Archives de catégorie : 16 ha en quête d’avenir : réunion du 3avril à PVC

16 hectares en quête d’avenir

Le 3 avril 2007 s’est tenu au collège Paul Vaillant Couturier une réunion ouverte aux habitants des quartiers Village Parisien, Mordacs et Plateau, à laquelle avait été tardivement invité par voie de presse l’ensemble des Campinois.

Thème de la réunion : discussion des perspectives d’utilisation des 16 hectares de terrains libérés par l’abandon du projet de liaison autoroutière connu à Champigny sous le nom de liaison A4-N4 mais qui en fait n’était que partie d’un projet d’une liaison A4-A6.

La décision d’abandon n’est pas encore officielle mais devrait le devenir rapidement. Sur les 20 hectares de l’ensemble du projet il est prévu d’installer une rue de desserte associée (RDA) un boulevard urbain (2 fois une voie + une chaussée centrale à double voie pour les autobus en site propre+ 1 piste cyclable et trottoirs).

Sur cette voie circulerait un bus ( TCSP=transport en commun en site propre) voire un tramway qui relierait Sucy à Noisy le Grand).

Les travaux viennent de commencer entre le rond point  » Bricorama  » et la rue Fourny. Ils devraient être achevés pour ce tronçon qui comprend 2 ouvrages d’art (passages au dessus des voies ferrées) en septembre 2008.

Une étude a été demandée par la ville au cabinet Orénoque afin de faire des propositions à l’Etat (propriétaire de 90% du foncier concerné) sur l’utilisation des terrains libérés (hors emprise de la nouvelle voie). Il s’agit de 16hectares en une bande de 3km de long pour une largeur variable, atteignant 100m au maximum mais localement réduite à 60m.

De son côté le préfet lance une étude. Il ne cache pas son désir de développer l’urbanisation de cette zone en y implantant plusieurs centaines de logements sociaux pour répondre au grave manque de logement social en Ile de France.

La municipalité de Champigny affirme pour sa part qu’elle ne souhaite pas toucher au ratio actuel entre logement social et autres types d’habitat (38% de logements sociaux selon M. Georges Charles)* et qu’elle préfère développer sur ce secteur les activités économiques avec seulement 120 logements supplémentaires.

Sur les activités économiques prévues le propos a été vague. M. Charles a évoqué le souhait de créer un pôle image (voir commentaire ci dessous) avec une école de techniciens de l’image. Une polémique s’est alors engagée entre M. Charles et certains participants sur le montant de la taxe professionnelle à Champigny et son impact sur l’implantation d’entreprises nouvelles.

Mme Kennedy Conseiller Général a annoncé l’ouverture prochaine d’une crèche inter-entreprises de 60 places sur le terrain face au collège Paul Vaillant Couturier.

La réunion a été close à 23H40.

la part du logement social fait l’objet de débats passionnés autour de chiffres très voisins. Au dessus ou au dessous de 40% ? Le chiffre le plus élevé a été donné par le journal l’Humanité du 5/2/2007 soit 45%. Il ne nous paraît pas important que ce soit 38, 39, 40, 41% ou un peu plus. L’ordre de grandeur est de 40% et ce qui est essentiel c’est de savoir si le logement social est ou n’est pas bien intégré dans la ville.

Réflexions par Yves Fuchs :

La réunion a été suivie par une quarantaine de personnes. C’est peu. Parmi les participants on relevait la présence de Mme Kennedy Conseillère Générale de Champigny Est, Maire Adjoint, Mme Ettori, Maire adjoint, Présidente du Conseil de Quartier des Mordacs, Mme Colin conseillère municipale, M. Charles, Maire adjoint, président du Conseil de Quartier du Village Parisien, M. Karrer, conseiller municipal, Président du Conseil de Quartier du Plateau.

Seuls parmi les élus Mme Kennedy et M. Charles sont intervenus au cours de la réunion et des discussions qui ont suivi.

J’ai noté (et déploré) une fois de plus l’absence totale des élus de l’opposition de droite comme des élus verts.

Les citoyens campinois ne comprennent pas que l’opposition municipale boude ce type de réunion au lieu de les animer par ses contre propositions.

Etaient aussi présents des membre du cabinet d’études Orénoque chargé par la municipalité de réaliser l’étude, un ingénieur de la voirie du département du Val de marne, des techniciens des services municipaux concernés.

Et environ 25 citoyens campinois.

C’est très peu quand on considère que 3 quartiers avaient été informés de cette réunion.

Il faudrait donner plus de retentissement à cette consultation. Finalement c’est toute la politique d’incitation à l’implantation d’entreprises à Champigny qui est là en discussion, par le biais de ce problème des  » délaissés  » du projet de voie associée et il serait normal que tous les Campinois participent à la discussion.

Ce que je retiens des informations données au cours de la soirée

Le positif : La desserte des zones d’activité sera plus facile grâce à la voie nouvelle. Les chauffeurs de poids lourds ne s’en plaindront pas et nous pouvons espérer qu’il y aura moins de poids lourds Ave de la République.

Sera-t-il alors possible d’interdire certains axes comme la rue Fourny, l’avenue de la République aux poids lourds ?

Le négatif : il s’agit d’une voie qui desservira les zones d’activité mais ne permettra pas de contourner vraiment la ville et donc de diminuer de façon notable le trafic automobile en centre ville (sauf poids lourds ce qui n’est pas négligeable)

La coordination avec Villiers semble bonne mais que vont décider Chennevières 30ha, Ormesson. Quelle cohérence ?

On a choisi de faire réaliser en premier lieu le tronçon entre  » Bricorama  » et la rue Fourny ce qui implique que le trafic des poids lourds va durant une période transitoire emprunter la voirie existante et en particulier l’avenue Maurice Thorez déjà surchargée et traversée par de nombreux enfants se rendant au groupe scolaire.

Nous demandons très fortement que le maximum soit fait pour que les travaux sur le tronçon entre la RN4 et le Boulevard Sonia Delaunay (près de la déchetterie) soient entrepris dans les délais les plus courts pour éviter cette dangereuse surcharge de trafic Avenue Maurice Thorez.

Autobus : Bien sur le projet de bus en site propre reliant Sucy à Noisy est une très bonne chose. Sa réalisation permettra d’améliorer les circulations inter-banlieues et surtout aidera ceux qui travaillent ou vont travailler dans les zones d’activité existantes et à créer , à rejoindre plus rapidement leur lieu de travail et d’en repartir. Actuellement les zones d’activités sont très mal desservies par les transports en commun. On en entend peu parler à Champigny car dans leur immense majorités ceux qui y travaillent ne résident pas sur notre commune. Si on veut rendre les zones d’activité attractives, attirer des entreprises à Champigny il faut améliorer aussi leur desserte par les transports en commun.

Le bus Sucy- Noisy n’occupera pas à plein temps cette voie en site propre. Il faut aussi penser à un nouveau maillage de bus sur cette voie nouvelle pour permettre aux habitants de Coeuilly, des Mordacs , du Bois l’Abbé de rejoindre plus rapidement la gare des Boullereaux (EOLE) et le rond point de Bry (Trans Val de Marne).

Le projet d’implantation d’activités reste floue. Que signifie création d’un pôle image ? La municipalité est-elle vraiment renseignée sur les besoins ? Sait-elle qu’il existe déjà une filière de ce type dans l’université très proche de Marne la Vallée avec possibilité d’accès aux formations son et image au sein de l’Ecole d’ingénieur Lumière rattachée à l’université ?

Le débat reste de plus ouvert sur une question fondamentale : qui décidera de l’avenir de cette zone ? le préfet au nom de l’état propriétaire du foncier (90%) qui veut urbaniser et créer plusieurs centaines de logements sociaux ou le Maire qui propose de dédier les 16 hectares libérés à un développement des activités économiques si nécessaires à Champigny. A priori mon cœur penche pour la proposition du maire, plus logique, plus positive pour Champigny et je me dis qu’un préfet qui est incapable d’obliger Saint Maur, Ormesson ou le Perreux à respecter la loi sur la construction de logements sociaux ne devrait quand même pas pouvoir s’opposer à la volonté d’une commune qui a largement satisfait aux obligations de la loi SRU à favoriser le développement économique.

Oui mais les choses ne sont pas simples. Le préfet a les moyens de faire pression lors de la mise en place, prochaine, du PLU. Représentant de l’état il a parfaitement le droit de proposer les terrains dont l’état est propriétaire à un promoteur qui s’engagerait à construire les 800 ou 1000 logements que lui Préfet souhaite. Bien sur les choses peuvent se négocier et se négocieront entre Préfecture et Mairie. Nous, Campinois, nous suivrons avec attention ces négociations. Il faudra que nous pressions la municipalité de défendre fermement la proposition d’une zone d’activité. Si ce n’était pas le cas nous penserions que cette opposition projet préfectoral contre projet de la mairie est bienvenue  pour certains. Elle peut fournir le prétexte, en se rangeant finalement aux raisons du Préfet, pour passer outre au souhait des Campinois de sauvegarder les équilibres de la ville. En même temps la municipalité n’aurait pas à assumer elle mêmes la responsabilité des constructions nouvelles.

Yves Fuchs