Après le deuxième tour de la cantonale

Deuxième tour :

 Les résultats globaux sur le canton sont clairs. M. Maurice. Ouzoulias obtient 3730 voix et 75,31% des votes exprimés (+1709 voix et + 31,97% par rapport au premier tour). Le candidat du Front National (toujours inconnu et invisible sur le canton) obtient 1223 voix soit 24,69% (+ 443 voix et + 7,96% par rapport au premier tour). M. Ouzoulias dépasse de 550 voix le total des voix de gauche (Front de Gauche=PCF+PG, PS et EE-LV) au premier tour. Ceci est rendu possible par une plus forte mobilisation électorale au second tour qu’au premier.

5236 électeurs soit 37,93% des inscrits ont voté soit 504 (et 3,65%) de plus qu’au premier tour.

Ces chiffres globaux doivent être maniés avec précaution. Un certain nombre de votants du premier tour se sont abstenus tandis qu’un nombre supérieur qui s’étaient abstenus de voter au premier tour s’est sentis mobilisé au second.

Le vote blanc ou nul avec 283 bulletins  représente 5,4% des votants. C’est plus qu’au premier tour (69 BN) mais c’est un chiffre assez habituel dans un second tour où ne restent en lice que 2 candidats et où la liberté de choix est donc assez limitée. On aurait même pu s’attendre à un chiffre plus élevé de blancs ou nuls suite à la consigne ni-ni donnée par certains leaders UMP.

La compilation des résultats bureau par bureau est intéressante

Les bureaux où la participation s’est le plus fortement accrue sont ceux  du Jeu de Paume (+5,07%)de H. Bassis Maternelle (+5,26%), de Politzer Maternelle (+5,42%) et d’Eugénie Cotton Maternelle (+ 9,96%) un bureau abonné aux records.

Dans les bureaux où l’augmentation de la mobilisation a été la plus forte M. Ouzoulias réalise ses meilleures scores au dessus de 80% ( 85,59% à Eugénie Cotton).

Par contre certains bureaux se caractérisent par une baisse du nombre de suffrages exprimés c’est le cas au gymnase Tabanelli ou il y a 36 bulletins exprimés de moins qu’au premier tour et à Albert Thomas maternelle (5 suffrages exprimés en moins). On peut voir dans ces abstentions du 2ème tour l’expression d’électeurs qui avaient choisi l’ UMP au premier tour.

Cette possibilité existe mais reste difficile à mesurer.

M. Ouzoulias n’arrive pas à rassembler le total des voix de gauche du premier tour à Tabanelli (il s’en faut de 10 voix) où on compte un nombre élevé de bulletins blancs ou nuls (37 soit 9,5% des votants). Au LCP Morlet et à Maternelle Politzer (9,6% de blancs ou nuls) les gains de M. Ouzoulias par rapport au total des voix de gauche du premier tour sont limités. Ce piétinement peut être aussi le signe que certains électeurs d’Europe Ecologie qui avait obtenu dans ces bureaux ses meilleurs scores (17,6%, 14 ,6% et 14,5% respectivement) se sont montrés réticents à voir dans M. M. Ouzoulias le candidat idéal pour manifester leur refus du FN.

Le canton centre possède un bureau classé à droite. Cette fois ci il avait toutefois voté majoritairement à gauche (62,61% des voix) au premier tour. C’est quand même dans ce bureau de la Cuisine Centrale que la candidate UMP obtenait son meilleur résultat (19,88%) dépassant de peu le FN (16,62%). Il y a d’un dimanche à l’autre, une très faible augmentation des votants entre le premier et le second tour ( +2,93% de votants et 15 suffrages exprimés de plus). M. Ouzoulias ne recueille que 3 voix de plus que le total des voix de droite au premier tour. Le candidat du FN lui recueille 128 voix et 37,43% des suffrages soit plus que le total de ses voix du premier tour (56 voix) et de celles de la candidate UMP (67 voix). Même en admettant quelques glissements dus à une mobilisation d’abstentionnistes du premier tour  il apparaît nettement du moins dans ce bureau qu’une part importante, majoritaire même des électeurs UMP du premier tour se sont sentis très proches des « valeurs » portées par le FN, au point de voter pour lui.

Le scrutin aura donc vu la réélection triomphale de M. Ouzoulias, conseiller général sortant. Avec la montée de l’extrême droite le point préoccupant reste l’importance de l’abstention.

Une élection triomphale dans laquelle le vainqueur n’a obtenu que 27,02% des voix des électeurs inscrits (un électeur sur quatre) pose le problème du désintérêt des citoyens et la nécessité de changements visant à approfondir la participation démocratique, la transparence. Sinon l’extrême droite pourrait avoir encore de beaux jours devant elle.