Archives mensuelles : novembre 2015

La ministre de l’écologie perd en appel contre un couple campinois

On se souvient de l’incroyable pollution autour de la station d’essence ESSO, rue du Monument et des dangers encourus par les riverains suite à des fuites d’essence sans plomb contenant un composé (le benzène) hautement cancérigène. Drainé par le réseau d’égout le polluant avait contaminé le sous-sol et par percolation avait touché de nombreux pavillons à des degrés divers.
On pourra trouver une relation détaillée de ces faits dans les articles que nous avons consacrés sur ce blog à ce scandale. (Voir les références en fin d’article). Sous l’impulsion de l’association créée par les riverains victimes de la pollution, Continuer la lecture

COP 21, et nous citoyens de cette terre que pouvons nous faire?

La Cop 21 (voir note explicative en fin d’article) va ouvrir. Avant pendant et après les journaux vont couvrir l’évènement ; Vous allez être informés des efforts de certains pays (la Chine et quelques autres) pour limiter les effets des décisions et finalement du très vraisemblable consensus final sur un texte dont chacun sait qu’il sera difficile à faire appliquer par les états membres.
Est-ce à dire que cette conférence est inutile ? Pas du tout. D’abord elle témoigne du fait que les problèmes environnementaux et surtout climatiques sont maintenant pris en compte et que les états en ont compris l’importance même si la prise de décision se heurte aux conflits entre l’intérêt de la planète et ceux de certains groupes de pression industriels et de certains gouvernements.
Un pas décisif a été accompli. L’importance des variations climatiques n’est plus niée que par une minorité de scientifique. L’influence des activités humaines (gaz à effet de serre) est maintenant reconnue comme le facteur essentiel des variations climatiques observées. Même si des imprécisions subsistent sur l’amplitude des variations de température prévues à l’échelle des décennies à venir tout le monde s’accorde pour prévoir des dérèglements importants à brève échéance (perte de biodiversité sur terre et dans les océans, amplification des épisodes climatiques aujourd’hui exceptionnels ou limités à certains secteurs tels cyclones et inondations, montée des eaux des océans etc). Chacun comprend que ces évènements environnementaux vont être responsables de tensions, de troubles, de migrations massives)
Que pouvons-nous faire nous citoyens de cette terre ?
Il ne nous faut pas nous laisser décourager par la complexité des affrontements où coexistent aspirations tout à fait légitimes et aussi intérêts plus ou moins camouflés.
Le problème essentiel en ce qui concerne les variations climatiques c’est l’énergie. Produire de l’énergie aujourd’hui consiste pour une grande part à utiliser des combustibles fossiles (charbon, hydrocarbures liquides et gaz). Le corollaire de cette situation c’est la production intensive de gaz à effet de serre (CO2 surtout). Les combustibles fossiles représentent 75% de la production de CO2 (Centrales thermiques, transports routiers, chauffage des bâtiments, production d’eau chaude, engins agricoles etc.) mais on ne doit pas oublier que d’autres activités sont elles aussi productrices de ces gaz

Globalement, la fabrication d’une tonne de ciment relâche 800 kg à 900 kg de CO2. La demande mondiale en ciment progresse de 3 % à 4 % l’an, le bilan carbone du secteur devrait donc passer de 2,3 milliards de tonnes de gaz carbonique par an, en 2005, à 3,5 milliards, en 2020.
La production du ciment est après l’énergie le plus gros producteur de CO2. L’industrie du ciment est à elle seule responsable de 5% de l’émission de ce gaz par l’homme.
Mais que pouvons-nous faire ?
Refuser la politique de l’autruche c’est clair mais agir en tant que citoyens cela signifie quoi et pour quels résultats?.
Comment ?
A titre personnel
En remettant en cause un certain nombre de comportement énergivores (température des appartements), en privilégiant les transports en commun, les circulations actives (vélos, déplacement piétonnier) en cherchant des substituts à la voiture personnelle (autolib, autopartage) ;
Au-delà de cette recherche personnelle il nous faut appuyer les initiatives qui vont dans le sens de la réduction des gaz à effet de serre vers une transition énergétique celle d’une énergie provenant d’autres sources que les hydrocarbures par exemple la géothermie, l’énergie photovoltaïque (solaire) ou éolienne (vent).
Actuellement à Champigny le réseau chaleur alimenté au point de vue énergie à 60% par géothermie (eau chaude puisée par forage dans une nappe située à 1,8km de profondeur) alimente 7.000 équivalents logements en chaleur et en eau chaude sanitaire (http://www.champigny.reseau-chaleur.fr) essentiellement aux Mordacs et au Bois l’Abbé.
Des possibilités existent de doubler ce potentiel en installant un nouveau puit de production cette fois dans le bas de Champigny qui pourrait desservir les grands ensembles (Boullereaux, Cités Jardins, Cités Rouges, Cités Blanches) et les groupes scolaires. Des économies en perspective (la géothermie est rentable après amortissement des investissements de départ) et combien de CO2 en moins dans l’atmosphère ?
Insister pour que ce 2ème site de Géothermie voie le jour rapidement constitue une attitude responsable dans cette lutte contre les changements climatiques. Concrètement il faut se battre pour que ce projet voit le jour rapidement, que les financements nécessaires soient trouvés. La lutte contre les changements climatiques est aussi une lutte locale.
Au niveau mondial il va falloir dans les décennies à venir développer les énergies renouvelables. Cela suppose des efforts considérables en investissements. Cela n’est pas non plus exempt de problèmes parfois difficile à gérer. Il serait bien naïf de croire que l’éolien, le solaire, la géothermie se donnent à nous comme cadeaux de dame nature. Leur faire satisfaire nos besoins énergétiques demande des efforts considérables

Projet d’éolienne héliade. Pales de 73,5 m

Il faut 600 éoliennes de ce type pour produire l’équivalent d’un réacteur nucléaire de 1300MW

La quantité d’acier nécessaire pour produire 1MW (Mégawatt) elle est de 20Tonnes dans l’hydraulique, de 60 dans le nucléaire et de 250 Tonnes pour l’éolien.

Estimation des besoins en béton, acier,aluminium cuivre et verre à l’horizon 2050

pour satisfaire aux besoins de la transition énergétique,

la ligne en pointillé représente le niveau de la production mondiale en 2010 (source Vidal, 2014)

Développer l’éolien et le photovoltaïque vont par ailleurs nécessiter de produire en quantité suffisante les éléments nécessaires aux nouvelles technologies en particulier les terres rares produites à 95% en Chine et générant dans les conditions où ces métaux sont produits d’énormes quantités de déblais fortement acides et riches en éléments radioactifs (uranium, thorium).

Les déchets toxiques du traitement des Terres Rares (lac Boatu, Chine)

Les besoins irons croissant.
Une voiture classique « consomme » pour sa construction 5kg de terres rares, une voiture électrique ou hybride de 10 à 15kg, Les éoliennes sont grosses consommatrices de ces terres rares. Une éolienne du type représenté en consomme environ 1 T (Nd,Dy,Sm et Gd +Pt) et il faudra 600 éoliennes de ce type pour produire l’énergie équivalente à celle produite par un réacteur nucléaire de 1300 MW.
Et il faudra produire plus de béton, plus de verre (photovoltaïque), plus d’aluminium (gros consommateur d’énergie), plus d’acier pour asseoir les bases de la transition énergétique. Les graphiques l’illustrent pleinement.

Certains chiffres sont révélateurs
? En 2050 la totalité du béton, de l’acier, de Al, Cu et du verre mobilisés dans les systèmes éoliens et solaires de production d’énergie sera de 2 à 8 fois la production mondiale de 2010.
Cela veut-il dire que la transition énergétique est irréalisable ou devons-nous craindre qu’elle ne s’accomplisse qu’au prix d’atteintes considérables à l’environnement ?
Posons les choses clairement
On ne peut plus continuer à produire de l’énergie à partir des combustibles fossiles c’est tout l’équilibre de la biosphère qui est menacé. La transition énergétique est nécessaire. C’est l’action, de l’engagement politique des citoyens que dépendra la façon dont elle s’effectuera.
En juin dernier à un colloque sur l’avenir des matières premières un cadre dirigeant d’une grande entreprise faisait l’observation suivante (je cite de mémoire) ; « Les choses ont beaucoup changé. Nous étions à ce qu’il existe des conflits à l’intérieur de l’entreprise entre le salariat et la direction. Les choses ont changé aujourd’hui lorsque nous lançon un projet nous devons nous expliquer avec l’ensemble de la population vivant autour et qui s’estime concernée »
Cette réflexion traduit une réalité. L’exigence de la sauvegarde de l’environnement est présente dans tous les pays du monde et c’est la meilleure garantie que la transition énergétique se fasse dans le respect de la planète dont nous sommes tous les citoyens.
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Note« La Convention cadre des Nations unies sur les Changements Climatiques dite CCNUCC (UNFCCC en anglais) a été adoptée au cours du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992. Elle est entrée en vigueur le 21 mars 1994 et a été ratifiée par 196 « parties » prenantes à la Convention.
Cette convention-cadre est une convention universelle de principe, qui reconnait l’existence d’un changement climatique d’origine humaine et donne aux pays industrialisés le primat de la responsabilité pour lutter contre ce phénomène.
La conférence des « parties » (COP), composée de tous les états « parties », constitue l’organe suprême de la convention. Elle se réunit chaque année lors de conférences mondiales où sont prises des décisions pour respecter les objectifs de lutte contre les changements climatiques. Les décisions sont prises à l’unanimité ou par consensus. La COP qui se tiendra à Paris sera la 21ème d’où son nom de COP 21 (d’après le site http://www.cop21.gouv.fr)