Archives mensuelles : janvier 2011

Comment réussir à rater une bonne opération: le grand chantier de l’ex RN4 (une mise entre parenthèse pour cause d’élections)

Le chantier de la D4 (ex RN4) est mis entre parenthèse pour 3 semaines. Jusque quand jusqu’au 28 mars. Pourquoi? Pour raisons d’élections cantonales.

Le chantier, mal préparé, avec des délestages insuffisamment pensés entrainaient des gènes importantes pour les riverains, pour tous ceux qui en véhicules individuels et en transports en commun doivent emprunter l’axe. Le désordre s’étendait dans le réseau de voies locales de quartier envahies par des circulations bien trop importantes. Une affaire bien mal engagée donc et en période de campagne électorale cela fait mauvais effet et peut avoir des conséquences. Aussi la décision a été prise d’arrêter le chantier pendant trois semaines (combien cette pause coûte t-elle?)

Les problèmes posés par cette opération, dont nous ne nions pas qu’elle était nécessaire, mais qui a été mal pensée et mal préparée, ne sont pas résolus pour autant. Ils se reposeront dès le lendemain du 2ème tour des cantonales mais on aura éviter qu’ils puissent faire mauvaise impression sur l’électeur avant les cantonales. Pitoyable façon de fuir les problèmes.

Nous maintenons notre tribune sur ce sujet parce que le débat sur ce problème reste nécessaire et se poursuivra au delà des échéances électorales

Champigny est malade de la voiture. Notre situation géographique

dans une boucle de la Marne, le nombre insuffisant de ponts,

une offre en transports en commun saturée et souvent techniquement

défaillante, tout cela concourt à une circulation démentielle sur

les principaux axes. 30800 véhicules par jour sur la N4 devant la

mairie en 2007, 18000 sur l’Avenue François Mitterrand.

Il est nécessaire de tout faire pour que diminue la circulation de transit à travers notre ville. Tout le monde y gagnerait. Une circulation moindre c’est moins de bruit, moins de pollution, plus de possibilité de déplacement piétonnier et donc un développement des activités commerçantes. C’est aussi pour ceux qui habitent le haut de Champigny un horaire plus régulier des bus, un gain de temps pour venir au centre ville ou rejoindre le RER.

Tout le monde en est bien persuadé : faire diminuer le trafic sur les grands axes à Champigny est absolument nécessaire.

 Les travaux actuellement en cours et jusque fin 2011, entre la rue du Monument et la rue de la Plage (et qui  devraient ensuite se poursuivre jusque La Fourchette) prévoient que la circulation se fera désormais sur une seule voie dans chaque sens, que les trottoirs seront élargis pour favoriser les déplacements piétonniers, que des voies seront réservées aux bus et des pistes cyclables créées. Ce projet vise à limiter le trafic automobile et à rendre le centre ville puis ensuite l’ensemble de l’ex RN4 plus calme, plus attractif, plus vivant.

On ne peut qu’applaudir mais……

 

ü      Le chantier perturbe  la vie de nombreuses personnes. Les embouteillages sont permanents durant la journée au centre ville avec des pertes de temps importantes, un accroissement de la pollution et du bruit. L’énervement manifeste de certains conducteurs conduit à  des agressions verbales contre d’autres conducteurs, des piétons et des cyclistes. Parfois l’agression devient physique et des mains courantes au commissariat en font foi.

ü      Ceux qui sont les plus pénalisés sont les utilisateurs des bus (RATP et APTR). Pour éviter les embouteillages le 208 n’emprunte plus la voie descendante de l’Avenue Marx Dormoy mais rejoint directement la gare de Champigny en passant par le RD7 (Sonja Delaunay- Boursicaut-François Mitterrand) sans arrêt entre les Mordacs et la rue Dimitrov près de la Mairie. Toutes les personnes qui prennent le bus aux arrêts de la descente vers le centre ville et la gare du RER A sont aujourd’hui privées de transports en commun. Des autobus de l’APTR font pire certains jours. Leur terminus est au Rond Point de la tour hertzienne. Ils font demi-tour, abandonnant leurs passagers qui doivent alors rejoindre la gare de Champigny Saint Maur à pied (2,5 km).

          

                           Le 208 passe par l’Avenue François Mitterand (sans arrêt)

ü      Des délestages surchargent certaines rues des secteurs pavillonnaires : Du fait de la paralysie de la RN4 de nombreux automobilistes rejoignent le centre ville et au-delà en passant par l’Avenue Maurice Thorez, l’axe Sonja Delaunay, Boursicaut, François Mitterand. Lors des heures de pointe du matin l’axe est entièrement  bloqué à partir du sommet de la côte jusqu’au rond point Colonel de Grancey (carrefour  Dupertuis-Stalingrad-République-Mitterrand). De nombreux automobilistes préfèrent alors passer par la Demi Lune, l’Avenue de Coeuilly, la rue du Monument, la rue des Perreux, la rue Jacques Richard.

            

                      Tôt le matin les rues de desserte locale sont bloquées

Plus tard dès que le nombre de voiture diminue et que la chaussée se libère un peu  les conducteurs veulent rattraper le temps perdu en amont et circulent à une vitesse excessive, sans prendre garde aux limitations de vitesse, pour finir par être bloqué au bas de la rue Jacques Richard car déboucher sur le RD 4 rue Talamoni  est devenu très difficile.

                            

                                               Des déviations mal préparées

ETAIT-IL POSSIBLE DE FAIRE AUTREMENT ?

Interrogés les responsables municipaux ont des réponses vagues ou bien finissent par dire que bien sur il y a problème mais « il faut savoir ce qu’on veut » signifiant par là que si on souhaite réellement une amélioration en centre ville on doit accepter les inconvénients du chantier. Il n’est pas sur que cette explication convainque les automobilistes énervés, les utilisateurs du 208 et des autobus APTR transformés en champions de marche à pied, ni les riverains des petites rues qui servent de délestage aux grands axes.

La question est. Pouvait-il en être autrement ? Le problème est simple. Diminuer la circulation au centre de Champigny est nécessaire et les travaux en cours qui visent ce but sont parfaitement justifiés. Toutefois une réflexion préliminaire simple aurait été nécessaire. Il est évident que si on provoque un étranglement on produit un ralentissement voire un blocage. Les conducteurs ont alors tendance à chercher à contourner l’obstacle par d’autres itinéraires. C’est ce qui s’est produit, aidés d’ailleurs par une signalisation provisoire les automobilistes se sont reportés sur l’axe Maurice Thorez-Sonja Delaunay-Boursicaut-François Mitterand (RD7). Cet axe déjà surchargé normalement n’était pas près d’accueillir le trop plein de véhicules de la RD4 et le blocage est total aux heures de pointe.

Qu’aurait-on pu faire ? En fait ce qui est en cause c’est la priorité donnée à ce chantier du centre ville. Nous avons dit et répété sur ce blog et dans le journal Les Débats de Forum la voie de desserte associée (VDO) c’est-à-dire l’axe prévu entre la tour hertzienne et le rond point IKEA à Villiers constitue la priorité absolue en ce qu’elle permettrait d’éviter le centre de la ville. Une première tranche a été réalisée entre la rue Fourny (Leclerc) et le rond point IKEA. Nous sommes alors intervenus pour demander une ouverture prioritaire des 2 autres segments (tour hertzienne-Avenue Sonja Delaunay et Avenue Sonja Delaunay-rue de Fourny).

Réalisée avant de s’attaquer au problème du centre ville  la Voie de Desserte Associée aurait offert un évitement facile. Elle aurait permis d’ailleurs dès son ouverture d’interdire le transit des poids lourds à travers le centre. Si les travaux avaient été réalisés dans cet ordre il aurait été possible de s’attaquer ensuite aux travaux du centre ville et même de l’ensemble de l’axe ex RN4 sans créer des perturbations importantes.

ET MAINTENANT QUE PEUT-ON FAIRE ?

Les choses étant si mal engagées qu’est-il possible de faire pour diminuer les inconvénients de ce chantier ? Nous avons suggéré une meilleure signalisation pour inciter grâce à de grands panneaux les conducteurs bloqués sur le RD7 à emprunter la voie Benoit Frachon puis la rue de Fourny et enfin le tronçon existant de la voie de desserte associée vers chez IKEA. Cela aurait le mérite de diminuer les bouchons Avenue François Mitterrand et de faire éviter le centre ville. Ce ne serait qu’un palliatif bien sur mais Forum continue d’agir auprès des services municipaux pour qu’une signalisation appropriée éloigne une fraction significative des automobilistes de l’entonnoir qu’est devenu le centre ville.

 

 

QUEL AIR RESPIRONS NOUS?

Au 18ème siècle les habitants de Paris mettaient leurs enfants en nourrice

chez les paysans du petit village de Champigny pour qu’ils échappent aux

miasmes du cloaque qu’était alors la ville de Paris. Champigny était à cette

époque réputé pour son bon air.

Au 21ème   siècle que respirons nous à Champigny ? Quels dangers nous guettent ?

En allant sur le site de AIRPARIF on trouve des informations intéressantes concernant Champigny sur Marne : http://www.airparif.asso.fr/pages/resultats/stations

Ces données sont fournies par une station automatique d’analyse installée sur le terrain de sport Nelson Mandela derrière les tennis.

                                            

Le laboratoire automatique  et son mat de prélèvement

En sus des données de la station permanente le site fournit aussi les résultats d’une station temporaire qui a fonctionné en 2007 le long de la RN4 à Champigny. Cette station était localisé Avenue Talamoni sur la RN4. Le trafic était en 2007 estimé à 30880 véhicules jour sur cet axe.

Les teneurs en benzène et en NOx ont été mesurées. Globalement on peut dire que la teneur en NOx  augmente avec la vitesse tandis que celle en benzène croit lorsque les véhicules roulent lentement.

Sur cette station temporaire de l’Avenue Talamoni les teneurs en benzène sont supérieures à celles qui sont considérées comme caractéristiques d’un air de qualité mais sont inférieures aux valeurs limite d’alerte. Par contre les teneurs en NOx  (moyenne annuelle) avec 58 mg mar m3 dépassent largement non seulement la limite de qualité (40 mg/m3) mais aussi les valeurs limite d’alerte (46 mg/m3 ). Il s’agit là des moyennes annuelles. Les données d’AIRPARIF ne précisent pas ce qu’étaient les valeurs lors des pics de pollution mais respirer le long de la RN4 n’est pas sans danger si on s’en tient aux moyennes annuelles

Le poste automatique d’analyse situé sur le stade Nelson Mandela fournit des données détaillées, heure par heure, chaque jour.

Sont analysés NO (oxyde d’azote), NO2 peroxyde d’azote et O3 (ozone) en microgrammes (mg) par mètre cube d’air.

On observe des variations importantes de la qualité de l’air dans le temps. La qualité de l’air varie selon l’heure. Les pics de pollution se situent le matin de 7 à 9H et le soir de 18 à 20H ce qui tend à confirmer l’appréciation d’AIRPARIF selon laquelle environ 50% de la pollution observée en Ile de France aurait son origine dans le trafic routier.Le graphique des derniers jours (vendredi 21, samedi 22 et dimanche 23) confirme cette relation avec le trafic routier. Un pic est visible vendredi matin et vendredi soir. Moins marqué samedi il est quasiment inexistant le dimanche pour le NO2 et le NO

 

 Cette constatation est encore renforcée par les variations observées sur une plus longue période. Parmi les données disponibles sur le site AIRPARIF nous avons sélectionné celles concernant les analyses effectuées à 8H le matin tout au long du mois de décembre 2010.

Le graphique est significatif. Les pics de pollution s’observent tout au long de la semaine du lundi au vendredi. Les minima sont observés les dimanches (D sur le graphique).

 Durant les vacances scolaires on note une diminution globale des teneurs en NO2 avec un minimum très net pour le jour férié de Noël.

Si les teneurs dépassant ou frôlant le seuil d’alerte sont rares au cours des 15 derniers mois

On note quand même un pic à 318 mg le 16 octobre 2009 à 8 H du matin et un autre pic à 319mg à 21H et une dizaine de valeurs supérieures à 200mg ( à titre de comparaison la valeur moyenne à 8H les dimanches est de 20mg.

On peut être satisfait de disposer aujourd’hui d’analyses de la qualité de l’air à Champigny. C’est une demande que Forum faisait depuis des années. Ce blog y a consacré plusieurs notes et nos journaux l’ont constamment demandé. L’existence d’analyses en continu était nécessaire et il est bien que les données soient aujourd’hui disponibles et accessibles pour tous.

Toutefois il faut maintenant envisager des solutions pour améliorer la qualité de l’air

Nous respirons un air qui est passablement pollué. Le principal responsable de la pollution c’est le trafic des voitures particulières et des camions.

Le meilleur moyen d’améliorer la qualité de l’air que nous respirons c’est de faire diminuer la circulation des voitures particulières et des camions.

Pour cela il faut en ce qui concerne le fret une politique de transfert du transport de la route vers des moyens non polluants (transport fluvial, transport ferroviaire). En ce qui concerne les personnes il y a urgence à offrir des transports en commun qui présentent une véritable alternative à la voiture c’est-à-dire qu’il faut un maillage serré du réseau (bus et réseau ferré), un matériel moderne qui offre des conditions meilleures de confort, des dessertes plus rapides et plus fréquentes et ceci à des prix modérés. C’est un énorme défi pour la région Ile de France mais c’est la condition de base pour que notre environnement reste respirable pour nous et nos enfants. Ce sera aussi un travail de longue haleine mais il est urgent de le lancer tout de suite.