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Législatives 1er tour: quand on ouvre les urnes…

Prenant la parole dimanche soir à l’Ecole Politzer, bureau centralisateur des résultats concernant la partie Champigny de la 5ème circonscription M. Adenot, candidat du Front de Gauche sur cette circonscription s’auto-félicitait d’être arrivé en tête sur ce secteur de la 5ème (cantons de Champigny centre, Est et fraction Champigny du canton de Bry).

Cette autosatisfaction n’était pas justifiée.

 Le premier tour des législatives à Champigny voit un recul de l’UMP, du Front de Gauche et une progression du PS Telles sont  les réalités et cela est vrai aussi bien pour  les 2 cantons et demi qui appartiennent à la 5ème circonscription (député sortant M. Carrez UMP) que pour le canton ouest qui dépend de la 1ère circonscription (député sortant M. Plagnol UMP).

L’abstention : Elle s’est élevée à 43,81% sur le canton ouest (partie de la 1ère circonscription) à 48,37%, 53,10% et 49,52% sur les 3 cantons (Centre, Est, et partie Champigny du canton de Bry) qui font partie de la 5ème.

On a le mieux voté  au bureau 9 (maternelle J. Decour, 1ère circonscription) avec une participation de  61,46% et au bureau 14 (gymnase Tabanelli, 5ème circonscription) deux bureaux  situés dans des zones d’habitat mixte associant pavillonnaire, habitat collectif en copropriété, habitat locatif privé et social). On atteint comme d’habitudes des taux d’abstention record dans les trois bureaux du grand ensemble du  Bois l’Abbé (respectivement 37, 16 % de votants pour l’un, 39,02% et 38,17% pour les deux autres). Ces bureaux du Bois l’Abbé sont suivis dans ce classement par les bureaux des Mordacs (41,21 et 41,24% de votants puis par celui des Boullereaux (44,36%). Une carte en creux de la participation qui correspond à la distribution du logement social.

La participation globale sur Champigny (1ère et 5ème circonscription ensemble) s’établit à 21.139 votants sur 41.298 inscrits soit une participation de 51,19%. Le 6 mai, il y a un mois tout juste pour le premier tour de l’élection présidentielle 31.038 électeurs soit 75,39% des inscrits avaient voté. On constate donc une baisse de la participation 24,20%. C’est énorme mais il faut bien constater que  c’est là une règle de ces scrutins.

Lors de la présidentielle de 2007 la participation au premier tour s’était élevée à 84,78% sur notre commune tandis qu’aux législatives qui ont suivi seulement 56,26% des électeurs inscrits s’étaient déplacés pour voter sur l’ensemble de Champigny soit une chute de participation de 28,52% encore plus forte que celle observée ce dimanche. Il en est ainsi dans le paysage électoral français les taux de participation varient énormément en fonction du type d’élection. La participation est maximale pour la présidentielle et les municipales, décroit pour les législatives, est minimale pour les européennes.

 A l’élection législative de ce 10 juin les électeurs ont apporté préférentiellement leurs suffrages aux  candidats porteurs d’un message politique fort et laminés les « petits ». Alors qu’il y avait 13 candidats dans la 1ère circonscription et 11 dans la seconde les 4 candidats représentant  les 4 forces principales en présence à savoir Front de Gauche, Parti Socialiste, UMP et Front National regroupent 92,45 % des suffrages dans la 5ème  (partie Champigny) et 83,15% dans la première. En 2007 le mouvement était déjà engagé (82,98% dans la 5ème et 78,92% dans la seconde) mais moins fortement.

Le très faible résultat d’ Europe Ecologie à ce scrutin donne une bonne image de ce « laminage ».

Sur la 1ère à Champigny le candidat, connu localement arrive à dépasser les 5% mais sur la 5ème le représentant Europe Ecologie n’est crédité que de 2,27%.

Or lors des élections européennes de 2009 il y a tout juste 3 ans la liste EELV avait obtenu 20,89% des exprimés sur le canton ouest et 16,26 sur le reste de Champigny. Certes depuis l’image d’EELV a pâti d’erreurs stratégiques en particulier lors de la campagne des présidentielles mais pas à un tel point et la sensibilité qu’EELV exprime reste présente à Champigny. Ce « rabougrissement » électoral, ( je ne trouve pas d’autre mot), est caractéristique de ce scrutin des législatives et touche tous les mouvements sauf les grands 4 cités plus haut .

L’UMP tout d’abord, parti des 2 sortants.

Sur le canton ouest l’UMP (représenté en 2007 par Mme Montchamp)  passe de 2079 voix et 36,11% à 1233 voix et 21,38% (-846 voix et – 14,73%). En fait la défaite est encore plus lourde si on tient compte de la présence en 2007 d’un candidat UDF membre de la majorité présidentielle qui avait obtenu 673 voix (11,15%).  Sur ce canton le 6 mai Nicolas Sarkozy avait recueilli 1499 voix et 22,33% des exprimés. Le score de M. Plagnol pour l’UMP reste donc dans un niveau d’influence électorale somme toute très semblable.

Dans le reste de Champigny (cantons du centre, de l’est et partie de Champigny du canton du Tremblay) le député sortant M. Carrez obtient 3439 voix soit en pourcentage 22,81% des exprimés.  Il avait obtenu 5301 voix et 32,26% en 2007. La perte est donc de 1862 voix et de 9,45%. Il recueille évidemment moins de voix que Nicolas Sarkozy (1er tour) du fait de la plus faible participation (-1075 voix) mais fait mieux que l’ex-président en pourcentage (3 points de mieux).

Il réalise ses meilleurs scores dans les bureaux qui votent le plus régulièrement à droite ou il dépasse 30% par exemple au bureau  16 (Jeanne Vacher : 31,03%), 17 (cuisine centrale : 30,65%), 26 et 27 (Romain Rolland Primaire A et B, 39,02% et 36,84%) 29 (Gymnase Simone Jaffray : 30,20%) correspondant à des secteurs à dominante pavillonnaire tandis que les secteurs les plus favorables à M. Adenot sont les grands ensembles HLM. Il se confirme bien qu’ à Champigny une coupure sociale et politique majeure existe selon le type d’habitat. Dis-moi où tu loges et je saurai ce que tu votes….

Bien sur les scores de M. Carrez sont très faibles dans les bureaux qui correspondent aux grandes cités ou domine le logement social : Ils vont de 6,18% à 8,33% sur les trois bureaux du Bois l’Abbé, atteignant 9,77% aux Mordacs, 11,42% aux Boullereaux et 12,81% au Plateau.

Dans un bureau (Boulleraux) il est dépassé par le candidat FN ainsi que dans un bureau du Bois l’Abbé.

Le FN Cette fois les candidats FN, contrairement aux cantonales de l’an dernier (canton centre) avaient un visage.

Le FN obtient 621 voix et 10,77 % sur le canton ouest (1ère circonscription) et 1615 voix et 10,71% sur le reste de Champigny. Il est en progrès sur les législatives de 2007, année de basses eaux pour lui (respectivement 226 voix et 3,74% dans le canton ouest et 698 (4,25%) sur les autres cantons (centre, est et partie Champigny du canton de Bry). Toutefois le FN est en échec sur Champigny. Certes à la présidentielle Mme le Pen a obtenu  3896 vois et 12,74% des suffrages le mois dernier mais c’est bien en dessous de son score national. Avec ses 12,74% des suffrages elle reste à Champigny en dessous du résultat de son père en 2002 (14,54% auquel il faut ajouter les 1,93% du dissident Bruno Mégret) Même à la présidentielle  de  1995 Jean Marie Le Pen faisait mieux sur Champigny avec 3988 vois et 14,07%.

Champigny, contrairement à d’autres villes n’est donc pas un secteur où le FN est en expansion. On a pourtant pu le croire en 2011 lors des dernières cantonales dans le canton centre. Le candidat du Front National un parfait inconnu s’était placé en seconde position avec 780 voix (16,48%). Un score flatteur si on ne tenait pas compte la faiblesse de la participation (34,28%). Sur ce canton le nombre de voix obtenues par le FN reste, en fait, stable à quelques unités près (780 à la cantonale de 2011, 742 à la législative de 2012) avec les mêmes points forts (Joliot Curie maternelle,  Albert Thomas maternelle, Les Boulleraux)) correspondant à un électorat de cités HLM assez anciennes dont on aimerait bien comprendre les motivations. Par contre l’influence du FN est très faible dans d’autres grands ensembles comme le Bois l’Abbé (6 à 7% des voix) ou les Mordacs (7,22) où il est même en recul sur des périodes précédentes.

D’autres bureaux correspondant à une sociologie électorale tout à fait différente, celui de zones pavillonnaires par exemple à Coeuilly lui donnent des scores élevés. C’est le cas du bureau  27 (Romain Rolland B) où 15,43% des électeurs ont donné leur voix au candidat du FN (c’est aussi le bureau ou M. Carrez réussit un de ses deux meilleurs score et M. Adenot son plus mauvais).

L’électorat du FN à Champigny n’est pas volatile. Il est très mobilisé électoralement et donc politiquement comme le montre l’évolution des pourcentages lorsque l’abstention est forte (cantonales de 2011). Il y a sociologiquement deux électorats du FN, celui des vieilles cités du centre ville, celui de certains quartiers pavillonnaire de Coeuilly. C’est une situation très particulière dans une ville où le FN n’a plus d’expression politique locale depuis 15 ans et où il est en recuL

Front de Gauche : A Champigny le Front de Gauche avait réalisé une percée lors du premier tour de la présidentielle. Certes Jean Louis Mélanchon avec  6183 voix et 20,24 % était loin derrière François Hollande, ses 10400 voix et 34,25%, mais le candidat du Front de Gauche talonnait Nicolas Sarkozy à quelques dizaines de voix et surtout on était loin du cauchemar vécu par le PCF lors des présidentielles précédentes. Rappelez- vous: en 2002 Robert Hue candidat du PCF n’avait réuni que 2.781 voix sur Champigny (11,72%) et en 2007 Marie Georges Buffet  avait touché le fond avec 2351 voix et 6,99%. Cela n’avait pas empêché pourtant Dominique Adenot, candidat pour la première fois de faire une bonne campagne et de rassembler sur son nom 5229 voix (et31,83%) tandis que dans le canton ouest (à l’époque 7è circonscription) Mme G. Vidy obtenait  1122 suffrages (18,59%). Aussi les militants du Front de Gauche (essentiellement PCF à Champigny) étaient optimistes. Certains rêvaient même tout haut de l’élection enfin d’un député Front de Gauche pour que Champigny envoie enfin à l’Assemblée Nationale un député de gauche alors que jusqu’à maintenant à la faveur d’un découpage très élaboré elle y est représentée par 2 députés UMP.

Il leur a fallu bien déchanter. Sur la première circonscription le canton ouest  de Champigny a peu de poids mais le Front de Gauche en obtenant 1106 voix et 19,18% ne fait ni mieux ni pire qu’en 2007 avec une progression en pourcentage de +0,59% du fait d’une plus faible participation.

La grosse déception est venue de la 5ème circonscription où Dominique Adenot  est passé de 5229 voix à 4664 voix (-565 voix) et de 31,83% des exprimés à 30,93% (- 0,90%). Pas une déroute certes mais pas le triomphe espéré non plus et puis sur la circonscription la candidate socialiste passe largement en tête. Dominique Adenot ne peut pas être le candidat de la gauche au deuxième tour comme il l’avait été en 2007 et comme Jean Louis Bargero l’avait été avant lui en 2002 en 1997 etc. Une page vient de se tourner.

Certes Dominique Adenot  peut bien sur se vanter d’être en tête de 543 voix devant la candidate socialiste sur la partie de la circonscription qui concerne Champigny mais cela parait bien maigre eu égard aux 3089 voix d’avance qu’il avait en 2007 sur Mme Dufour (candidate du PS à l’époque ).

Pire bien pire. Si on additionne les voix du Front de Gauche sur toute la ville de Champigny (1ère et 5ème circonscription confondues) on retrouve5770 voix tandis que les candidats socialistes en regroupent 5956. Le Parti socialiste pour la première fois depuis 1945 devient de peu certes (186 voix) la principale force de gauche à une législative sur Champigny.

Comment s’est fait ce tassement des forces du Front de Gauche ? Où Dominique Adenot a-t-il perdu des voix ?

L’examen des pertes et de leurs causes n’est pas simple. Sur certains bureaux il y a des gains en voix et en pourcentage, sur d’autres des pertes. Il n’y a pas semble-t-il de règle générale mais on est frappé par le fait que les pertes se situent surtout là où le PCF en 2007 obtenait ses meilleurs résultats. Dominique Adenot perd ainsi 161 voix sur le Bois l’Abbé avec des pourcentages qui baissent de  1, 45% sur le bureau 32, de 9,85% sur le 33 et de 7,39% sur le 34. Comme le même phénomène se produit à des degrés divers aux Mordacs, aux Boullereaux..  on peut se poser des questions sur la réalité de l’influence du Front de Gauche dans ces cités..

 Le corollaire du tassement du PCF c’est évidemment l’importance du succès du PS. 

Sur l’ensemble de la ville de Champigny les voix du PS passent de  3653 à 5996 (+2343) et de 16,24 à 28,64 %. Elles retrouvent ainsi en pourcentage un niveau certes inférieur à celui de François Hollande au premier tour de la présidentielle (34,25%) mais qui n’en est pas dramatiquement éloigné tandis qu’en 2007 les candidats socialistes aux législatives ne recueillaient avec 16,24% que environ la moitié du pourcentage de Ségolène Royal (30,85%).

Qu’est ce qui a changé ?

Les candidatures socialistes en 2007 apparaissaient à beaucoup d’électeurs purement formelles. Portées par des personnes très intégrées dans le fonctionnement de la majorité municipale elles perdaient aux yeux de beaucoup d’électeurs de leur originalité et donc de leur attirance.

Les candidats de 2012 sans déroger aux principes d’une politique unitaire à gauche ont mieux su marquer leur originalité. Ce faisant ils ont pu symboliser une nouveauté,  une promesse de démarche plus autonome et de changement politique, une mue de la façon de faire de la politique à Champigny. Il ne doivent pas à l’avenir décevoir les espoirs qu’ils ont fait naitre.. 

Mais aujourd’hui leur succès est certain.

Ils gagnent en voix et en pourcentage dans tous les bureaux . Par exemple au bureau 4 (Maurice Denis) où le PS avait obtenu 133 voix (22,89% son meilleur pourcentage) en 2007 il obtient en 2012 186 voix et 34,45%.

Dans le bureau 27 Romain Rolland primaire B, le bureau qui vote le plus à droite de Champigny le PS avait en 2007 87 voix soit 13,94%. En 2012  il en obtient 131 et 23,77% soit 10 points de mieux. Mais c’est dans le grand ensemble du Bois l’Abbé que sa progression est la plus marquée. Il passe de 86 voix et 15,58% sur le bureau 32 à 154 voix et 31,30%, de 79 voix et 14,6% à 205 voix et 40,84% sur le 33, de 68 et 13,47% à 157 et 31,91% sur le 34.

Le Parti Socialiste qui avait une influence certaine au niveau du discours politique, ses scores aux présidentielles l’attestent, est en train de mettre son influence locale au niveau de son influence politique générale.

 

Et maintenant ?

Dans moins d’une semaine c’est le deuxième tour. Sur la première circonscription celle qui englobe le canton de Champigny ouest M. Plagnol député sortant restera face à Akli Mellouli, candidat du PS. L’avance de la droite sur la 1ère circonscription parait telle que M. Plagnol semble difficile à battre .

Il restera sur la 5ème circonscription deux candidats Gilles Carrez, député sortant pour l’UMP et Caroline Adomo pour le PS. En principe là aussi le député sortant UMP dispose d’une bonne avance sur sa concurrente socialiste (40,89 % pour le sortant UMP contre 27,27% pour la candidate socialiste) mais l’UMP n’a pas de réserve à droite (sauf à faire appel au FN qui a obtenu 8,50%) tandis que le total des voix de gauche atteint  43,44%. Rien n’est donc impossible mais le résultat dépendra de la qualité du report des voix du Front de Gauche (à Champigny) et aussi de la mobilisation possible d’abstentionnistes du premier tour. Sera-t-elle plus forte à droite ou à gauche ? Ce sera peut-être la clé du scrutin

PRIMAIRE SOCIALISTE: QUI A PARTICIPE DANS LE VAL DE MARNE? ET POURQUOI?

 

L’analyse des résultats de la primaire organisée par le PS est un exercice difficile.

C’est la première primaire ouverte, la première élection de ce type. Nous avons choisi de regarder commune par commune quel pourcentage d’électeurs avait participé à cette consultation et aussi de chercher à préciser qui avait voté.

Pour avoir une idée de ce QUI a voté nous avons choisi de comparer commune par commune le nombre de participants et le nombre de voix obtenues par le PS à la dernière élection politique (Régionales 2010) où le PS se présentait seul (liste Huchon) et avait affaire à d’autres forces à gauche (Europe Ecologie, Front de Gauche etc.).

 

Sur l’ensemble du département 56297 personnes soit 7,43% des inscrits ont participé à cette primaire citoyenne. Le chiffre peut paraître faible mais il doit être comparé avec le nombre de personnes qui s’étaient prononcé pour la liste du PS en 2010 : 80.685 . Le chiffre de la participation dimanche dernier représente 69,77% du total des voix de la Régionale de 2010.  Il existe toutefois des disparités significatives entre les différentes communes. Plus de 10% des inscrits se sont rendus aux urnes de cette primaire à Arcueil (10,04%) Alfortville (10,34%) Vincennes (10,68%), l’Haÿ les Roses, (10,69%), Cachan (12,31%). Pour plusieurs de ces communes il s’agit de villes où l’implantation du parti socialiste est forte (Alfortville, L’Haÿ les Roses, Cachan) mais pas uniquement. Ni Arcueil (ville de gauche, ni Vincennes ville de droite) ne sont des bastions traditionnels du Parti Socialiste. On notera quand même que les problèmes rencontrés par le maire PS de l’Hay les Roses (mise en examen) ne semblent pas avoir joué un rôle dissuasif quant à la participation des citoyens de l’Haÿ à la primaire.

A l’opposé la participation a été inférieure à 5% des inscrits dans les communes suivantes :  Joinville (4,8%), Bonneuil (3,6%)Valenton (2,75%), Villeneuve St Georges (1,44%). A l’exception de Joinville il s’agit de municipalités communistes (Bonneuil, Valenton, Villeneuve Saint Georges). Malgré la mise en garde de Dominique Adenot, Maire de Champigny et Président de l’ANECR (Association Nationale des Elus Communistes et Républicains) contre la tenue de ces primaires (voir sur ce blog l’article en date du 18 juin,  intitulé Une directive de M. Adenot aux maires communiste) il est peu vraisemblable que le PCF ait été en mesure de freiner concrètement la tenue de ces primaires. Il reste toutefois possible que l’intimidation, l’existence de liens municipaux contraignants de subordination du PS au PCF dans ces municipalités aient joué un rôle et contribué à minorer la campagne des sections socialistes pour la participation aux primaires citoyennes dans ces communes. A Champigny où Dominique Adenot, Président de l’ANECR est maire le taux de participation dépasse les 5% mais de peu (5,48%).

Deuxième question intéressante. Quelle est la part de l’électorat habituel du Parti Socialiste qui a participé à cette primaire ? D’autres électeurs se sont-ils mobilisés pour cette primaire et si oui qui ? Il est évidemment difficile de connaître cette participation dans le détail. Faute de mieux nous avons choisi de comparer le nombre des participants à cette primaire à celui du nombre de voix obtenues par la liste Huchon (PS seul) aux Régionales de 2010. Choix arbitraire car il ne s’agit pas du même type d’élection mais ces chiffres ont le mérite de  nous donner une valeur numérique, celle du nombre de personnes se reconnaissant dans un vote spécifiquement PS dans une élection où toutes les autres forces de gauche étaient représentées (Extr. gauche, Front de Gauche, Europe Ecologie).

Là aussi on observe des écarts importants selon les communes. Dans certaines d’entre elles le nombre de personnes ayant participé à la primaire est inférieur à la moitié des électeurs socialistes de 2010 (Villeneuve Saint Georges 16,99%, Valenton, 27,92%, Bonneuil 32,88%, Orly, 42,05%, Joinville, 43,99% Chevilly Larue 49,92%) Là encore à l’exception de Joinville ( UMP) et d’Orly (Gauche Citoyenne) il s’agit de municipalité PCF.

Dans d’autres villes le pourcentage est particulièrement élevé supérieur à 80% (Charenton, 84,07%, Villejuif, 85,24%, Nogent, 87,42%, Fontenay sous Bois, 88,90%, Ivry, 90,13% , Arcueil 90,60% , Saint Maur 93,12%, La Queue en Brie, 99,04% ) et dépasse même 100% dans certaines communes (Saint Mandé 101,74%, Vincennes 102,80%, Vitry 106,60%) Assemblage disparate de communes ou coexistent des communes de droite (Charenton, Nogent, Saint Maur, Saint Mandé, Vincennes), une municipalité Gauche Citoyenne (Arcueil) et des municipalités dirigées par le PCF (Villejuif, Fontenay sous Bois, Ivry, Vitry).

Dans ce renfort de participation on trouve sans doute des électeurs venant du Front de Gauche et de EE-LV mais le fait que ces chiffres élevées proviennent de villes ou Europe Ecologie avait réalisé des scores importants, proches de ceux du PS lors des régionales tant dans les villes de droite (Saint Mandé, Saint Maurice, Charenton, Vincennes) que dans certaines villes de gauche (Arcueil, Fontenay sous Bois, Ivry) permet de penser que la majorité de cet apport de participation vient d’électeurs d’EE-LV qui ont été sensibles à la démarche de participation citoyenne et de renouvellement des modes de fonctionnement que constituait cette première primaire citoyenne.

Seule une étude plus fine, bureau de vote par bureau de vote permettrait sans doute de préciser ce point.

Après le 2è tour, coup d’oeil sur les Régionales à Champigny

Le premier tour des élections régionales avait été caractérisé par l’échec sévère des listes UMP dans un contexte de très forte abstention. Le deuxième tour a vu la confirmation de la victoire des listes de gauche et une légère diminution de l’abstention.

Champigny ne fait pas exception à la règle. Au deuxième tour la liste de M. Jean Paul Huchon avec 69,38% des votes exprimés bat de loin celle de Mme Valérie Pécresse (30,62%) tandis que 1403 électeurs supplémentaires se déplacés pour voter avec un taux de participation qui passe de 39,83%  au premier tour à 43,20% au deuxième tour (+3,37%). Cette abstention massive est inquiétante. Les presque 70% de M. Huchon ne doivent pas faire oublier qu’il a reçu le soutien de moins du tiers des électeurs inscrits !

 

 

Le tableau ci-dessous résume l’évolution des votes aux régionales à Champigny au premier tour depuis 1998.

1998

2004

2010

Inscrits

38671

36629

41643

Votants

20213

21527

16587

Participation

52,27%

58,77%

39,83%

extrême gauche

1651

996

705

% des votants extr. gauche

8,37%

4,76%

4,37%

% des inscrits

4,27%

2,72%

1,69%

total gauche parlementaire

9833

10311

9887

%  des votants gauche parlementaire

49,80%

49,26%

61,2%

% des inscrits

25,43%

28,15%

23,74

Droite (sans extr. dr.)

4848

6298

2880

% des votants droite

24,56%

30,09%

20,62%

% des inscrits

12,54%

17,19%

6,92%

extrême droite

3060

2783

1390

%  votants extrême droite

15,5%

13,30%

8,60%

% des inscrits

7,91%

7,60%

3,34%

Note : le total des pourcentages est inférieur à 100 du fait de la présence de listes inclassables

 

L’évolution des pourcentages de votants ne doit pas camoufler que toutes les tendances politiques subissent une érosion lors de ces régionales. La gauche améliore son avance sur la droite parce qu’elle a mieux réussi que la droite à convaincre ses électeurs d’aller voter.

Quelles sont les raisons de cette très forte abstention ?

A droite l’élection présidentielle avait été clairement l’occasion d’une mobilisation très forte de l’électorat de droite qui retrouvait dans le discours de Nicolas Sarkozy des valeurs auxquelles elle est attachée. La droite était fière d’être la droite en 2007. Aujourd’hui il y a un discours brouillé, des promesses non tenues, des fautes contre le bon sens politique (tentative de nomination de Jean Sarkozy à la tête de l’établissement public de la Défense), des difficultés qui s’accumulent pour la plupart des électeurs même ceux de droite et les électeurs de droite sont démobilisés.

Toutefois à gauche le triomphalisme ne serait pas justifié. Dans un contexte où son électorat devait se sentir mobilisée et faire sentir tout son poids contre la politique de MM Fillon et Sarkozy le total des voix de gauche+ extr. gauche recule de 715 voix.

Comme il est habituel à Champigny (et dans la plupart des communes de la banlieue parisienne), l’abstention est particulièrement forte dans les bureaux de vote, qui correspondent à de grands ensembles de logements sociaux (Bois l’Abbé, les Mordacs, les 4 cités…). Ces bureaux donnent des majorités claires à la gauche. On l’a vu en examinant les résultats de précédentes élections (voir autres notes sur le blog). Ceci reste vrai en 2010 puisque la participation n’est que de 34,3% et 29,05 sur les deux bureaux des Mordacs, de 28,8%, 34,64% et 27,63% sur les 3 bureaux du Bois l’Abbé. Cependant alors que l’écart avec la participation dans les quartiers pavillonnaires votant plus à droite est généralement de 20 à 30 points il se limite cette fois ci à 10-23 points. Surtout une étude des variations de la participation dans les bureaux de vote du canton ouest illustre parfaitement le comportement différent des électeurs de gauche et de droite à cette élection régionale (le canton ouest a été pris comme référence car c’est le seul où le nombre et les limites des bureaux de vote n’ont pas changé entre 2004 et 2010).

On constate (voir graphique) que les comportements différent selon les bureaux de vote. Dans certains (bureaux 1, 4, 9,10) la participation chute nettement de 2004 à 2010. Dans d’autres au contraire (bureaux 2, 3, 8) la participation est plus forte en 2010 qu’en 2004. Si l’on consulte les résultats du vote des bureaux, on constate que la première série celle des bureaux où l’abstention progresse correspond à des bureaux qui votent plus à droite, dans la seconde série on trouve les bureaux où la gauche est très forte. L’électorat de droite s’est beaucoup plus abstenu que l’électorat de gauche. Les bureaux où l’abstention progresse sont ceux où le score du Front de Gauche (PCF+ Parti La gauche) est inférieur à 20%, ceux où l’abstention diminue ceux où le score du Front de Gauche est supérieur à 30%. Il semble que la campagne électorale du Front de Gauche (et du PCF qui en est la composante principale) ait été efficace pour amener ses électeurs à aller voter. Le PCF fait ainsi une démonstration de sa capacité à Champigny à mobiliser son électorat potentiel.

Le score du Parti Socialiste au premier tour parait élevé avec 3410 voix et 21,51%. Aucune comparaison n’est possible avec son score des régionales de 2004 où il était associé aux Verts. Il peut s’enorgueillir d’une progression 1667 voix et de 9,98%  par rapport aux européennes de juin 2009 qui avaient été particulièrement catastrophiques pour lui. Toutefois il est loin du résultat de Mme Ségolène Royal au 1er tour de la présidentielle 2007 : 10.375 voix et 31% des suffrages (avec précisons le un taux exceptionnel de participation de 84,78%). Il est même légèrement en dessous de son score des législatives 2007 sur Champigny (3651 voix et 22,22%).

Europe Ecologie a confirmé son bon résultat des européennes dans un contexte qui lui était moins favorable (absence d’un réseau d’élu, faiblesse d’implantation d’une organisation nouvelle). EE recule d’environ 4 points par rapport aux européennes et avec 2210 voix (13,68%) devient une force incontournable à gauche sur Champigny. Ce qui frappe toutefois c’est l’extrême variabilité des résultats d’Europe Ecologie d’un bureau de vote à l’autre. Europe Ecologie obtient des scores supérieurs à 20% sur 3 bureaux de vote. Au bureau n°7 (Marcel Cachin Primaire)  il est devant le PS et battu par le Front de Gauche de 3 voix seulement. Au bureau 11 (Politzer maternelle) il est en tête de la gauche. Au bureau 37 (Jean Jaurès Primaire) avec 23,11% il devance nettement le Parti Socialiste (18,31%) et le Front de Gauche (15,56%).  Par contre dans les bureaux qui correspondent aux grands ensembles de logement sociaux ses résultats sont très faibles (3, 1% au bureau 19= Les Boullereaux, 4,96% sur un des bureau des Mordacs, 4,31%, 3,63% et 2,31% sur les 3 bureaux du Bois l’Abbé). S’agit-il d’une moindre sensibilisation des milieux les plus modestes aux enjeux des problèmes environnementaux ? peut être mais surtout Europe Ecologie doit mieux prendre en compte les problèmes sociaux les plus criants dans sa recherche d’une nouvelle approche politique pour être vraiment crédible dans les milieux les plus populaires.

Au deuxième tour Champigny a confirmé la percée de la gauche unie cette fois (Parti Socialiste, Europe Ecologie, Front de Gauche). La liste Huchon totalise 11.978 voix (69,58%) soit un gain de 1386 voix par rapport au total Gauche+Extrême Gauche du 1er tour. C’est un beau résultat pour la gauche mais le raz de marée est moins net que dans les autres villes à direction communiste du département (Ivry 79,69%, Valenton79, 41%, Gentilly 77,67%, Bonneuil 75,27%, Vitry 74,51%, Villejuif 74,30%,). Champigny avec ses 69,58% est en queue de peloton avec Choisy le Roi (69,21%), Chevilly Larue (68,38%) et Fontenay sous Bois (67,51%).

La répartition des votes a respecté la géographie traditionnelle des clivages droite gauche sur Champigny avec évidemment cette fois ci un net avantage à gauche. Un seul bureau a placé Mme Pécresse en tête (bureau 26 Romain Rolland A) tandis que les 3 bureaux traditionnellement à gauche du Bois l’Abbé donnaient des scores fleuves à M. Huchon (85,78%, 88,41% et 89,18%).

On a un peu mieux voté à ce deuxième tour qu’au premier (43,20% de votants soit 3,37% de mieux qu’au premier tour), et ce résultat à quelques variantes près est vérifié dans tous les bureaux de vote. Toutefois toutes les personnes qui ont participé aux opérations de vote ont pu le constater et l’examen des listes d’émargement le confirme cette augmentation du nombre des votants recouvre un double mouvement. Certaines personnes qui avaient voté au premier tour se sont abstenues au second tandis qu’un nombre supérieur de personnes qui n’avaient pas voté au premier tour se sont déplacés au second. Approximativement seulement 30 à 33% des inscrits ont voté au premier et au second tour. 5 à 8% des inscrits qui avaient voté au premier tour se sont abstenus au second tandis que 8 à 10% des inscrits qui s’étaient abstenus au premier tour sont venus voter au second.

En même temps le nombre des bulletins nuls passait de 433 (2,61% des votants) au premier tour à 775 (4,31% des votants) au deuxième tour.

Peut-on essayer de comprendre ce que signifient ces variations ?

Ceux qui ont voté au premier tour et s’abstiennent ou votent nul au second sont vraisemblablement des électeurs qui avaient choisi une liste qui a été éliminée, et qui ne se reconnaissent dans aucune des listes présentes au second tour.

A l’inverse ceux qui se sont abstenus au premier tour et qui décident de voter au second tour le font parce qu’ils considèrent que ce second tour est décisif et qu’il leur faut apporter leur suffrage à l’une des deux listes qui restent en présence.

Est-il possible d’interpréter ces mouvements contradictoires et de cerner les motivations de ces électeurs ? C’est évidemment difficile dans la mesure où il n’apparaît pas de différence importante entre les différents bureaux de vote.

On peut toutefois essayer de voir à qui cette augmentation de la participation a profité.

Sur les graphiques ci-dessous on a reporté selon l’axe horizontal, bureau de vote par bureau de vote, le nombre de voix que M. Huchon a gagné par rapport au total des voix recueillies par les listes de gauche et d’extrême gauche au 1er tour. Selon l’axe vertical on a porté le nombre de votants supplémentaires La ligne oblique définit ce que serait un report 1/1 de l’augmentation du nombre des votants supplémentaires  c’est-à-dire la ligne sur laquelle se trouverait les points si l’augmentation des votants avait profité également à la liste Huchon et à la liste Pécresse.

 

Les points représentatifs des gains en voix de M. Huchon sont massivement à droite  de la diagonale. La liste Huchon recueille donc plus de voix que le total des voix de gauche et d’extrême gauche du 1er tour et bénéficie en plus d’un apport très majoritaire des nouveaux votants (ceux qui n’ayant pas voté au premier tour sont venus au second).

Par contre le total des voix obtenues par Mme Pécresse est inférieur au total des voix obtenues par les listes de droite (UMP+ liste Dupont Aignan) et d’extrême droite (FN) au premier tour.

Mme Pécresse n’a pas bénéficié d’un bon report de voix, ni d’un apport d’électeurs se déplaçant pour le second tour. On peut supposer que les voix perdues correspondent à des électeurs du FN qui se sont abstenus au second tour parce qu’il n’y avait plus de liste FN et qu’ils se refusaient à voter pour l’UMP (ils correspondraient alors à une grande part des électeurs qui ont voté au premier tour et qui ne se sont pas déplacés au second). D’autres électeurs FN ont choisi le vote Blanc ou Nul. Un nombre relativement élevé des votes nuls est constitué en effet par des bulletins ou des professions de foi de la liste FN du 1er tour.

Notre graphique montre bien une corrélation (ellipse) entre le nombre de voix FN et le nombre de bulletin Blancs ou Nuls trouvés dans les urnes des différents bureaux.

 

Ainsi alors que le FN n’a plus d’organisation locale, ni d’élu à Champigny depuis une douzaine d’année, le noyau de ses électeurs suit les consignes nationales de Le Pen. Le vote Le Pen sur Champigny dépasse le caractère d’un vote protestataire et  est très politique. Une réalité inquiétante que ne doit pas masquer la faiblesse relative du score électoral.

1er tour des Régionales: Qui a vraiment gagné? + ajout 17/3

Les résultats des élections régionales à Champigny ne sont pas très différents de ceux d’autres communes de la banlieue parisienne. Ils sont caractérisés par une abstention massive (39,83% de votants seulement soit un recul de presque 19 points sur les régionales précédentes ( 58,77 % de votants) et de 12, 44 sur celles de 1998), un recul là aussi massif de l’UMP qui avec 2831 voix (17,53%) perd 166 voix (et 2,30%) par rapport à son score déjà médiocre des européennes et se retrouve à 9,11% en dessous du score de Sarkozy au premier tour de la présidentielle de 2007, Par rapport aux régionales 2004 l’UMP perd 1100 voix et 1,6 %. Cette perte parait limitée si on ne tient pas compte du fait qu’existait à l’époque une liste UDF menée par M. Santini qui avait recueilli 2310 voix et 11,04% des exprimés. M. Santini et l’essentiel de ses troupes ont ensuite rejoint l’UMP. On peut donc estimer que l’UMP perd environ 10% par rapport à son score de 2004. On note par contre (en pourcentage) un score très élevé du Front de Gauche qui obtient 4267 voix et 26,41% encore faut-il nuancer. En 2004 le Front de Gauche avait obtenu 4482 voix et 21,41% il ne doit sa progression en pourcentage qu’à une mobilisation plus forte semble-t-il de son électoral qui lui permet de limiter ses pertes à 215 voix. On note une bonne poussée du Parti Socialiste (21,11%) par rapport au résultat des européennes et un résultat intéressant d’Europe Ecologie (13,68%) qui s’installe durablement semble-t-il dans le paysage politique campinois.

Un des problèmes que pose l’analyse plus fouillée des résultats est celui du choix de l’élection de référence, celle à laquelle on peut le mieux comparer les résultats du 14 mars 2010. La logique voudrait que l’on compare des élections comparables et les données de référence seraient donc celles de l’élection régionale de 2004. A procéder ainsi on bute toutefois sur un certain nombre de problèmes. Depuis 2004 l’élection présidentielle avec la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007 a changé un certain nombre de données du paysage politique. Par ailleurs en 2004 la liste Huchon regroupait sous une même étiquette le Parti Socialiste et Les Verts. L’apparition de Europe Ecologie en tant que liste indépendante et comme un acteur important de la compétition électorale contribue ainsi à modifier le contexte et à rendre difficile les comparaisons 2004-2010 d’autant qu’Europe Ecologie est un rassemblement qui va bien au delà des Verts. Dans le Val de Marne la liste Europe Ecologie ne comprenait que 50% de Verts, les autres candidats se réclamant de Gauche Citoyenne 94 , de mouvements associatifs etc. La présence en 2è position de Jacques Perreux, vice Président du Conseil Général qui a été précédemment élu sous l’étiquette PCF symbolisant cette diversité.

La comparaison avec les régionales de 2004 doit donc être faite avec prudence. On peut faire un rapprochement avec l’élection européenne de juin 2009 qui a l’avantage d’être plus proche de nous (9 mois) et de mettre en compétition des listes présentant des étiquettes politiques similaires à celles des régionales 2010.

La comparaison est certainement intéressante mais doit tenir compte de la différence de nature des scrutins. Les européennes représentent pour l’électeur quelque chose de lointain, d’assez abstrait. L’électeur est alors tenté d’exprimer une préférence un souhait. C’est ainsi que l’aspiration au changement de méthodes et de renouvellement des personnalités a conduit aux européennes à un gonflement des votes pour Europe Ecologie et au « vedettariat » de personnalités assez atypiques du sérail politique traditionnel comme Daniel Cohn Bendit ou Eva Joly.

Aux régionales par contre l’implantation locale des élus, leur connaissance des problèmes concrets (transports, éducation, logement), l’existence d’un réseau d’élus locaux ont favorisé les partis installés depuis longtemps dans le paysage politique. Le PS en a profité certainement. A Champigny le fait que la tête de liste du Front de Gauche soit Christian Favier, élu du canton de Champigny Ouest, apprécié pour son esprit d’ouverture a permis au Front de Gauche de faire mieux que l’électorat qui lui est totalement acquis. Sur le canton de Champigny Ouest C. Favier limite les pertes du Front de Gauche à 60 voix et gagne 4,45% en pourcentage. Par contre cet élément est évidemment défavorable à Europe Ecologie du fait de l’absence en son sein d’élus fortement ou anciennement implantés.

Un autre aspect de l’élection concerne la répartition de l’abstention. Elle s’établit  globalement à 60,17% à Champigny. Elle est un peu moins élevée qu’aux européennes de 2009 (63,18). La participation ne dépasse 50% que dans 2 bureaux de vote sur 38 le n° 10 (Jacques Decour maternelle) et le n° 24 (collège Paul Vaillant Couturier). La participation est inférieure à 33% (le tiers des inscrits ) dans 3 bureaux, un aux Mordacs ( n°30 M. Thorez maternelle) et 2 au Bois l’Abbé(n° 32 A. France maternelle 1 et n°34 J. Solomon maternelle 1) qui correspondent aux grands ensembles de logements sociaux En cela la physionomie de l’abstention reste celle classique des consultations électorale sur Champigny.

Globalement la gauche classique (Front de Gauche+ Parti Socialiste + Europe Ecologie) celle qui a le plus de chance de fusionner pour le second tour le 21 regroupe 61,2% des exprimés au premier tour contre 49,26 en 2004 (liste Huchon+ liste Buffet à l’époque). En fait la gauche perd quelque 424 voix entre 2004 et 2010 mais le différentiel d’abstention la favorise. Les électeurs de droite se sont abstenus massivement et cette abstention fait la différence donnant cette majorité de 61% alors que les scores habituels de la gauche de gouvernement sur Champigny oscillent suivant les élections entre 48 et 56%.

Comment se présente le second tour ?

Sur la base des résultats du premier tour la liste de gauche qui va se mettre sur pied en regroupant Parti Socialiste, Europe Ecologie et Front de Gauche devrait l’emporter facilement au deuxième tour. Bien sur théoriquement l’UMP possède une grosse réserve de voix parmi les abstentionnistes ce qui toujours théoriquement pourrait changer la donne mais on ne voit pas comment la majorité présidentielle pourrait trouver des arguments pour mobiliser en masse ces déçus du sarkozysme.

A gauche on sera attentif à la qualité des transferts, certains militants communistes n’ont pas hésité au cours de la campagne à déclare publiquement qu’en aucun cas ils ne donneraient leur voix à M. Huchon au second tour. Ce phénomène devrait toutefois rester très restreint et sans influence sur le résultat.

Et au cours des années à venir ?

Le premier tour des régionales n’a pas seulement signifié un échec important de la droite à Champigny.

Un autre évènement a son importance. Les cartes ont été redistribuées à gauche. Le Front de Gauche (et donc à Champigny il s’agit surtout du PCF ce n’est pas faire injure à ses partenaire de La Gauche de le dire) obtient avec 26, 41% un score rassurant qui en fait la principale force politique de Champigny.

Mais même si ce résultat peut le satisfaire il ne doit pas se cacher que, en même temps, le PS avec 21,11% et Europe Ecologie avec 13,68% ont rassemblé près de 34,79 % des votes exprimés. Le PCF n’est plus en situation dominante au sein de la gauche campinoise et cela est nouveau. La position hégémonique du PCF au sein de la gauche à Champigny est remise en question et des espaces nouveaux se créent.

Complément en date du 17/3

Certains lecteurs me reprochent de ne pas avoir parlé des résultats du FN. Comme dans d’autres communes du Val de Marne le FN progresse à Champigny par rapport aux européennes de 2009 puisqu’il passe de 682 voix et 4,51% à 1390 voix (donc plus que doublé) et 8,60% des exprimés ce qui le laisse loin de ses résultats des régionales précédentes de 2004 où il avait compté 2537 votes en sa faveur (12,12%) malgré la concurrence à l’époque d’une autre liste d’extrème droite (MNR) qui avait obtenu 246 voix et 1,18%.

L’électorat du FN à Champigny est de deux types. D’une part dans les bureaux des quartiers pavillonnaires une frange permanente d’extrême droite existe. C’est le cas des bureaux  27 et 28 (Romain Rolland primaire B, Romain Rolland maternelle) où le FN obtenait respectivement 95 (12,79%) et 84 (12,16%) aux régionales de 2004, et garde avec respectivement 51 (12,06%) et 51 (11,18%) une influence stable et d’autre part des grands ensembles de logements sociaux où le vote dominant est largement de gauche mais où la droite rassemble quand même de l’ordre de 25-30% des suffrages. Au sein de cette droite on assiste classiquement à un va et vient d’électeurs entre la droite classique (UMP) et l’extrême droite.

Le cas le plus typique est celui du bureau 19 (Danièle Casanova) où l’électorat est dans son immense majorité constitué par les résidents de la cité des Boullereaux.

En 2004 le FN a le vent en poupe et récolte 77 voix (13,82%) faisant jeu égal avec l’ UMP (80 voix et 14,36%), en 2009 lors des européennes le FN s’effondre avec 14 voix (5,04%) mais contrairement à ce qui s’était passé aux autres élections (par exemple à la présidentielle de 2007 ou le candidat Sarkozy avait mis le FN à genoux) l’UMP est trop discrédité et ne profite pas du transfert de voix du FN et descend à un niveau voisin du FN (15 voix et 5,40% pour l’UMP). Aux régionales de dimanche dernier le FN dans ce bureau confirme sa remontée avec 36 voix (10,14%) et l’UMP reste très faible (15 voix et 4,23%). Il semble que cette fois le jeu de balance habituel entre les 2 formations n’est pas joué. Il n’en reste pas moins que sur ce bureau le FN est en 3è position derrière le Front de Gauche (60,28%) et le PS (15,21%).

Ce bureau n°19 fait partie avec les bureaux 24 (Paul Vaillant Couturier) et le 33 (J. Solomon maternelle 2) des bureaux ou on observe une croissance relativement forte de la participation

 A Danielle Casanova (n°19) cette augmentation est très forte. Il y a 80 votants de plus qu’aux Européennes (+ 8,8% de participation) et le front de Gauche gagne 87 voix et 14,60% en pourcentage. Ce chiffre est encore plus remarquable  si on compare avec les résultats des régionales de 2004. Alors que le nombre des votants est passé de 582 à 366 (-216)  le Front de Gauche a gagné 47 voix et voit son pourcentage doubler passant de 29,98% à 60,28%.

Un résultat qui sort vraiment de l’ordinaire et qui mériterait certainement une étude plus détaillée…

Européennes 2009 (suite et fin)

QUI A VOTE EUROPE ECOLOGIE ? ET POUR QUELLES RAISONS ?

 

Après le succès électoral des listes Europe Ecologie aux élections européennes, les commentateurs politiques de tout crin ont fourni leurs explications et ceci dès les premiers résultats.

Tout le monde a reconnu que les « têtes d’affiche » des listes Europe Ecologie (D. Cohn Bendit, Eva Joly, José Bové) avaient une forte personnalité et que leurs propos « passaient » bien en télévision puisque, aujourd’hui, l’image donnée à la télévision est un aspect essentiel d’une campagne politique nationale.

C’est exact mais on est en droit aussi se demander si au-delà de l’image les gens n’attendent pas,  voire espèrent, un discours autre que le ronron politicien habituel et des propositions nouvelles. On y reviendra.

Sur les plateaux de télévision dès le 7 au soir, dès le lendemain et les jours suivants dans la presse la cause était entendue : le succès d’Europe Ecologie s’expliquait par un transfert de voix d’électeurs socialistes ayant déserté leur vote habituel. Le Figaro estimait que cela traduisait un désarroi de ces électeurs devant le manque de perspectives d’une opposition systématique et stérile pratiquée par la direction du PS tandis que l’Humanité y voyait une réaction d’électeurs socialistes contre le manque de clarté d’une ligne trop floue et pas suffisamment à gauche. Cette analyse est clairement explicitée dans un article de l’Humanité du 17 juin que vous trouverez en annexe pour information et qui parle d’un « vote sanction » à l’égard du Parti Socialiste.

C’était aussi l’analyse de Dominique Adenot, maire de Champigny qui, le 7 juin vers 22H30, lors de la promulgation des résultats en mairie de Champigny déclarait que le parti socialiste payait son manque de fermeté devant les tenants des politiques libérales et que ce désarroi avait profité à Europe Ecologie.

Nous avons pris un peu plus de temps pour examiner les résultats à Champigny et répondre aux deux questions exprimées dans le titre :

1/d’où viennent les voix qui ont fait le succès d’Europe Ecologie

2/ quelles sont les raisons de ce choix

Nous nous sommes occupés uniquement du vote à Champigny. Il est donc possible que dans d’autres communes les résultats puissent être différents mais Champigny c’est quand même déjà un bel échantillon.

D’où viennent les voix qui ont fait le succès d’Europe Ecologie ?

 

Le 7 juin 2009 la liste Europe Ecologie obtient  à Champigny sur Marne 2691 voix  sur 15117 suffrages exprimés soit 17,80% c’est pratiquement 4 fois le score des Verts en voix (707 voix) et 6 fois en pourcentage (3,15%) aux législatives de 2007. Dans notre première note quelques jours après les élections nous avons toutefois souligné que c’est dans les bureaux où lors des législatives de 2007 les candidats des Verts avaient réalisés leurs meilleurs scores que Europe Ecologie obtient ses meilleurs résultats ce qui, malgré la disproportion des chiffres entre 2007 et 2009, indique qu’il existe un certain « héritage », un certain socle, de vote Vert qui contribue au résultat de la liste Europe Ecologie. Il parait aussi intéressant de rapprocher le résultat de Europe Ecologie de celui de la liste Entente Citoyenne présente aux municipales de 2008 (1228 voix et 5,45%). Certes l’élection en 2008 et les thèmes politiques mis en avant par la liste Entente Citoyenne sur le plan municipal ne sont pas du même type que ceux défendus par Europe Ecologie au plan européen mais en fait l’esprit est le même : la liste Europe Citoyenne regroupe des militants associatifs, des membres ou sympathisants du groupe des Verts de Champigny, premier point de comparaison mais surtout comme Europe Ecologie elle propose une participation citoyenne plus importante à l’élaboration des programmes, une autre façon de s’impliquer en politique et cherche à dégager pour l’urbanisme, les transports, le logement etc. d’autres façons d’aborder les problèmes de la ville.

Lorsqu’on examine bureau de vote par bureau de vote les pourcentages obtenus par Entente Citoyenne en 2008 et Europe Ecologie en 2009 on constate une excellente corrélation des pourcentages. Les deux votes procèdent du même type de démarche.

Toutefois une interrogation demeure : Entente Citoyenne avait obtenu 1228 voix en 2008, Europe Ecologie en recueille 2691 soit 1463 de plus en 2009 alors que le nombre des suffrages exprimés baisse de 22526 (53,70% des inscrits) à 15117 (35,90% des inscrits). D’où viennent ces voix supplémentaires alors que le nombre des votants a chuté ?

Une des pistes consiste à explorer l’idée répandue par la télévision et la presse écrite selon lesquelles ces voix proviennent d’électeurs ayant abandonné le PS. Sur Champigny le Parti Socialiste entre 2007 (législatives) et 2009 (européennes) perd 1908 voix (de 3651  à 1743voix) et passe de 16,25%  à 10,59% des suffrages exprimés.

Pour tenter de voir si les voix perdues par le PS ont pu se reporter sur Europe Ecologie on a procédé de la façon suivante : pour chaque bureau de vote on a additionné les voix obtenues par Entente Citoyenne en 2008 (considérées comme un socle dont une très large majorité avait du trouver des affinités avec Europe Ecologie) et on y a ajouté le nombre de voix perdues par le PS. On a comparé ce chiffre au nombre de voix obtenues réellement par Europe Ecologie. Nous reconnaissons que la démarche n’a pas toutes les garanties de la rigueur (elle ne tient pas compte de chassés-croisés possibles avec l’abstention) mais la cohérence des résultats obtenus est intéressante.

Il existe une bonne corrélation à quelques unités prés pour la grande majorité des bureaux de vote. Les écarts observés sont faibles et peuvent être liés à des choix vers l’abstention d’une petite partie des anciens électeurs socialistes. La ligne verte sur le schéma représente le résultat théorique d’un vote où le résultat d’Europe Ecologie résulterait de l’addition parfaite des voix d’Entente Citoyenne et des pertes du PS.

Pour quelques bureaux de vote (6 sur 38) les pertes du PS ne profitent pas à Europe Ecologie

(Bois l’Abbé, Boullereaux, Ping Pong, Marcel Cachin maternelle). Il s’agit de bureaux, pour la plupart dans des zones d’habitat collectif, où le Front de Gauche obtient un meilleur pourcentage que le PCF en 2007. Il est probable que la progression en pourcentage du Front de gauche dans ces quartiers puisse s’interpréter comme un report vers celui-ci d’anciens électeurs du PS, plus proches des choix de Mélanchon. Dans ces bureaux le parti La Gauche aurait alors trouvé une expression électorale réelle.

A l’inverse dans d’autres bureaux (Jeanne Vacher, Jean Jaurès primaire, Romain Rolland maternelle, Politzer maternelle, Gymnase Tabanelli) le nombre de voix obtenues par Europe Ecologie dépasse nettement le potentiel représenté par les électeurs d’Entente Citoyenne et les pertes du PS. Comme il s’agit de bureaux dans des zones pavillonnaires caractérisés par des pertes importantes du Front de Gauche par rapport aux électeurs PCF de 2007 (entre 1/3 et la moitié des électeurs perdus)  il est raisonnable de penser que ce gain très fort réalisé dans ces bureaux de vote par Europe Ecologie provient pour partie d’électeurs ayant déserté le PCF.

 

 

Quelles sont les raisons de ce choix ?

 

Beaucoup de commentateurs de l’Humanité au Figaro voient dans le succès des listes Europe Ecologie un vote sanction contre le Parti Socialiste : explication très simple et qui finalement ne gêne en rien la quiétude politique de ceux qui la mettent en avant. Seule la raison invoquée pour expliquer cette volonté de « punir » le PS varie selon le bord politique, chacun cherchant à tirer la couverture à lui.

Cette explication est trop courte. Oui il existe un certain rejet des langages et des méthodes politiciennes. Les gens n’y croient plus. Ils ne supportent plus non plus l’ego des professionnels de la politique.  Mais en même temps, contrairement à ce qui a été souvent dit ou écrit, beaucoup s’intéressent à la politique et veulent avoir leur mot à dire. Europe Ecologie leur a parlé un langage simple direct très éloigné de la « langue de bois » habituelle, en leur proposant de participer à l’élaboration des orientations d’une politique européenne. Les mots ont sonné juste; cette façon d’aborder les choses de façon participative a éveillé l’intérêt des gens.

De plus les orientations proposées ont évoqué les problèmes d’une politique européenne de relance, avec une vision différente des problèmes de l’énergie, et une conception non consumériste de l’économie.

Aujourd’hui dans notre pays et dans beaucoup de pays de l’espace européen des gens en nombre grandissant s’intéressent à une vision différente de la production, du développement des forces de travail.

C’est la combinaison de ces éléments qui a produit le beau succès des listes Europe Ecologie. Qu’en sera-t-il demain ? Bien sur le soufflé peut retomber et aux prochaines élections on peut retrouver ce ouvement réduit à quelques pour cent. C’est possible. Pour que cela ne se produise pas il faut éviter certaines erreurs. Daniel Cohn Bendit a souligné dès après le scrutin qu’il n’était pas question de transformer Europe Ecologie en un grand parti social démocrate classique. C’est en effet une erreur à éviter. Les gens n’ont pas besoin d’un parti politique classique de plus avec ses structures, ses pontes et ses caciques. Ils ont besoin de structures proches d’eux, locales et en même temps confédérées pour échanger et agir ensemble. Trouver et faire vivre de telles structures citoyennes c’est le défi posé par le remarquable résultat d’Europe Ecologie.

 

Annexe : l’analyse du succès d’Europe Ecologie faite par l’Humanité du 17/6  

Les électeurs écolos cherchent leur gauche

Les citoyens qui se sont portés sur les listes Europe Écologie continuent de se dire orphelins d’une gauche unie capable d’incarner une alternative à la droite sarkozyenne.

« Notre succès n’est pas le fruit d’un vote d’humeur », se réjouit Daniel Cohn-Bendit, après le score de 16,28 % recueillis par les listes Europe Écologie aux élections européennes. Avec 2 803 759 voix, les écologistes talonnent, sur fond d’abstention massive, les listes du Parti socialiste, qu’ils devancent en Ile-de-France (20,86 %) et dans de nombreux centres urbains.

Un vote de sanction vis-à-vis du PS

Pas un vote d’humeur ? La plupart des électeurs qui se sont portés sur les listes vertes le 7 juin dernier affichent pourtant ouvertement leur amertume, voire leur colère à l’endroit d’un PS « replié sur lui-même », miné par les divisions, incapable de porter un projet mobilisateur. « J’espère que cette élection provoquera un électrochoc au PS. C’est leur dernière chance de se réformer, s’ils ne veulent pas finir marginalisés », résume Jérôme. Ce webdesigner de quarante-sept ans vit dans le 20e arrondissement de Paris, où les listes écologistes ont recueilli 32 % des voix. C’est la première fois que cet électeur socialiste, partisan du non en 2005, vote pour les écologistes. Première fois aussi pour Olivia, trentenaire, rédactrice dans la presse spécialisée, pour laquelle le score du PS est « un choc ». « Leur résultat reflète leur absence sur la scène politique. C’est dommage, mais cette grosse claque est presque méritée », tranche cette électrice socialiste.

Même sévérité du côté des électeurs du PCF qui ont opté, cette fois, pour les écologistes. « Avec cette insupportable façon de faire de la politique autocentrée sur l’appareil, le PS est fermé aux évolutions de la société. Jusqu’ici, ce parti a traité ses alliés communistes et Verts comme des vassaux. Sa chute est positive, elle le contraint à être moins hégémonique », se réjouit Cécilia, vingt-neuf ans, doctorante en sciences politiques, enseignante.

Un fort attachement à l’idée européenne

Tous insistent aussi sur l’hiatus entre leur sentiment d’être des « citoyens européens » et les campagnes jugées trop « franco-françaises » des autres formations de gauche. « Le Front de gauche m’a paru trop antieuropéen. Je suis hostile à l’Europe libérale telle qu’on nous l’offre en ce moment mais je pense que l’appartenance à l’UE est une bonne chose », explique Florent, vingt et un ans, un étudiant qui a voté pour Marie-George Buffet au premier tour en 2007. « Les Verts, très pro-européens, sont clairs et crédibles sur ce sujet, alors que le PS s’est montré très divisé sur l’Europe depuis le référendum sur la Constitution européenne », explique Simon, trente-cinq ans, sociologue. Électeur socialiste, partisan du oui en 2005, celui-ci a déjà opté pour les Verts aux deux précédentes élections européennes. Olivia, comme de nombreux électeurs écologistes, met aussi au crédit de ces listes la clarté de leur position en faveur de l’entrée d’Ankara dans l’UE. « Ils sont les seuls à ouvrir franchement les portes de l’Europe à la Turquie », insiste-t-elle.

Cette « dimension européenne » revendiquée par les Verts importe d’autant plus à ces électeurs que l’UE leur paraît être l’échelon pertinent pour avoir prise sur les problèmes écologiques posés au niveau mondial. « Si cette question n’est pas traitée à l’échelle européenne, on ne pourra rien faire. Je n’ai pas confiance dans le Grenelle de l’environnement », explique Cécilia.

Un sentiment d’urgence attisé par la crise

La lutte contre le réchauffement climatique, la protection de l’environnement constituent « une priorité absolue » aux yeux de ces électeurs, au point de reléguer, pour certains, la question sociale à l’arrière-plan. Mais, pour la plupart, la crise économique mondiale nourrit la mise en cause d’un système qui détruit l’environnement au même rythme qu’il broie les êtres humains. « Pour moi, l’enjeu écologique doit impérativement s’articuler à l’enjeu social. La gauche est trop défaitiste, repliée sur des acquis à sauver, surtout avec la crise. Ce qui m’enthousiasme dans l’écologie, c’est la promesse d’un nouveau projet de société », poursuit Cécilia. Un « nouveau projet » qui peut prendre corps dans des changements de comportement individuel, complète Jérôme : « Dans les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix, nous étions dans un monde futile, glorifiant le profit. La crise nous oblige à changer nos réflexes de consommation. » Le sentiment d’inquiétude cohabite avec un discours très volontariste : « La prise de conscience est en marche, veut croire Florent. Les habitudes, les valeurs sont en train de changer. De toute façon, nous n’avons pas le choix. »

Le système économique mondial, disent-ils aussi, doit être « réformé ». Une attente que les listes Europe Écologie ont su capter, en faisant de la promesse de « réguler les paradis fiscaux » un étendard parfaitement identifié et systématiquement cité par leurs électeurs. Cet affichage a permis de gommer, aux yeux de ceux-ci, les penchants libéraux de Daniel Cohn-Bendit. « Ils étaient clairs sur l’opposition à Barroso. Ils se sont engagés à ne pas soutenir les options libérales au Parlement européen », soutient Cécilia.

La prime au rassemblement

En réunissant un attelage hétéroclite de personnalités venues de différents horizons, les écologistes ont finalement su jouer sur le désir d’union fortement exprimé par l’électorat de gauche. « Ils ont su se mettre d’accord. Eva Joly, José Bové, Daniel Cohn-Bendit… C’est un trio de rebelles qui n’ont pas peur de bousculer le système », assure Jérôme. « Daniel Cohn-Bendit est plutôt libéral du point de vue économique, corrige Cécilia. Mais j’apprécie, chez José Bové, l’engagement altermondialiste, la désobéissance civile. Quant à Eva Joly, j’ai été séduite par son expertise et son engagement contre la délinquance financière. »

Tous, pourtant, continuent de se dire orphelins d’une gauche unie capable d’incarner une alternative crédible à la droite sarkozyenne. « J’ai été très déçue que la victoire du non de 2005 n’aboutisse pas à l’union autour d’un nouveau projet politique », regrette Cécilia. « Pour battre Sarkozy, il faudrait un PS en meilleur état, allié au Front de gauche et aux Verts », suggère Florent. « La seule solution, à gauche, c’est le rassemblement. Le PCF, le PS, les écologistes ont des valeurs communes de progrès. Ils devraient s’unir pour susciter une dynamique, un élan », dit aussi Jérôme. Comme Cécilia, il rêve d’un « large et authentique front de gauche ».

Rosa Moussaoui

Européennes à Champigny (suite)

10 jours plus tard….

Il n’est pas inutile, une semaine et demi après le scrutin d’essayer de revenir et de préciser les points de notre première analyse à chaud (ci-dessous). D’ici quelques jours nous essaierons de préciser le contexte et les raisons du succès d’Europe Ecologie et n’oubliez pas d’apporter votre grain de sel dans la discussion.

Quelques points doivent être précisés: le Front de Gauche ce n’est pas seulement le PCF. Il regroupe aussi le parti La Gauche (Jean Luc Mélanchon) et des dissidents du NPA de Besancenot. Peut-on nous reprocher  à la comparaison brute que nous avons faite entre résultats du Front de Gauche et ceux du PCF aux dernières législatives de méconnaitre la diversité des composantes du Front de Gauche? Oui mais…Le parti « La Gauche » n’existait pas au moment des législatives 2007. Il est donc difficile de connaître son poids électoral. Quand on considère le poids important du PCF à Champigny, son hégémonisme d’expression par rapport aux autres composantes du Front de Gauche,  et l’engagement de ses militants, il nous semble que le résultat obtenu par le Front de Gauche à Champigny doit beaucoup au PCF et que comparer comme nous l’avons fait ses résultats à ceux du PCF en 2007 n’est pas absurde et ne doit pas introduire une erreur significative.

Autre question que l’on est en droit de se poser : les comparaisons faites ont-elles un sens lorsque l’abstention est très forte (63,2% des inscrits) ? Il faut revenir sur ce point en regardant quel sens on peut donner à l’abstention et quelle influence elle a pu avoir sur les résultats des uns et des autres.. S’abstenir est un acte politique.  Le pourcentage d’électeurs séduits par l’abstention n’est pas forcément le même dans toutes les grandes familles politiques et cette abstention différenciée, si c’est le cas, porte un sens et a une influence sur le résultat du scrutin. Si dans une famille politique les électeurs potentiels sont moins touchés par l’abstention, plus motivés, le pourcentage de cette formation va évidemment grimper même si en nombre de voix on observe un recul. Si par contre (découragement, rejet de tel ou tel aspect du programme) les électeurs potentiels d’une famille politique s’abstiennent plus que la moyenne générale de la population, le pourcentage de celle-ci va baisser.

Nous avons comparé les résultats de l’UMP et du Front de Gauche (voir graphique ci dessous) dans chacun des 38 bureaux de vote.

Les électeurs de l’UMP se sont peu mobilisés. C’est la surprise de ce scrutin à Champigny.

Le graphique nécessite quelques explications. En abscisse (droite horizontale) l’augmentation de l’abstention entre 2007 (législatives) et 2009 (européennes) en ordonnée (axe vertical) la part de perte que représente le % de 2009 par rapport à 2007. Prenons un exemple concret si dans un bureau l’UMP avait 40% des voix en 2007 et 30% en 2009 la perte représente le quart du total soit 25%  etc.

Si les électeurs potentiels de l’UMP avaient été aussi motivés à participer que la moyenne des inscrits de leur bureau de vote le pourcentage de l’UMP serait resté constant Pour tous les bureaux de vote le recul relatif de l’UMP est  nettement supérieur à l’augmentation de l’abstention. Les électeurs potentiels de l’UMP se sont encore moins mobilisés que la moyenne des campinois.

Quand on regarde les bureaux où l’UMP enregistre les reculs les plus fracassants, supérieurs à 50% de son pourcentage on relève le bureau 5 (Maurice Denis maternelle) dans le canton ouest, des bureaux 14 (Gymnase Tabanelli) et 22 (Eugénie Cotton maternelle) dans le canton centre et 37 (Jean Jaurès primaire) dans le canton de Bry.

Le PCF aurait-il 2  électorats ?  qui évoluent différemment ?

Si on opère de la même façon pour le Front de Gauche on a des résultats très contrastés. Dans certains bureaux en effet le pourcentage du Front de Gauche est plus faible que celui du PCF en 2007, dans d’autres ils est en progrès. Les cas les plus flagrants sont les bureaux n°2 (salle du Ping Pong) (+8,07 en pourcentage) et 33 (Jacques Solomon maternelle 2) (+9,23%) mais il existe  6 autres bureaux  où le pourcentage obtenu par le Front de Gauche est supérieur à celui du PCF en 2007. Il y a donc eu une mobilisation supérieure à la moyenne des électeurs potentiels du Front de Gauche dans ces bureaux.

 

A quels critères les bureaux où il y a progrès correspondent-ils ?

D’une façon générale dans les bureaux du canton ouest on note globalement une certaine stabilité. Est-ce du à la présence sur la liste des européennes de Christian Favier, conseiller général du canton, qui a, sur son canton, un rayonnement personnel, attesté par son succès aux dernières cantonales (2008). C’est plausible. Sur les autres cantons les résultats sont plus contrastés avec des progressions relatives ou des reculs très faibles sur les bureaux des grands ensembles de logements sociaux (Boullereaux, Eugénie Cotton, Bassis Primaire) mais pas tous car sur certains grands ensembles on note des reculs significatifs (Cités Blanches, Cités Jardins et même dans une plus faible mesure aux Mordacs) et ces reculs sont généraux sur les quartiers à dominante pavillonnaires du  canton centre  (Politzer, LCP Jean Morlet, Jeanne Vacher) ou de Coeuilly (canton Est) et du Tremblay (canton de Bry).

Si on prend en compte les préférences politiques exprimées lors du scrutin de 2007 pour le PCF on note que le Front de Gauche récupère des pourcentages proches de ceux du PCF en 2007 sur les bureaux de vote où le PCF était fort et que son pourcentage est en recul là ou le PCF était moins fort.

La force électorale du PCF à Champigny est localisée essentiellement dans un certain nombre de quartiers où prédominent les grands ensembles de logements sociaux (Bois l’Abbé, Boullereaux et quelques autres). Là ses militants sont actifs, bien implantés, les associations diverses où leur présence est très visible sont très présentes, le lien avec la population est fort et malgré les difficultés de la campagne des européennes le Front de Gauche a réussi à mobiliser mieux que d’autres et ce résultat est satisfaisant pour sa principale composante le PCF. Toutefois cette constatation ne doit pas masquer que cette situation est fragile. Dans certains quartiers d’ensembles de logements sociaux où ce lien n’existe plus il y a un fort recul, de même que dans les quartiers à dominante pavillonnaire. On peut donc s’interroger sur l’avenir de cette situation avec cette très grosse coupure politique entre quelques quartiers et l’ensemble de la ville.

 Ajout du 22/06

Nous avions omis de parler du score de la liste du MoDem. Voilà qui est fait ci dessous. avec toutes nos excuses pour cette omission.

Lors de la présidentielle de 2008 M. Bayrou avait effectué une percée sur Champigny obtenant 5970 voix et 17,74% des exprimés. Par comparaison le résultat des européennes 2009 parait bien étriqué : 1051 voix et 6,95% des exprimés. Ce jugement serait tout à fait erroné. Au premier tour de la présidentielle M. Bayrou avait réalisé un score personnel élevé. Pour établir une comparaison valable il faut se reporter aux législatives de 2007 lors desquelles les candidats du MoDem avaient obtenu sur Champigny 1973 voix et 8,82% des suffrages.

Si on compare ces résultats (graphique ci-dessous) on constate que le MoDem se comporte plutôt bien. Si il enregistre des pertes sur le canton ouest dans les autres cantons pertes et profits s’équilibrent. Les meilleures progressions (en pourcentage) sont observées à Curie maternelle +2,65%, Solomon maternelle 1 + 2,55%, les pertes les plus importantes à Maurice Denis maternelle  -7,19% au bureau 4 et -6,27 % au bureau 5, et à Marcel Cachin maternelle -5,31%).

 

Le MoDem a certes des résultats très en dessous de ses espérances à Champigny comme ailleurs mais il résiste plutôt bien surtout dans le contexte campinois où le courant démocrate centriste n’a jamais jusqu’à présent, constitué une composante majeure du paysage politique local.

Note :  Europe Ecologie réalise ses meilleurs scores sur le centre ville (Gymnase Tabanelli 26,75%, Jean Morlet 24,35%) et le quartier du Maroc (Maurice Denis maternelle 26,15%, Marcel Cachin Primaire 25,11%), mais la liste menée par Daniel Cohn Bendit a des résultats décevants sur les bureaux du Bois l’Abbé (respectivement 4,19%, 5,24% et 4,10%) des Mordacs (6,44%) et des Boullereaux (6,47%), là où le Front de Gauche réalise ses meilleurs scores.  

CHAMPIGNY SUR EUROPE, élection du 7 juin

Voici quelques commentaires à chaud sur le scrutin européen de dimanche dernier 7 juin à Champigny, commentaires rapides qui mériteront d’être complétés, affinés et les lecteurs du blog voudront certainement ajouter leurs commentaires, leurs critiques et précisions

Champigny

Nombre d’inscrits : 42.050

Votants 15484 soit 36,82%

Blancs ou nuls 367 soit 2,37 %

Suffrages exprimés : 15117

 Ont obtenu      Front National             682      soit 4,51% des exprimés

                        Liste Dieudonné         228      soit 1,51%

                        Liste de Villiers          371      soit 2,45%

                        (Libertas)

Liste Dupont Aignan287      soit 1,90%

(Debout la République, Souverainiste)

UMP+Nouv. Centre   2997    soit 19,83%

Ecolog. Independant  446      soit 2,95%

MoDem                      1051    soit 6,95%

Europe Ecologie         2691    soit 17,80%

                        Parti Socialiste            1743    soit 11,53%

Front de Gauche        3597    soit 23,79%

                        (PCF+ la Gauche)                 

                        NPA                           570     soit  3,77%

                        (Nouveau Parti

                        Anticapitaliste)

                        Lutte Ouvrière            108      soit 0,71%

15 autres listes se partagent 2,3%  des voix

Les résultats de Champigny sont tout à fait comparables à ceux de l’ensemble du pays; Champigny n’est pas une île perdue, coupée de la politique française et européenne mais en même temps quelques traits spécifiques de notre commune apparaissent à la lecture détaillée des résultats. Prenons le cas de l’abstention, comme partout en France elle est forte, plus forte même qu’aux européennes de 2004.  La participation passe en effet de 44,59% en 2004 (un chiffre déjà extrêmement faible) à 36,82 en 2009 soit -7,77%.

Cette faible participation est générale en France (et dans la plupart des pays européens on le sait). Elle passe de 43,82% en 2004 pour notre département du Val de Marne à 40,82% en 2009 soit un recul de 3 points contre un recul de 7,77 à Champigny. Le Val de Marne dans son ensemble sociologiquement, politiquement ne diffère pas beaucoup de Champigny. Voilà donc une première spécificité campinoise et elle nous interpelle parce qu’elle semble dénoter une dégradation plus importante à Champigny de la participation des citoyens à la vie publique, que dans les autres communes du 94

Conséquence de cette forte abstention, même les listes qui ont le mieux réussi à ce concours des européennes et qui s’en félicitent ne représentent qu’une toute petite minorité des électeurs campinois. La liste du Front de Gauche, en tête sur notre commune avec 23,75% des exprimés représente en réalité 8,5% des électeurs inscrits, moins d’un électeur sur 10. Evidemment c’est encore moins pour les autres listes.

Dans ce contexte de faible participation toute analyse, toute spéculation sur les élections à venir restent hasardeuses. Il suffirait d’une mobilisation politique plus poussée pour que les rapports de force politiques d’aujourd’hui soient bousculés.

Autre spécificité campinoise, il existe dans notre commune un différentiel important entre la participation dans les quartiers à dominante pavillonnaire ou elle est plus forte que dans les bureaux de vote des grands ensembles de logements sociaux ou la participation est traditionnellement plus basse. Cela existe dans beaucoup de communes du Val de Marne mais à Champigny le phénomène est particulièrement clair. Si nous considérons le bureau qui a le plus voté (Jacques Decour, Quartier du Maroc)) et celui qui a le moins voté (Solomon, quartier du Bois l’Abbé) la différence est de taille : une participation de 47,87% à Jacques Decour contre 24,85% à Solomon soit 23 points d’écart, presque du simple au double !!!

En 2004  l’écart était déjà important entre ces bureaux : 13,9 points mais il a augmenté considérablement en 5 ans. En fait voir schéma ci-dessous l’écart est variable selon les élections.

1 Présidentielles 2002 (1er tour)                     2 Législatives 2002 (1er Tour)

3 Européennes 2004                                      4 Présidentielles 2007 (1er Tour)

5 Législatives 2007 (1er Tour)                        6 Européennes 2009

Ligne bleue participation J. Decour

Ligne verte participation Solomon

Il y a donc un différentiel croissant et une plus faible mobilisation de l’électorat populaire, qui s’était fortement mobilisé en 2007 pour voter contre N. Sarkozy. Cette faible mobilisation des quartiers les plus populaires explique (on y reviendra) l’ échec relatif de la liste du Front de Gauche sur Champigny à qui il manque 2754 voix et 4,52% pour égaler le résultat des candidats du PCF aux dernières législatives (2007).

Toute comparaison doit aussi tenir compte du fait que les voix des électeurs se sont aussi dispersées sur une bonne quinzaine de listes qui en captant de 0 à quelques dizaines de voix finissent par représenter toutes ensembles quelques 2-3% de l’ensemble des votants.

Dans ces conditions : forte abstention et dispersion d’un nombre négligeable de voix sur des petites listes non clairement identifiées politiquement pour certaines il est difficile de répondre clairement à la question : qu’ont voulu exprimer les électeurs ?

Ceux qui ont pris la peine de voter ont fait de ces élections des élections vraiment européennes. Depuis 1979 en France les élections européennes n’ont été que des occasions de débat sur la politique française. Cette phase est aujourd’hui dépassée. Les listes qui ont choisi le terrain de la politique française se sont trompé de bataille et l’ont chèrement payé. C’est le cas évidemment du MoDem et de son leader M. Bayrou mais aussi du Nouveau Parti Anticapitaliste de M. Besancenot comme à l’opposé sur l’échiquier politique le cas de la liste de Villiers et de celle du FN. De la même façon le Front de Gauche qui souhaitait regrouper le non de gauche au Traité de Lisbonne (référendum du ) a échoué dans ce projet  parce qu’il se plaçait en retard d’une bataille.

Par contre l’UMP sans gagner vraiment (28% c’est vraiment étriqué pour faire une « majorité présidentielle ») a pu limiter les dégâts en se plaçant clairement dans une perspective européenne.

Europe Ecologie avec 17,80% effectue une percée réelle. Cette liste n’était pas seulement celle des Verts, même si ceux-ci en étaient une composante majeure, mais avait aggloméré de nombreux mouvements citoyens, des militants associatifs etc.

La liste Europe Ecologie liste ouverte donc, proposait un programme résolument européen, et a su mettre en avant des personnalités (Daniel Cohn Bendit, Eva Joly, Bové etc) qui, par leur engagement personnel, leur histoire, leur parler rompent nettement avec la langue de bois des professionnels de la  politique. De nombreux électeurs de gauche qui ne se retrouvaient ni dans le langage dépassé du Front de Gauche et du NPA, ni dans les obscurités manœuvrières d’appareil du PS et qui pour certains auraient pu être tentés par un vote MoDem ont trouvé avec Europe Ecologie des gens qui participaient d’un autre langage, d’une autre façon d’appréhender la politique. 

Ils s’y sont reconnus. Le succès de ces listes en témoigne.

Tout cela n’est pas acquis ; le champ politique est en mouvement. Rien n’est figé.

Le Front de Gauche est-il capable de dépasser son positionnement de pôle de rassemblement des adversaires de gauche du traité de Lisbone ? le veut-il ?

Bayrou et le MoDem se sont trompés de scrutin lors de ces européennes mais politiquement leur stratégie peut payer dans un autre débat, surtout si le PS s’avère incapable de proposer une alternative politique. Europe Ecologie a suscité de l’espoir par sa façon de parler autrement de politique. Cette liste a répondu au désir profond de nombreux citoyens de refuser la politique politicienne des caciques et en même temps de s’impliquer, d’être des citoyens acteurs de la politique. Dès demain il faudra que ce rassemblement Europe Ecologie, avec tous ceux qui se sentent concernés, trouve les moyens, de traduire ces aspirations aux différents niveaux.

Comment tout cela s’est-il exprimé à Champigny sur Marne ?

 

Pour le savoir on peut évidemment comparer les résultats  des européennes de 2009 avec les résultats des européennes de 2004. Nous l’avons bien sur fait mais ces comparaisons sont assez aléatoires car le paysage politique a été profondément modifié depuis 5 ans. Souvenez vous en 2004 les électeurs étaient encore sous le choc de la présidentielle de 2002 avec la présence de Jean Marie Le Pen au second tour et cela pesait sur toutes les élections. Aujourd’hui le paysage politique a changé et il semble plus judicieux pour mesurer les évolutions de se reporter aux résultats des législatives de 2007, plus proches de nous. C’est ce que nous avons fait.

De plus un aspect technique entre en ligne de compte. En 2004 il n’y avait que 35 bureaux de vote, en 2007 et en 2009 il y en a 38. les limites de certains bureaux ont changé rendant les comparaisons fines difficiles.

Politiquement il y a quelques surprises à Champigny mais aussi quelques confirmations.

A l’extrème droite tout d’abord J.M. Le Pen s’était fixé pour but de ramener au Front National les électeurs qui avaient été séduits par le contenu sécuritaire et anti-immigration du discours de N. Sarkozy lors de la campagne présidentielle de 2007 et qui avaient voté pour l’UMP aux législatives. Comme à l’échelon national il a échoué à Champigny même si en pourcentage l’extrême droite progresse un peu. Aux législatives de 2007 l’ensemble des candidats FN+MNR(Mégret) obtenait 1092 voix et 4,86% sur la ville, à cette européenne le FN+ Dieudonné en recueille 910 soit 6,02%. Si on examine les résultats  du FN seul, bureau par bureau aucune cohérence ne se dessine. Dans nombre de bureaux  le FN recule en voix et souvent aussi en pourcentage. Dans d’autres il progresse en pourcentage et enfin dans quelques uns il progresse en voix et en pourcentage : Albert Thomas maternelle +5 voix et de 4,29 à 8,28%, collège PVC + 9 voix et de 4,03 à 7,74%, Romain Rolland A +8 voix et de 3,21 à 6,28%, Solomon +6 voix  et passe de 2,37 à 6,31% . Au gymnase Jaffray ou son influence est notable il se maintient avec 8,78%. On ne trouve aucune ligne directrice qui puisse expliquer ces gains qui se produisent aussi bien dans des quartiers pavillonnaires de  Coeuilly que dans des zones ou l’habitat social est majoritaire (Solomon au Bois l’Abbé). Le FN reste toutefois loin des 1421 suffrages et 9,40 % qui s’étaient portés sur ses listes en 2004 (-739 voix et -4,99%). Quant à Dieudonné son échec est total il recueille 228 voix et 1,51% alors qu’en 2004 les listes Europalestine d’une inspiration voisine de la sienne avaient obtenu 357 voix et 2,4%.

Toujours dans ce domaine très à droite et souverainiste on trouve la liste Libertas (de de Villiers) et celle Debout la République de Dupont Aignan. Elles n’ont pas trouvé d’écho. La liste de Villiers avec 371 voix et 2,45% des voix progresse légèrement par rapport à 2007 ou présente sur la seule 5è elle y avait rassemblé 264 voix et 1,61% (+ 15 voix + 0,97% sur ce scteur en 2007) mais ne retrouve pas son score des européennes de 2004 : 670 voix et 4,43%. De villiers perd donc 299 voix et 1,98% sur 2004.  Quand aux listes souverainistes de Dupond Aignan elles n’ont intéressée que 287 électeurs (1,9%).

A l’opposé sur l’échiquier politique le Nouveau Parti Anticapitaliste rate sa campagne (570 voix et 3,77 %) et Lutte Ouvrière disparaît presque complètement (108 voix et 0,73%). On est bien loin des espérances affichées par le NPA mais il y a toutefois une légère progression puisque la Ligue Communiste révolutionnaire et Lutte Ouvrière qui avaient fait liste commune en 2004 n’avaient obtenu que 479 voix et 3,17%. Globalement NPA et LO progressent donc de 199 voix et de 1,33%.

Le NPA obtient ses meilleurs scores au bureau  9, Jacques Decour Maternelle (6,21%), au bureau 18 , Joliot Curie Maternelle (8,62%), au bureau 22 Jeu de Paume (7,43%) et à P.V. Couturier maternelle (6,95%). Certains de ces bureaux correspondent à des secteurs à dominante d’habitat social (Joliot Curie et Jeu de Paume) ou le Front de Gauche réalise d’ailleurs des scores supérieurs à 45% et semblerait indiquer que le NPA a réussi à trouver une certaine assise dans les milieux populaires mais cette impression ne vaut pas pour le Bois l’Abbé et Les Mordacs ou le NPA réalise des scores catastrophiquement bas.

L’UMP, Union pour la Nouvelle Majorité recueille 2997 voix soit 19,83% en recul  sur les législatives de 2007  (7480 voix et 33,30%). Les points forts de l’UMP  restent localisés dans le quartier du Maroc (les 2 bureaux de J. Decour respectivement 25,94 et 24,59%, Marcel Cachin Primaire 24,68) le Plant (Cuisine Centrale 26,05%), les bords de Marne vers la limite de Chennevières (Jeanne Vacher 25,17%) Coeuilly (Romain Rolland A et B respectivement 33,72 et 33,18%), le Tremblay ( L.Frapié maternelle : 29,90%) tous secteurs où l’habitat pavillonnaire est dominant. Par contre les scores les plus bas sont observés dans les secteurs à forte densité d’habitat social 5,40% à Danielle Casanova (les Boullereaux) et respectivement 4,47%, 5,50% et 6,62% pour les 3 bureaux du Bois l’Abbé.

Légende:  losanges bleus bureaux du canton ouest
carrés rouges: bureau du canton centre, triangles bruns bureaux du canton est, cercles: bureaux du canton de Bry (légende  valable pour tous les graphiques suivants.

On note l’étroite corrélation négative des votes pour les deux principales listes à Champigny. Le Front de Gauche (PC+ La Gauche) et l’UMP une différence basée sur la différence du type d’habitat. Ce graphique témoigne d’un double échec : celui de l’UMP à s’installer dans un électorat populaire qui le rejette sur la base de l’expérience qu’il fait de sa politique mais aussi l’échec du Front de Gauche à gagner dans un habitat pavillonnaire qui sociologiquement n’est pas constitué de gros possédants mais plutôt de couches moyennes traditionnelles et de couches moyennes émergentes (techniciens, ingénieurs, chercheurs etc).

On constate que la part de l’électorat perdue par l’UMP est beaucoup plus importante dans les bureaux correspondant à un électorat populaire. L’UMP perd entre 60 et 90% de ses voix là où elle est déjà faible (grands ensemble) tandis qu’elle en perd seulement 40 à 50%  là ou elle a une forte influence. Si on prend d’ailleurs en compte la diminution de la participation cela correspond à une perte limitée à 15-25%.

Les résultats des européennes marquent donc une ségrégation accrue des votes selon les quartiers et leur type d’habitat. Ce qui vaut pour l’UMP vaut aussi pour le Front de Gauche puisque les comportements électoraux de ceux qui les soutiennent sont à la fois opposés et complémentaires.

Le MoDem attendait beaucoup de ces élections européennes. Ses espoirs sont déçus . Il obtient 1051 voix soit 6,95% des exprimés. Il est difficile de comparer ce cihiffre à celui de 2004 car l’UDF qui avait réuni 1335 voix soit 8,83% des exprimés a depuis rejoint le Nouveau Centre et fait liste commune avec l’UMP. Par rapport aux législatives de 2007 ou les candidats MoDem avaient réuni 8,78% des suffrages exprimés (1973 voix) il y a certes recul faible, mais d’autant plus sensible que le ModDem pensait que ces élections lui permettraient de prendre place parmi les « majors » du débat politique.

Le recul du Parti Socialiste prévisible certes, prend, à l’échelle nationale, l’allure d’une déroute. Les électeurs n’ont pas suivi un mot d’ordre qui, à propos d’une élection européenne, leur proposait d’émettre un vote sanction à l’égard du Président de la République et du gouvernement Fillon.

Le Parti Socialiste avait recueilli lors des législatives de 2007 3651 voix soit 16,25% des exprimés. Avec 1743 voix et 11,53% des exprimés il perd 1908 voix c’est-à-dire plus de la moitié de son électorat et 4,72% en pourcentage. Au vu des résultats nationaux on a parlé de catastrophe. A Champigny il s’agit d’un fort tassement mais guère pire  finalement que celui du Front de Gauche et de l’UMP. Ou sont allées les voix perdues par le PS ? Certains ont cru pouvoir voir dans la défaite du PS et le succès des listes Europe Ecologie une relation simple du type vases communiquants. On verra plus loin, en analysant les résultats d’Europe Ecologie que pour l’essentiel c’est faux. Il n’y a pas de corrélation claire entre les pertes du PS et les gains d’Europe Ecologie quand on analyse les votes bureau de vote par bureau de vote. Tout au plus entre le quart et le tiers des voix perdues par le PS sont allées à Europe Ecologie.

Dans sa présentation des résultats dimanche soir M. Adenot, maire, attribuait le recul du PS au manque de netteté de ses prises de position vis-à-vis de l’Europe « libérale ». La politique du PS certes manque parfois de clarté mais est ce le rôle d’un allié potentiel de se poser en donneur de leçon ?

Europe Ecologie est le grand gagnant du scrutin, en France, en Ile de France et à Champigny. Pour certains ce succès relève d’une toccade ou d’une subite sensibilisation des électeurs aux questions de l’environnement, dopé par une soudaine désaffection des électeurs socialistes pour leur parti ce qui les aurait conduit à voter en masse pour Europe Ecologie.

D’abord les voix d’Europe Ecologie ne sont pas tombées du ciel. Certes il y a gain important par rapport aux voix obtenues par les candidats Verts aux scrutins de 2004 et 2007 mais et le graphique ci-dessous le montre clairement c’est là ou déjà lors des scrutins précédents les candidats écologistes avaient obtenus les meilleurs résultats que la progression est la plus importante.

C’est le travail politique fait par les Verts, différentes associations citoyennes et de l’environnement qui a fini par payer.

Ensuite l’examen des résultats  bureau par bureau montre que les gains de la liste Europe Ecologie ne résulte pas d’un transfert pur et simple de voix d’électeurs qui avaient précédemment voté pour le Parti Socialiste.

La flèche qui sépare le graphique en 2 figure un transfert simple des voix perdues par le PS vers Europe ecologie. Pour tous les bureaux situés au dessus de cette droite les gains réalisés par Europe Ecologie sont supérieurs aux pertes enregistrées par le PS et cela est particulièrement vrai pour Tabanell et Jean Jaurès. Dans tous ces bureaux il a fallu que d’autres électeurs que ceux qui choisissent habituellement le PS et l’ont abandonné cette fois ait décidé de voter pour la liste  Europe Ecologie. Pour les bureaux situés en dessous de cette ligne il apparaît que la majorité des électeurs qui ses sont refusé à voter PS n’ont pas choisi Europe Ecologie et ceci est particulièrement net pour le bureau n°6, pour les trois bureaux du Bois l’Abbé et le bureau de Daniele Casanova (Les Boullereaux).

Ce qui est certain c’est que la liste Europe Ecologie a attiré des électeurs nouveaux, des citoyens qui sans cela n’aurait pas pris la peine d’aller voter parce qu’ils se sentent mal à l’aise quand les hommes politiques pratiquent la langue de bois et que les manœuvres politiciennes occupent l’avant scène. Ils se sont reconnus dans une façon différente d’aborder la politique. C’est un enseignement important pour nous, citoyens qui souhaitons faire de la politique l’affaire de tous. Nul ne sait ce que deviendra ce potentiel éveillé par Europe Ecologie mais nous auront à cœur de lui donner un avenir.

Le Front de Gauche a réussi à être en tête dans certaines municipalités dirigées par les communistes ( Champigny,Ivry, Villejuif, Vitry) mais il est devancé par Europe Ecologie à Fontenay sous Bois et par l’UMP, le PS et Europe Ecologie à Choisy. Al’échelle du département il est en 4ème position derrière l’UMP (26,43%), Europe Ecologie (20,24%) le Parti Socialiste (13,70%).

A Champigny il est nettement en tête avec 23,75% des  voix mais il perd 2754 voix et 4,52% par rapport au score du PCF des législatives de 2007.

Traditionnellement il existe une relation simple linéaire entre le taux d’abstention des bureaux de vote des bureaux et le vote communiste à Champigny (ce n’st pas faire injure aux membres de La Gauche parti associé au PCF dans le Front de Gauche, que de constater que le PCF est la composante majeure de leur rassemblement.

En fait l’abstention est développée surtout dans les quartiers les plus populaires là où les communistes font le plus de voix. (on pourra le constater en se rapportant aux notes sur les différentes élections : présidentielle 2007, législative 2007, municipales 2008 parues sur ce blog) Or cette fois ci la relation parait moins nette.

Une relation est certes visible mais le coefficient de corrélation est plus faible.

Tout se passe comme si le PCF restait dominant dans certains bureaux mais était de moins en moins en mesure de maîtriser la participation électorale. Un changement en sourdine qui pourrait avoir des conséquences….

Analyse des résultats des municipales

Elections municipales du 9 mars 2008

Réflexions

Table des matières

1 Le Corps électoral

2 La brillante campagne du Général Adenot

3 UMP échec ou acte manqué ?

4 MoDem ou l’ile flottante

5 Entente Citoyenne

I Le Corps électoral

Les élections municipales sont toujours des élections où la participation est plus faible qu’aux législatives ou à la présidentielle. La seule comparaison possible est donc par rapport à d’autres municipales. Les plus récentes à Champigny sont 1995, 2001, 2002 (élection partielle due à l’annulation du scrutin 2001 par le conseil d’état) et 2008.

                                1955                2001                2002                2008

Canton ouest            59,59%            55,75%           49,50%           58,68%

Canton centre           57,71%           53,21%           47,98%           56,08%

Canton Est                57,28%           49,54%           43,89%           51,47%

Canton de Bry          54,03%           52,33%           42,77%           51,91%

Total                         57,65%           52,64%           46,54%          54,94%

Si on excepte 2002 (une élection partielle est presque toujours caractérisée par une baisse importante de la participation) on constate entre 2001 et 2008 une légère augmentation de la participation électorale de +2,30%  (+2,93 sur le canton ouest, +2,87 sur le canton centre, +1,93 sur le canton est et -0,42 sur la partie Champigny rattachée au canton de Bry).

Il faut des comparaisons plus précises à l’échelle du quartier. Toutefois on est là gêné car il y a eu une refonte de la liste des bureaux de vote (augmentée). Les limites de certains bureaux ont été elles aussi modifiées ce qui rend les comparaisons et les interprétations difficiles. Enfin au sein d’un même quartier la sociologie d’une population peut changer. La construction dans un quartier exclusivement pavillonnaire de 2 petits ensembles HLM de 50 logements chacun cela signifie un apport de 120 électeurs nouveaux, sans doute différents sociologiquement et dans leur expression politique de ceux qui étaient là précédemment.

La comparaison est devenue donc difficile. Toutefois certains bureaux sont restés sociologiquement homogènes ce sont ceux des grandes cités

Le 19 (Les Boullereaux pour l’essentiel), le 31 (Mordacs), 32,33,34 (Bois l’Abbé). On comparera donc les résultats de ces ensembles de logement sociaux à l’ensemble de la ville.

Participation    2001                           2008                      différentiel

 

19                47,45%                        53,55%                     +6,10%

31                43,87%                       47,73%                       +3,86%

32                 42,13%                       47,01%                       +3,88%

33                 46,80%                       47,15%                       +0,35%

34                 42,98%                       44,16%                       +1,18%

On a plutôt mieux voté dans les cités que dans l’ensemble de la ville par rapport à 2001 (+1,93%) mais la différence n’est pas significative et si on compare avec les évolutions dans des bureaux de vote de quartiers restés majoritairement pavillonnaire

                                  

                                   2001                       2008                      différentiel

R. Rolland A             53,52%                  54,93%                     + 1,41%

 

R. Rolland B              54,26%                  54,91%                     + 0,65%

 

Cuisine Centrale         55,04%                  58,33%                     + 3,29%

Jean Jaurès Primaire    53,18%                  53,50%                     +0,32%

On a l’impression que dans ces bureaux qui votent traditionnellement plus à droite que la moyenne de la ville l’augmentation de la participation, la mobilisation des électeurs ont été un petit peu plus faibles que sur les grands ensembles de logements sociaux.

De 2001 à 2008 le corps électoral campinois est passé de 36.668 inscrits à 41.948 (+ 5280) soit une augmentation de 14,4% du nombre des inscrits qui n’est pas due à une croissance de la population à Champigny mais au fait qu’il y a eu une augmentation exceptionnelle du nombre des nouveaux inscrits sur les listes électorales surtout à l’approche de l’élection présidentielle. Cette inscription a semble-t-il souvent été le fait de jeunes des cités motivés par une volonté de faire barrage au candidat Nicolas Sarkozy.

Au Bois l’Abbé le nombre des inscrits à l’Ecole maternelle Anatole France explose passant de 769 à 1304 (+ 69,57%), les chiffres sont plus modestes sur les 2 bureaux de Salomon (+ 9,92% à Jacques Solomon 2 et + 5,10% sur Jacques Solomon 1. Toutefois sur l’ensemble des 3 bureaux du Bois l’Abbé le nombre des inscrits est passé de 3150 à 3879 (+729) soit une augmentation de 23,14%. Le poids politique de cette cité a augmenté dans la ville.

Pour d’autres bureaux de vote (dont les limites n’ont pas en principe été modifiées) on note par contre une perte du nombre des inscrits c’est le cas des bureaux Romain Rolland A et B -4 ,39% et -10,58% respectivement ainsi que Politzer (-8,14%).

Le poids politique des différents quartiers est en mouvement sur Champigny et cela n’est pas sans intérêt quand on sait que en 2002 M. Bargero maire de l’époque ne l’avait emporté que de 443 voix sur son adversaire de droite M. Derouineau et qu’aux élections de dimanche dernier M. Adenot a été élu au premier tour que parce que son score dépassait la barre fatidique des 50% de 201 suffrages. La répartition par quartier et par catégories sociales du taux d’inscription sur les listes électorales et les taux respectifs de participation sont donc des éléments essentiels du succès à Champigny, une ville qui reste à gauche certes mais toujours plus ou moins sur le fil du rasoir.

2 La brillante campagne du Général Adenot

 Oui c’est une victoire nette et menée habilement. Depuis 1989 c’est la première fois que le maire de Champigny passe au premier tour (en exceptant l’élection de 2001 faussée par l’annulation des bulletins de Forum). M. Adenot pouvait craindre ce premier test électoral en tant que maire. Il n’était pas et de loin aussi connu que son prédécesseur M. Bargero. Toutefois lors des législatives de juin 2007 il avait déjà montré son aptitude à rassembler les électeurs de gauche, mieux que M. Bargero n’avait su le faire en 1997 et 2002. Il avait ainsi été l’un des rares candidats PCF à repasser devant la candidate socialiste et à permettre ainsi à son parti de figurer au second tour dans la 5ème circonscription contre M. Gilles Carrez.

Sur le plan municipal les choses paraissaient plus complexes. Il y a un an on entendait souvent dire (et pas seulement par des gens de droite) que l’équipe municipale était au bout du rouleau, qu’il y avait une atmosphère de fin de règne à la mairie et l’opposition se frottait les mains en pensant aux municipales à venir.

Pourquoi Dominique Adenot a-t-il gagné et d’aussi belle manière ?

D’abord il a eu l’habileté de choisir le terrain de l’affrontement et évidemment il l’a choisi le plus favorable pour lui. Il s’est positionné comme le candidat anti-Sarkozy. En politisant fortement le débat il mettait de nombreux atouts dans son jeu.

Dans une période où le Président de la République est impopulaire s’affirmer comme le héraut anti-Sarkozy c’est en même temps implicitement mettre à ses adversaires l’étiquette « sarkozyste » et transférer sur leurs épaules le poids de l’impopularité du Président.

Dans la population campinoise, fortement touchée par la hausse du coût de la vie, déçue par les promesses non tenues du candidat Sarkozy, cette orientation de la campagne de M. Adenot a rencontré un écho certain et M. Adenot en a tiré un profit certain.

En même temps, et on ne comprendrait pas totalement le succès de M. Adenot si on négligeait ce point cette orientation de politique générale a contribué à une mobilisation très importante des militants du PCF que l’on a vu s’impliquer massivement dans de nombreuses actions (porte à porte, sur les marchés etc) ce que l’on avait pas vu, du moins à ce niveau, depuis de nombreuses années.

Il apparaît ainsi, ce que de nombreux politologues ont déjà écrit, que le PCF n’est jamais autant à l’aise que quand il s’identifie à un mouvement de protestation.

Note : la « fougue » des militants pro Adenot a même entraîné certains excès. L’affichage sauvage en dehors des panneaux électoraux (seul affichage licite en période électorale) s’est généralisé en fin de campagne avec au cours des 3 derniers jours la pose généralisée d’une affiche jaune  à l’intérieur des immeubles HLM (Mordacs,Bois l’Abbé, demi Lune etc).

Dernier et important avantage de la stratégie choisie par M. Adenot, en se drapant dans la posture antisarkozy il évitait que l’essentiel du débat municipal ne porte sur son bilan et ses projets, points sur lesquels il aurait eu beaucoup plus de mal à convaincre.

M. Adenot a parfaitement mené sa bataille et il l’a gagnée. Et maintenant ? Que va-t-il faire de sa victoire ?

M. Adenot n’ignore pas que le système en place est vieilli. Qu’il faut réformer, apporter une nouvelle vie à la démocratie locale. Poser le problème de la politique de la ville et de l’équilibre des quartiers, assurer une amélioration des transports en commun, donner une âme à la vie locale, aider à l’intégration des différents groupes, sortir Champigny de son isolement et réfléchir enfin à l’intercommunalité etc. etc.

Pourra-t-il le faire ? Ceux qui au sein de son parti et parmi ses alliés l’ont aidé à maintenir le pouvoir municipal en place sont-ils prêts à une remise en cause de leurs habitudes et de leur train-train ?

Là est peut être la faiblesse de M. Adenot. Comment saura-t-il utiliser au mieux sa victoire ?

Sur le vote PC-PS-Mars…

Dans ces élections municipales le vote pour la liste d’union PCF+PS+Mars a suivi les mêmes règles que celles qui ont régi les précédentes municipales, la présidentielle, les législatives à savoir l’opposition entre l’expression politique dans les grands ensembles de logement sociaux et dans les quartiers pavillonaires.

Dans le canton de Champigny Est où les différents bureaux correspondent à des zones d’habitat différents la chose est particulièrement claire.

Les zones pavillonnaires votent beaucoup mais elles sont orientées à droite. La coupure est saisissante sur le graphique ci-dessus. Cette hétérogénéité politique forte entre deux types d’habitat pose problème

L’examen des résultats du premier tour des cantonales qui se tenaient le même jour à Champigny Ouest et à Champigny Est permet de nuancer quelque peu le bilan du succès de M. Adenot aux municipales.

Sur le canton est peu de choses à dire. Le nombre de votants et d’exprimés est plus faible qu’aux municipales (environ 400 voix) ce qui est fréquent dans ce cas de figure. Le département intéresse moins que la ville plus proche. Mme Kennedy (PCF) obtient 2431 voix et 40,09% des suffrages, M. Traoré (PS) 903 voix et 14,89% soit un total de 55% des suffrages là où la liste Adenot (PC+PS+Mars) obtient 57,6%. La différence n’est pas significative.

Il en va tout autrement sur le canton ouest. Dans ce canton la liste de M. Adenot aux municipales obtient 2763 voix et 45,85% des exprimés. M. C. Favier (PCF) obtient à lui seul

2523 voix et 42,97% tandis que la candidate socialiste Mme M. Joubert recueille 531 voix et 9,04%. Au total l’ensemble PC+PS aux cantonales recueille 291 voix et 6,16% de plus que la liste des municipales. M. Favier a mieux réussi à élargir son électorat. A M. Adenot maintenant de savoir s’il veut aussi dépasser certains blocages et élargir sa majorité.

3 UMP échec ou acte manqué ?

L’UMP l’avait claironné. On allait voir ce qu’on allait voir. La fin de la majorité de gauche à direction PC, en place depuis 60 ans était programmée. Un calendrier 2008 nous montrait déjà tout ce que la nouvelle équipe pensait réaliser après le 9 ou au pire le 15 mars. Un chef de file M. Chriqui, jeune, brillant, proche du premier ministre M. Fillon, remplaçait M. Derouineau qui s’était retiré de la vie politique campinoise. Las dès le début de la campagne un couac énorme : entrée en lice d’un deuxième candidat UMP M. Juhel, conseiller municipal sortant, membre du Conseil National de l’UMP.

L’UMP un parti en train de se fissurer ? sur quel problème politique fondamental ?

Rien de tout cela. Simplement le reflet à l’occasion de ces municipales d’une situation complexe. Les problèmes récurrents de la droite à Champigny sont les conséquences des décisions prises par M. Pasqua, alors ministre de l’intérieur, lors du découpage des circonscriptions électorales (élection des députés). Pour éviter l’élection d’un député de gauche, peut être même communiste ! Champigny fut charcuté. Un canton celui de l’Ouest rattaché à des cantons de Nogent Joinville, le reste marié contre tout bon sens à Bry sur Marne et Le Perreux.

En tout cas le procédé était efficace. Depuis ce découpage Champigny ville de gauche a toujours été représentée à l’Assemblée Nationale par deux députés de droite. Les conséquences locales sont moins brillantes pour la droite. Comme Champigny est une ville importante, si elle venait à élire un maire de droite celui-ci aurait un poids politique considérable dans les 2 circonscriptions (5ème et 7ème ). Les députés suivent donc avec attention la désignation du leader campinois de l’UMP, chacun souhaitant que celui qui sera choisi soit un de ses proches. La désignation de M. Chriqui, proche de M. Carrez (député de la 5ème circonscription ) ne pouvait totalement satisfaire Mme Montchamp (député de la 7ème). La candidature de M. Juhel recevait par contre immédiatement son appui.

Le rêve de victoire pour l’UMP s’envolait. Certains à Champigny se posait même la question de savoir si délibérément l’UMP ne préférait pas laisser Champigny au PCF.

Sur le terrain la lutte UMP-UMPdissident  fut rude mais dans les urnes la victoire fut pour le candidat légitimiste : M. Chriqui  avec 5829 voix et 25,88% écrasait sans appel M. Juhel qui n’obtenait que 1953 voix et 8,67%.

Si on additionne les suffrages qui se sont portés sur MM Chriqui et Juhel on obtient 7782 voix et 34,55% des suffrages un chiffre pas très éloigné finalement des 36,34% obtenus en 2001 et 36,85% obtenus en 2002 par M. Derouineau (dans un contexte toutefois différent en 2001 et 2002 il n’y avait pas de MoDem mais par contre une liste divers droite celle de M. Valette).

La « répartition » des voix UMP entre les 2 candidats se réclamant de cette mouvance ne se fait pas de la même façon. Dans les grands ensembles d’habitat social où l’UMP est faible 9 à 20% mais a un électorat très populaire celui-ci a opté pour M. Chriqui dans un rapport 4 à 5 contre 1 tandis que dans les quartiers pavillonnaires M. Chriqui l’emporte aussi mais avec un ratio plus faible 2 à 3 contre 1.

La bataille des « frères ennemis » a toutefois laissé des traces dans l’esprit des électeurs. Sur le canton ouest M. Chriqui obtient au municipales 1611 voix (26,73%) et M. Juhel 567 (9,41%). Aux cantonales sur ce canton M. Juhel n’était pas candidat M. Chriqui y représentait seul l’UMP. Il obtient 1659 voix et 28,26%. Quelques dizaines d’électeurs de M. Juhel seulement ont accepté de voter aux cantonales pour le « frère ennemi ». Que sont devenues pour l’essentiel les 567 voix qui s’étaient portées sur M. Juhel dans le scrutin des municipales

Dans le canton Est on retrouve la même situation. M. Schmitt candidat UMP aux cantonales recueille 1472 voix ( 24,27%). La liste de M. Chriqui aux municipales avait obtenu 1496 voix (23,24%) mais la liste UMP dissidente de M. Juhel avait 515 voix (8,0%). Pour qui se sont prononcés les électeurs de M. Juhel aux cantonales ? Accessoirement que feront ces électeurs lors du 2ème tour des cantonales ?

Certes M. Chriqui et à travers lui M. Carrez a gagné la bataille pour le contrôle de l’UMP à Champigny mais les blessures paraissent profondes et c’est toute l’opposition de droite qui va devoir se recomposer.

4 Modem :  L’ile flottante

Le Modem à Champigny a fait une entrée fracassante en politique lors de la présidentielle 2007. M. Bayrou obtenait 17,74 % des voix. Il dépassait 20%  dans 13 bureaux de vote essentiellement dans des secteurs pavillonnaires mais au 2ème tour les électeurs qui avait choisi M. Bayrou au premier tour reportaient leurs voix à environ 70% sur Ségolène Royal au second.

Lors des législatives les résultats étaient nettement inférieurs à ceux de la présidentielle. Les candidats du MoDem obtenaient respectivement 1300 voix (7,91%) sur la partie Champigny de la 5ème circonscription et 673 voix (11,15%) sur la partie Champigny de la 7ème. Soit un total de 1973 voix.

La liste MoDem de M. Jeanne au municipale réalise une performance tout à fait comparable 2052 voix et 9,11% sur la ville. Sur le canton ouest le parallèle avec les législatives est remarquable 677 voix aux municipales et 11,23% contre  673 et 11,15 aux législatives de juin 2007.

Le Modem existe donc réellement sur Champigny et ne se résume pas à un phénomène de mode lié à la candidature de M. Bayrou. On peut toutefois se demander comment le MoDem se définirait en présence d’une gauche plus moderne et plus conquérante.

5 Entente Citoyenne

Nous avons obtenu 1228 voix et 5,45%

C’est un gain de 320 voix et 0,29% par rapport à 2002. Nous avions espéré mieux. Dans de nombreuses circonscriptions les listes citoyennes ou associatives ont eu des difficultés et n’ont pas retrouvé les résultats de 2001.

Nous avons pâti de la politisation de l’élection. Comment être clairement identifiable dans un débat de politique nationale quand on représente une association citoyenne locale ?

Le parti pris de la liste de la majorité sortante de se présenter comme la seule liste de gauche voire comme la liste de toute la gauche nous a aussi marginalisé d’autant que la presse n’a pas daigné nous prendre en considération (articles du Parisien et de Libération sur les 4 listes en présence à Champigny en omettant la 5è c’est-à-dire nous), organisation d’un débat par Radio Alpha avec les 4 listes (Adenot, Chriqui, Jeanne, Juhel). Nous avons certes obtenu à titre de compensation 7 minutes d’antenne mais clairement pour la presse et la radio il n’y avait que  4 listes dignes d’intérêt à Champigny et nous n’en faisions pas partie.

Nous avons maintenant un élu au sein du Conseil Municipal. C’est peu mais cela va nous fournir de nouveaux moyens d’intervention, d’information, une meilleure lisibilité.

 

Débats de Forum n° 27

CHANGER?: OUI!

ENTENTE CITOYENNE

Liste présentée par Forum des Boucles de la Marne

Soutenue par LES VERTS et par GAUCHE CITOYENNE 94

   

Elections municipales de mars 2008

Les adhérents de Forum des Boucles de la Marne se sont réunis ce lundi soir 28 janvier salle Jean Morlet et ont confirmé leur décision de présenter une liste aux élections municipales prochaines.

 

Un changement profond est nécessaire. La majorité actuelle dominée par le PCF, qui décide sans partage, flanqué de formations politiques dont la seule ambition est de faire de la figuration, manque totalement de dynamisme et d’ambition pour la ville.

Pour autant les programmes des candidats qui se réclament de la droite (refus du TVM, création d’une police municipale) ne correspondent pas aux orientations que nous souhaitons pour notre ville.

ENTENTE CITOYENNE , forte d’une véritable identité , a un projet pour notre ville.

Nous entendons rénover la politique locale en développant la démocratie participative et l’initiative citoyenne, en menant une politique de solidarité, en plaçant au centre de la politique communale les circulations douces, les transports en commun, ainsi que le respect de l’environnement et le développement durable.

Nous nous réjouissons que sur la base de ces orientations Les VERTS aient pris la décision de soutenir la liste d’ENTENTE CITOYENNE, présentée par Forum des Boucles de la Marne.

Le vrai changement à Champigny, consiste à rassembler enfin vraiment les citoyens autour des principes de démocratie et de solidarité. Et c’est bien pour cela que nous avons donné à notre liste le nom d’ENTENTE CITOYENNE.

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Textes des propositions publiées dans le n°27 du Journal « Les Débats de Forum »

 

Pourquoi  Entente Citoyenne ?

Forum des Boucles de la Marne est né en 1995. En 2001 nous avons présenté une liste aux municipales sous le nom de « Osons Champigny ». A l’époque c’était en effet un  défi que de présenter une liste de citoyens sans l’appui d’une formation politique. Aujourd’hui en appelant notre liste « Entente Citoyenne » nous voulons marquer que notre liste est riche de la diversité de ceux qui la composent et que ceux-ci sont des citoyens campinois qui souhaitent agir au plan municipal.

Notre démarche ne constitue pas une déclaration de guerre aux partis politiques. Les partis ont un rôle à jouer mais au-delà des partis de nombreux citoyens veulent trouver de nouvelles formes pour agir en politique. On parle d’associations, de clubs, de collectifs, nous avons choisi de parler d’Entente Citoyenne.

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Initiative et participation citoyenne

La commune est l’unité de base de la démocratie.

Il faut enrichir la démocratie locale par la participation de tous ceux qui résident à Champigny, sans exclusion.

Nous refusons les décisions « d’en haut » et l’hégémonie d’un parti au sein du conseil municipal. La diversité des opinions est source de richesse et d’efficacité.

Les citoyens ont droit à la transparence des décisions municipales

La réforme des conseils de quartier doit garantir leur autonomie leur droit à choisir leur Président et la possibilité d’initier des projets et d’en gérer  les budgets avec l’accord du Conseil Municipal.

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Promouvoir le civisme

Vivre ensemble suppose des droits et des devoirs. On constate un développement de l’individualisme et des actes d’incivisme. Ceci se manifeste sur le lieu de résidence (tapages, dégradations), dans l’espace public (décharges sauvages, parking sur les trottoirs, conduite automobile dangereuse). Dans tous les cas ce sont les droits des autres qui sont affectés et le vivre ensemble en devient plus difficile.

Bien sur il faut que la police verbalise mais ce n’est pas suffisant. Il faut engager un travail constant, tenace d’information, dont on sait qu’il ne porte ses fruits qu’au bout d’une longue période mais cela est nécessaire. On ne peut pas laisser faire.

 

voitures sur trottoir= danger pour les piétons

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Transports en commun : l’urgence

Comme d’autres villes de la banlieue parisienne dont la population a cru rapidement depuis 50 ans Champigny souffre d’une inadaptation profonde de sa desserte en transport en communs par rapport aux besoins. Les liaisons avec Paris sont inadaptées et vieillissantes, les liaisons interbanlieues quasi inexistantes

La réalisation d’axes banlieue-banlieue est essentiel pour desservir les zones d’activité, les commerces, les Universités, vers Créteil et Marne la Vallée. Nous attendons le Trans Val de Marne avec impatience.

          Une interconnexion TRANS VAL DE MARNE-ORBIVAL à la Fourchette ?

Le projet de création d’un métro interbanlieue (Orbival) semble entrer dans une nouvelle phase mais ce projet se réalisera au mieux à l’horizon 2020. Nous serons attentifs à ce que sa réalisation ne subisse pas de retards et à ce que le tracé desserve bien la Fourchette de Champigny comme promis.

 

                    

Les Boullereaux une gare à développer, à ouvrir vers la ville, à desservir par bus…

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Défense de l’environnement et du cadre de vie

La défense de l’environnement suppose d’abord une connaissance précise l’état des lieux.

La découverte au cours de la dernière mandature de pollutions extrêmement graves sur l’emplacement de la ZAC des Bords de Marne a montré la réalité du danger et la nécessité de vigilance des associations et des citoyens

L’action des associations a permis de mettre en évidence une grosse pollution sur la ZAC des Bords de Marne et d’obtenir la dépollution du site

Nous proposons que soit établie

une carte du bruit dans la ville et de définir et planifier les mesures à prendre

un relevé des zones polluées et de leur évolution probable, de faire estimer le coût des dépollutions.

une carte et un suivi de la qualité de l’air sur Champigny.

Nous voulons faciliter l’accès des citoyens et des associations à l’information concernant l’environnement

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Maîtriser la politique du logement

Nous sommes favorables à ce que Champigny reste une ville d’accueil pour toutes les catégories sociales. Nous sommes fermement opposés aux politiques égoïstes des communes de droite qui nous entourent et qui refusent d’appliquer la loi. Nous n’acceptons pas que Champigny supporte seul les charges liées à un supplément de logement social. A ce titre nous soutenons la municipalité et le Conseil Général dans leurs projets de développement économique des 16 hectares de l’ex-liaison A4-N4 et nous nous opposons à la volonté du préfet d’y faire construire 1600 logements sociaux.

Aujourd’hui à Champigny il ne faut pas construire plus mais améliorer et renouveler l’existant, mieux intégrer les grands ensembles dans la ville.

Pour cela il faut que la ville se donne un outil. Aujourd’hui le logement social à Champigny est dominé par IDF Habitat (société privée) 41,3%, l’OPAC Paris, 22,24%, l’OPAC Val de Marne,22,9% où la municipalité de Champigny n’est pas représentée. Par contre l’Office Public d’HLM de la ville de Champigny, où la ville est représentée ne compte que pour 5,2% dans le parc de logement sociaux. Pour que Champigny assure mieux la maîtrise du logement social nous demandons un effort de développement du service public c’est-à-dire de l’OPHLM de Champigny.

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Améliorer la sécurité et la tranquillité publique.

Pour prévenir la délinquance il faut éviter deux illusions : celle du tout prévention et celle du tout sécuritaire.

L’autorité et la crédibilité de l’Etat résident dans le fait d’assumer son monopole de la répression tant au plan policier qu’au plan judiciaire. La privatisation du devoir de police ou sa dilution à travers des organismes locaux (polices municipales) est la porte ouverte à l’accentuation de sa perte d’autorité et à des désengagements inacceptables et dangereux. Pour défendre cette autorité, la police nationale et la justice doivent bénéficier des moyens nécessaires à l’accomplissement de leur mission. Une réelle proximité avec les citoyens doit être recherchée.

Il ne faut pas diluer les efforts de sécurité entre une coûteuse police municipale et la police nationale. Nous demandons un renforcement des effectifs, notoirement insuffisants de la police nationale.

La ville,car c’est de son ressort, doit prendre à sa charge, la construction en Centre Ville d’un commissariat moderne, conforme aux normes de sécurité définies par le Ministère de l’Intérieur, qui pourra alors être ouvert 24H sur 24. Cet effort consenti par la ville témoignera du sérieux de notre demande d’un renforcement des effectifs de police.

Le domaine de la prévention relève entièrement des prérogatives communales. Nous demandons un accroissement des efforts dans ce domaine.

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La bonne santé du commerce

Cest un élément important de l’économie de la ville. Le commerce va mal à Champigny. Certains commerces de proximité disparaissent.

Les commerces sont actifs là où existent des points de rencontre, là où les gens prennent les transports en commun ou bien les quittent. C’est donc la planification de l’urbanisme qui peut favoriser ou au contraire tuer l’activité commerciale.

A la Fourchette, au carrefour Stalingrad-de Gaulle  les commerces peuvent profiter du TVM à condition de privilégier à côté des arrêts les plus importants la circulation des piétons. Tout l’urbanisme du secteur Boullereaux –République-Rond Point de Bry doit être repensé pour en faire un centre commercial dynamique.

Une refonte complète de la Place Lénine est nécessaire

Au Centre-Ville une refonte complète de la place Lénine st nécessaire. Le parking en surface doit disparaître au profit d’une place paysagée. La construction d’un marché couvert sur un parking souterrain à l’extrémité ouest de la place  est à envisager pour répondre aux besoins et contribuer à séparer les commerces de bouche des autres activités.

 

Aider les jeunes commerçants à s’installer.

D’une façon générale la Municipalité devra se saisir à chaque fois que possible des nouvelles dispositions légales pour préempter les espaces commerciaux des commerces de proximité et aider les jeunes commerçants à s’installer.

 

Pour une ville qui construise son avenir en respectant son patrimoine……

                 


                                    (Ecole Albert Thomas avant destruction)

Nos moyens financiers sont limités

                                   Or l’argent a un grand poids dans une campagne (journaux, tracts, affiches)

Soutenez nous par vos chèques libellés à l’ordre de

M. Yvernat, mandataire financier

Et adressez les à Forum des Boucles de la Marne, BP 305, 94503 Champigny cedex

 

Conformément à la loi un reçu vous sera adressé. Joint à votre déclaration des revenus de 2008 il vous vaudra une diminution d’impôt égale à 60% de la somme versée.

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Après les législatives……

Après les législatives…. mais avant les municipales

 

Ce texte est long. Très long. Mais il était difficile de faire plus court.

J’écris en toute liberté et indépendance. Si ce qui est écrit ci-dessous fâche certains lecteurs, qu »ils protestent. Le blog de Forum accueillera leurs commentaires. Le débat est ouvert. Toutes les contributions sont les bienvenues. Elles permettront d’affiner notre connaissance de l’évolution politique à Champigny.

Yves Fuchs

 

Du sens de l’abstention au sens du bulletin de vote

 

Champigny ne fait pas exception, en ce qui concerne l’abstention.

L’abstention y est, comme ailleurs, fonction du type de scrutin. Certaines élections mobilisent moins les électeurs que d’autres. Aux élections européennes de 1989, à Champigny, il y a eu  44,59% de votants, moins d’un électeur sur deux. Les élections régionales elles, attirent de 50 à 60% de votants (52,27% en 98, 58,77 en 2004), les législatives avoisinent les  60% au 1er tour à Champigny (en 1997 64,62% de votants dans la 5ème circonscription, 66,88% dans la 7ème, en 2002 respectivement 59,21 dans la 5ème, 64,81 dans la 7ème, en 2007 54,9% dans la 5ème et 59,85 dans la 7ème).

 

Les présidentielles, ont toujours bénéficié d’une mobilisation plus forte des électeurs. 75,11% de participation à la présidentielle de 1988 sur Champigny, 75,50% en 1995, 64,92% en 2002 et 84,78% en 2007.

 

La récente période électorale (mai juin 2007) est caractérisée par une participation extraordinairement élevée lors d’une élection présidentielle, et une participation basse aux législatives or voter ou s’abstenir est un choix et a du sens

 

En votant plus nombreux lors des présidentielles les électeurs manifestent, qu’ils savent, que, dans la 5ème République, l’essentiel du pouvoir est entre les mains du Président, et que, donc, choisir le Président, revêt une particulière importance. Cette prééminence du scrutin présidentiel  a été renforcée depuis que le quinquennat, succédant au septennat, a induit l’idée, que les législatives étaient vraiment subordonnées aux présidentielles, qu’il s’agissait par l’élection des députés de conforter le choix fait lors de l’élection présidentielle, en donnant au Président nouvellement élu, une majorité en cohérence avec sa ligne politique.

 

Le chiffre vraiment extraordinaire de 84,78% de votants à Champigny au 1er tour de 2007 puis 83,80% au second tient à d’autres raisons encore. Souvenez vous : personne n’attendait une telle participation, ni à l’échelon local ni a l’échelon national.

La campagne 2007 a été marquée par la maîtrise du terrain de jeu électoral  qu’a démontrée M. Nicolas Sarkozy. M. Sarkozy a fait son miel de l’affadissement du discours politique de ses adversaires. Or cet affadissement, cette volonté de plaire à tout prix et à tout le monde décrédibilise les hommes politiques  et détourne les gens de la vie politique.  M. Sarkozy, avec un indéniable talent, a mené sa campagne avec volonté, autorité, provocation, liant nationalisme et libéralisme, et  en manifestant une approche très travaillée des moyens de communication de masse.

Il a reçu un soutien enthousiaste de ceux qui à droite attendaient ce type de message. Ceux qui, au contraire, refusaient les idées de M. Sarkozy, se sont dressés contre lui souvent même avec passion.

Plus qu’un choix entre M. Sarkozy et Mme Royal le choix des électeurs a été un choix POUR ou CONTRE M. Sarkozy. Les motifs du choix étaient aux yeux de tous très importants et cette importance même a motivé une participation massive au  vote.

?

A Champigny la participation au vote, lors de toutes les élections, varie fortement d’un bureau de vote à un autre. D’une façon générale on vote plus dans les bureaux des quartiers où domine l’habitat pavillonnaire que dans ceux des cités.

 

Losanges bleus : canton de Champigny Centre

Carrés roses : canton de Champigny Est

Triangles oranges : canton de Bry sur Marne (Quartier du Tremblay)

 

On constate que l’écart de la participation est de l’ordre de 20% (ce qui est énorme) entre les bureaux de vote des grands ensembles (le Bois l’Abbé, les Mordacs, les Boullereaux) et ceux des zones pavillonnaires. Dans les quartiers les plus populaires (le graphique ci dessus est représentatif des législatives 2002, bureaux de la 5ème circonscription à Champigny)  le PCF fait ses meilleurs scores, là ou le taux de participation est le plus bas. Par contre dans les quartiers pavillonnaires comme à Coeuilly (Romain Rolland) la participation est élevée et ces quartiers votent majoritairement à droite. Poussant les choses à l’extrême on pourrait affirmer que Champigny est en réalité plus « à gauche » que les résultats électoraux ne le laissent penser puisque le différentiel de mobilisation électorale favorise les zones pavillonnaires là ou la droite est la plus forte.

Ce serait totalement faux. L’abstention est un choix politique. Les résultats de l’élection présidentielle l’attestent.

 

 

Légende : série 1 canton ouest, série 2, canton centre, série 3 canton est, série 4 canton de Bry

 

Lors de la présidentielle la distribution des suffrages n’a pas changé. Au premier tour  (voir graphiques ci-dessus) Mme Royal obtient ses pourcentages les plus élevés dans les bureaux où le taux de participation est le plus bas, M.Sarkozy dans ceux où le taux est le plus élevé. Les bureaux à participation plus faible restent ceux des grands ensembles de logement sociaux. Ce qui a changé c’est que l’écart entre les bureaux, où on vote le plus et ceux où on vote le moins, a diminué. Si on compare les présidentielles de 2002 et de 2007 la différence entre le bureau le mieux « votant » (70,83) et le moins (54,56) est de 16,27 points. En 2007 elle n’est que de 12,37 points (90,39 et 78,02). C’est une variation importante.

 

Il est encore plus significatif de comparer les résultats des candidats et l’augmentation de la participation. Sur 14 bureaux de vote des cantons Est et de Bry sur Marne (choisis car sans changement de 2002 à 2007) il apparaît que c’est dans les bureaux (correspondant d’ailleurs aux cités) où l’augmentation de la participation a été la plus forte que Mme Ségolène Royal réalise son meilleur score. Ce graphique illustre bien ce phénomène souvent évoqué par la presse et la télévision : la mobilisation d’un électorat populaire, jeune, issu des cités, habituellement peu intéressé par les élections, en faveur de Mme S. Royal, et contre M. N. Sarkozy.

 

Les législatives ont été caractérisées par un retour à la « normale » la participation au 1er tour est retombée à 40-50% au Bois l’Abbé, aux Mordac, à 50,6% aux Boullereaux contre 64,66% au Collège Paul Vaillant Couturier ou 61,76% au gymnase Tabanelli.

Les répartitions des électorats sont restées inchangées. Tout juste peut-on remarquer une augmentation de l’abstention au 2ème tour sauf sur 5 bureaux de la 5ème ou il y a une progression limitée de la participation 0,09%, 2,10%, 0,44%, 3,84% et 1,55% respectivement. Ces bureaux correspondent tous au même type d’environnement (grandes cités à dominante de logements sociaux) mais il parait difficile d’y voir un grand mouvement comme à la présidentielle. Cette progression limitée est, peut être, un effet de l’action des militants du PCF bien implantés dans ces secteurs.

 

L’UMP : 2 sièges dans un fauteuil mais….

 

Oui l’UMP n’a pas eu de problèmes à garder ses 2 sièges dans les 5éme et 7ème circonscriptions. Un autre résultat eut été étonnant. Issues d’un savant découpage initié à l’époque par M. Pasqua ces deux circonscriptions sont très favorables à la droite.

 

Canton ouest : Mme Monchamp n’est plus contestée à droite.

 La septième circonscription fut dans le passé (1997 et 2002) le théâtre de dures batailles entre candidats rivaux se réclamant de la droite. Mme Monchamp avait assis sa suprématie à droite  en 2002 en obtenant 1005 voix (16,42%). Elle fait nettement mieux en 2007 avec 2179 voix et 36,11% des suffrages exprimés. Toutefois au 2ème tour elle ne retrouve sur son nom que 2405 suffrages alors que le total des voix UMP+MoDem+ extrême droite atteint 3078. Il y a 528 électeurs de moins et la gauche gagne 427 voix. Il y a eu là entre les deux tours des échanges complexes entre abstentionnistes sans doute mais si Mme Monchamp a assuré sans problème sa place de leader à droite elle n’a pas réussi à rassembler sur son nom au deuxième les voix centristes du premier. Celles-ci se sont sans doute, pour l’essentiel, réparties entre l’abstention et le vote en faveur de la candidate socialiste.

 

M. Carrez en vrai patron

Au premier tour le Député sortant progresse encore dans la partie de la 5ème circonscription correspondant à la ville de Champigny, qui, dans la circonscription, est la zone qui lui est le moins favorable. Il avait obtenu 3890 voix (21,93%) au premier tour en 1997, 4578 (27,82%) en 2002. Il améliore ce résultat en 2007 avec 5301 voix et 32,26% (mieux même que M. Sarkozy au premier tour de la présidentielle sur ces mêmes bureaux : 26,06%). Il dépasse 40% des suffrages exprimés dans 7 bureaux de vote correspondant à des quartiers essentiellement pavillonnaires (1 au Plant, 3 à Coeuilly et 3 au Tremblay).

Dans le détail ses résultats sont plus contrastés. Il progresse nettement sur certains bureaux des Mordacs et du Bois l’Abbé (sauf un). Ses scores y restent faibles  même s’il profite peut être du recul du FN.

Par contre il recule de quelques voix sur certains bureaux mais il ne semble pas que les candidats du MoDem lui aient causé beaucoup de pertes.

Au deuxième tour il rassemble sur son nom 6368 suffrages soit 1067 de plus qu’au 1er. On est loin cependant du potentiel représenté par les voix du MoDem (1300) et de l’extrême droite (783). L’abstention est plus forte qu’au 1er tour (-670 votants). L’examen des bureaux de vote où M. Barnaud (MoDem) avait obtenu ses meilleurs scores laisse penser qu’en part égales les voix de M. Barnaud au premier tour se sont partagées entre un report vers M. Carrez et l’abstention. Le transfert de voix du MoDem vers M. Adenot existe mais de façon plus limitée que dans le canton Ouest vers Mme Joubert PS (sans doute à cause de  l’appartenance de M. Adenot au PCF).

Dans une ville qui n’est pas favorable à la droite M. Carrez à l’issue de ces élections, renforce ses positions personnelles.

 

Le FN et les vases communicants

 

Le vote FN à Champigny présente un certain nombre de spécificités locales. Il n’y a plus depuis plus de 10 ans d’organisation du FN à Champigny ni de présence militante. Les suffrages recueillis par ce parti d’extrême droite sont très fluctuants. En fait il existe à Champigny de façon permanente une frange de l’électorat de droite qui flirte avec l’extrême droite. Selon les circonstances cette frange porte ces suffrages sur le FN ou sur la droite « classique ». On n’a pas observé à Champigny  ce phénomène, souvent décrits par les politologues, en particulier en Seine St Denis, d’un vote de gauche, voire d’anciens électeurs communistes déboussolés, se portant sur l’extrême droite. Un bureau le n°19, Danielle Casanova, correspondant pour l’essentiel aux cités des Boullereaux, est parfaitement représentatif du vote FN à Champigny. Même si les électeurs de ce bureau appartiennent à des couches sociales peu favorisées, logées en HLM, il n’existe pas un déterminisme absolu, en fonction de l’appartenance sociale, qui conduirait ces électeurs à voter uniquement à gauche. La gauche recueille, sur ce bureau, un peu plus de 70% des voix et la droite le reste. A ces dernières élections (2007) le candidat UMP a recueilli 20,3%, les candidats FN+MNR 4,8%.  Par contre aux législatives de 1997 sur ce même bureau le FN recueillait 19,0% et le RPR équivalent à l’époque de l’UMP 8,05% seulement. Il existe à Champigny un système de vases communicants entre l’électorat de droite classique et celui de l’extrême droite. Il ne s’agit pas de coller à l’UMP une étiquette de parti d’extrême droite. Ce serait injustifié. Toutefois il faut garder en mémoire qu’il existe à Champigny des couches électorales qui « flottent » entre droite classique et extrême droite au gré des circonstances politiques.

Le recul électoral actuel du FN est illusoire. Le potentiel politique de l’extrême droite perdure même s’il est actuellement moins voyant.

 

Le Parti Communiste Français a poussé un OUF !

 

Un OUF de soulagement, bien sûr ! Le PCF avait toutes les raisons de craindre ces législatives venant immédiatement après une présidentielle où son résultat avait été catastrophique (moins de 2% au niveau national et juste en dessous de 7% à Champigny). Finalement les résultats des législatives ne sont pas mauvais pour lui à Champigny.

 

Canton ouest un PCF mi figue mi raisin

 

Dans la partie de la 7ème  circonscription concernant Champigny (canton Ouest) Mme Vidy stabilise les résultats du PCF. Avec 1122 voix elle dépasse très légèrement (51 voix) son résultat de 2002 (1071 voix) et obtient 18,59% des suffrages exprimés contre 17,45% en 2002. Elle reste encore très loin cependant du nombre de votes recueillis sur ce canton il y a 10 ans lors des législatives de 1997 par M. Christian Favier (1780 voix et 28,48%).

Ce canton est renouvelable l’an prochain. Le Conseiller Général sortant, et Président du Conseil Général M. Christian Favier, pouvait tout craindre. Après ce scrutin il est en droit de regarder l’avenir avec une certaine sérénité. Le canton a voté à 55% à gauche au second tour. Certes au 1er  tour  c’est Mme Joubert (PS) avec 1236 voix et 20,48%  qui est légèrement devant la candidate PCF mais M. Favier bien implanté sur ce canton peut quand même espérer en 2008 refaire ce léger retard (114 voix).

 

M. Adenot fait mieux que M. Bargero…

 

M. Adenot avait un challenge difficile.

Il se présentait dans la 5ème circonscription où votent les ¾ des 40000 électeurs de Champigny (Canton Centre, Canton Est et 4 bureaux du quartier du Tremblay dépendant du canton de Bry sur Marne). Lors des élections précédentes le candidat communiste dans cette circonscription était M. Bargero ancien maire. Pour affirmer son autorité politique M. Adenot se devait d’y être candidat et de tenter de faire aussi bien que son prédécesseur. Dans le contexte politique marqué par le catastrophique résultat de Mme Buffet  (7,18% des voix sur le secteur Champigny de la 5è circonscription) ce n’était pas facile. M. Adenot a gagné ce pari car il recueille 5229 voix et 31,83% des voix  soit un gain de 541 voix et de 3,35% des voix par rapport au résultat de M. Bargero en 2002. Certes il ne retrouve pas tout à fait les voix et le pourcentage de M. Bargero en 1997 (6264 voix et 35,3%) année de très bons résultats pour la gauche mais sa bonne performance sur Champigny et la performance très moyenne de la candidate socialiste lui ont permis, sur l’ensemble de la circonscription d’être en tête de la gauche et donc d’être présent au second tour alors qu’en 2002 c’était la candidate socialiste de l’époque qui avait ravi la première place de la gauche au PCF.

Bilan positif donc pour M. Adenot d’autant que les résultats du second tour sur le secteur de Champigny sont satisfaisants pour lui. Il obtient plus de voix (9216 soit 59,14pour cent des exprimés) que le total des voix de gauche au 1er tour (8679) alors qu’il y a 670 suffrages exprimés de moins.

Cependant cette appréciation générale positive ne suffit pas à masquer que :

 

Il semble bien que l’électorat du MoDem a marqué une plus grande réticence à reporter ses suffrages sur lui que cela n’a été le cas dans le canton ouest pour Mme Joubert (PS).

Une partie des voix gagnées l’a été parce que dans certains bureaux de vote correspondant à de grands ensembles de logement sociaux (3 bureaux sur 4 du Bois l’Abbé, 1 bureau du Plateau) ou  on a plus voté qu’au premier tour alors que sur l’ensemble des bureaux la participation recule.

Enfin petit souci dans 3 des 4 bureaux de vote du Tremblay M. Adenot ne rassemble pas sur son nom le total des voix de gauche du 1er tour à l’inverse de ce qui se passe ailleurs.

 

Mais il s’agit de points de détail. M. Adenot apparaît après ces législatives comme quelqu’un qui a la capacité de rassembler sur son nom au-delà même des électeurs les plus  proches de ses idées et pour l’élection municipale 2008 s’il est candidat à sa propre succession à la mairie (ce qui est très vraisemblable) ce sera un atout d’importance.

 

 

Un Parti Socialiste  en charentaises

 

Discret le PS à Champigny. Il va de scrutin en scrutin, tournant autour de 15-20% des voix, sans tenter de jouer un rôle a la mesure de l’influence qu’il a à l’échelon national en tant que première force politique de la gauche.

Dans la 7ème circonscription (canton ouest) il est passé de 1184 voix (18,94%) aux législatives de 1997 à 1413 voix (23,08%) en 2002 et obtient 1236 voix (20,48%) cette fois ci.

Dans la 5ème il perd régulièrement en voix depuis 1997 : 2787 voix et 15,71% puis 2617 voix et 15,90% en 2002 et 2415 voix et 14,7% en 2007.

Sa campagne a été assez terne et embarrassée. Le PS à Champigny manque de personnalités marquantes. Il semble qu’à force de se limiter à apporter son appui à la majorité municipale, sans présenter d’alternative, ni de propositions autonomes il ait perdu en visibilité.

 

La contre performance du MoDem 

 

Les candidats du MoDem sur les 2 circonscriptions sont des personnalités brillantes et on pensait qu’elles pouvaient créer la surprise. Sur la 5ème  M.  Barnaud, élu de Champigny était bien connu. Pourtant les résultats n’ont pas été à la hauteur des espérances. Alors que lors de la présidentielle M. Bayrou avait recueilli 5970 voix et 17,79% des suffrages sur Champigny, lors des législatives les candidats du MoDem en ont recueilli seulement le tiers soit 1973 voix et 8,7% un chiffre en progrès toutefois sur les résultats de M. Bayrou à la présidentielle de 2002 : 1259 voix et 5,3%. Dans le détail il apparaît que les meilleurs résultats du MoDem sont localisés dans des quartiers du Centre Ville, du Canton Ouest et de Coeuilly à forte dominante pavillonnaire où le vote pour le MoDem  peut atteindre de 10 à 15% là ou aux présidentielles M. Bayrou dépassait 20%. Par contre le vote MoDem est inférieur à 5% dans les grandes cités du Bois l’Abbé et des Mordacs.

La question souvent débattue du devenir du vote MoDem au 2 è tour est délicate à apprécier à Champigny. Ses électeurs du 1er tour sont-ils réfugiés dans l’abstention ? Ont-ils préféré voter pour la gauche ou pour la droite ? Sur les bureaux de vote de Champigny le nombre limité de voix recueillies par les candidats du MoDem rend difficile toute réponse même si on est enclin à penser qu’une moitié s’est réfugiée dans l’abstention et que les autres se sont reportés majoritairement vers la candidate socialiste dans la 7ème et pour une bonne part vers le candidat UMP dans la 5ème.

 

Et maintenant les municipales………à l’ancienne ? À moins que……

 

A première vue la situation à Champigny parait inchangée ou presque. Les positions des principales forces politiques (UMP à droite, PCF à gauche) sortent plutôt renforcées des élections législatives et selon certains on pourrait revoir au second tour des prochaines municipales un duel classique gauche-droite avec la réédition des résultats serrés précédents. Avant ces législatives le pouvoir municipal, victime d’une usure importante, ne  paraissait pas en mesure de résister cette fois ci aux assauts de la droite. Dans cette éventualité deux tendances se dessinaient à droite, rapportait-on. D’une part une liste UMP « légitimiste », structurée autour de M. Chriqui, d’autre part  une liste, avec aussi des militants UMP, mais plus largement ouverte depuis des personnalités « vertes » jusqu’à des militants du Mouvement pour la France de M. de Villiers.

Il n’est interdit à personne de faire des projets. Toutefois les municipales en 2008 seront les premières grandes élections politiques un an après l’accession de M. Sarkozy à la Présidence de la République. Elles seront donc très politisées surtout dans une ville de 75000 habitants comme Champigny.

Même si au premier tour il y a plusieurs listes chargées pour certaines de « ratisser » large, le second tour, décisif, devrait voir un affrontement entre gauche et droite.

 

A moins que

 

Cette perspective simple pourrait toutefois être bouleversée. Tout simplement parce que les Campinois et les Campinoises souhaitent autre chose que ces duels répétitifs. Ils ont bien sur leurs préférences politiques mais ni la majorité actuelle ni l’opposition de droite ne répondent réellement à leurs souhaits. Et c’est pourquoi, d’ailleurs, aux municipales le taux d’abstention va croissant.

 

 

Cette tendance peut-elle s’inverser au prochain scrutin ?

Pour cela il faut que le débat municipal dépasse le ronronnement habituel de ces campagnes et se situe sur le terrain des changements nécessaires à Champigny. Une démarche d’entente citoyenne qui accueille les Campinois dans le respect de leur diversité, et formule des propositions pour transformer la ville dortoir en ville résidence équilibrée, commerçante et vivante, dans le respect d’une politique sociale progressiste, ce sera quand même quelque chose de tout à fait nouveau à Champigny, qui pourra inciter les citoyens à se rapproprier la politique, à faire irruption sur la scène des élections et donnera un ton tout a fait neuf à ces municipales. Personne ne s’étonnera donc que Forum situe son action dans cette perspective et que sa campagne aux municipales sorte des sentiers battus. Il y a du changement à Champigny.