Archives mensuelles : juin 2012

2/2 L’UMP ramasse la mise à Champigny. Pourquoi?

Quelques mots sur ce deuxième tour. Deux UMP sortants, deux UMP réélus. Champigny ville qui a voté fortement à gauche lors du deuxième tour (62,22% des exprimés) continuera à être représentée au Parlement par deux députés de droite MM Plagnol et Carrez. C’est le résultat du système majoritaire à deux tours épicé par des recettes de découpage électoral qui marient des cantons qui n’ont rien en commun.

Mieux pour pallier à la disparition de la circonscription qui avait élu Mme Montchamp un nouveau découpage a adjoint à la circonscription de M. Carrez la commune de Nogent sur Marne, tandis que le canton ouest de Champigny était regroupé avec Saint Maur, un canton de Créteil et Bonneuil pour former la 1ère circonscription.

Le premier tour (voir notre note du 12 Juin : Quand les urnes s’ouvrent) avait apporté quelque chose de nouveau. Ce n’était plus le PCF qui était en tête de la gauche à Champigny mais le PS. C’était vrai sur le canton ouest ou M. Akli Mellouli prenait la tête tandis que sur les cantons centre, est et partie Champigny du canton de Bry  Mme Caroline Adamo talonnait M. Adenot maire de Champigny et candidat du Front de Gauche (543 voix de différence). Sur l’ensemble de la ville de Champigny les candidats socialistes avaient 186 voix d’avance sur ceux du Front de Gauche, avance faible certes mais symbolique. Pour la première fois une candidate socialiste allait représenter la gauche dans cette circonscription. Les socialistes allaient-ils mieux rassembler la gauche que les candidats du PCF ? Avaient-ils même une chance de l’emporter ?

En ce qui concerne  la première circonscription les chances paraissaient bien minces.

Et c’est bien M. Plagnol qui l’a emporté et sera député à moins que n’aboutisse un recours que ses adversaires prévoient de déposer au sujet de l’éligibilité de son suppléant.

Mais M. Aki Mellouli a fait un très brillant 2ème tour  sur Champigny Ouest. Avec 3193 voix et 60,04% il dépasse de 177 voix et 7,73% le total des voix de gauche du premier tour malgré une participation moindre. Il est majoritaire dans les 10 bureaux de vote du canton alors que la gauche était minoritaire dans 3 d’entre eux au premier tour.

Comment s’est faite cette progression? Il est difficile de porter un jugement définitif. Dans les bureaux de vote les observateurs ont tous noté qu’une centaine environ d’électeurs du premier tour ne sont pas venus voter au deuxième et qu’inversement une quantité a peu près équivalente d’électeurs qui n’avaient pas voté au premier tour s’est déplacée au second. Ceci rend évidemment les comparaisons avec le premier tour délicates quand dans un bureau de vote où 600 électeurs ont voté le tiers de l’échantillon (100+100) est différent d’un tour sur l’autre.

L’explication qui parait la plus vraisemblable c’est que le candidat socialiste dans ce canton a fait le plein des voix de gauche au premier tour et que parmi ceux qui ne se sont mobilisés que pour le deuxième les électeurs de gauche étaient les plus nombreux.

 

Si sur cette première circonscription les chances du PS étaient minimes sur la 5ème elles étaient un peu meilleures. Certes avec 40,9% des voix au premier tour M. Carrez député sortant UMP était loin devant la candidate PS Caroline Adomo (27,3%) mais le total des voix de la gauche dépassait 45%, tandis que le FN avait obtenu 8,5%,  Tache difficile pour Mme Adomo mais somme toute pas impossible. Le taux d’abstentionnisme avait été très élevé au 1er tour (44,9%). Une mobilisation différentielle des électeurs de droite ou de gauche pouvait faire pencher la balance dans un sens ou dans l’autre.

Au soir du deuxième tour M. Gilles Carrez était réélu  avec 54,1% des voix

Cette réélection  somme toute assez facile M. Gilles Carrez la doit à deux choses

L’intelligence de sa campagne

Le mauvais report des voix du Front de Gauche.

La campagne de M. Carrez a été intelligente (à l’inverse de celles d’autres personnalités UMP qui ont été battues) parce qu’il s’est bien gardé de flatter ou de solliciter l’électorat du Front National. Cet électorat pour sa partie la plus « idéologique » n’était pas gagnable pour lui. Par contre une attitude trop « droite populaire » pouvait lui faire perdre des voix  du côté de certains des électeurs de droite du Perreux, de Bry, de Nogent dont le soutien massif lui était nécessaire pour être réélu. Ce soutien il a su le garder  (60,82 des exprimés à Bry, 60,50% à Nogent et 64,01 au Perreux) et en même temps il a su bien mobiliser cet électorat puisque les électeurs qui l’ont appuyé massivement ont plus voté à Bry (58,46%) au Perreux (58,20%) à Nogent (55,45%) qu’à Champigny (47,97%) soit 10 points de différence en ce qui concerne la mobilisation.

De plus s’il avait pris quelque initiative publique marquant un rapprochement avec le FN il aurait déclenché contre lui une mobilisation bien plus forte des électeurs de gauche qui se seraient mobilisés pour aller voter massivement contre lui.

 

Actuellement se déroule la coupe d’Europe de football. Il est fréquent que les commentateurs sportifs emploient des expressions comme « faire déjouer » ou « imposer un faux rythme » quand une équipe arrive à empêcher l’adversaire de développer son jeu. M. Gilles Carrez en habile politique ou si on reste dans le domaine sportif en bon entraineur tacticien a su mener une campagne en demi-teinte qui a gêné la mobilisation adverse et lui a assuré la victoire.

 

Légende: losanges bleus: bureaux du canton centre, rectangles verts: canton est, triangles jaunes: bureaux de la partie Champigny du canton de Bry

Axe horizontal: gains et pertes de Mme C. Adomo au 2ème tour par rapport au total des voix de gauche du 1er tour

Axe vertical voix du Front de Gauche au 1er tour (M. Adenot candidat)

Mais cette victoire il la doit aussi à la faiblesse, sur les cantons de Champigny, du report des voix obtenues par le Front de Gauche au premier tour vers la candidate socialiste au second tour. Ce déficit de report est très fort sur les bureaux de vote où le Front de Gauche a fait ses meilleurs scores au premier tour. Entre le tiers et le cinquième des électeurs qui s’étaient prononcés pour M. Adenot au premier tour n’ont pas reportées leurs suffrages sur la candidate socialiste au second. C’est de 1000 à 1500 voix qui se sont perdues. Certes cela n’aurait pas changé le résultat final puisque M. Carrez l’emporte de plus 3600 voix   sur l’ensemble de la circonscription mais cela mérite d’être dit.

Il semble bien que comme au premier tour (voir note du 12 juin) les comportements diffèrent selon les quartiers. Cette méfiance politique vis-à-vis du PS semble le fait d’une partie des électeurs Front de Gauche de certains grands ensembles (Boullereaux, Cité Jardins mais aussi Plateau) mais pas de ceux des Mordacs ni du Bois l’Abbé. Cette différence nous l’avions déjà notée lors du premier tour. Reste à l’expliquer. Et à trouver des solutions. Faute de quoi la gauche pourrait avoir quelques problèmes à l’avenir à Champigny

 

Législatives 1er tour: quand on ouvre les urnes…

Prenant la parole dimanche soir à l’Ecole Politzer, bureau centralisateur des résultats concernant la partie Champigny de la 5ème circonscription M. Adenot, candidat du Front de Gauche sur cette circonscription s’auto-félicitait d’être arrivé en tête sur ce secteur de la 5ème (cantons de Champigny centre, Est et fraction Champigny du canton de Bry).

Cette autosatisfaction n’était pas justifiée.

 Le premier tour des législatives à Champigny voit un recul de l’UMP, du Front de Gauche et une progression du PS Telles sont  les réalités et cela est vrai aussi bien pour  les 2 cantons et demi qui appartiennent à la 5ème circonscription (député sortant M. Carrez UMP) que pour le canton ouest qui dépend de la 1ère circonscription (député sortant M. Plagnol UMP).

L’abstention : Elle s’est élevée à 43,81% sur le canton ouest (partie de la 1ère circonscription) à 48,37%, 53,10% et 49,52% sur les 3 cantons (Centre, Est, et partie Champigny du canton de Bry) qui font partie de la 5ème.

On a le mieux voté  au bureau 9 (maternelle J. Decour, 1ère circonscription) avec une participation de  61,46% et au bureau 14 (gymnase Tabanelli, 5ème circonscription) deux bureaux  situés dans des zones d’habitat mixte associant pavillonnaire, habitat collectif en copropriété, habitat locatif privé et social). On atteint comme d’habitudes des taux d’abstention record dans les trois bureaux du grand ensemble du  Bois l’Abbé (respectivement 37, 16 % de votants pour l’un, 39,02% et 38,17% pour les deux autres). Ces bureaux du Bois l’Abbé sont suivis dans ce classement par les bureaux des Mordacs (41,21 et 41,24% de votants puis par celui des Boullereaux (44,36%). Une carte en creux de la participation qui correspond à la distribution du logement social.

La participation globale sur Champigny (1ère et 5ème circonscription ensemble) s’établit à 21.139 votants sur 41.298 inscrits soit une participation de 51,19%. Le 6 mai, il y a un mois tout juste pour le premier tour de l’élection présidentielle 31.038 électeurs soit 75,39% des inscrits avaient voté. On constate donc une baisse de la participation 24,20%. C’est énorme mais il faut bien constater que  c’est là une règle de ces scrutins.

Lors de la présidentielle de 2007 la participation au premier tour s’était élevée à 84,78% sur notre commune tandis qu’aux législatives qui ont suivi seulement 56,26% des électeurs inscrits s’étaient déplacés pour voter sur l’ensemble de Champigny soit une chute de participation de 28,52% encore plus forte que celle observée ce dimanche. Il en est ainsi dans le paysage électoral français les taux de participation varient énormément en fonction du type d’élection. La participation est maximale pour la présidentielle et les municipales, décroit pour les législatives, est minimale pour les européennes.

 A l’élection législative de ce 10 juin les électeurs ont apporté préférentiellement leurs suffrages aux  candidats porteurs d’un message politique fort et laminés les « petits ». Alors qu’il y avait 13 candidats dans la 1ère circonscription et 11 dans la seconde les 4 candidats représentant  les 4 forces principales en présence à savoir Front de Gauche, Parti Socialiste, UMP et Front National regroupent 92,45 % des suffrages dans la 5ème  (partie Champigny) et 83,15% dans la première. En 2007 le mouvement était déjà engagé (82,98% dans la 5ème et 78,92% dans la seconde) mais moins fortement.

Le très faible résultat d’ Europe Ecologie à ce scrutin donne une bonne image de ce « laminage ».

Sur la 1ère à Champigny le candidat, connu localement arrive à dépasser les 5% mais sur la 5ème le représentant Europe Ecologie n’est crédité que de 2,27%.

Or lors des élections européennes de 2009 il y a tout juste 3 ans la liste EELV avait obtenu 20,89% des exprimés sur le canton ouest et 16,26 sur le reste de Champigny. Certes depuis l’image d’EELV a pâti d’erreurs stratégiques en particulier lors de la campagne des présidentielles mais pas à un tel point et la sensibilité qu’EELV exprime reste présente à Champigny. Ce « rabougrissement » électoral, ( je ne trouve pas d’autre mot), est caractéristique de ce scrutin des législatives et touche tous les mouvements sauf les grands 4 cités plus haut .

L’UMP tout d’abord, parti des 2 sortants.

Sur le canton ouest l’UMP (représenté en 2007 par Mme Montchamp)  passe de 2079 voix et 36,11% à 1233 voix et 21,38% (-846 voix et – 14,73%). En fait la défaite est encore plus lourde si on tient compte de la présence en 2007 d’un candidat UDF membre de la majorité présidentielle qui avait obtenu 673 voix (11,15%).  Sur ce canton le 6 mai Nicolas Sarkozy avait recueilli 1499 voix et 22,33% des exprimés. Le score de M. Plagnol pour l’UMP reste donc dans un niveau d’influence électorale somme toute très semblable.

Dans le reste de Champigny (cantons du centre, de l’est et partie de Champigny du canton du Tremblay) le député sortant M. Carrez obtient 3439 voix soit en pourcentage 22,81% des exprimés.  Il avait obtenu 5301 voix et 32,26% en 2007. La perte est donc de 1862 voix et de 9,45%. Il recueille évidemment moins de voix que Nicolas Sarkozy (1er tour) du fait de la plus faible participation (-1075 voix) mais fait mieux que l’ex-président en pourcentage (3 points de mieux).

Il réalise ses meilleurs scores dans les bureaux qui votent le plus régulièrement à droite ou il dépasse 30% par exemple au bureau  16 (Jeanne Vacher : 31,03%), 17 (cuisine centrale : 30,65%), 26 et 27 (Romain Rolland Primaire A et B, 39,02% et 36,84%) 29 (Gymnase Simone Jaffray : 30,20%) correspondant à des secteurs à dominante pavillonnaire tandis que les secteurs les plus favorables à M. Adenot sont les grands ensembles HLM. Il se confirme bien qu’ à Champigny une coupure sociale et politique majeure existe selon le type d’habitat. Dis-moi où tu loges et je saurai ce que tu votes….

Bien sur les scores de M. Carrez sont très faibles dans les bureaux qui correspondent aux grandes cités ou domine le logement social : Ils vont de 6,18% à 8,33% sur les trois bureaux du Bois l’Abbé, atteignant 9,77% aux Mordacs, 11,42% aux Boullereaux et 12,81% au Plateau.

Dans un bureau (Boulleraux) il est dépassé par le candidat FN ainsi que dans un bureau du Bois l’Abbé.

Le FN Cette fois les candidats FN, contrairement aux cantonales de l’an dernier (canton centre) avaient un visage.

Le FN obtient 621 voix et 10,77 % sur le canton ouest (1ère circonscription) et 1615 voix et 10,71% sur le reste de Champigny. Il est en progrès sur les législatives de 2007, année de basses eaux pour lui (respectivement 226 voix et 3,74% dans le canton ouest et 698 (4,25%) sur les autres cantons (centre, est et partie Champigny du canton de Bry). Toutefois le FN est en échec sur Champigny. Certes à la présidentielle Mme le Pen a obtenu  3896 vois et 12,74% des suffrages le mois dernier mais c’est bien en dessous de son score national. Avec ses 12,74% des suffrages elle reste à Champigny en dessous du résultat de son père en 2002 (14,54% auquel il faut ajouter les 1,93% du dissident Bruno Mégret) Même à la présidentielle  de  1995 Jean Marie Le Pen faisait mieux sur Champigny avec 3988 vois et 14,07%.

Champigny, contrairement à d’autres villes n’est donc pas un secteur où le FN est en expansion. On a pourtant pu le croire en 2011 lors des dernières cantonales dans le canton centre. Le candidat du Front National un parfait inconnu s’était placé en seconde position avec 780 voix (16,48%). Un score flatteur si on ne tenait pas compte la faiblesse de la participation (34,28%). Sur ce canton le nombre de voix obtenues par le FN reste, en fait, stable à quelques unités près (780 à la cantonale de 2011, 742 à la législative de 2012) avec les mêmes points forts (Joliot Curie maternelle,  Albert Thomas maternelle, Les Boulleraux)) correspondant à un électorat de cités HLM assez anciennes dont on aimerait bien comprendre les motivations. Par contre l’influence du FN est très faible dans d’autres grands ensembles comme le Bois l’Abbé (6 à 7% des voix) ou les Mordacs (7,22) où il est même en recul sur des périodes précédentes.

D’autres bureaux correspondant à une sociologie électorale tout à fait différente, celui de zones pavillonnaires par exemple à Coeuilly lui donnent des scores élevés. C’est le cas du bureau  27 (Romain Rolland B) où 15,43% des électeurs ont donné leur voix au candidat du FN (c’est aussi le bureau ou M. Carrez réussit un de ses deux meilleurs score et M. Adenot son plus mauvais).

L’électorat du FN à Champigny n’est pas volatile. Il est très mobilisé électoralement et donc politiquement comme le montre l’évolution des pourcentages lorsque l’abstention est forte (cantonales de 2011). Il y a sociologiquement deux électorats du FN, celui des vieilles cités du centre ville, celui de certains quartiers pavillonnaire de Coeuilly. C’est une situation très particulière dans une ville où le FN n’a plus d’expression politique locale depuis 15 ans et où il est en recuL

Front de Gauche : A Champigny le Front de Gauche avait réalisé une percée lors du premier tour de la présidentielle. Certes Jean Louis Mélanchon avec  6183 voix et 20,24 % était loin derrière François Hollande, ses 10400 voix et 34,25%, mais le candidat du Front de Gauche talonnait Nicolas Sarkozy à quelques dizaines de voix et surtout on était loin du cauchemar vécu par le PCF lors des présidentielles précédentes. Rappelez- vous: en 2002 Robert Hue candidat du PCF n’avait réuni que 2.781 voix sur Champigny (11,72%) et en 2007 Marie Georges Buffet  avait touché le fond avec 2351 voix et 6,99%. Cela n’avait pas empêché pourtant Dominique Adenot, candidat pour la première fois de faire une bonne campagne et de rassembler sur son nom 5229 voix (et31,83%) tandis que dans le canton ouest (à l’époque 7è circonscription) Mme G. Vidy obtenait  1122 suffrages (18,59%). Aussi les militants du Front de Gauche (essentiellement PCF à Champigny) étaient optimistes. Certains rêvaient même tout haut de l’élection enfin d’un député Front de Gauche pour que Champigny envoie enfin à l’Assemblée Nationale un député de gauche alors que jusqu’à maintenant à la faveur d’un découpage très élaboré elle y est représentée par 2 députés UMP.

Il leur a fallu bien déchanter. Sur la première circonscription le canton ouest  de Champigny a peu de poids mais le Front de Gauche en obtenant 1106 voix et 19,18% ne fait ni mieux ni pire qu’en 2007 avec une progression en pourcentage de +0,59% du fait d’une plus faible participation.

La grosse déception est venue de la 5ème circonscription où Dominique Adenot  est passé de 5229 voix à 4664 voix (-565 voix) et de 31,83% des exprimés à 30,93% (- 0,90%). Pas une déroute certes mais pas le triomphe espéré non plus et puis sur la circonscription la candidate socialiste passe largement en tête. Dominique Adenot ne peut pas être le candidat de la gauche au deuxième tour comme il l’avait été en 2007 et comme Jean Louis Bargero l’avait été avant lui en 2002 en 1997 etc. Une page vient de se tourner.

Certes Dominique Adenot  peut bien sur se vanter d’être en tête de 543 voix devant la candidate socialiste sur la partie de la circonscription qui concerne Champigny mais cela parait bien maigre eu égard aux 3089 voix d’avance qu’il avait en 2007 sur Mme Dufour (candidate du PS à l’époque ).

Pire bien pire. Si on additionne les voix du Front de Gauche sur toute la ville de Champigny (1ère et 5ème circonscription confondues) on retrouve5770 voix tandis que les candidats socialistes en regroupent 5956. Le Parti socialiste pour la première fois depuis 1945 devient de peu certes (186 voix) la principale force de gauche à une législative sur Champigny.

Comment s’est fait ce tassement des forces du Front de Gauche ? Où Dominique Adenot a-t-il perdu des voix ?

L’examen des pertes et de leurs causes n’est pas simple. Sur certains bureaux il y a des gains en voix et en pourcentage, sur d’autres des pertes. Il n’y a pas semble-t-il de règle générale mais on est frappé par le fait que les pertes se situent surtout là où le PCF en 2007 obtenait ses meilleurs résultats. Dominique Adenot perd ainsi 161 voix sur le Bois l’Abbé avec des pourcentages qui baissent de  1, 45% sur le bureau 32, de 9,85% sur le 33 et de 7,39% sur le 34. Comme le même phénomène se produit à des degrés divers aux Mordacs, aux Boullereaux..  on peut se poser des questions sur la réalité de l’influence du Front de Gauche dans ces cités..

 Le corollaire du tassement du PCF c’est évidemment l’importance du succès du PS. 

Sur l’ensemble de la ville de Champigny les voix du PS passent de  3653 à 5996 (+2343) et de 16,24 à 28,64 %. Elles retrouvent ainsi en pourcentage un niveau certes inférieur à celui de François Hollande au premier tour de la présidentielle (34,25%) mais qui n’en est pas dramatiquement éloigné tandis qu’en 2007 les candidats socialistes aux législatives ne recueillaient avec 16,24% que environ la moitié du pourcentage de Ségolène Royal (30,85%).

Qu’est ce qui a changé ?

Les candidatures socialistes en 2007 apparaissaient à beaucoup d’électeurs purement formelles. Portées par des personnes très intégrées dans le fonctionnement de la majorité municipale elles perdaient aux yeux de beaucoup d’électeurs de leur originalité et donc de leur attirance.

Les candidats de 2012 sans déroger aux principes d’une politique unitaire à gauche ont mieux su marquer leur originalité. Ce faisant ils ont pu symboliser une nouveauté,  une promesse de démarche plus autonome et de changement politique, une mue de la façon de faire de la politique à Champigny. Il ne doivent pas à l’avenir décevoir les espoirs qu’ils ont fait naitre.. 

Mais aujourd’hui leur succès est certain.

Ils gagnent en voix et en pourcentage dans tous les bureaux . Par exemple au bureau 4 (Maurice Denis) où le PS avait obtenu 133 voix (22,89% son meilleur pourcentage) en 2007 il obtient en 2012 186 voix et 34,45%.

Dans le bureau 27 Romain Rolland primaire B, le bureau qui vote le plus à droite de Champigny le PS avait en 2007 87 voix soit 13,94%. En 2012  il en obtient 131 et 23,77% soit 10 points de mieux. Mais c’est dans le grand ensemble du Bois l’Abbé que sa progression est la plus marquée. Il passe de 86 voix et 15,58% sur le bureau 32 à 154 voix et 31,30%, de 79 voix et 14,6% à 205 voix et 40,84% sur le 33, de 68 et 13,47% à 157 et 31,91% sur le 34.

Le Parti Socialiste qui avait une influence certaine au niveau du discours politique, ses scores aux présidentielles l’attestent, est en train de mettre son influence locale au niveau de son influence politique générale.

 

Et maintenant ?

Dans moins d’une semaine c’est le deuxième tour. Sur la première circonscription celle qui englobe le canton de Champigny ouest M. Plagnol député sortant restera face à Akli Mellouli, candidat du PS. L’avance de la droite sur la 1ère circonscription parait telle que M. Plagnol semble difficile à battre .

Il restera sur la 5ème circonscription deux candidats Gilles Carrez, député sortant pour l’UMP et Caroline Adomo pour le PS. En principe là aussi le député sortant UMP dispose d’une bonne avance sur sa concurrente socialiste (40,89 % pour le sortant UMP contre 27,27% pour la candidate socialiste) mais l’UMP n’a pas de réserve à droite (sauf à faire appel au FN qui a obtenu 8,50%) tandis que le total des voix de gauche atteint  43,44%. Rien n’est donc impossible mais le résultat dépendra de la qualité du report des voix du Front de Gauche (à Champigny) et aussi de la mobilisation possible d’abstentionnistes du premier tour. Sera-t-elle plus forte à droite ou à gauche ? Ce sera peut-être la clé du scrutin