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Champigny: un scénario politique qui peut devenir passionnant (réflexions sur le 1er tour de la présidentielle 2012)

 

Les résultats nationaux sont connus de tous. Champigny ne se trouve pas sur une planète éloignée, n’est pas à l’écart des grandes tendances qui se sont exprimées lors du scrutin du 22 avril. Toutefois notre ville a ses caractéristiques propres et il semble intéressant de les distinguer et de voir quelles en sont les conséquences.

Pour cela il faut comparer ce premier tour à des élections présidentielles antérieures. On ne peut en effet comparer entre elles que des choses comparables. L’essentiel des comparaisons doit se faire avec les élections présidentielles de ces 20 dernières années (1995-2002-2007 et 2012). Toute comparaison avec les législatives, les européennes, les régionales, les municipales est biaisée parce que les enjeux sont différents et parce que la participation électorale varie énormément. Qu’on en juge

Lors des derniers scrutins l’abstention à Champigny s’est élevée à 43,86% lors des législatives 2007,  45, 06% lors des municipales 2008, 64,78% chiffre record lors des européennes 2009 contre seulement 15, 22% au premier tour  de la présidentielle 2007 et 24,61% à ce premier tour 2012.


                   L’abstention est une forme de réponse politique


L’abstention que les instituts de sondage avaient prévue très forte est certes à Champigny plus élevée qu’en 2007 mais du même ordre que celle de 1995 (25,50%) et plus faible que celle de 2002 (un record pour une présidentielle avec 35,08% d’abstentions à Champigny).

L’abstention, on l’a souvent répété ici, est un acte politique majeur. Elle ne traduit pas une indifférence ni même un rejet ( tous les mêmes ). Le fait même que l’abstention varie tant signifie bien qu’elle est un mode d’expression politique. Les électeurs ont une conscience réelle aigüe, même si ils ne l’expriment pas, des lieux où se prennent les décisions les plus importantes, les plus directes pour eux. La présidence de la République, dans le contexte constitutionnel de la 5è République, en est l’exemple par excellence. Il est normal que ce soient les élections législatives et municipales (le maire est un personnage important au point de vue décisionnel) qui viennent en seconde position pour mobiliser les électeurs.

La très forte abstention aux élections européennes (64,78 en 2009) est significative du fait que les électeurs ne comprennent pas clairement à quoi « sert » l’assemblée de Strasbourg. Combien seraient capables de préciser le rôle de cette assemblée par rapport à la Commission de Bruxelles ?

L’abstention ne se fait pas au hasard. Ses variations au fil des différents scrutins jette un éclairage significatif sur la représentation que se font les citoyens de l’importance relative des différentes instances..

A Champigny, l’abstention ne varie pas seulement dans le temps. Elle  varie beaucoup aussi d’un bureau de vote à l’autre, en fonction de la sociologie des quartiers. D’une façon générale on vote plus dans les bureaux situés dans les zones pavillonnaires que dans ceux qui regroupent les habitants des grands ensembles de logement sociaux. Ce 22 avril n’a pas échappé à la règle. Les chiffres de participation les plus faibles (inférieurs à 70%) concernent 4 bureaux de grands ensembles (32, 33, 34 au Bois l’Abbé et 30 aux Mordacs). Toutefois la différence entre le bureau où on a le moins voté (bureau 34 Jacques Solomon Maternelle au Bois l’Abbé) et celui où la participation a été la plus forte ( bureau 9, maternelle Jacques Decour) est de 12,8 points tandis qu’aux régionales et aux européennes entre ces bureaux le différentiel dépassait 20 points. Aux présidentielles (et cela était déjà vrai en 2007 lors de la précédente présidentielle) l’augmentation de la participation citoyennes, la mobilisation est plus forte dans les quartiers les plus populaires.

Les chiffres du Bois l’Abbé restent certes faibles par rapport à la moyenne de la commune ils représentent quand même un saut quantitatif énorme par rapport à d’autres élections. Sur le bureau 34 (Bois l’Abbé) la participation, la plus basse de la ville avec 68,05% de votants témoigne d’un saut exceptionnel par rapport aux régionales de 2010 où elle s’établissait à 27,63% ou aux européennes de 2009 où avec 24,85%  elle était à plus de 40 points en dessous.

Entre les présidentielles récentes, celles de 2007 et de 2012 quelles variations peut-on observer ? Globalement, on a moins voté ce 22 avril à Champigny que lors du 1er tour de la présidentielle 2007. La baisse est de près de 10 points (75,30% de votants au lieu de 84,78%)

Il n’y a pas de différence majeure dans la diminution de la participation entre les bureaux de votes. Cette diminution, entre 7 et 13%,  touche plus particulièrement semble-t-il les bureaux de vote des grands ensembles avec une augmentation de 13,76% au bureau 30, 11,38% au 29 (2 des 3 bureaux du Bois l’Abbé) mais aussi de 11,16%  sur le bureau 26 (Romain Rolland Primaire A) un quartier pavillonnaire qui donne classiquement de forts pourcentages à la droite.(et celui ou M. N. Sarkozy réalise son meilleur résultat sur Champigny). Il n’est pas possible de préciser les raisons qui motivent les variations de participation entre les différents bureaux.

 

M. Sarkozy au plus bas

Le candidat de l’UMP réalise sur Champigny un score particulièrement faible. Il ne recueille que 6929 voix et 20,52% des exprimés contre 8965 voix et 26,64% en 2007 soit une perte de 2036 voix et de 6,12%.

Cette perte n’est pas homogène selon les bureaux de vote. Il perd en voix et en pourcentage sur tous les bureaux de vote sans exception, qu’il s’agisse des bureaux ou il dépassait les 30% au premier tour de 2017 ou de ceux dans lesquels il dépassait faiblement 10%. Ce recul n’est pas uniforme. Il ne perd que 1,47% sur le bureau 10 (Maternelle J. Decour) où avec 29,45% il réalise un de ses 3 meilleurs scores sur Champigny (les deux autres étant à Coeuilly (Romain Rolland A 32,86% et B 31,35%) mais le recul est de 9,01 au bureau 19 (D. Casanova, cité des Boullereaux) de 9,91% au bureau 25 (maternelle P.V Couturier) et de 9,23 au bureau 30 (Maurice Thorez, cité des Mordacs).  Classiquement à Champigny lorsque la droite dite « classique » perd en influence sur les quartiers populaires il y a suivant l’expression maintenant acceptée en politique « siphonnage » de ses voix par le Front National. Dans le bureau de la cité des Boullereaux (Danielle Casanova) par exemple il y avait jusqu’en 2011 un transfert des voix de l’UMP vers le FN et réciproquement lors des différentes élections. Ce n’est plus totalement vrai aujourd’hui. Certes sur ces bureaux le FN progresse mais pas plus qu’ailleurs et sa progression est inférieure aux pertes de l’UMP. Le « siphonnage » n’est plus le facteur majeur des transferts de voix à droite. Les choses sont plus complexes.

Le FN progresse certes à Champigny mais d’une façon plus limitée qu’au plan national. De 2007 à 2012 à Champigny le FN passe de 2728 voix à 3896 voix et de 8,16% à 12,76% des exprimés (+3,60%). Il reste faible, inférieur à 10% des exprimés sur les bureaux de la cité du Bois l’Abbé  (+ 1,34%, + 0,25% et +0,34% dans les bureaux 32, 33 et 34).

Ailleurs il progresse régulièrement de quelques pour cents (2 à 5) sauf dans quelques bureaux où il réalise ses meilleurs scores comme à Bassis Maternelle où avec 14,02 %  il progresse de 6,16% (+39 voix), Cuisine Centrale 14,50% avec une progression de 5,50% et 39 voix, Centre de Loisir Joliot Curie 17,87% (+6,48% et +32 voix) Maternelle Albert Thomas  avec 20% (+8,69% et + 73 voix) tous des bureaux du Centre Ville et à Coeuilly à Romain Rolland Primaire B ou il obtient 16, 98% (+ 8,96% et +78 voix).

Dans trois bureaux de vote du centre ou l’électorat vient essentiellement des cités HLM (Centre de Loisir J. Curie ,Danielle Casanova et Maternelle A. Thomas) Marine le Pen  devance Nicolas Sarkozy. A Joliot Curie avec 17,87% elle talonne même Jean Luc Mélanchon (18,01%).

L’implantation du FN à Champigny se renforce donc électoralement dans les cités anciennes du centre-ville et dans les quartiers pavillonnaires de Coeuilly (Romain Rolland primaire B). La cantonale de l’an dernier le laissait prévoir. Le FN avait démontré qu’il pouvait se prévaloir d’une influence politique certaine. En présentant un parfait inconnu, en basant sa campagne sur l’affichage du portait de sa présidente Marine le Pen, le FN avait détourné avec succès la cantonale pour en faire un test de sa force nouvelle, réussissant à éliminer du 2è tour l’UMP et le PS !

A l’époque on écrivait sur ce blog :

« On constate que dans certains bureaux  l’abstention relativement plus faible correspond à un niveau élevé du vote en faveur du Front National. Les deux bureaux qui ont les plus fortes participations : le bureau 14 Tabanelli (40,81% de votants) et le bureau 20 Albert Thomas Maternelle (38,05% de votants) sont aussi ceux où le Front National enregistre ses meilleurs résultats (respectivement 19,95 et 24,62%). Alors que classiquement sur Champigny on assistait à un système de vases communicants  entre la droite classique et le Front National autre chose commence à apparaître. Certes le système des vases communicants fonctionne toujours  au bureau 19 (Casanova Maternelle= Les Boullereaux). Sur ce bureau la droite à toutes les élections obtient globalement 25 à 30% des voix ceci selon les votes au profit tantôt de la droite classique tantôt du Front National. A ce scrutin ci c’est le FN qui avec 19,52% des voix a siphonné  les voix de l’UMP (5,71% seulement !).

Mais dans d’autres bureaux comme Tabanelli ou Albert Thomas Maternelle il s’agit de quelque chose de différent et de nouveau. Des abstentionistes potentiels se sont mobilisés pour venir déposer un bulletin du Front National dans l’urne. »

 

Le Front National s’enracine politiquement à Champigny. Pour le moment il ne semble pas à avoir réussi à y implanter une structure politique avec des militants connus et des responsables comme cela avait été le cas brièvement au début des années 90.

Avec un FN certes en progression mais qui n’est pas implanté localement, une UMP en recul et très divisée à Champigny par les séquelles des querelles internes la droite est affaiblie à Champigny.

L’essentiel de l’histoire politique des années prochaines parait devoir se jouer à gauche.

L’enjeu de l’élection présidentielle à Champigny se jouait entre Mélanchon et Hollande.

Il y avait certes d’autres candidats à gauche. La seule personnalité qui aurait pu prétendre jouer un rôle était Mme Eva Joly, candidate d’Europe-Ecologie Les Verts. EE-LV avait obtenu des résultats très intéressants lors des dernières consultations avec 13,68% lors des régionales de 2009, 17,80% et 2691 voix lors des européennes de 2010.

Patatras. Eva Joly ne retrouve que 663 voix et 2,17 % à la présidentielle de 2012 moins que l’addition des voix de Dominique Voynet (543) et de José Bové (364) qui à eux deux avaient réuni 2,69% des voix ce qu’on croyait à l’époque être l’étiage de l’écologie politique.

Que s’est-il passé ? Il n’est pas possible de comparer deux élections différentes. Les régionales et les européennes ont mobilisé moins d’électeurs (les taux de participation varient de moins de 40% pour ces élections à 75-80 pour les présidentielles). Les motivations des électeurs y étaient différentes. Ces élections régionales et européennes restent encore floues pour les électeurs. Leurs résultats sur leur vie ne sont pas évidents et cela leur permet d’exprimer un certain nombre de choses sans contrainte, de faire passer des messages. Les succès de EELV et de Mme Joly en 2009 et 2010 s’expliquent par le souhait des électeurs de demander certes une meilleure prise en compte des problèmes de l’environnement, mais aussi de manifester leur lassitude vis à vis des méthodes des partis traditionnels, de montrer qu’ils aspirent à une autre façon de faire de la politique, que les affaires de fric qui collent à la peau de tant de politiciens les dégoutent. Tout cela se retrouvait dans la personnalité de Eva Joly qui leur envoyait une image à l’opposé de celle des professionnels de la politique tandis que sa profession de juge, ses actions dans différentes affaires de corruption, pouvaient faire d’elle une candidate symbolique de la lutte contre les magouilles.

Pour importantes qu’elles restent ces aspirations n’étaient plus essentielles au moment d’élire le Président de la République, alors que les débats portaient prioritairement sur les effets de la politique du président sortant, sur le bilan du quinquennat. C’est pour cette raison que dès septembre 2011 les sondages ont crédité Eva Joly d’un score assez faible, de l’ordre de 5% (mais finalement Jean Luc Mélanchon ne bénéficiait pas d’une cote différente au départ).

La maladresse des accords EELV-PS en vue des législatives qui enlevaient avant même la campagne beaucoup d’intérêt au vote EELV pour la présidentielle, les maladresses de néophyte de Eva Jolly, ces traits même qui lui avaient attiré des sympathies dans d’autres élections, se sont retournées contre elles car ce qui est aimable dans le cadre d’une élection parlementaire devient un motif de rejet quand il s’agit de choisir un chef d’état.

          

Le respect de l’expression libre des différences n’est pas encore une évidence pour certains militants de Champigny

A gauche donc deux champions, Jean Luc Mélanchon et François Hollande. Si au plan national le gagnant paraissait devoir être François Hollande, à Champigny la compétition pouvait être plus ouverte.

Champigny est certes une ville historiquement de tradition communiste mais les présidentielles ont d’autre règles que les municipales.

En 1995 Robert Hue (PCF) avec5878 voix et 20,73% faisait encore jeu égal à Champigny avec Lionel Jospin (PS) qui rassemblait 5.944 voix et 20,97% .

2002 voyait au plan campinois un net avantage pour Lionel Jospin (3972 voix et 16,74%) tandis que Hue n’obtenait que 2781 suffrages et 11,72%.

Le résultat était bien pire pour Marie Georges Buffet en 2007 puisque elle devait se contenter de 2.351 voix et de 6,99% des suffrages au premier tour tandis que Ségolène Royal était créditée de 10.375 voix et 30,83%.

On comprend que M. Dominique Adenot ait été particulièrement heureux, dimanche 22 avril au soir d’annoncer le résultat de M. Jean Luc Mélanchon sur Champigny 6.183 voix et 20,24% des suffrages.

Ce résultat est-il pourtant vraiment un succès ?

On peut faire quelques remarques.

Les votes pour M. Mélenchon débordent largement partout en voix et en pourcentage le score de Mme Buffet. Mme Buffet n’avait pas su s’imposer dans les bureaux populaires des grands ensembles. Elle réalisait des scores très faibles entre 6,3 et 8,5 % sur les quartiers populaires comme les 3 bureaux du Bois l’Abbé là ou M. Mélenchon obtient en 2012 de 22,06 à 26,83%. En 2007 Mme Buffet s’était fait voler la vedette dans ces bureaux massivement de gauche, comme dans d’autres du centre de Champigny par Mme Ségolène Royal qui y obtenait des scores entre 50,05 et 53,38%. M. Mélanchon a regagné des voix sur ces bureaux  comme sur tous mais les résultats de M. Hollande y sont comparables à ceux de Mme Royal (entre 50,91 et 54,99%). M. Mélenchon a donc renforcé la gauche dans ces bureaux stratégiques. Il en est de même dans presque tout Champigny même dans des bureaux dont la composition sociologique est différente. Au bureau 15 (Jean Morlet) en centre ville Mme Buffet avait obtenu 3,55% et Mme Royal 32,72% ; en 2012 M. Mélenchon obtient 14,70% des suffrages et M. Hollande avec 36,02% progresse par rapport à Mme Royal.

Il est clair que, à Champigny tout au moins, la candidature de M. Jean Luc Mélanchon a eu un effet positif pour les forces à gauche du PS et que ce succès ne s’est pas fait au détriment du PS.

La joie de M. Adenot dimanche soir n’était pas feinte mais il était sans doute préparé à cette éventualité d’un bon résultat du candidat du Front de Gauche. En 2009 déjà la liste du Front de Gauche aux Régionales n’avait-elle pas été créditée de 4267 voix et 26,40% des exprimés sur Champigny. Une élection certes fort différente mais du moins le concept de Front de Gauche et les idées développées avaient prouvé leur efficacité dans le combat électoral.

 Le danger pour le Front de Gauche peut en réalité venir de son succès même. Les résultats le prouvent. Les résultats du Front de Gauche débordent et de très loin le domaine d’influence du PCF. Le potentiel électoral du front de Gauche est sans doute même plus large que le résultat de J.L. Mélanchon car le vote utile a pu conduire un nombre non négligeable d’électeurs sensibles aux thèmes du Front de Gauche et à l’habilité de son candidat à préférer F. Hollande par souci de voter utile.

Un petit caillou toutefois dans la chaussure du Front de Gauche. Il n’a pas réussi à s’imposer face à Hollande dans les bureaux des cités d’HLM  même pas aux Boullereaux (où il réalise son meilleur score avec 33,29% mais où il est dépassé par Hollande (34,98%)

Le Front de gauche a un potentiel de développement appréciable mais à Champigny un danger le guette. Ce n’est pas faire insulte aux adhérents du Parti de Gauche qui constitue avec le PCF le Front de gauche de dire qu’à Champigny, tant en nombre, qu’en organisation ils ont un poids limité face au PCF. Il est à craindre, certaines traditions historiques sont là pour l’attester, que le PCF n’ait tendance à considérer le Front de Gauche comme sa chose et les résultats électoraux comme les siens. Une anecdote, un jeune Campinois très intéressé par l’émergence du Front de Gauche et souhaitant en savoir plus voire s’engager s’était adressé à un distributeur de tract place du Marché. Après quelque mots échangés il s’est vu conseiller de s’adresser pour plus de détail rue Guittard  à la section du PCF… Les vieilles habitudes ont la vie dure…

Le Front de Gauche peut être optimiste pour son avenir à Champigny sous réserve qu’il soit autre chose qu’une extension du PCF

Et François Hollande ? François Hollande et le PS peuvent être satisfaits du premier tour à Champigny. 10.460 voix et 34,25% cela constitue le score est le plus élevé jamais atteint par le PS à Champigny. F. Hollande obtient 85 voix et 3,45% de plus que Ségolène Royal au premier tour de 2007. Il ne recule en pourcentage par rapport à elle que sur 2 bureaux (-0,48% sur Romain Rolland B, un des bureaux le plus à droite de Champigny et de 1,48% sur Bassis maternelle). Il progresse partout ailleurs par rapport à 2007 à presque 55% sur le centre de loisirs Anatole France (Bois l’Abbé). Il réalise sa meilleure progression sur le centre de loisir Joliot Curie qui concerne surtout des HLM où avec 38,47% il progresse de 8,64% devant Jean Luc Mélenchon (18,01%) devançant Marine le Pen (17,87%) et N. Sarkozy (15, 85%)

Triomphe sans mélange alors pour le PS à Champigny ? Peut-être. Les socialistes campinois doivent eux aussi éviter certains écueils comme celui de croire que ces électeurs qui ont voté pour Hollande leur sont acquis. Rien n’est moins sur. Une certaine fraction de l’électorat de Hollande s’est déterminée sur la base du « vote utile ». Quelle fraction ? Difficile à dire mais le vote raisonnable et raisonné d’électeurs sensibles aux idées de Mélanchon se déterminant finalement pour Hollande n’est pas négligeable. Si le PS local n’intègre pas cette donnée à son analyse et ne donne pas à ces électeurs des raisons valables de croire en lui les prochaines élections pourraient être décevantes.

Au-delà du deuxième tour de la présidentielle d’autres élections se profilent : les législatives en juin et d’ici moins de deux ans en mars 2014 les municipales.

                                   

Certains prévoient déjà de prolonger le succès des présidentielles lors des législatives

Une droite amoindrie avec une UMP divisée, fractionnée et un FN en expansion mais sans relais visible localement. Une gauche avec une fraction EELV momentanément gommée du paysage mais qui pourrait se manifester à nouveau rapidement, un Front de Gauche qui a beaucoup d’avenir à condition de dépasser certaines routines, un Parti Socialiste qui devra savoir gérer ses succès. Finalement le théâtre politique à Champigny est plus animé qu’on ne pourrait le croire. Les acteurs ont un scénario à écrire. Il peut de venir intéressant.

 

 

Conseil Municipal du 11 avril: le budget 2012, les Simonettes par Yves Fuchs, Conseiller Municipal

 La session du Conseil Municipal, où se vote le budget, est considérée comme la plus importante de l’année. C’est tout à fait justifié puisque, en votant les recettes et les dépenses de la commune la majorité,  précise sa politique, les points forts sur lesquels elle veut avancer tandis que l’opposition essaie de souligner les manques et les erreurs de l’équipe municipale. Ce scénario classique s’est déroulé cette fois aussi avec une âpreté supplémentaire due bien sûr à la proximité de l’élection présidentielle et des législatives à suivre.

La majorité municipale a dénoncé dans les difficultés de la ville les effets de la politique de la droite au pouvoir, l’opposition de droite a trouvé dans la politique de la mairie les orientations qu’elle critique dans les programmes des candidats de gauche à la présidentielle.

Pour ma part je me suis globalement abstenu sur le budget primitif alors que les années précédentes j’avais pris position contre. Ceci mérite une explication.

Dans les budgets des années précédentes j’avais fortement critiqué la faiblesse des investissements. Ceux-ci ont fait un bond important en 2012. Dans un budget lui-même en expansion (il passe de 153,9 millions d’euros en 2011 à 183,7 en 2012) la part de l’investissement passe de 19,63% du budget primitif à 29,2% ce qui ramène l’investissement à Champigny dans la fourchette moyenne des villes de cette importance. Or la part de l’investissement dans le budget d’une ville signe ou non la volonté de développement. J’avais critiqué la faiblesse en ce domaine les années précédentes. Je pouvais noter une amélioration notable. Aurait-il été logique de continuer à refuser le budget alors qu’une évolution positive pointait le bout de son nez.

                

                Des investissements à réaliser d’urgence

Pourtant je n’ai pas voté pour le budget. J’y ai en effet trouvé aussi des points négatifs. Alors que la direction de la municipalité se félicite du caractère social de son budget j’ai relevé que cette affirmation ne résistait pas à un examen des différents points.

C’est ainsi que j’ai noté la stagnation des subventions aux caisses des écoles et à la CCAS ce qui compte tenu de l’inflation revient à une diminution des moyens. Quant aux fonds alloués à la bibliothèque et à la médiathèque ils diminuent de 21,4% !

Est-il possible d’affirmer au regard de tels chiffres que la priorité est donnée au social ?

Et puis, et je l’ai dit en séance, j’ai été particulièrement choqué par une phase en bas de la première page de la délibération n°1 . Il était écrit : «  Le boni de l’OPH (l’office public d’HLM note Y. F) permettra de financer ce plan » (de construction de logement) (sur cette vente voir note en fin d’article)

Ce boni représente en fait les loyers versés par les locataires de l’Office. C’est-à-dire que la mairie fait financer sa politique du logement par les loyers des locataires !!!

J’ai aussi fait connaitre ma désapprobation en ce qui concerne le recours à l’emprunt. Le budget comporte un emprunt nouveau de 17.408.404 euros. Si on compare ce chiffre à celui du remboursement de la dette (9.954.193 euros), aux intérêts des emprunts précédents (4.317.059 euros) et aux pénalités de remboursement de la dette (1,8 million d’euros) on arrive à une charge de la dette de plus de plus de 16 millions d’euros. Très clairement Champigny emprunte essentiellement pour rembourser sa dette.

Cet état de la dette est très préoccupant. Qu’une ville s’endette pour réaliser c’est normal. On ne gère pas une ville comme un patrimoine familial. Jusqu’à présent Champigny s’est endetté sans réaliser. Un timide redressement s’est manifesté cette année dans le domaine de l’investissement ; Il faudra le poursuivre mais on est loin du compte. Les chiffres le prouvent. Les dépenses d’équipement brut par habitant à Champigny ne représentent que 298 euros par habitant contre 516 en moyenne en France pour les villes de même importance. Il reste beaucoup à faire….

Pour ces raisons tout en reconnaissant une évolution positive par rapport aux années précédentes je n’ai pas approuvé le budget sauf sur quelques points particuliers (dépenses de personnel, autofinancement, géothermie, subventions aux associations) ou j’ai voté pour et pour le reste je me suis abstenu.

Par contre en ce qui concerne la TEOM (la taxe d’enlèvement des ordures ménagères) qui constitue un budget à part j’ai voté contre. Certes les taux n’ont pas augmenté mais ils restent parmi les plus élevés du Val de Marne et du fait de l’augmentation des bases la TEOM payée par les Campinois  augmentera encore cette année.

Cette lourde charge ne semble pas du tout justifiée.

Dans un dossier paru en octobre 2011, donc tout récemment UFC-Que Choisir compare les cas de Nanterre et de Champigny, communes qui selon les termes de UFC-Que Choisir présentent des caractéristiques proches (gisement, organisation de la collecte et traitement) mais où le coût par habitant est à Champigny de 50 euros plus cher qu’à Nanterre.

De plus la qualité du tri à Champigny est plus faible que dans les communes du Val de Marne qui ont une structure d’habitat (% de collectif et de pavillonnaire) comparable (Vitry, Villejuif par exemple). Champigny est en retard dans ce domaine et on n’observe pas de volonté de changer le cours actuel.

                                                

                                                      Un tri qui reste insuffisant

Pour ces raisons j’ai voté contre le budget des TEOM.

Mais à ce Conseil Municipal on n’a pas parlé que du budget. Parmi d’autres points soulevés deux me paraissent importants parce qu’ils sont significatifs de la façon dont les problèmes sont abordés au conseil. Il s’agit des discussions concernant les Simonettes et un vœu sur les permis d’exploration des gaz de schistes.

Les Simonettes : La municipalité vient d’essuyer un échec. Le Tribunal Administratif de Melun a annulé la DUP (déclaration d’utilité publique) prise par le Préfet à la requête de la mairie de Champigny pour  l’aménagement de la zone des Simonettes. Cette annulation porte un coup d’arrêt pour le moment du moins à ce projet des Simonettes. L’annulation de la DUP annule les expropriations réalisées.

Au début de la séance du 11 avril M. Chevallier (opposition divers droite) a saisi l’occasion de la discussion des arrêtés pris par le maire (un arrêté concernait le recours à un cabinet d’avocat dans cette affaire des Simonettes) pour tenter d’obtenir des éclaircissements sur la position actuelle de la Mairie. Des réponses qui lui ont été faites il ressort que la Mairie fera appel de la décision du Tribunal administratif de Melun et en cas de maintien de la décision d’annulation par la cour d’appel (ce devrait être le Tribunal Administratif de Paris) la municipalité envisage déposer une nouvelle DUP. L’affaire est loin d’être close.

Dans  cette affaire deux choses me paraissent dignes d’être notées. D’une part la réaction démesurée des représentants de la mairie. Bien sur la question de M. Chevallier n’était pas innocente puisque l’opposition de droite s’était à plusieurs reprises prononcée contre le projet des Simonettes mais elle a déclenché de la part des représentants de la municipalité un véritable tir de barrage  pour le reste du conseil. Les représentants de l’opposition se sont vus reprocher fortement de s’opposer au développement de Champigny, d’être contre la création d’emplois, pour le chômage etc.

 Sur le fond j’avais fait part, lors de débats antérieurs au Conseil, de mes inquiétudes sur l’intérêt réel de ce mail des Simonettes et sur les retombées possibles sur d’autres activités de commerce à Champigny du fait de l’arrivée d’Auchan. Aujourd’hui, sans revenir sur le débat de fond, je veux attirer l’attention sur un point précis. Des habitants du quartier, des citoyens se sont constitués en association pour défendre leurs droits. Ils ont été fermes et ils viennent de gagner (pas définitivement bien sûr mais c’est un premier succès) devant les tribunaux de la République. Est-ce que ce n’est pas cela qui est le plus important ?

Yves Fuchs Conseiller Municipal

Note sur la vente de l’OPH

De quoi s’agit-il ? Champigny comme beaucoup de villes avait un office public d’HLM. Cet office avait un patrimoine limité (500 logements) et ne jouait pas un rôle important car la priorité dans la construction de logements sociaux a été donnée depuis plusieurs décennies à une société privée d’HLM l’ex Campinoise d’Habitation devenue IDF Habitat dirigée par M. Ouzoulias, Conseiller Général de Champigny.

L’Office d’HLM de Champigny était trop petit et ne pouvait continuer ainsi. Il eut fallu, aux termes même de la loi réaliser depuis plusieurs années des investissements pour rendre viable l’office d’HLM de Champigny. Deux sociétés firent des offres de reprise : l’Office d’HLM de la ville de Paris et IDF Habitat. Ce fut IDF Habitat qui fut choisi (bizarre, vous avez dit bizarre ?). Malgré des demandes répétées auprès de la ville et auprès de l’Office je n’ai pas pu obtenir communication de l’acte de vente mais je n’ai pas obtenu de réponse. Pourquoi ?