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PRIMAIRE SOCIALISTE: QUI A PARTICIPE DANS LE VAL DE MARNE? ET POURQUOI?

 

L’analyse des résultats de la primaire organisée par le PS est un exercice difficile.

C’est la première primaire ouverte, la première élection de ce type. Nous avons choisi de regarder commune par commune quel pourcentage d’électeurs avait participé à cette consultation et aussi de chercher à préciser qui avait voté.

Pour avoir une idée de ce QUI a voté nous avons choisi de comparer commune par commune le nombre de participants et le nombre de voix obtenues par le PS à la dernière élection politique (Régionales 2010) où le PS se présentait seul (liste Huchon) et avait affaire à d’autres forces à gauche (Europe Ecologie, Front de Gauche etc.).

 

Sur l’ensemble du département 56297 personnes soit 7,43% des inscrits ont participé à cette primaire citoyenne. Le chiffre peut paraître faible mais il doit être comparé avec le nombre de personnes qui s’étaient prononcé pour la liste du PS en 2010 : 80.685 . Le chiffre de la participation dimanche dernier représente 69,77% du total des voix de la Régionale de 2010.  Il existe toutefois des disparités significatives entre les différentes communes. Plus de 10% des inscrits se sont rendus aux urnes de cette primaire à Arcueil (10,04%) Alfortville (10,34%) Vincennes (10,68%), l’Haÿ les Roses, (10,69%), Cachan (12,31%). Pour plusieurs de ces communes il s’agit de villes où l’implantation du parti socialiste est forte (Alfortville, L’Haÿ les Roses, Cachan) mais pas uniquement. Ni Arcueil (ville de gauche, ni Vincennes ville de droite) ne sont des bastions traditionnels du Parti Socialiste. On notera quand même que les problèmes rencontrés par le maire PS de l’Hay les Roses (mise en examen) ne semblent pas avoir joué un rôle dissuasif quant à la participation des citoyens de l’Haÿ à la primaire.

A l’opposé la participation a été inférieure à 5% des inscrits dans les communes suivantes :  Joinville (4,8%), Bonneuil (3,6%)Valenton (2,75%), Villeneuve St Georges (1,44%). A l’exception de Joinville il s’agit de municipalités communistes (Bonneuil, Valenton, Villeneuve Saint Georges). Malgré la mise en garde de Dominique Adenot, Maire de Champigny et Président de l’ANECR (Association Nationale des Elus Communistes et Républicains) contre la tenue de ces primaires (voir sur ce blog l’article en date du 18 juin,  intitulé Une directive de M. Adenot aux maires communiste) il est peu vraisemblable que le PCF ait été en mesure de freiner concrètement la tenue de ces primaires. Il reste toutefois possible que l’intimidation, l’existence de liens municipaux contraignants de subordination du PS au PCF dans ces municipalités aient joué un rôle et contribué à minorer la campagne des sections socialistes pour la participation aux primaires citoyennes dans ces communes. A Champigny où Dominique Adenot, Président de l’ANECR est maire le taux de participation dépasse les 5% mais de peu (5,48%).

Deuxième question intéressante. Quelle est la part de l’électorat habituel du Parti Socialiste qui a participé à cette primaire ? D’autres électeurs se sont-ils mobilisés pour cette primaire et si oui qui ? Il est évidemment difficile de connaître cette participation dans le détail. Faute de mieux nous avons choisi de comparer le nombre des participants à cette primaire à celui du nombre de voix obtenues par la liste Huchon (PS seul) aux Régionales de 2010. Choix arbitraire car il ne s’agit pas du même type d’élection mais ces chiffres ont le mérite de  nous donner une valeur numérique, celle du nombre de personnes se reconnaissant dans un vote spécifiquement PS dans une élection où toutes les autres forces de gauche étaient représentées (Extr. gauche, Front de Gauche, Europe Ecologie).

Là aussi on observe des écarts importants selon les communes. Dans certaines d’entre elles le nombre de personnes ayant participé à la primaire est inférieur à la moitié des électeurs socialistes de 2010 (Villeneuve Saint Georges 16,99%, Valenton, 27,92%, Bonneuil 32,88%, Orly, 42,05%, Joinville, 43,99% Chevilly Larue 49,92%) Là encore à l’exception de Joinville ( UMP) et d’Orly (Gauche Citoyenne) il s’agit de municipalité PCF.

Dans d’autres villes le pourcentage est particulièrement élevé supérieur à 80% (Charenton, 84,07%, Villejuif, 85,24%, Nogent, 87,42%, Fontenay sous Bois, 88,90%, Ivry, 90,13% , Arcueil 90,60% , Saint Maur 93,12%, La Queue en Brie, 99,04% ) et dépasse même 100% dans certaines communes (Saint Mandé 101,74%, Vincennes 102,80%, Vitry 106,60%) Assemblage disparate de communes ou coexistent des communes de droite (Charenton, Nogent, Saint Maur, Saint Mandé, Vincennes), une municipalité Gauche Citoyenne (Arcueil) et des municipalités dirigées par le PCF (Villejuif, Fontenay sous Bois, Ivry, Vitry).

Dans ce renfort de participation on trouve sans doute des électeurs venant du Front de Gauche et de EE-LV mais le fait que ces chiffres élevées proviennent de villes ou Europe Ecologie avait réalisé des scores importants, proches de ceux du PS lors des régionales tant dans les villes de droite (Saint Mandé, Saint Maurice, Charenton, Vincennes) que dans certaines villes de gauche (Arcueil, Fontenay sous Bois, Ivry) permet de penser que la majorité de cet apport de participation vient d’électeurs d’EE-LV qui ont été sensibles à la démarche de participation citoyenne et de renouvellement des modes de fonctionnement que constituait cette première primaire citoyenne.

Seule une étude plus fine, bureau de vote par bureau de vote permettrait sans doute de préciser ce point.

2ème tour

Commentaires sur les résultats du 2ème tour de l’élection présidentielle à Champigny sur Marne
Au deuxième tour, le 6 mai,  de l’élection présidentielle le taux de participation à Champigny a été de 83,80 %, en légère diminution sur le premier tour (84,78%). Cette baisse est presque également répartie sur tout les quartiers avec une baisse maximale de 3,5% sur un bureau de vote et des progressions légères (+1 à +2%) sur des bureaux correspondant à des cités (Bois l’Abbé, les Mordacs, Albert Thomas Maternelle).

De ces chiffres on peut déjà tirer la conclusion que l’appel de J.M. le Pen aux électeurs du Front National à s’abstenir au deuxième tour a été sur Champigny un fiasco complet.

Le nombre des bulletins nuls a augmenté passant de 381 (et 1,12% des votants) à 1122 (3,23% des votants). Il s’agit là d’un phénomène classique de second tour. Le choix des candidats étant plus restreint certains électeurs refusent de choisir et votent blanc ou nul.

Ségolène Royal, en tête au premier tour avec 10375 voix et 30,83% des suffrages exprimés l’emporte nettement au second en rassemblant sur son nom 18292 voix et 56,21% des suffrages.

Champigny repasse à gauche renouant avec sa tradition socio-politique.

Mme Royal totalise 2932 voix de plus (et 10,57%) par rapport au total des voix qui s’étaient portées sur les candidats de gauche du premier tour (Besancenot+Bové+Buffet+Laguillier+Royal+ Voynet).

M. Sarkozy obtient 14249 voix soit 43,79% des suffrages exprimés.

Au deuxième tour Mme Ségolène Royal obtient la majorité absolue dans 32bureaux de vote sur 38 alors qu’au premier la gauche n’était majoritaire que dans 13 bureaux.
9 bureaux ont donné entre 60 et 70% des suffrages exprimés à Ségolène Royal. 3 bureaux de vote lui ont donné plus de 70%.
Il s’agit bien sur des bureaux où elle avait obtenu ses meilleurs scores au premier tour.

Au premier tour M. Sarkozy était en tête devant Mme Royal dans 19 bureaux sur 38 soit la moitié. Au second tour il ne conserve la tête que dans 6 bureaux (les bureaux de Champigny qui traditionnellement donnent le plus de voix à la droite).
Comme la mobilisation à 1 ou 2% près a été équivalente les voix gagnées sont essentiellement des reports des voix obtenues au premier tour par François Bayrou.
Lorsque on établit la comparaison bureau de vote par bureau de vote une conclusion s’impose. Les reports vers Ségolène Royal des voix qui s’étaient portées sur François Bayrou se sont faits de façons très différentes selon les bureaux de vote avec des irrégularités flagrantes. Dans certains bureaux de vote seulement 22% des votes qui s’étaient portés sur M. Bayrou au premier tour se sont portés sur Ségolène Royal au second. Dans d’autres bureaux la proportion atteint 50, 70 voire 95%. Il n’est pas possible de définir de façon précise les motivations de cette diversité dans les reports. Tout au plus peut on noter que les reports vers Mme Royal semblent se faire mieux dans les quartiers socialement défavorisés.

Il en ressort que l’électorat centriste est sans doute très hétérogène et correspond à un refus tant du PS que de l’UMP. On ne voit pas bien comment le nouveau parti de M. Bayrou le Mouvement Démocrate va pouvoir faire converger ces aspirations.

En conclusion

A la vue des résultats du second tour on pourrait dire : rien ne s’est passé Champigny a toujours une majorité de gauche qui au gré des différentes élections reflète un rapport de force d’ordre 55/45.
En fait beaucoup de choses peuvent changer

1/ l’UMP qui se flattait de conquérir la municipalité et 2 sièges de conseillers généraux lors des élections locales de mars 2008 va être amené à considérer que ses souhaits ne seront pas faciles à réaliser.

 

2/ le mouvement centriste apparaît comme très hétérogène à Champigny. Pourra-t-il dans ces conditions se présenter, se choisir des alliés et présenter des positions cohérentes tant aux législatives qu’aux élections locales ?

 

3/ A gauche on a eu peur mais on a des raisons de pavoiser. Une question importante se pose de façon pressante cependant. Le Parti Communiste est en recul. Le rapport de force à Champigny est de plus en plus favorable au Parti Socialiste. Jusque quand le PS va-t-il accepter d’être localement confiné dans un rôle subalterne ? trouvera-t-il en son sein des personnalités capables de faire le poids face à des communistes bien implantés localement ?

Une élection présidentielle est par nature différente d’une élection locale. Dans une ville de 75000 habitants comme Champigny toutefois les critères politiques généraux jouent un rôle plus important que dans des petites communes. Reste à savoir si cet avantage politique de la gauche sera suffisant pour reconduire la majorité sortante. La désaffection qui se manifeste envers la municipalité, y compris auprès d’électeurs de gauche, risque quand même de lui jouer un vilain tour.
Yves Fuchs

Champigny change-t-il?

1er tour

Evolution du corps électoral
Lors de la présidentielle de 1995 les listes électorales recensaient à Champigny 38353 électeurs inscrits. Ils étaient 37546 lors de la présidentielle de 2002. Ils sont aujourd’hui 40144 soit 2598 de plus qu’en 2002 (+6,92%). En fait le nombre de « nouveaux électeurs » sur Champigny est plus élevé car il faut tenir compte des départs et des décès. En 2002 nous avions pu mesurer que bien que le nombre d’électeurs ait baissé entre 1995 et 2002 12% des inscrits sur les listes votaient pour la première fois à Champigny ( personnes ayant atteint la majorité légale, personnes arrivant d’autres communes de résidence).

De ce fait on peut estimer à 20% minimum le nombre d’électeurs inscrits à Champigny et qui ne l’étaient pas lors de la présidentielle précédente.

Toute tentative de comparaison doit donc tenir compte du fait que l’objet d’analyse : le corps électoral n’est plus le même qu’il y a 5 ans.
Il n’y a pas de grande différence entre les cantons (ouest +6,17%, centre +7,36%, est +6,30%, Bry +8,66%) . Les variations qui apparaissent pour certains bureaux de vote doivent être relativisées dans la mesure  ou 3 nouveaux bureaux ont été créés et les limites de nombres d’entre eux changées pour aboutir à une homogénéisation du nombre des votants. On notera seulement que l’ensemble des bureaux (32,33,34) regroupant les immeubles du Bois l’Abbé montre un solde positif de 330 (+9,89%) au dessus de la moyenne de la plupart des autres quartiers ce qui a sans doute plusieurs causes.  Lors de l’élection précédente nombre de citoyens de ce quartier avaient négligé de se faire inscrire et ont veillé à régulariser leur inscription cette année. Surtout il s’agit d’un quartier ou la population jeune est importante et où donc un nombre significatif de personnes ont acquis récemment l’âge légal.

Mobilisation électorale

La mobilisation a été forte à Champigny avec 34034 votants sur la ville (84,78%) et seulement 381 votes blancs ou nuls (1,12%).. En 1995 le pourcentage des votants était de 75,50%, il y avait 610 blancs ou nuls (2,11%). En 2002 le pourcentage des votants était de 64,92% avec 645 blancs et nuls (2,45%).

L’augmentation du nombre des inscrits, ce saut de +23,92% du nombre des votants, le faible nombre des blancs et nuls ces faits sont significatifs de l’importance accordée à cette élection présidentielle.

Cette mobilisation citoyenne ridiculise tous les discours sur le supposé désintérêt par rapport à la politique.
Le pourcentage du nombre des votants varie de 4 à 5 points selon les bureaux de vote. En règle générale les quartiers pavillonnaires ont un tout petit peu plus voté que les grands ensembles mais cette différence tend à s’estomper. L’écart entre le mieux votant (bureau 6) et le moins votant (bureau 32) est de 11,48 points. En 2002 il était de 16,23 points.

Ces élections donnent ainsi une meilleure représentation de toute la ville.

Les résultats
Un certain nombre de candidats (Mme Voynet, Mme Laguillier, M. Bové,à gauche M de Villiers à droite, M. Nihous pour Chasse Pêche Nature Tradition) ont obtenu des nombres de suffrages très inférieurs à ce que leurs résultats précédents et leur notoriété leur laissaient espérer. Le type même de l’élection présidentielle, et le contexte politique, les ont défavorisés. Les voix qu’ils ont obtenues s’apparentent à un soutien déjà très militant.

Le cas de M. Besancenot (Ligue Communiste Révolutionnaire)  est  différent. Avec 1410 voix et 4,19%  il gagne 505 voix et 0,38%  par rapport à 2002. L’extrème gauche (LO et LCR)  totalisait alors 2123 voix et 8,94%, LO étant nettement devant la LCR. Le très faible résultat de Mme Laguillier à Champigny (0,94%) laisse la Ligue Communiste Révolutionnaire comme principal représentant d’un pole politique à gauche du PCF.Les résultats de Mme Buffet constituent un lourd échec pour le Parti Communiste. Même si la commune a une valeur symbolique dans l’histoire du PCF, la tendance nationale est confirmée ici. M. Hue avait obtenu 5878 voix (20,73%) en 1995, 2781 (11,72%) en 2002. Mme Buffet obtient 2351 voix et 6,99%. Elle perd dans presque tous les bureaux de vote. Dans 7 bureaux de vote (sur 38) elle obtient moins de voix que M. Besancenot (et dans 1 bureau ils sont à égalité).
Les pertes sont parfois lourdes comme à Jacques Decour maternelle ou le vote PCF passe de 123 voix à 48 et de 18,66 à 5,44%. D’une façon générale le PCF perd peu en voix sur les grands ensembles de logement sociaux. Dans ces quartiers il a su mobiliser ses sympathisants. Sur le bureau Danielle Casanova il passe de 121 à 102 voix, sur l’ensemble des 3 bureaux du Bois l’Abbé il passe de 350 à 341 voix mais l’augmentation du nombre des votants réduit son score. Il régresse ainsi de 19,55 à 12,93% à Casanova et de 19,28% à 11,89% sur l’ensemble du Bois l’Abbé.

La conclusion est dure. Dans les grands ensembles de logements sociaux les nouveaux inscrits et plus particulièrement les jeunes qui votaient pour la première fois se sont totalement détournés du vote PCF.

Une présidentielle est une opération électorale d’un type particulier. Il faut se garder de toute comparaison simpliste mais, au vu des résultats, le PCF peut avoir des soucis en particulier pour les 2 sièges de conseiller général renouvelables en 2008 (Mme Kennedy et M. Favier)

Dans 2 bureaux Mme Buffet obtient des résultats élevés supérieurs en voix et pourcentage à ceux de M. Robert Hue en 2002. Il s’agit du bureau Salle de Ping Pong (+ 47 voix et +1,76%) et de l’école Primaire Albert Thomas (+44 voix et + 1,16%). Elle obtient son meilleur score au bureau salle du Jeu de Paume (15,68%) un bureau issu d’un redécoupage et pour lequel il n’existe donc aucune statistique antérieure.
Nous n’avons aucune explication à ces écarts par rapport aux moyennes statistiques.

A gauche à Champigny comme ailleurs en France le grand vainqueur est Mme Royal . Si on considère que sa candidature correspond à l’ensemble des forces qui soutenaient  les candidats Me Taubira MM Jospin et Chevènement et qui avaient obtenu 6558 voix et 27,64% elle obtient en 2007 10.375 voix et 30,83% soit 3817 voix et 3,19% de plus. Un certain nombre de voix peuvent sans doute être attribuées au choix du vote « utile » de certains électeurs Verts ou PCF de 2002 mais surtout les nouveaux électeurs jeunes des grands ensembles sociaux, qui votaient pour la première fois, se sont massivement prononcés pour elle. Avec 1469 voix et  51,24% sur les 3 bureaux du Bois l’Abbé elle gagne 852 voix et 18,47% par rapport à l’ensemble Taubira+Chopin+Chevènement en 2002..

Dans d’autres quartiers  (bureau de la Mairie, bureau Jeanne Vacher, Jean Jaurès Primaire) elle rassemble plus de voix que Taubira+Jospin+Chevènement mais reste inférieure de 2 à 3 points en pourcentage à celui qu’ils totalisaient à eux 3 en 2002.
A Coeuilly (Romain Rolland A) en bord de Marne (Gymnase Tabanelli) elle recueille moins de voix que Taubira+Jospin+Chevènement en 2002 malgré un nombre de votant supérieur. Tous ces quartiers sont ceux ou M. Bayrou réalise ses meilleurs scores

La progression de Mme Royal est basée sur un vote des milieux populaires et sans doute un vote jeune. Dans les couches moyennes des secteurs pavillonnaires ou d’accession à la propriété elle subit une concurrence importante de la  part de M. Bayrou et y perd des points par rapport à l’électorat habituel de la gauche non communiste.
Du côté de la Droite aussi ce scrutin présidentiel apporte quelques corrections au paysage politique campinois.

A l’extrême droite on note un sévère recul. De 3988 voix et 14,07 % des exprimés en 1995, le Pen est passé à 3460 et 14,58% en 2002 (+458 voix et 1,93% pour Mégret) à 2728 voix et 8,1% en 2007. Rude perte pour l’extrême droite qui voit fuir un tiers de ses électeurs et enregistre une chute de moitié de son pourcentage.
Le cas de l’extrême droite à Champigny est assez particulier. Le FN ne dispose d’aucune structure locale et depuis une douzaine d’années n’a plus d’activité militante ni de personnalité locale connue. Il continue d’exister sur le plan d’une adhésion idéologique à un courant national. Au niveau des bureaux de vote on constate qu’il existe une fraction dure des électeurs de la droite qui balance, d’un scrutin à l’autre, entre le vote pour l’extrême droite ou celui pour une droite classique quand elle la sent plus musclée. Cette fois le déplacement s’est fait du FN vers le candidat UMP. Le FN garde  quelques points forts : des bureaux où il dépasse 10% des suffrages (Joliot Curie maternelle 11,39%, Albert Thomas maternelle 11,31%) mais c’étaient des bureaux ou il recueillait 22,49% et 18,39 en 2002.  M. le Pen a perdu des voix au profit de M.Sarkozy mais ce report ne suffit pas à expliquer le succès de M. Sarkozy.

M. Sarkozy a réussi un très beau score à Champigny même s’il est dépassé par Mme Royal et obtient seulement 8963 voix et 26,64%. Il fait nettement mieux que Chirac+Boutin+Madelin qui avaient réuni sur leur nom 20,63% (4898 voix) des suffrages, mais ne retrouve pas les 10.390 voix ( 33,12%) que totalisaient Chirac+Balladur en 1995,  et ceci évidemment du fait de la présence de M. Bayrou.
M. Sarkozy obtient ses meilleurs scores dans les bureaux traditionnellement à droite (ceux qui avaient donné les meilleurs scores à Jacques Chirac en 2002) comme les bureaux  9  et 10 (J Decour primaire=31,14%, J. Decour maternelle 30,92% ) 17 (Cuisine Centrale 31,44%) 24 (collège Vaillant Couturier 30,53%) 26,27,28 , 29(Romain Rolland respectivement 36,20%, 36,97%30,98%, Gymnase Jaffray 30,67%) 36, 37, 38 (Frappié maternelle, 31,02, Jean Jaurès primaire 32,37% et Gymnase Baquet 33,13%). Il s’agit de bureaux correspondant essentiellement à des zones ou l’habitat pavillonnaire ou d’accession à la propriété est important.

Dans ces quartiers MM Sarkozy et Bayrou ont bénéficié d’une augmentation importante des inscrits et des votants. Il y a là, en leur faveur, un mouvement très semblable à ce qui s’est produit en faveur de Mme Royal dans les cités.
Les 11 bureaux ou M. Sarkozy  dépasse 30% correspondent à 8 des 12 bureaux où M Bayrou dépasse 20%.

M. Bayrou obtient en effet 5970 voix et 17,74% des suffrages contre 1259 et 5,31% il y a 5 ans. Il progresse dans tous les bureaux de vote, mais cette progression reste modéré dans les grands ensembles des Mordacs, du Bois l’Abbé, des 4 Cités ( +7% aux Mordacs, +7 à 10% sur les 3 bureaux du Bois l’Abbé, +10% aux Boullereaux, +11% à Joliot Curie. Par contre il augmente son pourcentage de 13% sur les bureaux de Romain Rolland, de 15% sur ceux de J. Decour et de 18% à Tabanelli.

Comme évoqué plus haut il apparaît que dans les secteurs ou la poussée de l’UDF est la plus forte la candidate socialiste ne retrouve pas toutes les voix qui s’étaient portées sur Tauvira+Jospin+Chevènement au premier tour de 2002. Ces électeurs ont voté pour M . Bayrou. Que feront-ils au second tour ?

Quelques remarques
Cette présidentielle 2002 est une étape importante de la vie citoyenne à Champigny. La participation électorale est en forte hausse. De nouveaux citoyens se sont impliqués dans la vie politique. Que ferons nous pour leur donner l’envie de continuer ?

Le total des voix de gauche et d’extrême gauche est de 47,25% pour la gauche et l’extrême gauche contre 54,86% en 2002. Cela signifie-t-il que Champigny a basculé à droite ? Les reports de voix entre les deux tours vont jouer un rôle essentiel. En 1995 aussi la gauche était minoritaire au premier tour à Champigny (49,66%) ce qui n’empêchait pas Jospin de dominer Chirac au second tour en obtenant 54,15% des suffrages campinois.

Le premier tour des présidentielles a été marqué à Champigny, comme ailleurs en France par le très faible score du PCF. Certes  il n’y a pas nécessairement adéquation entre élection présidentielle, législatives et élections locales. En 2002 les législatives intervenant après les 11,7% de M. Hue se soldaient par un score de plus de 28% pour les candidats communistes sur Champigny. Cette fois ci cependant l’échec est plus lourd et les conséquences pourraient être importantes au niveau local. Le Parti Socialiste à gauche et l’UMP à droite sortent renforcés de cette élection mais surtout le poids du mouvement centriste devient une composante importante. Que deviendra-t-il ? Quelles alliances va-t-il choisir localement ?

Yves Fuchs