Le charme perdu de la rue Jean Jaurès (D4 ex RN4) par Y. Fuchs

Non il ne s’agit pas d’un charme qu’aurait cette rue, axe bruyant, souvent encombré, ni d’un philtre qu’un magicien aurait perdu en passant par là. Il s’agit d’un arbre, un charme (Carpinus betulus des botanistes) qui a disparu volatilisé de bizarre façon dans cette rue.

Son histoire mérite d’être contée. Lorsque le Conseil Général a procédé aux travaux sur la D4 que tout le monde continue d’appeler à Champigny la RN 4, entre la rue du Monument et la rue de la Plage, les arbres existants ont été les premières victimes. A leur place on a planté à intervalles réguliers des charmes. C’est fou ce que à Champigny on aime les charmes quand il s’agit de planter des arbres, que ce soit la municipalité qui plante ou le Conseil Général (pour l’explication « officielle » de cette préférence voir la note en bas de page).

Un des charmes près du carrefour avec la rue Julien Grimau a subi d’inquiétantes mutilations ; avant l’été il avait été scié à environ 1,80 de hauteur (voir la photo)

.

la flèche rouge indique le moignon de charme (juin 2013)

Aujourd’hui il a carrément disparu. L’emplacement a été goudronné. Seule une légère différence de couleur du revêtement indique l’emplacement du charme perdu. (photo).

Aujourd’hui le bitume .…..

Que s’est-il donc passé ?

Lors d’une question au Conseil Municipal en juin j’avais posé la question du pourquoi ? et du «  qui a bien pu faire cela ? ». Il m’avait été fort logiquement répondu que l’affaire relevait du conseil Général mais que la mairie de Champigny allait signaler l’incident et que je serai tenu informé. Après l’été l’emplacement a disparu. L’espace réservé à la plantation a été camouflé sous une couche de bitume.

On m’ a confié que ce charme gênait un commerce installé là lorsqu’il voulait baisser son vélum d’où la première coupure à 1,80m de hauteur, puis ensuite une deuxième coupure au ras du sol. On m’a dit aussi que les services du Conseil Général plutôt que d’ouvrir un conflit avait préféré avaliser la disparition du charme et camoufler la chose sous quelques centimètres de bitume.

Si cela s’est bien passé ainsi cela pose deux questions

1.       Si ce charme gênait réellement ce commerce pourquoi a-t-il été planté là ? Cela veut-il dire qu’il n’y a pas eu de contacts et de concertation entre les services du Conseil Général et les commerçants riverains du RD4 ?

2.       Si le sciage de l’arbre a été réalisé pour mettre fin à cet inconvénient (et pourquoi l’eut-on fait sinon ?) puis a été entériné par le Conseil Général cela signifie que chacun peut se croire le droit d’intervenir sur le domaine public de son propre chef.

Je rapproche ce fait de l’observation de plus en plus fréquente que l’on peut faire dans les rues de Champigny où des potelets métalliques censés interdire l’accès des trottoirs aux automobiles et protéger les piétons sont sciés au ras du sol par des riverains qui s’organisent ainsi des parkings sur le domaine piétonnier.

 De plus en plus fréquemment des potelets sont sciés ou déracinés (flèches bleues pour permettre aux voitures de stationner sur les trottoirs

Note : Pourquoi  exclusivement des charmes ? A plusieurs reprises lorsque des marronniers par exemple ont été abattus, les services municipaux, puis les services du Conseil Général (pour les Iles de La Marne) ont expliqué qu’il s’agissait dans le cas du marronnier d’un arbre allogène (introduit en France) et qu’on lui substituait des espèces autochtones pour reconstituer l’environnement naturel d’origine ; Cette xénophobie botanique est bien surprenante. Certes le marronnier serait originaire de Macédoine grecque et aurait été introduit en France au début du 17ème siècle. Quatre siècles cela ne suffit donc pas pour une bonne intégration dans le paysage français ? Ira-t-on jusqu’à nous déconseiller dans les potagers campinois la pomme de terre et la tomate introduites bien plus tard, en provenance d’Amérique du Sud et on frémit à la pensée que les services des plantations pourraient un jour découvrir que les chercheurs placent l’origine de la vigne en Transcaucasie (Arménie, Géorgie) voire dans le sud-est de la Turquie. Irait-on alors jusqu’à arracher les vignes plantées sous l’égide du Conseil Général dans le parc départemental ?

7 réflexions au sujet de « Le charme perdu de la rue Jean Jaurès (D4 ex RN4) par Y. Fuchs »

  1. DL

    Pauvre Jean Jaurès et pauvres campinois qui méritent assurément mieux que ce gâchis qui dure depuis trop longtemps. Il reste donc six mois pour charmer les électeurs et rendre enfin notre cité charmante…

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  2. chevalier

    Monsieur FUCHS,
    Une fois de plus nous sommes d’accord qu’il s’agisse des arbres, des terrasses, du stationnement. Alors faisons ensemble une lettre à Monsieur ADENOT pour que cesse les mutilations de notre environnement. L’intérêt général comme l’écologie n’ont pas de frontière !

    Alain Chevalier

    Répondre
    1. Yves Alain Fuchs Auteur de l’article

      Réponse à M. Chevalier
      L’accord que vous apportez à notre proposition est très positif et je ne suis pas sectaire, vous le savez, au point de refuser des appuis pour défendre des problèmes précis sous prétaxte que ces appuis viennent d’un représentant de la droite campinoise. Banco !
      Toutefois il ne faudrait pas en tirer des conclusions générales. Lorsque vous dites que l’écologie comme l’intérêt général n’ont pas de frontière je ne suis absolument pas d’accord. Les problèmes écologiques majeurs qu’il s’agisse du réchauffement climatique, du gaz de schiste, de la priorité ou non accordée aux transports en commun et bien d’autres encore sont des problèmes politiques qui nécessitent des choix politiques eux-aussi . Les choix faits par la droite ne sont pas ceux auxquels j’adhère (déclarations des leaders de l’UMP sur le gaz de schiste par exemple et bien d’autres).
      On peut constater certains problèmes ensemble mais ne pas être d’accord sur les solutions à y apporter.
      Yves Fuchs

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  3. Julien

    En même temps, on pourrait refaire aussi l’avenue Salengro.
    On supprime toutes ces énormes places inutiles de stationnement pour les voitures, et on fait des voies vertes piétonne, et voies cyclables.
    En même temps, on cré de vraix voies pour les bus, de manière à ce qu’ils ne restent pas dans les bouchons.

    Pour finir, les places de parking supprimées, no stress, y a un parking. Et on cré un parking souterrain (certes un coût), mais ce parking deviendrait payant pour les résidents avec forfait réduit, et payant pour les autres.)

    On fait pareil avenue Jaurès, un parking,
    suppression des places de stationnement, pour faire des voies de bus.

    Police Municipale au taquet, et verbalisant tous les automobilistes garés en double file, et même ceux tournant (devant la mairie) à gauche, alors qu’ils n’en ont pas le droit.

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    1. Yves Alain Fuchs Auteur de l’article

      Bonjour,
      Le Conseil Général a décidé de profiter des chantiers du supermétro express (Gare de Champigny Centre à l’angle de la rue du Cimetière) qui nécessiteront des travaux annexes (déplacement des réseaux d’égouts, de distribution d’eau et d’électricité) pour reprendre complètement l’Avenue R. Salengro entre la rue de la Plage et la Fourchette avec véritables pistes cyclables séparées des chaussées, voies réservées aux bus et diminution des parkings voitures sur les trottoirs et les contre-allées. Voila ce qui sera proposé prochainement (septembre ou octobre) à la discussion des campinois. Les choses vont bouger.

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  4. Julien

    Aie, la facture salée.
    Et ben vui, encore une fois, de l’argent qui disparaît, mal dépensé.
    L’avenue Salengro n’a pas connu quelques travaux d’aménagements pour réduire les voies de circulations à certains endroits?
    Des dépenses coûteuses, mais inutile si on refait tout….

    Mais c’est complètement c** de faire des voies de bus dans l’avenue Salengro, si dans l’avenue Jaurès le bus est bloqué avec les voitures…..
    Encore une fois, on ne voit pas assez loin, ça devrait être partout en site propre pour les bus.

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    1. Yves Alain Fuchs Auteur de l’article

      Les travaux de réduction de la circulation il y a quelques années sur l’Avenue Roger Salengro ont permis de limiter la vitesse et n’ont pas été très couteux. Je suis d’accord avec vous pour que les bus puissent disposer d’un site propre partout ou cela est possible (y compris TVM). Si cela se fait entre la rue de la Plage et la Fourchette c’est une bonne chose. Je regrette avec vous que dans la première tranche (entre rue du Monument et rue de la Plage) cela n’ait pas été réalisé. J’espère aussi que sur cette nouvelle tranche de la D4 vers la Fourchette on ait de véritables pistes cyclables séparées de la circulation automobile et pas seulement des traits de peinture au sol (parkings pour automobilistes pressés)

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