Construit-on trop? ou pas assez? à Champigny

Beaucoup se plaignent de la politique de construction de logements telle qu’elle est pratiquée à Champigny. Certains considèrent qu’il y a trop de constructions et parlent de bétonnage de la ville, d’autres au contraire se plaignent du manque de logements et de la difficulté à trouver à se loger à Champigny, du moins pour des loyers raisonnables.  Qu’en est-il en réalité?.

 A la séance du 18 novembre du Conseil Municipal, il a été demandé aux élus de ratifier une convention passée entre la ville et la préfecture, convention qui définit, pour une période trois ans, de façon impérative les quotas de logements sociaux par rapport au nombre total. Les données chiffrées communiquées aux élus comprennent un bilan de la politique de construction depuis 1990. La lecture de ce document permet de comprendre pourquoi on  peut à la fois dire qu’on construit trop et en même temps regretter qu’on ne construise pas assez à Champigny.

1/ Il existe un écart important entre le taux de réalisation et le nombre de projets. Sur l’ensemble de la période de 1990 à 2008 qui couvre les 5 conventions de diversification de l’habitat seulement 64,6% des projets ont été réalisés. La période de la dernière convention affiche le taux le plus bas avec seulement 38,4% des projets concrétisés (33,3 pour les PLUS/PLAI). Durant cette dernière période on a réalisé  seulement 77 logements par an à Champigny. C’est un chiffre extrêmement faible qui ne permet pas de faire face aux besoins immédiats liés à la croissance et au phénomène de décohabitation (installation de jeunes+rupture des couples). Faute de trouver à se loger les gens quittent Champigny. Le manque de logements devient un facteur important de ruptures des liens de proximité, de déstabilisation sociale. Actuellement on discute beaucoup sur le projet de Grand Paris. Beaucoup d’intervenants, à droite comme à gauche d’ailleurs, évoquent les déséquilibres du développement des territoires, les contraintes vécues par les travailleurs en ce qui concerne le parcours résidence-lieu de travail ? Le problème du logement contribue à casser le lien entre les gens et les villes qui les accueillent.

2/Le rapport entre le nombre de logements aidés et de logements non aidés. Il y a 45 % de logements PLUS et PLAI aidés par rapport au total du nombre de logements demandés dans le projet qui nous est soumis. Les récentes décisions gouvernementales ont visé à abaisser les plafonds d’admission.

Ceci vise clairement à exclure les couches moyennes des logements sociaux (loi Boutin) ou alors introduit exceptionnellement des surloyers exorbitants. Aujourd’hui la réponse par le logement PLAI PLUS aux besoins sociaux ne peut donc être que partielle. Seules les couches sociales les plus défavorisées y ont accès.  Il n’existe pas d’autres type de logement pour répondre à la demande des couches moyennes. La conséquence en est une ségrégation sociale accrue on renforce le coté « ghetto social » or ce dont ont besoin les villes c’est de mixité sociale et aussi de mixité de fonction (ne pas être seulement un lieu d’habitation)

3/ Il n’ y a pas de production de logements collectifs mis en accession à la propriété ou en location (sinon quelques petits ensembles). Or nous avons besoin d’un renouvellement de la ville et d’une véritable mixité sociale.

A partir de ces observation on pourrait conclure qu’on construit trop peu à Champigny et pourtant de nombreux Campinois se plaignent du « bétonnage » de la ville. Pourquoi ?

Cette impression tient à ce qu’il n’existe pas de projet d’ensemble.On voit surgir des chantiers au hasard de chaque bout de terrain qui se libère, quelque soit l’environnement, quelque soit le coût, sans aucune véritable intégration dans le quartier.

Par exemple lors de ce Conseil Municipal du 18/11 les élus ont été amenés à prendre position sur la revente à la COOPIMMO (voir note en bas de page) après préemption par la ville, d’un terrain situé au coin du Chemin de la Croix et du RD7 (quartier des Coteaux) où après destruction du pavillon existant seront construits 25 logements. Or chacun sait qu’on est là sur des carrières souterraines (un fontis s’est ouvert dans la chaussée le 9/2/1995) et on a appris de plus, lors de la présentation du projet au Conseil Municipal, que le terrain, pollué, nécessitera de coûteux travaux de remise en état avant que ne démarre la construction. Chaque quartier connaît de tels exemples de projets mal intégrés lancés au hasard des parcelles disponibles.

Une ville n’est pas quelque chose de figé. Il faut savoir remodeler un quartier, démolir pour reconstruire. Cela s’appelle faire œuvre d’urbanisme. Ce qui manque à Champigny ce sont des projets ambitieux, discutés avec la population et qui pourraient faire changer la ville.

Peut-on réellement rêver d’un métro à la Fourchette ou au centre Ville sans se poser la question du remodelage du quartier pour accueillir de nouveaux habitants, de nouveaux moyens de transports (bus de rabattement), des parkings, une extension des commerces ?

Il y aurait beaucoup à faire et à construire à Champigny mais l’équipe municipale en place manque singulièrement d’ambition pour notre ville

Note la Coopimmo d’HLM de Champigny est depuis 1993 une filiale de IDF Habitat (ex Campinoise d’Habitation). A son conseil d’administration on retrouve nombre d’élus ou ex élus de la majorité municipale: Président M. Gérard Mauricius, membres MM Maurice Ouzoulias, Olivier Marchais, Mme Sylvaine Ettori etc.