Archives mensuelles : janvier 2012

NON LA POLLUTION DE LA STATION ESSO N’EST PAS UN ACCIDENT ISOLE

Les fuites des cuves, ou plus exactement des systèmes de remplissage des cuves de la station ESSO sur la D4, près de la tour hertzienne ont entrainé une pollution grave pour le quartier. Voir notre article « Grave pollution au benzène, un quartier se mobilise sur le blog daté du 1er mai 2011.

Les riverains se sont constitués en association pour obtenir la dépollution des sols, des indemnités pour les dommages subis et un suivi médical sur une longue durée.

Au cours des différents débats les représentants d’ESSO se sont toujours défendus en invoquant le caractère imprévisible de cette fuite « nous n’avons jamais observé de fuite de ce type ailleurs dans aucune de nos stations » ont-ils plusieurs fois déclaré, rejetant ainsi tout soupçon de négligence dans la surveillance de leur station. Il s’agissait donc d’un accident unique, nouveau.

Ce n’est pas vrai.

Un campinois de l’association de défense nous communique copie d’un article paru dans le journal belge L’Echo du 17 novembre 2011. Dans cet article le journaliste M. François Xavier Lefèvre explique que ESSO cherche à se débarrasser de partie ou totalité de son réseau de vente de carburant : ses station- service. Pourquoi ?

« Déjà initié en France, ce mouvement lancé par la maison mère américaine Exxon Mobil s’explique par l’envie qu’ont certaines majors de se dégager des risques liés au danger de pollution sur les sites des stations-service et au moment des approvisionnements en carburants, souligne une source du secteur. »

 

La pollution du type même de celle qui a affecté la station de Champigny, à savoir fuites au niveau du système de remplissage des cuves, n’est donc pas un phénomène unique mais c’est un accident récurrent observé maintes fois en Belgique.

 

Et que fait alors le pétrolier ? Selon son expression il met en place un nouveau « business model » en Belgique.

 

Le journaliste témoigne : 

 

« Contacté, le pétrolier américain ne conteste pas les faits. D’après Johan Scharpé, responsable public affaires chez Esso en Belgique, 49 stations-service sont effectivement en vente. « Il s’agit pour l’instant de stations qui se trouvent à Bruxelles et dans le Hainaut », explique-t-il. Sur un total de 265 stations en Belgique, cette opération allégerait de 18,5 % le réseau Esso…Mais si le groupe est désireux de rester fournisseur, l’avenir de sa marque Esso en Belgique n’est pas encore décidé. L’exploitation des stations-service cédées ne serait en effet pas obligatoirement faite sous sa propre enseigne »

 

On comprend bien la stratégie d’Esso. Se débarrasser des points de vente pour n’avoir pas à supporter les frais d’une pollution éventuelle. Confier progressivement le réseau de vente à des indépendants qui constitueront un écran protecteur et devront supporter les conséquences d’éventuels accidents environnementaux. Auront-ils les reins assez solides, financièrement, pour y faire face ? On peut en douter.

 

Auront-ils surtout, car c’est l’essentiel, les moyens pour faire effectuer sur les stations de distribution les travaux nécessaires pour que cessent les pollutions liées aux opération de remplissage des cuves.

 

On nous avait affirmé que l’accident survenu en son genre était unique. Il est avéré maintenant, l’article du journal belge le prouve, que cet accident n’est pas unique mais fréquent.

 

La station ESSO de Champigny est fermé des travaux de dépollution sont entrepris mais qu’en est-il des autres stations ? et les stations d’autres marques de carburant sont-elles mieux protégées ? On aimerait avoir des précisions.

Jusqu’au 11 février une enquête publique importante: lePPRMT

Depuis le 12 décembre et jusqu’au 11 février une enquête publique est ouverte qui concerne de nombreux campinois. Il est regrettable qu’elle n’ait pas fait l’objet de plus de publicité à Champigny car elle est d’importance. Elle concerne les propriétés bâties (en particulier les pavillons). De quoi s’agit-il ?

Un Plan de prévention des risques de mouvements de terrain (PPRMT) est actuellement en cours d’élaboration au niveau du Val de Marne et concerne 33 communes dont Champigny. Ce plan, conçu par le Direction départementale de l’équipement avec les conseils d’une association (ASSEC 94) propose un certain nombre de dispositions et précautions à prendre en matière notamment d’urbanisme et de construction.

Quand on parle de mouvements de terrains certains pensent à des glissements sur des pentes. Ce risque existe certes à Champigny mais sur des secteurs limités. Plus généralement il s’agit de mouvements des sols qui se produisent après des sécheresses suivies d’une réhydratation des sols (pluie). Ces mouvements lents peuvent se traduire par des fissures, des mises en dangers de certains bâtiments, surtout si certaines précautions n’ont pas été prises au moment de la construction. Il s’agit donc d’après la connaissance des sols de fixer les normes de construction et d’urbanisme de manière à éviter des problèmes à l’avenir.

Etant donné la variété des assises de son sous-sol (argiles de différents types avec des bancs calcaires intercalés) une grande partie de Champigny est concerné.

Ajoutons que la plupart des modèles climatiques généralement admis pour l’Europe Occidentale dans le cas des variations climatiques à venir supposent des écarts importants avec des périodes sèches et humides marquées. Ce problème des mouvements de terrain liés à la réhydratation des sols après une sécheresse marquée  risque donc de devenir un problème non négligeable et doit être pris au sérieux.

Ce PPRMT fera l’objet d’une enquête publique départementale du 12 décembre 2011 au 11 février 2011, période durant laquelle chaque citoyen pourra venir donner son avis sur le document et les cartes proposées. Cette enquête publique aura son siège central à la préfecture du Val de Marne mais sera relayée dans chaque commune. A Champigny sur Marne, le document sera mis à disposition du public au service urbanisme de la Mairie  aux horaires d’ouverture. Vous pouvez aussi télécharger ce document dans son intégralité, avec bilan de la concertation préalable, depuis le site de la préfecture:

http://www.val-de-marne.pref.gouv.fr/

puis en cliquant sur les actions de l’état, ensuite sur environnement et prévention des risques

 Les remarques peuvent aussi être envoyées par courrier à la mairie de Champigny ou la Préfecture.

Prenez un peu de temps, consultez le document en Mairie ou téléchargez le et faites vos commentaires.

Pour compléter le commentaire de Marc (voir ci dessous) voici le chemin d’accès à l’article de Nogent Citoyen

http://www.nogent-citoyen.com/plan-de-prevention-des-risques-argile-quel-impact-pour-les-assures-06/01/2012.html