et réciproquement. Concentrer davantage les activités de recherche et d’enseignement supérieur sur le Plateau de Saclay, c’est aussi renoncer à ce lien qui tire le monde de la recherche et le milieu économique vers le haut. Il existe par exemple d’importantes dynamiques dans le Val-de-Marne avec la Vallée Scientifique de la Bièvre, l’Institut Gustave Roussy, le projet Campus, l’Ecole Normale Supérieure, l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort,  l’hôpital Charles Foix, l’université Paris XII, Sanofi Aventis, L’Oréal, etc. Il faut veiller à renforcer ces dynamiques et ces interconnexions au lieu de les affaiblir par des déménagements successifs, greffes artificielles dont on n’est même pas certain qu’elles prendront.

 

Développement durable Les transports, l’habitat, la recherche doivent maintenant prendre en compte les enjeux du développement durable. Quelle devraient être selon vous les buts de la métropole pour assurer cet objectif ?quels moyens spécifiques doit-elle se donner ?

 

Il nous faut imaginer une métropole solidaire et durable, à l’opposé du modèle ultra-libéral du Grand Paris de Christian Blanc. Une métropole à la fois ouverte à l’extérieur, mais aussi tournée vers ses habitants, répondant à leurs besoins et leur offrant des perspectives. N’hésitons pas à remettre en question ce qui nous paraît aujourd’hui immuable et qui sont de véritables enjeux de société, en particulier à travers le prisme du développement durable : la place de la voiture en ville, la fonction logistique pour éviter le tout camion sur nos axes routiers et lui préférer la voie ferrée ou fluviale, la place de la nature en ville, en particulier l’eau, les espaces verts, les énergies renouvelables ou même l’agriculture urbaine. La culture doit aussi être au cœur de nos réflexions.

Imaginer une métropole durable, c’est aussi parvenir à dépasser les phénomènes de cloisonnement, à la fois géographiques, financiers et culturels, qui font qu’un jeune habitant d’une cité n’est parfois jamais sorti de sa banlieue, n’est jamais allé dans Paris, et peut encore moins espérer y habiter.

C’est concevoir une ville qui fonctionne en système, dans laquelle les habitants s’épanouissent personnellement tout en contribuant à une dynamique collective.

 

Service publicsLa constitution du Grand Paris peut-elle conduire à une amélioration ou à une détérioration des services publics ?

Le projet de loi Grand Paris n’est pas un projet isolé. Il s’imbrique dans un arsenal de réformes qui visent à faire reculer les services publics, à étrangler les collectivités locales et à éloigner les centres de décision des citoyens. Il est certain que le Grand Paris de Christian Blanc et de Nicolas Sarkozy ne contribuera pas à faire progresser la place des services publics aux côtés des habitants.

Finances et valorisation Il est normal que la valorisation financière puisse permettre de soutenir, en partie, les investissements prévus par le projet mais si le financement repose uniquement sur la valorisation cela peut-il conduire au développement exclusif des activités tertiaires et du logement « haut de gamme » ? Or ce que ses habitants attendent de la métropole c’est une meilleure qualité de vie, de services, de diversification de l’habitat, d’équipements culturels et sportifs. Quelles mesures proposez vous pour réaliser le financement de ces projets ?

 

Nous portons depuis longtemps l’idée que les plus-values dégagées par les opérations immobilières doivent contribuer à financer les infrastructures publiques, en particulier de transport. Mais les recettes issues de l’aménagement ne permettront probablement de financer qu’une faible part du métro automatique. Par ailleurs, il ne faut pas que cette captation des plus values au profit du métro se fasse au détriment des populations locales, qui doivent elles aussi connaître un retour sur l’aménagement, je pense au financement d’écoles ou d’autres équipements publics. Il faut donc trouver d’autres ressources.

Cela doit d’abord passer par une augmentation considérable des moyens budgétaires consacrés par l’État aux infrastructures de transport dans le cadre des procédures contractuelles, qui sont aujourd’hui nettement en dessous des besoins. Il est également possible d’envisager des ressources nouvelles : déplafonnement du taux du versement transport payé par les entreprises, élargissement du Fonds d’aménagement de la région Île-de-France (FARIF) aux surfaces de stationnement des entreprises et des centres commerciaux, mise en place d’une contribution exceptionnelle assise sur la spéculation financière ou encore réforme de la fiscalité locale pour élargir les capacités d’action des collectivités. Les possibilités ne manquent pas, mais on ne prend visiblement pas ce chemin-là !

Comment les citoyens Comment les citoyens seront-ils amenés à donner leur avis ?Dans son discours de Chaillot (29 avril 2009) le Président de la République M. Sarkozy a déclaré : «  Le Grand Paris, […] c’est l’Etat qui donne l’impulsion nécessaire mais qui n’impose pas d’en haut un projet qui ne peut réussir que s’il est partagé par tous. » . Pourtant le projet de loi présenté cette semaine réduit la concertation au strict minimum (débat public d’un mois). Les maires et les présidents de Conseils Généraux pourront seulement demander à être entendus ( !) et dans la structure proposée, seul l’Etat aura pouvoir de décision. Quant est-il d’un véritable co-pilotage avec les élus ? La mise en place de cette nouvelle structure peut-elle se passer d’un très vaste débat auprès des citoyens ? Quelles modalités préconisez vous ? Un référendum ouvert aux 8 à 12 millions de métropolitains de toutes nationalités vous parait-il envisageable ?

 

Le parti pris du projet de loi Grand Paris pour réduire à néant la concertation avec les habitants est proprement scandaleux: au nom de l’efficacité et de la rapidité, Christian Blanc tire un trait sur tous les progrès qui ont été faits ces dernières années pour impliquer les citoyens dans l’élaboration des projets et les prises de décision. Comme si la concertation avec les futurs usagers était une perte de temps ! Je suis au contraire convaincu que la concertation est une phase décisive pour la réussite d’un projet, surtout de cette envergure, pour qu’il réponde durablement aux besoins de tous les habitants. Il faut donc un grand débat public qui permette à tous les franciliens de mesurer la portée des décisions qui sont en train de se prendre actuellement. Il nous faut sortir de ce débat d’expert, car c’est bel et bien le quotidien des franciliens qui est au cœur de ces sujets. Un référendum ? Bien sûr, mais au terme d’un véritable débat citoyen qui mettra en lumière tous les non dits du projet de loi et ses conséquences concrètes pour les habitants.

Construit-on trop? ou pas assez? à Champigny

Beaucoup se plaignent de la politique de construction de logements telle qu’elle est pratiquée à Champigny. Certains considèrent qu’il y a trop de constructions et parlent de bétonnage de la ville, d’autres au contraire se plaignent du manque de logements et de la difficulté à trouver à se loger à Champigny, du moins pour des loyers raisonnables.  Qu’en est-il en réalité?.

 A la séance du 18 novembre du Conseil Municipal, il a été demandé aux élus de ratifier une convention passée entre la ville et la préfecture, convention qui définit, pour une période trois ans, de façon impérative les quotas de logements sociaux par rapport au nombre total. Les données chiffrées communiquées aux élus comprennent un bilan de la politique de construction depuis 1990. La lecture de ce document permet de comprendre pourquoi on  peut à la fois dire qu’on construit trop et en même temps regretter qu’on ne construise pas assez à Champigny.

1/ Il existe un écart important entre le taux de réalisation et le nombre de projets. Sur l’ensemble de la période de 1990 à 2008 qui couvre les 5 conventions de diversification de l’habitat seulement 64,6% des projets ont été réalisés. La période de la dernière convention affiche le taux le plus bas avec seulement 38,4% des projets concrétisés (33,3 pour les PLUS/PLAI). Durant cette dernière période on a réalisé  seulement 77 logements par an à Champigny. C’est un chiffre extrêmement faible qui ne permet pas de faire face aux besoins immédiats liés à la croissance et au phénomène de décohabitation (installation de jeunes+rupture des couples). Faute de trouver à se loger les gens quittent Champigny. Le manque de logements devient un facteur important de ruptures des liens de proximité, de déstabilisation sociale. Actuellement on discute beaucoup sur le projet de Grand Paris. Beaucoup d’intervenants, à droite comme à gauche d’ailleurs, évoquent les déséquilibres du développement des territoires, les contraintes vécues par les travailleurs en ce qui concerne le parcours résidence-lieu de travail ? Le problème du logement contribue à casser le lien entre les gens et les villes qui les accueillent.

2/Le rapport entre le nombre de logements aidés et de logements non aidés. Il y a 45 % de logements PLUS et PLAI aidés par rapport au total du nombre de logements demandés dans le projet qui nous est soumis. Les récentes décisions gouvernementales ont visé à abaisser les plafonds d’admission.

Ceci vise clairement à exclure les couches moyennes des logements sociaux (loi Boutin) ou alors introduit exceptionnellement des surloyers exorbitants. Aujourd’hui la réponse par le logement PLAI PLUS aux besoins sociaux ne peut donc être que partielle. Seules les couches sociales les plus défavorisées y ont accès.  Il n’existe pas d’autres type de logement pour répondre à la demande des couches moyennes. La conséquence en est une ségrégation sociale accrue on renforce le coté « ghetto social » or ce dont ont besoin les villes c’est de mixité sociale et aussi de mixité de fonction (ne pas être seulement un lieu d’habitation)

3/ Il n’ y a pas de production de logements collectifs mis en accession à la propriété ou en location (sinon quelques petits ensembles). Or nous avons besoin d’un renouvellement de la ville et d’une véritable mixité sociale.

A partir de ces observation on pourrait conclure qu’on construit trop peu à Champigny et pourtant de nombreux Campinois se plaignent du « bétonnage » de la ville. Pourquoi ?

Cette impression tient à ce qu’il n’existe pas de projet d’ensemble.On voit surgir des chantiers au hasard de chaque bout de terrain qui se libère, quelque soit l’environnement, quelque soit le coût, sans aucune véritable intégration dans le quartier.

Par exemple lors de ce Conseil Municipal du 18/11 les élus ont été amenés à prendre position sur la revente à la COOPIMMO (voir note en bas de page) après préemption par la ville, d’un terrain situé au coin du Chemin de la Croix et du RD7 (quartier des Coteaux) où après destruction du pavillon existant seront construits 25 logements. Or chacun sait qu’on est là sur des carrières souterraines (un fontis s’est ouvert dans la chaussée le 9/2/1995) et on a appris de plus, lors de la présentation du projet au Conseil Municipal, que le terrain, pollué, nécessitera de coûteux travaux de remise en état avant que ne démarre la construction. Chaque quartier connaît de tels exemples de projets mal intégrés lancés au hasard des parcelles disponibles.

Une ville n’est pas quelque chose de figé. Il faut savoir remodeler un quartier, démolir pour reconstruire. Cela s’appelle faire œuvre d’urbanisme. Ce qui manque à Champigny ce sont des projets ambitieux, discutés avec la population et qui pourraient faire changer la ville.

Peut-on réellement rêver d’un métro à la Fourchette ou au centre Ville sans se poser la question du remodelage du quartier pour accueillir de nouveaux habitants, de nouveaux moyens de transports (bus de rabattement), des parkings, une extension des commerces ?

Il y aurait beaucoup à faire et à construire à Champigny mais l’équipe municipale en place manque singulièrement d’ambition pour notre ville

Note la Coopimmo d’HLM de Champigny est depuis 1993 une filiale de IDF Habitat (ex Campinoise d’Habitation). A son conseil d’administration on retrouve nombre d’élus ou ex élus de la majorité municipale: Président M. Gérard Mauricius, membres MM Maurice Ouzoulias, Olivier Marchais, Mme Sylvaine Ettori etc.

A propos du Grand Paris et de la réforme des collectivités territoriales

Ce 18 novembre le Conseil Municipal était convoqué en séance extraordinaire en Mairie pour débattre du Grand Paris. le public était admis au cours d’un « entracte » à participer au débat. Malgré l’heure peu favorable et l’exiguité de la salle 70 à 80 personnes étaient là montrant que le sujet intéresse. Au nom d’Entente Citoyenne Yves Fuchs, Conseiller Municipal a fait une déclaration que l’on trouvera ci dessous et qui se différencie nettement des positions exprimées tant par les groupes de la majorité municipale que par ceux de l’opposition de droite.        

Conseil Municipal, séance du 18 novembre 2009

En effet les groupes de droite ont défendu les différends aspects du projet de M. Nicolas Sarkozy, tandis que les groupes de la majorité municipale  en critiquait la globalité. Tout en s’associant, comme on le verra ci dessous aux principales critiques des orateurs de la gauche Y. Fuchs a défendu l’idée que le Grand Paris était une nécessité et a insisté sur le fait qu’il était peu judicieux de se cantonner dans une dénonciation mais qu’il fallait aussi faire des contrepropositions en particulier dans le domaine de la structuration des transports et dans l’acceptation d’une intercommunalité discutée et construite avec les communes voisines.
Bien que ses propositions en ce sens n’aient pas été entendues Y. Fuchs a voté la motion présentée par la majorité contre les aspects négatifs du projet de loi, les élus de droite ont voté contre. Critiques par rapport à la loi eux aussi mais peu satisfait du contenu du texte présenté par la majorité municipale les élus MoDem ont choisi l’abstention.

Texte de l’intervention de Yves Fuchs

Monsieur le Maire, Mes chers collègues, Mesdames et Messieurs

 

Parlant de la réforme des collectivités territoriales le chef de l’Etat, le 29 avril dernier, dans son discours de Chaillot, avait insisté sur deux conditions : la nécessaire concertation avec les élus, et l’engagement de l’Etat «  Le grand Paris, déclarait-il, c’est l’Etat qui prend ses responsabilités, c’est l’Etat qui se donne les moyens d’agir, mais c’est aussi l’Etat qui associe, qui ne décide pas seul, c’est l’Etat qui donne l’impulsion nécessaire, mais qui n’impose pas d’en haut un projet qui ne peut réussir que s’il est partagé par tous ».

 

Force est de constater que le débat annoncé n’est pas au rendez vous et que l’Etat tente de décider tout seul. En organisant ce conseil municipal extraordinaire Monsieur le Maire, vous faites droit à une revendication démocratique fondamentale : la possibilité pour les citoyens d’être informés des mesures prises, d’en débattre librement et de choisir les moyens de faire entendre leurs aspirations. Je vous en félicite et j’exprime le souhait que d’autres débats ouverts soient organisés, l’importance du sujet le mérite. Toutefois ne nous limitons pas à débattre et à voter des motions condamnant le projet. Soyons créatifs, offensifs formulons des propositions. J’envisagerai quelques pistes possibles tout à l’heure.

 

Le Président de la République a souhaité réduire le nombre des collectivités territoriales et il a souhaité clarifier leurs compétences. Dans le même temps, il a décidé de supprimer la taxe professionnelle, sans assurer aux collectivités la nécessaire compensation par des recettes pérennes et évolutives. Or celles-ci sont  indispensables à l’équilibre des budgets et au financement des équipements publics. La réforme telle que prévue va favoriser les villes bien pourvues en activités tertiaires à forte valeur ajoutée au détriment des anciennes villes industrielles, où se concentrent les populations les plus fragiles et les plus demandeuses d’aides publiques. La suppression de la taxe professionnelle va donc y renvoyer la pression fiscale massivement sur les ménages.

Commencer d’ailleurs par parler des recettes fiscales sans connaître les missions de chaque collectivité, c’est mettre la charrue avant les bœufs.

Proposer de réduire le nombre d’élus, en fusionnant les Conseils Généraux et Régionaux  sous prétexte d’économies, c’est stigmatisant et culpabilisateur pour les élus tout en étant insignifiant en matière d’économies.

Les mesures proposées vont approfondir les inégalités entre des territoires riches, dont les recettes vont s’accroître, et des territoires comme le notre, où les besoins sociaux sont les plus grands. Une vraie politique de développement territorial serait celle de la péréquation des richesses pour tenter de diminuer les écarts entre les communes riches et les communes pauvres avec une répartition équitable des logements sociaux.

 

Le Grand Paris est un enjeu majeur de développement pour notre région. Créer une structure qui soit capable de réaliser la métropole de demain est une nécessité et un défi.

Cette métropole de demain doit s’inspirer des exigences de l’après Kyoto. Elle doit rapprocher emploi et habitat, elle doit permettre à chacun de se loger en tout point et non concentrer les riches au centre (ou autour des gares) et les pauvres en banlieue (la banlieue tendant ainsi à retrouver le sens étymologique que lui  avaient conféré les termes ban, bannir au Moyen Age).

La métropole doit réussir ses grands pôles de recherche de niveau mondial. Le complexe de Saclay doit naturellement y contribuer mais il faut aussi développer les réseaux entre universités de Paris intra-muros-centres et universités de banlieue et aussi entre différents centres de banlieue. Idéalement placée entre l’Université de Créteil Val de Marne et l’Université de Marne la Vallée qui se sont déjà unies au sein du PRES Paris Est (Pole de Recherche de l’Enseignement Supérieur) Champigny, en association avec des communes voisines a un rôle à jouer dans le développement des formations supérieures, de la recherche et l’installation d’écoindustries.

 

La métropole attractive de demain sera celle qui apportera la plus grande qualité de vie aux hommes et aux femmes qui y vivront et y travailleront. La culture, le sport, la nature, la baisse des pollutions dues aux voitures et aux industries, la mixité sociale et celle des fonctions en seront le cœur.

 Une association, PARIS METROPOLE a vu le jour sous forme de syndicat mixte, avec Paris et de nombreuses collectivités de toutes sensibilités afin de réfléchir ensemble à l’avenir de l’aire métropolitaine. Par seul calcul électoraliste, et pour préserver ses privilèges, la droite des Hauts de Seine veut faire capoter le projet.

 

Les transports La Région a besoin d’une nouvelle structuration des transports pour offrir une colonne vertébrale au développement et proposer une alternative à l’usage de la voiture.

Le schéma présenté par M. Blanc, au nom du gouvernement, privilégie la liaison entre pôles (La Défense, Saclay, Marne la Vallée), aéroports (Orly, Roissy le Bourget), gares TGV, et centres d’affaires mais laisse de côté, notamment dans le Val de Marne, la desserte de nombreux bassins de population. Bien sur relier Orly et Roissy, Saclay et Marne la Vallée est nécessaire mais pas en traversant les territoires où vivent les salariés mais en desservant ces territoires.

 Autour de ce projet de transport il y a une volonté de re-centraliser l’urbanisme et l’aménagement, orchestrée par la création d’une société d’Etat se substituant aux communes. Le projet laisse toute liberté aux promoteurs autour des gares pour financer ce transport. C’est la porte ouverte à un urbanisme dont nous ne voulons pas : murailles d’immeubles tertiaires et de standing (les seuls à générer de la plus value) et relégation de l’habitat populaire ailleurs, encore plus loin, (disparition de l’artisanat, des équipements publics et des parcs).

 

Si on tient compte des financements, des études et des délais de réalisation avec des aléas techniques toujours possibles le métro automatique est un enjeu pour 2025, au plus tôt. Cela ne doit pas faire oublier qu’il y a des mesures urgentes à prendre à Champigny, comme l’amélioration de la ligne A, l’achèvement du Trans-Val-de-Marne entre Saint Maur et Noisy-le-Grand dont plus personne ne parle en ce moment. Les nouvelles voies de transport ne rempliront leur rôle que si des transports de rabattement, rapides et confortables, permettent de rejoindre le TVM ou/et le métro automatique par des voies réservées aux bus. Si ce choix  n’est pas fait le métro aura un impact positif à La Fourchette ou au Centre Ville selon le projet retenu, mais les habitants des autres quartiers, du Bois l’Abbé ou de Coeuilly en seront exclus.

 

La question de l’intercommunalité Toute commune devra appartenir à une communauté de communes ou d’agglomération. Faute d’être constituée à l’initiative de ses membres, c’est le Préfet qui en fixera le périmètre.

L’ACTEP, dont Champigny est membre, n’est qu’un lieu de débat non opérationnel, qui n’a rien produit depuis qu’il a été créé. Il est aujourd’hui abandonné par plusieurs villes fondatrices  (Montreuil, Noisy le Sec, Bondy , Gournay) qui partagent cette analyse.

L’intercommunalité exige de bâtir des projets communs avec les villes voisines.

Sinon, le Préfet prendra acte de la carence de Champigny et opérera un regroupement d’office.

La majorité municipale campinoise aura alors beau jeu de protester avec véhémence en dénonçant l’autoritarisme. Elle aura fourni les verges pour se faire battre

 

A partir de ce constat je propose les pistes suivantes

 

Transport Il faut nous prononcer clairement pour un métro qui desserve les populations que ce soit sur le trajet Orbival ou sur celui de M. Blanc. Si  Orbival est choisi il faut à la Fourchette une gare d’interconnexion avec le TVM. Si c’est le trajet de M. Blanc une desserte de Champigny s’impose vers le Centre Ville. Nous somme heureux de constater que le Conseil Général s’en préoccupe avec la mise en place en juillet dernier par le Président Favier d’une commission pour l’étude d’une navette tram-train entre Val de Fontenay et Champigny Centre.

Notre tache est de préparer l’accueil du métro pour qu’il desserve au mieux Champigny. Cela nécessite des réserves foncières autour de la zone qui sera choisie, pour assurer l’accueil des bus de rabattement, fournir aux automobilistes des parkings, et aux vélos des vélos parkings sécurisés, assurer autour du métro le développement de zones commerçantes et ainsi dynamiser le commerce autour de la station, qu’elle soit à la Fourchette ou au Centre Ville.

Il faut créer les conditions pour qu’aucun habitant de notre ville ne soit éloigné du métro (voies pour bus, pistes cyclables). Autour du métro la vie des campinois doit s’améliorer.

Mais avant que ce métro circule il faut mettre en place le TVM dont nous voulons que conformément aux promesses il circule en 2013.

 

Autour des nouvelles possibilités de transport c’est toute la fonctionnalité tout l’urbanisme de Champigny qu’il va falloir repenser. Une belle perspective pour notre ville.

 

Notre avenir ne peut plus se concevoir  seul. Il faut engager des discussions avec nos voisins pour construire un projet en commun, faute de quoi, vous le savez, nous serons contraints d’entrer dans une structure décidée au dessus de nous, sans notre avis et peut être contre l’intérêt des campinois. J’ai lancé l’idée d’un thème « écoindustrie », lié aux centres de recherche universitaires de Marne la Vallée et Créteil et articulé géographiquement autour de l’axe du TVM. C’est une idée, d’autres sont possibles. Discutons en et avançons. L’urgence est certaine.

 

Monsieur le Maire, le débat du dernier conseil et le vote de la motion, l’ont montré, nous portons sur ce projet de réforme des collectivités locales et ce projet du Grand Paris des jugements qui ne sont pas très différents. Toutefois si nous nous limitons à dénoncer les aspects négatifs de ce projet (dirigisme centralisateur, atteinte aux compétences des communes, maintien des inégalités etc.) nous ne serons pas à la hauteur des besoins de Champigny.  Il faut des projets pour demain, en particulier dans le domaine des transports, dans le domaine de l’intercommunalité. Pour donner vie et force à ces projets il faut une large concertation démocratique. On veut nous imposer un système centralisé où les décisions viendront d’en haut, eh bien prenons le contre pied de cette façon de faire, faisons remonter des propositions appuyées sur la participation citoyenne.