Des promoteurs « gloutons » dans les quartiers pavillonnaires

 

Il en est qui décrient Champigny. Ils ont tort. Champigny est une commune d’avenir avec beaucoup d’atouts. Parmi ceux-ci la construction du Grand Métro Express constitue évidemment un plus pour ses habitants, ceux d’aujourd’hui et ceux de demain.

La présence de deux gares à venir, l’une au centre-ville, l’autre en limite des trois communes, desservies par une ligne circulaire (15 Sud) de banlieue à banlieue et une pénétrante (EOLE) permettant de gagner Paris Centre puis l’Ouest Parisien (prolongement prévu d’Eole vers Mantes) tout cela est gage d’accès plus facile, plus rapide aux bassins d’emploi, aux universités, aux cinémas, théâtres concerts.

On peut même espérer, grâce à la mise en place sur la structure ALTIVAL, d’une noria de bus en site propre facilitant l’accès de la gare des Trois Communes pour les voyageurs venant du Plateau Briard (Les hauts de Champigny, Chènevière, Ormesson, la Queue en B. et au-delà) une diminution significative du transit automobile à travers la ville. Les campinoises et les campinois ne peuvent que s’en réjouir.

Mais cette amélioration potentielle de la qualité de vie à Champigny n’a pas échappé à certains promoteurs privés qui y ont vu l’occasion d’affaires juteuses.

Lors de la rédaction du PLU (Plan Local d’Urbanisme) la municipalité a voulu protéger les quartiers pavillonnaires en limitant les surfaces imperméabilisées, la hauteur des bâtiments etc.

Les bordures des grands axes (de Gaulle, Stalingrad, Salengro, Jaurès) par contre pouvaient et devaient accueillir des constructions collectives avec possibilités d’immeubles à R+5voire R+7.

Mais ce dispositif présentait des failles que certains se sont empressés d’exploiter.

Deux exemples témoignent de la stratégie de grignotage des zones pavillonnaires de certains promoteurs

  • Le long de l’Avenue Mitterrand les rues des Hauts Perreux (côté nord et côté sud) et le chemin de la Croix.
  • La rue du Monument entre la rue de Dunkerque et la rue de la Gaité

Dans le premier cas il s’agissait d’un quartier sans histoire depuis l’ouverture de l’Avenue Mitterrand il y a presque 20 ans. Avant l’ouverture de l’axe Delaunay-Mitterrand un flot continuel de voitures (6000 véhicules/jour !!!) pour éviter le centre de Champigny et le carrefour Talamoni-Albert Thomas empruntaient depuis le carrefour du Fort de Champigny les rues du Monument, des Perreux, Darmont pour aboutir Place Colonel de Grancey.

Par leur lutte les riverains de ces rues ont obtenu après plusieurs années d’efforts la fermeture des accès trop faciles aux rues du quartier et la réalisation de l’axe Delaunay-Mitterrand trop longtemps retardé.

Mais une décision a l’an dernier jeté la perturbation dans ce secteur :

Celle de construire le 7ème collège de Champigny sur une partie du terrain de sport Nelson Mandela.

Au vu de l’évolution des effectifs, il est clair que cette décision de construire un nouveau collège est parfaitement justifié. Ce qui fait débat  c’est le choix de cet emplacement (voir note en fin d’article).

Les résidents du Chemin de la Croix n’ont pas été informés par la Mairie de cette décision mais ont vu des appareils de sondage opérer sous leurs fenêtres. C’est les sondeurs qui leur ont appris que ces travaux visaient à vérifier des données techniques du sous sol en vue de la construction d’un collège.

La communication de la mairie a totalement failli à sa tâche.

Rapidement les habitants de ce secteur reçurent des visites. Des messieurs, prétendant représenter des promoteurs leur décrivirent leur avenir au voisinage d’un collège sous des jours sombres : hauteur du bâti, les privant de lumière, bruit etc.

Ils proposèrent à certains de signer des promesses de vente. Ils firent miroiter  des sommes supérieures à la valeur généralement estimée . Les premiers qui avaient accepté de signer des promesses de vente ne purent cacher à leurs voisins leur satisfaction d’avoir réalisé une si bonne affaire et de proche en proche Chemin de la Croix et rue des hauts Perreux des propriétaires de pavillon signèrent. Des demande permis de construire furent déposés, 42 logements ici, 30 là…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Coté Nord rue des Hauts Perreuxet coté sud

Rue du Monument les visiteurs se présentèrent comme des sauveurs. Ils expliquèrent aux propriétaires de pavillons que la mairie projetait de construire un grand ensemble HLM dans leur quartier. Ils précisait même sa localisation : à l’emplacement de l’ancienne station ESSO fermée depuis 6 ans pour cause de pollution grave (voir nos articles du 18/1/2012; du 7/12/2012, du 4/II/2013 et du 1/11/2015 sur ce blog).La mairie venait selon eux de racheter ce terrain et avait le projet d’y construire un vaste ensemble HLM. Inéluctablement la valeur de leur pavillon allait en être affectée. Pensez ! juste à côté d’un grand ensemble ! A l’appui de leurs dires certains ont même présenté des lettres à en tête de la mairie de Champigny !

De tout cela pourtant rien n’était vrai. ESSO reste propriétaire du terrain et aucun projet n’existe à cet endroit. Certains propriétaires ont cédé, signé la promesse de vente et un projet d’un immeuble de 7 étages sur 2 niveaux de parkings souterrains a été déposé à l’angle des rues de Dunkerque et du Monument.

A la place des pavillons (3) un immeuble de 7 étages !

Ce grignotage des quartiers , ce type de spéculation foncière est inadmissible. Bien sur il faut construire à Champigny, mais d’une façon raisonnée, pas anarchiquement dans des quartiers que l’on souhaiterait préserver.

 

Ce type de »promotion  immobilière» n’est pas réservé à Champigny.

 

Partout où des opportunités existent, là où le nouveau métro va apporter de nouvelles possibilités des promoteurs visent à accaparer le foncier.

Champs sur Marne attire ainsi beaucoup de convoitises. C’est en effet une commune qui sera bien desservie puisque la future gare à deux pas de l’Université de Marne la Vallée verra l’interconnexion de la branche nord du RER A (axe pénétrant vers Paris) et de ligne 15 Sud du nouveau métro.

Devant la menace la municipalité (PCF) a réagi vite et bien. Dans une lettre intitulée « Main Basse sur la Ville » (consultable sur le site de la mairie de Champs) elle a informé la population l’appelant à la vigilance, la mettant en garde

Sur son site la mairie de Champs sur Marne met clairement les habitants en garde

 

«  dans l’intérêt général de notre commune et, individuel des propriétaires sollicités avec obstination, nous vous appelons à ne pas céder aux propositions « exorbitantes qui n’aboutissent qu’à une sur-densification que personne ne veut », et d’informer immédiatement le service municipal urbanisme 01 64 73 49 06 pour que la commune réagisse contre ceux qui se présenteraient au nom de la Municipalité. »

 

Nous demandons à la municipalité de Champigny…..

         D’informer largement la population en la mettant en garde contre les démarches de certains prospecteurs, d’aider ceux qui sont parfois soumis à de véritables harassements.

Nous demandons une révision du PLU avec une meilleure protection

des secteurs pavillonnaires contre la gloutonnerie de certains.

 

Note à propos du nouveau collège

Ce nouveau collège est absolument nécessaire. Cela est tellement vrai qu’il faisait partie du programme de la liste Adenot lors des dernières municipales. A une différence près. Il était prévu de l’implanter à côté du groupe scolaire  Eugénie Cotton, qui aurait été reconstruite.

Eugénie Cotton est en effet dans un triste état, les parents d’élèves, les enseignants le constatent. Mais pénurie financière étant le groupe Eugénie Cotton restera tel que avec ses structures usées et ses classes dans des préfabriqués.

La localisation sur une partie du complexe Mandela présentait un gros avantage financier, propriétaire du foncier la ville pouvait céder celui-ci au département (en charge des collèges).

On peut se demander de plus si c’est une bonne idée de construire un collège le long d’un axe routier où circulent 17 à 20.000 véhicules jour. Comment sera assurée la sécurité des élèves aux heures de rentrée et de sortie des classes.

De plus la carte des pollutions de l’air le montre (voir article du 1/10/2017 sur ce blog) le futur collège sera situé le long d’un axes parmi les plus pollués de Champigny.

4 réflexions au sujet de « Des promoteurs « gloutons » dans les quartiers pavillonnaires »

  1. Julien

    Je ne comprends pas pourquoi vous êtes contre ce bétonnage alors qu’en tant que conseillé municipal vous avez validé le PLU et voté en sa faveur, fallait bien lire les petites lignes.
    Je rappelle que près de 1000 personnes étaient contre ce PLU contre seulement 200 pour, et il a été validé, et maintenant vous vous plaignez, vous abusez un peu.
    Fallait bien lire avant de signer, pis voilà.

    Donc la densification est du fait du Maire, et de toute manière, le PLU prévoit sur 10 ans près de 8000 logements, soit 17 000 nouveaux habitants, encore une fois je ne comprends pas, vous êtes pour ou contre?
    Car tous ces chiffres étaient dans le PLU.

    Par contre, et là, le Maire est fautif (encore?), car 17000 nouveaux habitants et rien, juste un collège, pas de gymnase, pas de crèches, pas de nouvelles lignes de bus, (le GPE ne dépend du maire).
    Donc la déception.

    Puis si des gens ont réussi à vendre à un bon prix, tant pieux pour eux, car avec le PLU ça sera bétonnage massif comme au parc du Tremblay, rue Gourévitch, on bétonne et ensuite on s’en plaint.
    Je tiens à rappeler les projets de bétonnisation de la place Lénine et de Union Jaurès, surtout que le projet Union-jaurès fera clairement de l’ombre aux propriétaires voisins avec des trottoirs inférieurs à 1m ce qui est interdit, mais bon, vous l’avez voulu, et puis seulement 150places de parkings au lieu des 450.
    Moi aussi je lis les PV de CM, on y trouve pleins d’infos.

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    1. Yves Alain Fuchs Auteur de l’article

      Votre commentaire se veut très critique, mais pour qu’une critique porte il faut qu’elle ait des bases réelles. Affirmer, comme vous le faites que les membres de Forum qui ont écrit ou relu le texte ci-dessus n’ont pas lu le PLU est sans fondement.
      Par contre vous ne vous gênez pas pour écrire un peu n’importe quoi. Le CDT (Contrat de Développement Territorial) signés avec Bry et Villiers portent prévoit en ce qui concerne Champigny la construction de 360 logements par an sur 10 ans, pas plus (vous parlez de 10.00 erreur d’échelle).
      Faut-il construire. Oui c’est une nécessité. Paris et la région Ile de France attirent de plus en plus de population. Un Français sur 6 habite Paris ou sa banlieue.
      On peut penser que c’est trop, qu’il faudrait à la France une répartition différente et que d’autres pôles de développement seraient nécessaires pour un meilleur équilibre mais c’est là une question de politique à l’échelle de nation.
      A l’échelle de la région on pourrait faire le choix de construire de plus en plus loin, laisser la ville s’étendre, grignoter les terres agricoles de la Brie, de la Beauce…et jusqu’où ?
      Une telle politique serait nuisible, catastrophique même pour l’environnement, l’économie et le social.
      • l’environnement par extension des surfaces imperméabilisées, diminution de la percolation et augmentation du ruissellement et donc accroissement potentiel des crues.
      • l’économie parce que nécessitant un investissement important dans le réseau routier, le renforcement du réseau lourd (rail)
      • le social avec un allongement du temps de transport de l’absence quotidienne loin du lieu de vie, rupture de liens sociétaux.
      Il faut construire sur des terrains disponibles pas trop éloignés du centre de la métropole.
      A Champigny le PLU a fait le choix de construction de collectifs le long des grands axes et de préservation des zones pavillonnaires. Il apparait maintenant qu’attirés par le fait que Champigny gagne en attractivité avec la construction du métro certains promoteurs et leurs affidés, chasseurs de bonnes affaires ont localement trouvé des failles dans le dispositif. Nous demandons donc c’est clair une meilleure information des campinois et une révision du PLU pour assurer une meilleure préservation de certains quartiers

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  2. Julien

    Le problème est que vous voulez sauver les quartiers pavillonnaires, alors que les Elus n’y vont jamais !
    Suffit de voir à quels horaires est passé le nouveau maire dans le quartier du Plant, pile quand tout le monde bosse, alors qu’au bois l’abbé les horaires étaient plus étendus.
    Après, je ne parle pas des réunions de quartiers qui ont disparu au Plant, Musselburg, Tremblay.
    Les conseils citoyens du bois l’abbé ne s’est jamais réunit, en tout cas il en existe aucune trace dans les documents de la ville, juste une élection y a 3 ans et rien depuis.

    Donc je vois mal le maire défendre des gens et des quartiers qui n’ont jamais voté pour lui.
    Les quartiers pavillonnaires ont toujours été abandonnés, suppression des mairies annexes pour le Plant/tremblay/Polangis, alors que ces trois quartiers regroupent plus de 20% de la population campinoise.
    Et je ne parle pas des cantonniers inexistants.
    Des écoles qui n’ont pas le droit aux Atsem, alors que dans les écoles des cités ils ont plus de personnels.
    Des écoles comme Denis où il n’y a pas assez de lits pour les touts petits.
    Des écoles qui n’ont pas le droit à des agents de circulation pour faire traverser en sécurité parents et enfants.
    Les panneaux municipaux ont été supprimés au Plant, il a fallu attendre près d’un an pour que de nouveaux (exactement les mêmes soient réinstallés, c’était lors de l’enquête publique du PLU, coïncidence?).
    On est toujours abandonné par la Mairie et maintenant elle souhaiterait nous défendre? Je n’y crois pas, un mensonge de plus.

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    1. Yves Alain Fuchs Auteur de l’article

      Il est difficile de vous répondre car vous mélangez des tas de problèmes différents. les panneaux municipaux avec les problèmes d’urbanisme et autres.
      Nous vous répondrons seulement sur un point qui parait essentiel à notre association: le fonctionnement des Conseils de Quartier. Ils sont inexistants et/ou pour ceux qui se réunissent ne laisse aucune place à l’initiative venue des citoyens. Tout ce qui reste en place ce sont des structures verticales qui, quand elles fonctionnent, servent uniquement à faire passer l’information du haut en bas car comme les exemples que vous citez l’attestent les demandes venues du quartier sur des problèmes précis n’ont pas de solution. C’est un gros échec.

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