Arbres abattus sur l’Ile de l’Abreuvoir

En fin de semaine dernière avaient lieu les journées du Patrimoine. Cette année la Municipalité de Champigny, le Conseil Général avaient choisi de mettre l’accent sur le lien patrimonial existant entre Champigny et la Marne. L’idée était excellente mais elle a été maheureusement gachée par l’abattage  d’arbres quelques jours auparavant à la pointe de l’ile de l’Abreuvoir. Les riverains se sont émus et ont interpellé l’équipe au travail. Le chef d’équipe a expliqué que leur société agissait dans le cadre d’une mission du Conseil Général. Il semble que l’intervention déterminée des riverains et leurs questions aient provoqué un certain flottement. Le travail a été interrompu et les troncs de deux arbres laissés sur place.

La pointe de l’ile avant l’abattage des arbres (photo riverain)

L’abattage est en cours (photo riverain)
Après (photo riverain)
Les troncs coupés et laissés sur plac (photo Forum)

Plusieurs personnes se sont adressés aux services du Conseil Général mais renvoyées de service en service elles n’ont pas obtenu de réponse à leurs questions. Le mal fait est important. (voir les photos prises par les riverains). Informé par plusieurs personnes j’ai saisi l’occasion de la réunion de la commission municipale de l’environnement le 22 septembre pour poser quelques questions et en particulier demander si on pouvait m’expliquer les raisons de ces abattage. Les iles sont en effet propriété du Conseil Général du Val de Marne mais se trouvent sur le territoire de notre commune. Il est donc normal que Champigny soit informé. Et de fait il existe un comité de gestion de la Marne qui regroupe des représentants du Conseil Général, des communes riveraines et des représentant d’associations. C’est, m’a-t-on précisé en commission, ce comité de gestion qui a décidé lors de sa réunion du 16 novembre 2008 de procéder à ces abattages. Les raison invoquées ont été les suivantes:
1/ ces arbres étaient malades
2/ ils penchaient dangereusement sur l’eau et ils auraient pu constituer un danger pour les pratiquants de sports nautiques (canoe, kayak)
3/ l’un de ces arbres était un marronnier. Le marronnier n’est pas un arbre qui poussait à l’origine sur les bords de Marne. Dans un souci d’authenticité on privilégiera des espèces plus « authentiques » et on procédera à un abattage sélectif des marronniers.

Ces trois points ne me paraissent pas défendables.

1/ d’abord celui de la santé des arbres. On sait qu’en ville les arbres présentent quasiment tous des atteintes diverses. La ville est un milieu difficile pour les arbres. La pratique fréquente de la coupe mécanique avec des outils qui ne sont pas nettoyés entre chaque arbre favorise d’autre part la propagation des ma    ladies d’arbre en arbre. Il faudrait obtenir des entreprises chargées des tailles qu’elles désinfectent les outils chaque fois qu’elles passent d’un arbre à l’autre. Le coût serait plus élevé mais la santé des arbres y gagnerait. Ce n’est pas parce qu’un arbre présente une affection qu’il doit être abattu. Cela reviendrait à abattre la majorité des arbres des parcs et des avenues. Il y a 5 ans la muncipalité avait décidé d’abattre 8 grands arbres du Parc de Coeuilly. Les riverains se sont émus. Une pétition a réuni 300 signatures. Des réunions sur place de riverains et d’experts ont eut lieu. Finalement 3 arbres seulement ont été abattus, les 5 autres continuent de prospérer pour notre plaisir.

2/ le danger pour les sports nautiques. Si ces arbres présentaient un réel danger on ne comprend pas qu’il ait fallu 22 mois presque deux ans pour que la décision d’abattage prise le 16 novembre 2008 soit appliquée!!

3/ L’argument de « l’authenticité » ne me semble pas plus valable. Le marronnier est un arbre originaire d’Asie Mineure introduit en France au 16ème et 17ème siècle. Il est depuis longtemps à sa place dans le paysage français. De combien d’arbres aujourd’hui familiers devrait-on se priver?

Plusieurs personnes ont écrit à Monsieur le Maire. Une pétition a recueilli 80 signatures. Ces démarches citoyennes prouvent qu’aujourd’hui les gens sont très sensibles à tout ce qui touche l’environnement et l’arbre est un symbole fort de cet environnement.

Ces arbres de Coeuilly que l’action des riverains a permis de sauver

Cela veut dire aussi que les élus doivent être plus à l’écoute des gens et mieux informer, mieux communiquer avant de prendre des décisions.

Yves Fuchs
Conseiller Municipal

Une réflexion au sujet de « Arbres abattus sur l’Ile de l’Abreuvoir »

  1. Gérard Mathieu

    L’argumentation des tenants de l’abattage frise le « n’importe quoi ».

    Comme vous le soulignez, les justifications avancées par vos interlocuteurs ne tiennent pas :

    * 2 des arbres abattus (sur les 3), les + beaux, n’étaient pas « exotiques »
    * Situés en deçà de la rive ils ne présentaient pas de danger pour les pratiquants de sports nautiques
    * Le 3ème était terriblement exotique : 1 marronnier de petite taille dont on saisit mal qu’il eut pu empêcher ses voisins beaucoup plus grands de croître si tant est que la croissance de ceux-ci n’ait pas atteint son maximum
    * Si on doit abattre les marronniers autant dire que l’on va raser les 3/4 des arbres de l’île de l’Abreuvoir, ce que nous ne saurions accepter.
    * Curieusement la douzaine de « chandelles » (arbres morts de 15 à 20 m de hauteur) conservés dans les îles des Gords ne présenteraient pas de risques pour les sports nautiques !

    D’autres arguments avancés par les tenants de l’abattage (Nature et Société que j’avais cru bon de contacter en désespoir de cause), en l’occurrence Monsieur Guerquin insiste sur la nécessité de préserver les berges en procédant à un enrochement de celles-ci. Ce qui montre leur méconnaissance des lieux, l’île de l’Abreuvoir ayant été « enrochée » lors des aménagements de 1981. Ce qui est vrai pour d’autres îles, non protégées de l’érosion, ne l’est pas pour celle de l’Abreuvoir. M. Guerquin déclare au demeurant ne pas être au courant des aménagements en cours bien que siégeant, selon lui, au « Comité de gestion de la Réserve Naturelle Départementale des îles de la Marne » qui aurait pris la décision

    Quand au retour à l’originel, que ces messieurs veuillent bien se reporter aux tableaux de nos plus célèbres impressionnistes pour y constater la présence de ces arbres « exotiques » qu’ils veulent détruire.

    Qu’ont-ils donc contre cette famille des hippocastanacées implantée chez nous depuis plus de 3 siècles et originaire des Balkans (c’est-à-dire d’Europe) et d’Asie Mineure ?

    Serions-nous en présence d’un ostracisme, voire d’un racisme végétal ?

    Sans doute les marronniers sont-ils rongés (leur feuillage) par un parasite qui jaunit prématurément leurs feuilles.

    Mais si l’on veut renouveler les essences implantées dans nos îles, pratiquons des méthodes douces et progressives en introduisant progressivement les nouvelles essences avant de détruire des arbres magnifiques et centenaires.

    Quoiqu’il en soit nous dénions au Comité en cause, compétence et autorité pour décider à distance et en méconnaissance du terrain de ce qui est bien pour notre cadre de vie quotidien, qui plus est sans nous consulter.

    Encore merci pour ce que vous pourrez faire pour la défense de notre cause

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  2. TV

    L’argument qui concerne les marronniers soi disant peu authentiques est grotesque mais me rappelle le fait qu’à Coeuilly dans la cour du foyer Monmousseau,rue de l’Abreuvoir,un superbe marronnier en parfaite santé comme le prouvera l’état de la souche, a été abattu du jour au lendemain sans que les riverains aient pu faire quoi que ce soit.Le marronnier semble donc déplaire aux élus locaux.Trop majestueux,rappelant trop les parc aristocratiques,bien que de développement relativement rapide,on lui préfère de petits arbres grèles que l’on peut planter,abattre peu de temps après pour en replanter d’autres tout aussi grèles mais qui viendront augmenter les statistiques de plantations d’arbres nouveaux sur la commune.Décidément le temps des arbres,les vrais,ceux qui défient les siècles et donnent à qui les contemple le sens d’une continuïté qui les dépasse,ne peut se confondre avec le temps court des campagnes électorales.

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  3. YF

    Message reçu dans la boite de courrier électronique de Forum et que nous ajoutons ici
    Forum des Boucles de la Marne

    Cher Monsieur,
    Je vous mets ci-joint la réponse de Monsieur Christian Favier, Président du Conseil Général du Val de Marne, à ma lettre du 16 septembre réagissant contre l’abattage d’arbres dans l’île de l’Abreuvoir et demandant l’organisation d’une réunion de concertation en mairie de Champigny sur les projets d’aménagement de cette île.
    Explications déjà entendues (arbres malades, sécurité de sports nautiques …), mais on ne parle plus « d’enrocher » les berges (qui le sont déjà), ni d’érosion fluviale sur la point de l’île (qui est en aval et non en amont !). On ne parle pas non plus d’éradiquer les arbres qualifiés « d’exotiques » ( !) : 12 marronniers, 6 acacias (que resterait-il ?).
    La lettre se réfère toujours à 2 arbres abattus alors qu’ils sont (étaient) 4 dont on voit clairement les souches coupées.
    Bref, peu importe, le mal étant fait, regardons l’avenir.
    Sur ce point le président de CG94 « retiens notre proposition d’organiser une réunion de concertation pour présenter les projets d’aménagements de l’île de l’Abreuvoir et recueillir ainsi les suggestions des campinois ». Message reçu donc. Réunion dont je comprends qu’elle sera organisée en mairie de Champigny, copie de la lettre étant envoyée à MM. Adenot et Lécuyer.
    Bien cordialement
    Gérard Mathieu
    PS : J’apprécie que la lettre de Monsieur Favier soit explicitement adressée aux « Riverains promenade Camille Pissarro et des rues de l’église et de la Marne », signataires (à plus d’une centaine), de la pétition correspondante. Il a bien intégré qu’il s’agissait d’une démarche collective. Je vais m’efforcer de diffuser la réponse auprès des signataires de la pétition

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  4. Genevieve Debros

    Merci de ce courrier.
    Si je suis à Champigny au moment de la réunion, j’y assisterais volontiers. En tant que fondatrice et ancienne présidente pendant 10 ans de MVMV, à l’origine du projet de RNV, j’aurai bien des choses à dire ainsi qu’olivier NAWROT, botaniste et spécialiste des milieux naturels (également un ancien de MVMV et auteur d’un diplome de l’Ecole Nationale du Paysage de Versailles sur l’aménagement écologique durable des berges et Iles de la Marne dont le Conseil général a une copie et qu’il serait intéressant de ressortir).

    Encore merci
    Bien amicalement
    Geneviève DE BROS

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