CES POLLUTIONS QUI NOUS CERNENT: benzène, amiante, solvants toxiques PCE, gaz d’échappement, bruit. à Champigny

Champigny a des cotés agréables à vivre, les bords de Marne et les iles avec leur faune, les deux grands parcs publics du Tremblay et du Parc Départemental, un patrimoine architectural avec l’église Saint Saturnin, la vieille église de Coeuilly ou encore les cités jardins. L’importance des jardins et jardinets privés donne plus de verdure et de fleurs à la ville. Champigny présente un cadre de vie plein d’agréments. Cela ne doit pas nous faire oublier qu’au quotidien des pollutions diverses nous agressent et qu’il y a beaucoup à faire pour diminuer leur impact sur notre vie, notre santé.

 Ci-dessous une première énumération non limitative.

 Benzène: la station ESSO du rond-point de Chennevières

Le 10 octobre  a au cours de la délibération du Conseil Municipal consacrée aux pollutions engendrées par les fuites  à l’ancienne station ESSO (angle rue du Monument exRN4) Y. Fuchs, élu de Forum au sein du Conseil a dit son accord avec la démarche de la municipalité qui a réussi à faire prendre en compte que les travaux de dépollution des sols et du réseau d’égouts restent sous maitrise d’œuvre de la mairie de Champigny mais que le coût soit assumé par le pollueur à savoir ESSO. Une application logique du principe : POLLUEUR=PAYEUR

Il reste  toutefois encore des points litigieux. Le dédommagement des riverains victimes de la pollution pose problème. Esso traine les pieds et semble beaucoup espérer de possibles divisions entre victimes.

Une autre question demeure, celle du règlement du coût du suivi médical (pendant 10 ans !) des personnes ayant subi les effets de la pollution au benzène. Ce coût sera pris en charge par la Sécu. Au cours de son intervention au Conseil Municipal  Y. Fuchs a fait valoir qu’il serait normal que la Sécu présente la facture à ESSO, responsable de la pollution.

Par lettre en date du 8 novembre M. Adenot  précise qu’il est  d’accord avec ce point de vue et annonce qu’il saisit l’ARS (Agence Régionale de Santé) de ce problème afin qu’elle effectue les démarches nécessaires pour que ESSO rembourse la Sécu.

Une affaire à suivre…

Et l’amiante à Champigny ?

Au cours des questions diverses en fin de Conseil le 10 octobre Y. Fuchs avait signalé que dans l’acte de vente de l’office public d’HLM Habitat au bénéfice d’IDF  il était indiqué que les diagnostics effectués sur les  installations de branchement électrique et du gaz indiquaient qu’ilsn’étaient pas conformes du point de vue sécurité et que de l’amiante était présente et il demandait à M. le Maire d’intervenir auprès du nouveau propriétaire

Dans sa réponse, datée du 9 novembre M. Adenot répond que sur sa demande la direction de l’hygiène et de l’habitat a saisi IDF habitat sur cette question.

C’est un premier petit pas. Il faut faire plus. L’amiante est présente un peu partout dans notre ville. On a désamianté l’école Maurice Denis il y a une dizaine d’année, on a désamianté une salle d’Eugénie Cotton à l’été 2012, une partie des halles Stalingrad etc.

Combien reste-il de logements, de bâtiments publics contenant de l’amiante à Champigny ?

Il faut qu’un bilan soit effectué que les conclusions soient rendues publiques et que des travaux de désamiantage soient programmés

Les solvants toxiques

Ce 5 décembre 2012 la ministre de l’écologie a signé l’arrêté d’interdiction du perchloroéthylène (plus couramment appelé PCE qui avec le PCB (perchlorobenzène) est un solvant couramment utilisé dans les teintures, le nettoyage à sec mais aussi pour le nettoyage des outils voire des avions. Aux USA les bases militaires de l’US Air Force ont ainsi été reconnues responsables d’importantes pollutions au PCE et au PCB et depuis une vingtaine d’années l’armée de l’air Us est engagée dans un vaste et couteux programme de dépollution.

PCB et PCE sont en effet classés comme « cancérigènes probables ».

Cet arrêté de Me Delphine Batho, Ministre de l’Environnement nous rappelle qu’à Champigny aussi une pollution importante au PCE et au PCB a existé et qu’elle n’est pas complètement éliminée.

Rappelons les faits : En 2002 nous apprenions que sur la ZAC des Bords de Marne, à l’emplacement d’anciens ateliers de l’Air Liquide une pollution importante avait été décelée. A nos demandes de renseignements, de communication des informations le maire de l’époque M. Jean Louis Bargero opposait un ferme refus : Circulez il n’y a rien à voir. Notre association Forum dut alors écrire au Premier Ministre de l’époque (M. Raffarin) pour que la CADA (Commission d’Accès aux Documents Administratifs) intime à l’organisme porteur du projet de ZAC l’ordre de nous communiquer l’étude qui avait mis en évidence la pollution. Sa lecture nous apprenait l’existence d’une pollution importante au PCB et PCE due au laxisme de l’occupant précédent (Air Liquide) qui s’était débarrassé des produits toxiques en les déversant dans un simple puisard.

Nous avons publié ces données dans notre journal, le Parisien consacra un article documenté au sujet, le Moniteur (n°5228) s’empara de l’affaire. Une dépollution fut réalisée. Toutefois elle resta limitée au secteur de la ZAC elle-même. On ne chercha pas à savoir si les migrations des eaux de la nappe phréatique avait pu transporter les polluants plus loin. La dépollution elle-même resta limitée, sans doute pour des raisons financières et si le taux des polluants dans l’air et les sols est maintenant inférieure aux limites prévues par la loi il n’en reste pas moins élevé interdisant une présence permanente et donc la réalisation des ensembles d’habitation et de l’école initialement prévus.

 

Pollution de l’air

C’est une question que nous avons déjà abordée (on se reportera en particulier à l’article QUEL AIR RESPIRONS NOUS? (sur le blog en date de janvier 2011). Le trafic des voitures particulières et des camions à travers notre ville est gigantesque entrainant en particulier des teneurs très élevées en CO2 et en dioxyde d’azote dans les secteurs ou la circulation est la plus intense. Des mesures effectuées en 2007 par AIRPARIF indiquent pour le carrefour Talamoni-Dupertuis une teneur moyenne annuelle en dioxyde d’azote de 65 mg par m3 nettement supérieur à la valeur de 48 mg par m3 définie comme le maximum tolérable par la réglementation européenne.

A cette pollution due à la circulation automobile il est possible de remédier de deux façons. Localement et dans des délais assez brefs par la réalisation complète de la voie de desserte associée entre la tour hertzienne et le rond-point IKEA permettant de desservir les zones d’activité économiques (poids lourds) et de réduire la circulation autour de ce nœud routier représenté par l’axe Talamoni-Jaurès et l’axe République-Pont de Champigny. C’est une demande des campinois, nous avons écrit en novembre à M. Christian Favier, Président du Conseil Général pour qu’il accélère la réalisation complète de cet axe par le département.

L’autre façon de limiter puis de faire baisser cette pollution due aux poids lourds et aux autos c’est sur le long terme le développement du ferroutage pour les poids lourds, la mise à la disposition des habitants d’Ile de France de transports en commun, rapides, confortables, à des tarifs raisonnables qui incitent les gens à préférer les transports en  région continue d’étouffer du fait de la circulation. Le projet de métro-express est l’expression de cette volonté on souhaite qu’il fonctionne le plus vite possible.

Un autre aspect moins spectaculaire (mais aussi moins couteux) c’est celui de la promotion des circulations douces ( déplacement piétonnier, déplacement en vélo). Le cout des infrastructures (pistes cyclables, garage à vélo, aménagement d’itinéraires piétonniers et de zones piétonnes) est là beaucoup plus faible mais ce développement des circulations douces nécessite des campagnes de motivation pour mettre en avant ce type de déplacement. Et là il y a beaucoup à faire. Nos élus craindraient-ils de prendre à rebrousse-poil des électeurs fanatiques du transport en voiture même sur de très courtes distances ?

Bruit

Le bruit dans notre ville est une nuisance surtout le long des grands axes c’est une conséquence de la circulation automobile. Mais il y a des nuisances sonores autres comme celles dues dans certains bâtiments à l’insuffisance de l’isolation phonique. Comme l’exprimait crument un locataire d’un grand ensemble de logements sociaux (pourtant récemment rénové) : « Quand mon voisin se lève la nuit pour aller aux toilettes j’ai l’impression qu’il me pisse sur la tête ».

Et puis il y a les incivismes.

La municipalité a fait construire un City Stade, rue Jules Guesde, près de la patinoire. En soi c’est quelque chose de très positif qui offre aux jeunes un point de rencontre et de sport. Mais la décision n’a pas été suffisamment pesée. Placée tel qu’il est, directement sous les fenêtres d’un immeuble avec une occupation nocturne tardive par des jeunes bruyants, parfois agressifs le City  Stade est devenu un objet de stress non seulement pour les résidents de l’immeuble situé de l’autre coté de la rue et directement concernés mais aussi pour les locataires de la cité HLM des Cités Blanches en face. Tout le monde se plaint. Le maire a fini par prendre conscience du problème. Un arrêté a été pris qui ordonne la fermeture nocturne. Une porte a été posée qui a aussitôt été arrachée. Une seconde plus solide tient encore mais la grille 2M de haut ne constitue pas un obstacle bien important pour de jeunes sportifs. Le calvaire des riverains continue.

Ce vendredi 7 décembre une habitante de la rue Jules Guesde a adressé une lettre au Maire et aux élus ; Nous en extrayons les passages suivants :

Monsieur le Maire, Madame, Messieurs les élus, 

Le city stade est fermé ce soir (ce n’est pas quotidien) et les jeunes de la patinoire y ont joué au foot de 21h50 à environ 22h20.
Je les ai vus  passer par dessus la grille, j’ai essayé de filmer à leur départ, mais ce n’est pas visible du fait de la nuit.
X  y joue, d’ailleurs il m’a envoyé « bouler » à 2 reprises il y a quelques mois quand je lui ai demandé de respecter pour le moins l’arrêté municipal. Il habite Joinville le Pont.

J’ai perdu mon travail par manque de repos, tant de jour comme de nuit : cris, hurlements, vacarme, vocifération, pleurnichements et jérémiades des plus jeunes. Ces nuisances ont eu des répercussions négatives sur ma santéprovoquant stress, insomnies, maux de têtes et irritabilité. J’y travaillais depuis 14années.
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Ce terrain est beaucoup trop proche de nos fenêtres, d’autant que des nuisances existaient déjà liées à la patinoire. Aujourd’hui, circulation intense, patinoire non insonorisée, allers et venues sur le parking, bus 106,…

 

La municipalité a voulu réaliser quelque chose de bien pour les jeunes ; Elle s’est trompée en l’implantant rue Jules Guesde, dans un secteur inapproprié. Comment peut-elle aujourd’hui sortir de l’impasse ? il faut savoir parfois reconnaitre que, tout en ayant les meilleures intentions on s’est trompé. La chose est sérieuse car les nuisances par le buit, répétées ont des effets dévastateurs sur la santé.