2020 ANNEE A SURPRISES ?

BASCULERA?

BASCULERA PAS?

réélu ou battu ?

EDITORIAL

YVES FUCHS

L’évènement à Champigny sur Marne en 2020 ce pourrait bien être un changement de majorité à la mairie, c’est à dire la perte de celle-ci par le Parti Communiste Français qui dirige la commune depuis 1947 (73ans)
Ceux qui font grand cas de cette défaite, selon eux probable, du PCF sont, on ne s’en étonnera pas, les représentants de la droite locale, adversaires historiques de la majorité actuelle.

Cette fois-ci, « c’est cuit pour les cocos » m’a dit d’un air assuré un monsieur sur le marché et même une militante du PCF, qui discute sans fard avec moi me disait sa crainte de « perdre Champigny »
Perdre CHAMPIGNY serait grave pour le PCF. Champigny reste en effet avec ses 77.000 habitants, l’une des plus importantes communes dirigées par le PCF, un des fleurons qui subsiste d’un apanage municipal qui fut par le passé bien plus important. C’est aussi, à tort ou à raison, une ville symbole pour le PCF.

Le Parti Communiste conserve une certaine visibilité sur l’échiquier politique grâce à l’influence qu’il a su garder au niveau des affaires municipales, alors qu’au niveau national, il est de moins en moins audible comme en témoigne son score de 2,49% des exprimés aux élections européennes de 2019. (*voir note en bas de page)).

A Champigny le PCF gère la ville en tant que leader d’une coalition regroupant les « forces de gauche et écologistes » suivant une formule consacrée.
Cette « recette » avait bien fonctionné en 2008, puisque Dominique ADENOT, étrennait sa candidature, pour la première fois comme tête de liste, par une victoire dès le premier tour :

2008 1ER TOUR nombre de suffrages % des exprimés % des inscrits
LISTE ADENOT 11464 50,89% 27,33%
2014 1er TOUR
LISTE ADENOT 9121 43,47% 21,1 8%

En 2014, ce fut plus difficile, En effet de 2008 à 2014 la liste dirigée par D. Adenot, au 1er tour, a perdu 2343 électeurs et reculé de 7,42% des suffrages exprimés. Et en 2020, l’horizon s’est encore assombri.

Être maire exige des qualités particulières, l’aptitude, à la fois, à l’écoute, à la synthèse des idées diverses, voire contradictoires et, ensuite, la capacité à imposer des choix, puis, à en contrôler la réalisation. C’est une tâche difficile et exigeante.

La disparition de Dominique ADENOT (avril 2018) a fait ressurgir des problèmes au sein de la majorité, qui sur plusieurs votes importants s’est divisée.

La décision de Christian Fautré, de retirer leurs délégations de Maire Adjoint à J. L. Besnard et P. Le Guillou, en septembre 2019 m’a amené à démissionner de mon poste de Maire Adjoint.
Ces accidents de parcours ont mis en évidence l’existence de divergences profondes au sein de la majorité.
Quelques mois auparavant, la démission de son poste de Conseiller Municipal Délégué de Mamadou SY, membre du groupe communiste et apparentés, avait montré que des problèmes se posaient aussi au sein même du principal groupe de la majorité.

Des décisions politiques prises sans écoute des questionnements, le refus d’accepter de débattre des questions de fond entre les groupes de la majorité, l’affirmation de la certitude d’avoir raison sans partage ont miné les relations entre les sensibilités au sein de la majorité.

C’est ainsi, qu’en octobre 2018, C. Fautré s’est auto proclamé chef de file pour mener la bataille électorale, sans même avoir consulté les groupes politiques de la majorité élue en 2014.
Son mot d’ordre reste inchangé, celui de l’union des forces de gauche et des écologistes. Mais, il sera difficile de faire accroire aux électeurs que son contenu est autre chose qu’un slogan électoral.

Que reste-t-il des forces qui composaient la liste en 2014 ?
Si les membres de EELV ont approuvé à une large majorité l’option de leur présence dès le premier tour sur une liste d’union dirigée par C. Fautré, à l’exact inverse de ce qu’ils préconisaient en 2014, il leur reste à faire prévaloir un certain nombre d’objectifs qui leur sont chers dans le programme à venir….

Le Parti Socialiste, comme d’habitude, obéira aux consignes nationales. Mais que représente-t-il aujourd’hui à Champigny ? Ce parti avait obtenu 11 élus en 2014, 3 d’entre eux siègent encore à ce titre aujourd’hui. 6 autres siègent à l’UCES, créée en 2016, en réaction, selon eux, à l’autoritarisme de la leader socialiste, une élue a rejoint le groupe EELV et un autre, « indépendant » au sein du Conseil Municipal, s’est associé à l’une des listes d’opposition en préparation.

On peut logiquement s’interroger sur la position qu’adoptera La France Insoumise. Critique, depuis quelque temps à l’égard de la pratique du pouvoir des représentants du PCF local, La France Insoumise, ne semble pas tentée de compter ses forces en présentant sa propre liste, malgré ses bons scores aux législatives 2017 et aux Européennes 2019.

Ainsi, Christian Fautré pourra-t-il présenter une liste de rassemblement de « toute la gauche et des écologistes ». Il ne manquera plus que l’évocation rituelle des « forces de progrès ».

Saura-t-il pour autant convaincre ? BEAUCOUP LE VOIT BATTU ; et leurs arguments sont solides. Mais, la prudence s’impose. A Champigny, les résultats des 2ème tour SONT TOUJOURS TRES SERRES. Donné souvent perdant avant le 1ER Tour, le PCF s’est jusqu’à maintenant imposé au final. La dernière fois, il s’en est fallu de 800 voix. Alors….

NOTE 10,39% des exprimés, 4,15% des inscrits à Champigny contre 19,62% et7,99% en 2004 dernière élection européenne avec une liste PCF seul ; en 2009, coalition PCF+ Parti de Gauche, en 2014 coalition avec LFI.

LA SEMAINE PROCHAINE NOUS EXAMINERONS LES FORCES ET LES ORIENTATIONS DES CINQ AUTRES LISTES QUI VONT SE PRESENTER AUX SUFFRAGES DES CAMPINOIS(ES)


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