Archives mensuelles : novembre 2011

Ce futur métro c’est quand et comment?

On est fort heureux de constater que la volonté de construire le nouveau métro se manifeste jour après jour. C’est tout le monde en est conscient un atout formidable pour le développement de notre ville, la possibilité d’économiser du temps de transport, de la fatigue, de diminuer l’hérésie économique et environnementale que représente l’utilisation excessive de la voiture individuelle. C’est une bonne chose.

Il n’empêche qu’il ne faut pas se bercer d’illusions. Si la décision d’ensemble est prise il reste à voir de quelle façon et quand ce projet sera réalisé. Se satisfaire de la décision ne suffit pas il faut suivre ce projet dans les détails et la dernière réunion tenue mercredi 16 novembre en Mairie prouve à l’évidence que tout n’est pas encore réglé.

         

Rappel: vue de notre secteur du futur métro

Mercredi 16 décembre, donc, en mairie à 20H30, s’est tenu un conseil municipal extraordinaire prévu pour durer une heure et qui en durera deux, avant le Conseil Municipal ordinaire. Conseil extraordinaire parce que des responsables de la société du Grand Paris étaientt appelé à s’expliquer devant les élus municipaux et les citoyens campinois présents (une cinquantaine avaient répondu à l’appel).

 

Que dire de l’exposé des responsables de la société du Grand Paris et de la discussion ?

Quelques points méritent qu’on s’y attarde :

Les responsables ont paru très directifs. On était loin de l’ambiance d’une véritable consultation. Bien sur concernant un projet de cet envergure il faut des lignes directrices fortes et quelqu’un à la barre du bateau. On ne peut pas perdre des dizaines d’années à se renvoyer les projets entre différents intervenants c’est unne évidence. Toutefois l’impression dominante, après cette soirée, est que les citoyens et les élus ont peu de chances d’influer sur le projet. Autre point qui fait souci ils n’a pas été répondu  de façon claire aux questions sur les expropriations nécessaires,  ni sur le dédommagement des transferts nécessités par la gare de Champigny Centre (Ateliers municipaux).

Les représentants du Grand Paris  ont minimisés les désagréments réels qui peuvent être induits par le chantier. Ils ont insisté sur le fait que le creusement des tunnels et des gares seraient opérés avec un tunnelier et que donc les effets en surface seront minimes. Les tunneliers tels ceux utilisés par la SNCF sur des chantiers de voies nouvelles avancent pour le moment de 4 à 5 mètres par jour. Leur vitesse de pointe est de 20m par jour. En surface les travaux de creusement d’un tunnelier ne se font pas sentir directement. Toutefois pour que le tunnelier avance il faut rabattre le niveau de la nappe phréatique. Lors du creusement du tunnel d’Eole entre les stations Magenta et Gare Saint Lazare des mouvements verticaux du sol atteignant 2 cm ont été observés avec retour à la normale après fin des travaux et retour progressif de la nappe phréatique à la position initiale. Toutefois ces mouvements ont fragilisé de nombreux bâtiments dans le secteur. Il sera bon d’effectuer des mesures avant, pendant et après les travaux pour surveiller l’évolution du bâti en surface. Par ailleurs si le tunnelier travaille en souterrain il faudra quand même forer des puits à partir de la surface à l’emplacement des stations. Enfin si le tunnelier travaille en profondeur il n’en est pas moins nécessaire d’évacuer vers l’extérieur les déblais. Comment se fera cette évacuation ? Par où en surface ? (il s’agit de millions de m3). C’est une question d’organisation du chantier à laquelle il serait souhaitable que la Société du Grand Paris réponde.

Les techniques de creusement ne sont plus celles du 16ème siècle (extrait du Livre de Re Metallica de G. Agricola)

un tunnelier de la SNCF (creusement du tunnel du Col de Saverne) Photo Le Républicain Lorrain

En ce qui concerne la gare de Champigny centre, le déménagement des ateliers municipaux est une nécessité. Les représentants du grand Paris n’ont pas paru soucieux de s’engager sur le principe d’un dédommagement pour la commune qui devra bien trouver un autre espace pour loger les services technique et aménager ce nouvel espace pour qu’il réponde aux besoins.

En ce qui concerne l’atelier de réparation lavage et remisage des trains il semble acquis qu’il se trouvera à Champigny et c’est une bonne chose puis que cela confirme que les travaux commenceront chez nous (on en rediscutera plus loin). Cet espace de 8 ha est déjà choisi. Il sera situé à l’emplacement d’entreprises existantes (PME) qui devront donc déménager et d’un segment de la rue Fourny qui sera supprimé (voir photo et plan).             

La rue de Fourny disparaitra au dela du carrefour avec les rues

Benoit Frachon et Ambroise Croizat

L’expropriation (et le départ ?) des PME actuellement installées sur cet espace signifie la perte de 165 emplois pour notre ville si elles choisissent d’aller s’installer ailleurs. Certes la société du Grand Paris assure que l’installation du remisage et des ateliers créerait au moins autant d’emplois mais il faut d’ores et déjà se préoccuper de trouver un autre emplacement aux PME qui vont être expropriées faute de quoi elles iront s’installer ailleurs.          

En bleu vif les zones qui seront utilisées pour la station de maintenance et de remisage et la partie de la rue de Fourny qui disparaitra

La société du Grand Paris demande au Conseil Général de prolonger la voie de desserte associée (qui va actuellement d’IKEA à la rue de Fourny) sur un segment allant de la rue de Fourny à la rue de Bernau. Cela parait logique et nous souhaitons tous d’ailleurs que cette voie aille rapidement jusqu’au rond point du fort de Champigny ceci pour libérer le centre ville de la circulation excessive des automobiles et l’interdire complètement aux poids lourds.

Autre point la société du grand Paris demande le doublement de la voie existant actuellement entre la rue de Fourny et IKEA pour permettre la mise en place d’une ligne de bus en site propre (appelée ALTIVAL) qui desservirait la nouvelle station des 3 communes qui serait implantée juste en dessous du golf. Là encore nous sommes tout à fait d’accord mais nous faisons la remarque que c’est un gros effort que l’on demande encore au Conseil Général. La construction du pont au dessus des voies ferrées, sans interrompre le trafic avait représenté un exploit technique et coûté fort cher : le coût total du tronçon  entre la rue Fourny et le rond point  Bricorama s’était élevé à 22,7 millions d’euros en 2008, financé par moitié par le Conseil Général du 94 et par moitié par le Conseil Régional d’Ile de France. Il n’y avait eu aucun financement de l’état. Aujourd’hui il semble que la Société du Grand Paris demande à nouveau à la collectivité départementale de financer le nouveau tronçon. Cette desserte valorisera fortement les 16 hectares de délaissés de l’ancienne liaison A4-N4. Il serait normal qu’il y ait un retour au département et qu’il soit associé à l’aménagement de cette zone. Mais l’état fait semble-t-il la sourde oreille.

La suppression de la rue de Fourny entre le carrefour Benoit Frachon et l’intersection avec la voie de desserte associée aura pour conséquence de rendre l’accès au centre Leclerc difficile depuis Champigny puisque pour s’y rendre et en revenir il faudra obligatoirement emprunter la rue de Bernau puis la rue des Regards des Luats ou la rue Serpente. Si l’accès en est rendu difficile le centre Leclerc et la galerie marchande qui lui est associée vont perdre en attractivité. En même temps une autre grande surface (Auchan) va s’installer aux Simonettes. Dans ces conditions le centre Leclerc souhaitera-t-il rester à Champigny ?

Une autre question nous parait se poser fortement. Au cours de l’exposé les représentants du Grand Paris ont mis en évidence les avantages que retirerait le centre ville et ses habitants du fait de cette nouvelle desserte. C’est indéniable et c’est une bonne chose. Une autre chose est apparue toutefois en négatif : le désintérêt pour les quartiers du haut Champigny (Mordacs, Coeuilly, Bois l’Abbé). Quel avantage vont-ils eux trouver dans le nouveau métro ?

Champigny est une ville coupée en deux. Il n’y a pas de continuité de l’urbanisme entre la vallée et les coteaux d’une part et le plateau au sens large. Aujourd’hui il faut autant de temps pour venir du Bois l’Abbé à la gare du RER A que pour aller de cette gare au Chatelet. Alors on a bien dit qu’il faudrait réorganiser le rabattement par bus vers les gares mais on n’a pas l’impression que ni la société du Grand Paris, ni la municipalité n’ont, à cette étape, de programme précis. C’est l’unité de la ville qui est en question et nous demandons que dans les discussions et les réunions à venir on insiste sur cette possibilité pour les habitants du « haut » de Champigny (Coeuilly, Mordacs, Bois l’Abbé) d’accéder faciement et rapidement au métro et que des mesures soient proposées.

Enfin reste la question des délais. Un bon point pour Champigny : les travaux débuteront bien sur le secteur su-est et très probablement sur Champigny (Ne serait ce que parce qu’il faut construire dès le début la station de remisage). Les représentants de la société du Grand Paris se sont montrés très optimistes. Ils envisagent un début des travaux en 2014 et l’achèvement du tronçon du Val de Marne en 2018.

Disons le. Nous n’y croyons pas. Pour que les travaux commencent en 2014 il faut que l’enquête publique et les décisions budgétaires soient réglés tambour battant, ce qui surtout concernant le financement n’est pas encore fait. Il faut qu’aucun recours ne soit déposé or on sait que sur un projet de cette taille il y aura nécessairement des objections et des recours.

Enfin en ce qui concerne les travaux eux même on sait qu’un tunnelier moderne peut avancer de 5 à 20 m par jour et pour le tronçon sud Est le notre qui est, et c’est heureux, prioritaire il y a 33 km à creuser soit en moyenne 10 ans à creuser pour un tunnelier. Bien sur on peut et on va mettre en action plusieurs tunneliers. Ce n’est pas un outil qui s’achète sur internet. Chaque tunnelier est conçu et construit en fonction du type de tunnel et de la nature des terrains à forer (et là il faudra des études géologiques préalables et de nombreux sondages).

Tout ceci amène à penser que ce tronçon Sud Est pourrait si tout va pour le mieux, si le sous sol Val Marnais ne réserve pas de mauvaises surprises comme cela a été le cas à Paris pour Eole (entre Magenta et Saint Lazare) et pour le RER A (entre Charles de Gaulle et la Défense(1)), donc si tout va pour le mieux pourrait être ouvert vers 2025.

Le schéma structural (tel que prévu par l’article 3 de la loi du 3 juin 2010 sur le Grand Paris) publié en aout dernier prévoit une mise en service vers 2025. C’est une date proche  si on tient compte de l’ampleur des travaux. Un des intervenants de la société du Grand Paris s’est d’ailleurs trahi. Parlant de la zone de maintenance et de remisage des trains (SMR) qui sera installée rue de Fourny il a parlé de la livraison d’un train tous les deux mois, ce qui en tenant compte des besoins (120 trains) nous met à ….20 ans. Se rendant compte de sa bévue il a aussitôt ajouté que les livraisons se feront plus rapidement (2).

Enfin en ce qui concerne le réseau dit structurant qui reliera la gare de Champigny Centre à Val de Fontenay par Nogent il relève lui du STIF et contrairement à ce qui a été affirmé ce mercredi 16/11 il sera effectivement construit après (voir le schéma structural) et on peut espérer qu’il sera mis en service vers 2030.

Ce tronçon fera de Champigny Centre une gare d’interconnexion il est donc très important pour Champigny.

La décision est prise. Le grand métro express sera une réalité et il passera par Champigny avec 2 gares sur notre commune. C’est très bien. Il faut toutefois éviter de se bercer d’illusions. Tout ne se fera pas coup de baguette magique en quelques années. Les travaux occasionneront des gênes, faisons que celles-ci soient minimales. La présence des gares assurera un développement mais nécessitera des réflexions poussées dans le domaine de l’urbanisme, des transports en commun de surface (bus). C’est maintenant un défi important pour Champigny.

Il y aura une inauguration un jour avec discours et petits fours mais pas demain matin

(1) Lors du creusement du tunnel du RER A entre Charles de Gaulle et la Défense le tunnelier a rencontré une lentille de petite taille (moins de 200m de long) d’une roche plus dure (grés) que les études géologiques antérieures n’avait pas décelé. Il fallut démonter le tunnelier, adopter une nouvelle technique puis remonter etc. Coup un retard de presque 2 ans.

(2) On sait que le choix s’est fait sur un métro automatique. Reste à préciser le cahier des charges, à lancer un appel à faire un choix et à produire ce matériel roulant.

 

Une exclusivité campinoise: la place Georges Marchais

        

      Rénovation urbaine à la cité des Mordacs

                                         La future Place Georges Marchais

Attribuer à des monuments publics (rues places, écoles) le nom d’hommes politiques ou d’évènements historiques n’est pas neutre.  Donner un nom plutôt qu’un autre est clairement un choix politique.  L’histoire de la Place de la Concorde à Paris est caractéristique de l’évolution des idées politiques. Place Louis XV lors de sa création en 1755, elle devient Place de la Révolution pendant la période révolution–naire et acquit son nom de Place de la Concorde sous le Directoire dans un souci de réconciliation politique. Le nom changea encore plusieurs fois au cours du XIXème  siècle mais finalement le nom de Concorde prévalut.

A Champigny le nom de notre place du centre a aussi varié au cours du siècle dernier. Traditionnellement appelée Place du Marché par les Campinois elle a porté à partir de 1947  le nom de Place Joseph Staline avant d’être renommée en 1956 Place Lénine après le XXème congrès du Parti Communiste de l’URSS et la dénonciation par Nikita Kroutchev des crimes de Staline.

Mais l’évènement aujourd’hui c’est la proposition votée au Conseil Municipal du 16 novembre dernier de donner à une nouvelle place des Mordacs le nom de Georges Marchais, ancien 1er secrétaire du Parti Communiste, ancien député de Villejuif, décédé le 16 novembre 1997, qui n’a jamais occupé de fonction élective à Champigny mais y a résidé et y a été inhumé.

 C’est un choix de la majorité municipale. Il s’agit d’ancrer dans la géographie de notre ville et donc dans les mémoires campinoises le souvenir d’un dirigeant politique controversé mais qui a fortement représenté certaines orientations de son parti. Ce n’est pas anodin.

Depuis la chute du Mur de Berlin le communisme est surtout devenu un objet d’analyse historique. Souligner les erreurs et les crimes qui ont jalonné son histoire et signé sa chute est nécessaire mais ne fait pas, pour autant, oublier que pendant le 20ème siècle il a été porteur d’espérance pour des millions d’hommes et de femme, qu’il a été une composante importante des luttes sociales et des combats de libération nationale.

 Des communistes ont contribué  à la résistance au nazisme, à l’occupation. Les noms d’Albert Vinçon, Auguste Taravella, Maurice Denis sont ceux de militants communistes campinois qui ont donné leur vie dans la lutte clandestine contre l’occupant nazi. La ville a voulu perpétuer leur souvenir en leur attribuant une rue. Cela est tout à fait normal. Il n’est pas choquant non plus qu’apparaisse sur un collège le nom du Colonel Rol Tanguy, responsable de l’insurrection parisienne d’aout 1944 ou sur une plaque de rue celui du bulgare Dimitrov,  qui par son attitude face à Goering au procès de Leipzig eut, à l’époque, une grande influence sur la prise de conscience du danger nazi.

 D’autres personnalités communistes ont, pour leur part, joué un rôle de premier plan dans les arts les lettres et les sciences et leurs noms sont portés par des établissements d’enseignement du poète Jacques Decour  au psychologue pour les enfants Henri Wallon et aux physiciens Joliot Curie et Eugénie Cotton.

Georges Marchais          (1920-1997)

 Mais Georges Marchais. Pourquoi donc donner le nom de Georges Marchais à une place ? Il n’a pas été un résistant. Il n’a pas apporté d’idées novatrices. Il s’est borné à accompagner la spirale descendante de son parti. Son désintérêt, son manque de compréhension des mutations profondes de la société française et des relations internationales ont au contraire contribué au déclin de son parti.

 Par un certain nombre de ses prises de position il a apporté du grain à moudre aux adversaires du PCF et rebuté des sympathisants et des électeurs

Qu’on se rappelle ! Sa condamnation des étudiants en mai 1968, ses réticences devant le printemps de Prague (1968), ses propos sur les travailleurs immigrés (Humanité du 6/1/1981), venant après l’appui apporté à la destruction au bulldozer d’un foyer d’immigrés à Vitry (24/12/1980), ses vacances répétées en Roumanie et ses relations étroites avec le couple Ceausescu, son approbation de l’intervention soviétique en Afghanistan (février 1980), l’évocation du « bilan globalement positif en URSS »  (Humanité du 13 février 1979), tout cela constitue une somme assez spectaculaire d’erreurs. Georges Marchais ne suscite ni admiration ni respect.

Champigny est la seule commune de France métropolitaine (il y a une rue Georges Marchais à La Réunion) à dédier un lieu public à Georges Marchais.

Et pourtant, dans l’histoire du PCF le nom de Champigny évoque tout autre chose que simplement Georges Marchais. Celui d’un manifeste dit Manifeste de Champigny parce qu’adopté à une réunion de la direction du PCF tenue à Champigny en 1968. Ce manifeste marquait une rupture limitée encore mais nette avec des pratiques antérieures de dogmatisme et de sectarisme. C’était l’amorce d’un changement. C’était surtout un appel à la réflexion, à la création d’idées, à l’adaptation aux mutations de la société. Avec l’arrivée de Marchais au poste de 1er secrétaire (1972) le Manifeste de Champigny fut enterré.

Ce manifeste avait été porté au sein du PCF par Louis Aragon, résistant, poète, romancier.

On cherchera en vain à Champigny une rue, une école qui porte le nom de Louis Aragon.

 Champigny seule ville ou il y a une place Georges Marchais est aussi une des très rares villes communistes (la seule peut être) à ne pas célébrer Louis Aragon un homme qui lui savait rêver et nous faire rêver.

 Parler à ce sujet de hasard ou de coïncidence relèverait de l’ânerie politique.