Conseil Municipal: LE PRESSE BOUTON

Réunion du Conseil ce mercredi 27 avril.

 Au menu des délibérations importantes (taux des taxes d’habitation, des taxes foncières, de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères) qui ont fait débat.

 En fin de séance discussion autour d’un vœu présenté par M. Chevalier au nom de son groupe divers droite (issu de la liste dissidente UMP conduite par M. Juhel aux municipales de 2008).

De quoi s’agissait-il ?

Le vœu protestait contre la suppression du parking de la gare RER de Joinville au profit d’une opération de construction de bureaux. Le vœu soulignait que cette fermeture gênait de nombreux campinois des quartiers occidentaux de notre ville qui ont pour habitude d’aller prendre le RER A à Joinville (ils seraient 4500 Campinois à utiliser la gare de Joinville quotidiennement selon la RATP mais tous ne viennent pas à la gare en voiture évidemment).

Le vœu était parfaitement équilibré, prenait en compte l’intérêt des campinois. Qu’il fût présenté par un élu de droite ne me paraissait pas du tout gênant même si sur la plupart des autres questions traitées au conseil mes votes sont à l’opposé de ceux de M. Chevalier.

Je pris donc la parole pour indiquer que j’approuvais le vœu de M Chevalier, qu’il allait tout à fait dans le sens de la politique développée par la mairie de Paris et des demandes du groupe Europe Ecologie au Conseil Municipal de Paris pour que la circulation automobile soit réduite dans le Bois de Vincennes. Pour y contribuer il fallait ajoutai-je que les gens aient la possibilité de garer leur voiture auprès des gares RER plutôt que de continuer jusqu’au centre de l’agglomération.

J’ajoutais aussi que cette fermeture du parking de Joinville intervenait à un très mauvais moment puisque en même temps on apprenait la démolition de celui de Nogent sur Marne pour cause d’opération immobilière.

A ma suite Mme Le Lagadec au nom du Parti de Gauche (membre de la majorité municipale) prenait aussi la parole, tout en regrettant que l’initiative vienne d’un élu de droite mal placé pour défendre à son avis ce type de problème), elle annonçait que son groupe approuvait ce vœu et le voterait.

Las ! M. Adenot maire intervint alors. Voyant dans ce vœu une immixtion inadmissible dans les affaires de Joinville (ce qui ne l’empêcha d’annoncer qu’il écrivait à ce sujet au maire de Joinville) il demanda aux élus de la majorité de se prononcer CONTRE le vœu de M. Chevalier.

Le vote eut lieu. Les élus UMP, Divers Droite et MoDem se prononcèrent POUR

Toute la majorité municipale y compris Mme Le Lagadec et son groupe qui avaient fait connaître leur approbation votèrent CONTRE

Je fis noter au procès verbal que je refusais de prendre part au vote peu soucieux de me prêter à ce jeu.

Ce n’est pas la première fois que ce type de comédie nous est proposé au conseil. Il me souvient que, avant les jeux Olympiques de Pékin, le groupe UMP avait proposé un vœu protestant contre les atteintes aux libertés fondamentales en Chine. Immédiatement la majorité municipale avait repris le même texte en y ajoutant une simple incidente de condamnation de la politique internationale de la France vis-à-vis de la Chine, et la déclarant de ce fait contradictoire avec le vœu de l’UMP. Le vœu de la majorité avait été adopté.

Quel sens donner à ces manœuvres ?  Il s’agit bien de manœuvres et pas de discussions politiques de fond.

La direction municipale ne veut pas que puisse être adopté un vœu issu de l’opposition de droite même si ce vœu est justifié. Par définition la droite a toujours tort et on ne peut donc pas reconnaître que même sur un point on soit amené à l’approuver. Ceci amène à des postures invraisemblables. Il ne s’agit pas seulement du parti de gauche qui vote contre après avoir approuvé. M. Chevalier avait pris pour modèle pour son vœu le texte proposé par les élus socialistes de Joinville. Cela n’a pas empêché les élus socialistes de Champigny de voter contre…

Je suis profondément de gauche mais je n’envisage pas qu’un conseil, instance de délibération et de décision puisse fonctionner ainsi et je ne peux pas imaginer intégrer une majorité dite de gauche qui obéit ainsi au doigt et à l’œil quand un responsable appuie sur un bouton.

                                                              Yves FUCHS