Archives mensuelles : mai 2014

Dépollution en cours rue du Monument

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Ce 16 mai une vingtaine de riverains de la rue du Monument et de la rue de Dunkerque ont participé à une réunion publique organisée par la municipalité avec le concours des représentants des entreprises intervenant dans les travaux de dépollution et de réhabilitation du haut de la rue du Monument.
La responsable du service Assainissement a pris la parole en évoquant l’historique de la pollution (cf articles antérieurs de Forum: L’état condamné dans l’affaire ESSO du 4/11/2013 et Ces pollutions qui nous cernent du 7/12/2012 ou contacter l’association des riverains arfcsm@gmail.com), le phasage des travaux. Il a assuré les riverains du soutien de la mairie.
Pour mémoire rappelons que l’Etat n’a pas tenu son rôle de surveillance et a d’ailleurs été condamné en 1ère instance en novembre dernier pour « carence fautive dans son suivi des ICPE ». (Installations Classées pour la Protection de l’Environnement)

initialement les services techniques de la Ville n’ont pas été à l’écoute des ceux qui se plaignaient des effets liés à la pollution par les fuites d’essence. Mais bientôt l’action répétée, persévérante des riverains qui ne cessaient de donner l’alerte a porté ses fruits. La municipalité a pris la mesure du réel problème de pollution et des dangers courus par les riverains et les employés chargés de la maintenance du réseau. A partir de ce moment l’engagement municipal aux cotés des riverains fut total et porta ses fruits. La satisfaction des riverains aujourd’hui est évidente. Ils sont heureux que des travaux de dépollution interviennent aujourd’hui. C’est le résultat de leur action. Mais ils soulignent quand même qu’il aura fallu 5 ans après les premières plaintes pour que ces travaux démarrent !

démarrage des travaux

Le responsable de la pollution c’est ESSO. Cette société tenu aucun compte des multiples courriers d’alerte envoyés de mars 2009  à mai 2010… Et ESSO a même tenté de faire rouvrir la station en juillet 2010….
Le terrain de l’ancienne station-service actuellement fermée par de grandes barrières blanches n’est plus correctement entretenu (le développement de la végétation rend le trottoir inaccessible aux piétons). L’ouverture de cette zone, maintenant dépolluée paraît pour tous comme une chose allant de soi… Pour tous, sauf pour ESSO qui pour des motifs inconnus ne semble pas vouloir ouvrir son terrain le temps des travaux pour que les riverains puissent y faire stationner leurs véhicules… Même si elle a reconnu sa responsabilité dans cette pollution la société ESSO n’est toutefois prêts à rendre « service… » !
Durant la réunion un riverain a regretté l’absence de communication d’ESSO depuis un an et demi et a indiqué qu’il souhaiterait être informé régulièrement par la mairie de l’avancée des travaux. La mairie a évoqué les contraintes liés à ce type de travaux mais s’est engagé à communiquer plus efficacement et plus régulièrement à l’avenir.

  La réunion se tenait quatre jours après le démarrage des travaux. Les représentants de la mairie ont exprimé leur satisfaction du fait que les riverains aient respecté les arrêtés concernant les limitations de stationnement dans la zone d’intervention. De l’avis des riverains il sera sans doute plus difficile d’appliquer ces mesures lorsque les travaux auront lieu après le croisement de la rue d’Arlaten en raison de la proximité des commerces (garage du fort, casse autos et tabac du Fort…).

Une question a fait débat. Elle est relative au type de réseau(x) d’assainissement. Il y a quelques années on privilégiait la construction de réseaux collectifs séparés pour les eaux pluviales et les eaux usées. Cette façon de faire est aujourd’hui abandonnée. On préfère que les eaux de pluies retournent à la terre au droit ou elles sont tombées. Cela permet de délester un peu le réseau de la Ville et l’idée générale a été bien comprise. Toutefois, dans le cadre des travaux en cours sur ce réseau la question a été posée par certains riverains de la prise en charge des eaux pluviales comme dans certaines autres villes. Sur cette question précise, les riverains savent bien que la nappe phréatique est située à 2,5 mètre de profondeur et que de ce fait l’évacuation des eaux de pluie pose un réel problème du fait de cette présence d’une nappe phréatique à faible profondeur et de la nature argileuse du sol très qui retient l’eau. La mairie semble sur ce point camper sur sa position sans écouter les alertes. Où partent les eaux pluviales de la nouvelle résidence de la rue de la Gaieté ?
Un suivi est demandé lors des travaux ; actuellement environ une maison sur trois est contrôlée régulièrement pour déceler des éventuels taux anormaux de benzène. Des mesures de sécurités sont prises lors de l’enlèvement des terres par un « aspirateur » et la terre excavée est régulièrement analysée.
Les riverains sont conscients que c’est leur action et leur persévérance qui ont permis que la pollution soit reconnue, qu’ils soient ensuite appuyés par la mairie et que ESSO soit contraint de prendre en charge les travaux de dépollution actuel. Toutefois ils s’inquiètent du vague qui subsiste en ce qui concerne l’étendue de la zone polluée. Ils demandent à la Préfecture que l’étendue la zone impactée par la pollution soit mieux définie.

 

Elections européennes: à Champigny aussi….

Les sondages ne s’étaient pas trompés. On savait la crédibilité politique du PS très basse, on sentait après les municipales que le FN avait le vent en poupe. Toutefois on se s’attendait pas à ce que les changements soient d’une telle ampleur. Comment les choses se sont-elles passées à l’échelle locale ? On veut le savoir.

Rappelons une veille maxime politique toujours valable : on ne peut comparer en termes d’élections que ce qui est comparable. Les résultats des européennes 2014 à Champigny doivent donc être comparés à celles des européennes 2009.
Et c’est intéressant. Ce 25 mai 2014, 14915 électeurs campinois sur 42336 inscrits ont participé au vote soit un taux de participation de 35,23%. Ils étaient 15484 sur 42050 soit un taux de participation de 36,82%en 2009. Il y a eu baisse de la participation mais cette baisse (1,59%) est globalement assez faible plus faible en tout cas que ce que laissaient prévoir les articles des journalistes et des politologues qui nous répétaient que les français se désintéressaient de cette consultation et que l’abstention atteindrait des records. Certes 35,23% de participation c’est très faible mais globalement sur Champigny on ne peut pas parler de forte progression de l’abstention. Je précise globalement car si on examine les choses quartier par quartier des disparités apparaissent. La baisse est de 0,33% sur le canton ouest, de 1,27% sur le canton centre, de 4 % sur le canton est et la participation augmente de 1,55% sur le secteur campinois du canton de Bry.
On sait qu’il n’est pas possible de comparer les résultats de tous les bureaux de vote puisque les limites de certains d’entre eux ont été changées. Toutefois on peut observer que dans des bureaux qui sont restés semblables comme le bureau de vote de Romain Rolland Primaire B à Coeuilly (où la droite classique obtient ses meilleurs scores sur Champigny) on observe une participation de 41,98% (+0,28% par rapport à 2009). Les bureaux où on a le plus voté sur Champigny correspondent aux 2 bureaux de l’école Jacques Decour (47,60 et 46,08% respectivement). Géographiquement à l’opposé c’est celui de J. Solomon maternelle 2 qui détient le plus faible taux de participation avec 17,32% ! Les 4 bureaux du Bois l’Abbé se caractérisent d’ailleurs par des taux extrêmement bas : qui vont de 17,32% à 21,59%, tandis que ceux des deux bureaux des Mordacs sont de 20,47 à 22,40%. A toutes les élections, quel qu’en soit l’objet (présidentielle, législative, municipale) ces grands ensemble se singularisent par leurs taux records d’abstention mais on avait jamais vu de chiffres aussi faibles. Le différentiel de baisse des votants est de l’ordre de 5-10 points au Bois l’Abbé (en 2009 il n’y avait que 3 bureaux) et de 6,92 et de 8,05 points sur les 2 bureaux des Mordacs. Les grands ensembles de logements sociaux se caractérisent donc par une augmentation de l’abstention plus forte que la moyenne communale, mais ce n’est pas une règle absolue, le bureau 19 (Boullereaux) affiche une baisse très limitée de la participation (-0,54%). A l’opposé quelques bureaux de vote offrent des chiffres de participation supérieurs à ceux de 2009 (sous réserve que leurs limites n’aient pas été modifiées. Il s’agit des deux bureaux de J. Decour Maternelle avec 47,60% (+2,80%) et 46,08% (+1,28%) du bureau de Cuisine Centrale avec 42,13% (+1,14%).
Les pourcentages d’abstention dessinent ainsi une image très contrastée de Champigny avec un rapport de 2,7 entre la participation dans le bureau de vote où elle est la plus élevée (J. Decour Maternelle n°9 au Maroc) et celui où elle est la plus faible (J. SolomonN°2 au Bois l’Abbé). L’abstention varie très fortement d’un quartier à l’autre à Champigny et ces contrastes correspondent à des coupures politiques et sociales.
Quel paysage politique à Champigny de ce dimanche 25 mai ?
Comme partout en France le scrutin est marqué par une progression spectaculaire du Front National même si avec 17,42% il reste nettement en dessous de sa moyenne nationale (25,4). Avec ses 2528 voix et 17,42% il gagne 1846 voix et 13,1% sur son résultat de 2009 (682 voix et 4,3%). Sa progression est générale. Alors qu’en 2009 son meilleur score était de 8,28% (Albert Thomas maternelle) il dépasse en 2014 20% sur 10 bureaux, son meilleur score il l’obtient à Léon Frapié maternelle (bureau 39) où il atteint les 25,09%. A part un bureau au Bois l’Abbé (9,52%) et un bureau au Mordacs (9,01) il n’est nulle part en dessous de 10% et cela semble indiquer que ses gains proviennent de couches très diverses de la population si l’on prend en compte de la géographie sociale sur notre ville très marquée par les types d’habitat.
On l’a dit on ne peut comparer entre elles que des élections comparables mais les municipales sont si proches que la tentation est grande de regarder de ce côté-là. Par rapport au 1er tour le FN perd 85 voix sur Champigny (mais progresse en pourcentage du fait d’une abstention nettement plus forte). En fait le FN progresse sur le canton ouest (+3), perd sur le canton centre (-51 voix) et le canton est (-56 voix), progresse sur la partie campinoise du canton de Bry sur Marne (+31 voix).
Ceci indique que l’électorat du FN s’est mieux mobilisé que celui des autres partis à l’occasion des européennes ce qui explique sa forte progression en pourcentage. Il arrive même sur certainsbureaux à gagner des voix par rapport à mars dernier ce qui indique qu’il a une potentialité à progresser encore.
Si on tient pour simplifier l’UDI-Modem pour le continuateur politique du MoDem de 2009 malgré toutes les péripéties qui ont agité le centre droit durant ces 5 années l’UDI-MoDem recueille 1334 voix et 9,19% en 2014 contre 1051 et 8,7% en 2009. Le courant centriste assure donc son maintien voire progresse légèrement. Peut-être a t-il profité de la désaffection qui s’est manifesté à l’égard de l’UMP.
La liste de M. Lamassoure (UMP) réalise un score faible pour cette formation. Elle recueille 2350 voix (16,19%) perdant 647 voix et 3,17% sur son score de 2009. Ses pertes sont particulièrement fortes dans les bureaux où il réalisait en 2009 ses meilleurs chiffres. L’UMP perd ainsi 6,74% à Romain Rolland A, 12,03% à Romain Rolland B, 8,06% à Cuisine Centrale et 6,06% à Léon Frapié tous bureaux où le FN réalise des scores élevés et il est possible qu’une part non négligeable de l’électorat perdu par l’UMP se soit reporté sur le FN.
Dans les grands ensembles de logements sociaux (Bois l’Abbé, Mordacs l’UMP reste marginal avec des scores allant de 4,05 à 10%. Aux Boullereaux (bureau 19) son score s’élève à 7,14% contre 5,40% en 2009 tandis que le FN passe de 14 voix et 5,04% à 43 voix et 17,06%. Ici ce n’est pas le transfert de voix de l’UMP qui a nourri le succès du FN.
Le Parti Socialiste abordait cette élection en craignant à l’avance une défaite. On sait que ce fut une déroute. Toutefois à Champigny il obtient 1856 voix (12,79%) contre 1743 (+113 voix) et 11,26% (+1,53%). Il ne faut pas oublier que 2009 était une période de basses eaux pour le PS qui était fortement concurrencé dans son électorat par la liste Europe Ecologie Les Verts conduite par Daniel Cohn Bendit. Si on prend pour référence les scores du PS aux législatives de 2012 (malgé la différence des types de consultation) on s’aperçoit bien que l’échec du PS est net aux Européennes sur Champigny. Aux législatives de 2012, dans la foulée de la victoire de François Hollande à la Présidentielle 7664 campinoises et campinois (39,92%) avaient votés pour le candidat(e) socialiste au 1er tour. La comparaison des deux chiffres est amère pour le PS campinois.
Les écologistes d’Europe Ecologie Les Verts abordaient avec une certaine crainte ces élections européennes 2014. Ils savaient que leur résultat positif de 2009 devait beaucoup aux qualités de leur tête de liste Daniel Cohn Bendit et à un certain rejet à l’époque par beaucoup d’électeurs de gauche d’un PS discrédité et amorphe. Ils avaient à l’époque obtenu plus de 16% à l’échelle nationale et 2691 suffrages (17,38%) sur Champigny. Cette année aux européennes ils retrouvent environ la moitié des voix de 2009 avec 1386 voix (9,55%). Ce n’est certes pas un succès puisque en gros sur chaque canton ils perdent en pourcentage la moitié de leurs suffrages mais cela confirme leur ancrage dans certains secteurs de la ville. Ils dépassent les 10% des suffrages dans 17 bureaux de vote sur 43 avec des maxima en centre-ville ( 14,66% à la Mairie, 18,75% à Jean Morlet où ils occupent la première place) et dans le quartier du Tremblay (13,79% à Jean Jaurès Primaire et 12,37% à Léon Frapié maternelle). Leur influence reste faible dans les bureaux correspondant aux grands ensembles de logements sociaux. Ils sont encore au dessous de 5% dans un bureau du Bois l’Abbé et un bureau des Mordacs.
Autre composante importante de la gauche le Front de Gauche, regroupant PCF, Parti de Gauche et NGA (Nouvelle Gauche Anticapitaliste) .abordait ces européennes dans une situation compliquée. Il était de notoriété publique que l’harmonie n’était pas totale entre le PCF et Mélanchon. La contestation de la politique du gouvernement, comme de la gouvernance européenne par le Front de Gauche ne semblaient pas rencontrer un large écho dans la mesure où elles ne s’accompagnaient pas de propositions concrètes immédiates. Dans une ville fortement ancrée à gauche, avec traditionnellement une forte influence du PCF quel serait l’impact des positions du Front de Gauche ?
Le Front de Gauche a obtenu 2653 voix et 18,28% des suffrages. Il en avait 3597 soit 944 de plus aux européennes de 2009 ce qui lui donnait un score de 23,23%. En pourcentage il enregistre donc un recul de près de 5% (4,95%). A quoi tient ce recul ? Il garde apparemment des positions très fortes dans les grands ensembles d’HLM, dépassant les 50% dans un bureau des Mordacs et 1 bureau du Bois l’Abbé et 40% dans deux autres mais ce sont aussi les bureaux où on a le moins voté (20% en moyenne) ce qui relativise ce succès, par contre il est en dessous de 10% dans 7 bureaux de vote où on a plutôt bien voté (entre 36 et 46%). Le recul du Front de Gauche s’explique donc par une mobilisation faible de ses électeurs potentiels là où il est traditionnellement fort, une sorte d’apathie tandis que dans d’autres secteurs il perd visiblement des électeurs puisqu’en 2009 il n’était en dessous de 10% que dans 2 bureaux de vote contre 7 aujourd’hui.
D’une façon générale ces résultats électoraux reflètent la démobilisation générale, le désappointement des électeurs vis-à-vis de la situation actuelle. Leur révolte quand révolte il y a ils l’expriment en votant pour le FN. C’est un vote de protestation mais qui peut rapidement se changer en vote d’adhésion aux idées du front. La frontière est là très proche.
Ce qui frappe c’est l’échec du Front de Gauche à rendre crédible une autre option de contestation de la politique gouvernementale. Cet échec est encore plus net pour les formations d’extrême gauche (NPA 1,13% et LO 1,10%) qui n’ont pas été crédibles dans leurs dénonciations de la politique des gouvernements socialistes depuis 2012.
Par contre on remarquera parmi les nouveaux venus l’émergence de la Nouvelle Donne, mouvement de création très récente, qui avec près de 3% émerge de la multitude des petits et qui tente de donner une image nouvelle de la gauche.
Il faut l’admettre en ce mois de mai 2014 le désenchantement et le mécontentement conduisent surtout à la résignation et à l’apathie et quand l’expression politique se manifeste elle se fait au profit de l’extrême droite. Il n’y a pas 25% de gens d’extrême droite en France mais ils pourraient le devenir et d’autres encore.
Les élections européennes sont des élections particulières. Parce qu’elles paraissent, à tort, sans influence directe sur la vie des gens (à quoi sert le Parlement de Strasbourg ?, à quoi servent les Eurodéputés ?), parce qu’elles se font à la proportionnelle (donc basta avec la question du vote utile) elles servent traditionnellement de défouloir elles exagèrent les phénomènes de glissements des opinions. Il n’en reste pas moins qu’en cela même, elles servent de révélateurs, de signes avant-coureurs. Une incubation est en cours qui porte en elle de grands dangers pour nous, pour l’Europe puisque peu ou prou le phénomène est européen.
Notre domaine n’est pas le discours c’est la pratique. Notre projet en tant qu’association citoyenne consiste à reprendre pied à pied le terrain politique par une action concrète par des propositions, associant tous les habitants du quartier, de la commune dans des actions d’amélioration du cadre de vie, des conditions de logement, de transport, de formation pour les jeunes : parce que la meilleure forme de lutte contre l’extrémisme de droite, contre les idées de repli identitaire, de refus des autres reste la pratique concrète de la démocratie.