Débat autour de la ZFE. Pourquoi le Maire C. Fautré s’est-il abstenu?

Qu’est ce qu’une ZFE ?

Cet acronyme bizarre   désigne une ZONE A FAIBLE EMISSIONS. Par émissions s’entend le rejet dans l’atmosphère, du fait de l’activité humaine de polluants soit sous forme de gaz (gaz carbonique CO2, peroxide d’azote NO2) soit sous forme de particules solides (particules fines).

Dans le cadre du projet « Villes Respirables en cinq ans » Airparif a mené une étude pilotée par la Métropole du Grand Paris (MGP), avec le concours  de: la Ville de Paris, les ETP Grand Paris Seine Ouest, Plaine Commune, Est Ensemble, Grand Orly Seine Bièvre et les département de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne.

Selon les résultats de cette étude l’impact essentiel du trafic routier porte sur les quantités de peroxyde d’azote présent dans l’air que respirent les franciliens.

 Repartition de la pollution par peroxide d’azote NO2 dans la Métropole du Grand Paris en fonction du type d’activité (source Etude AIRPARIF, decembre 2018)

Industrie 8%

Branche Energie 14%

Déchets 5%

Résidentiel 31%

Tertiaire 11%

Chantiers 1%

Transport routier 28%

Plateformes aéroportuaires 2%

Il apparait clairement que le transport routier est un des principaux responsables de la pollution (28% pour NO2).

Les teneurs annuelles de NO2 à proximité des plus grands axes peuvent être jusqu’à 2 fois supérieures au seuil réglementaire (station du Boulevard Périphérique Porte d’Auteuil). Les concentrations sont généralement plus fortes là où le le réseau routier est  dense et constitué d’axes à gros débits de véhicules.

En rouge la pollution le long des grands axes routier (carte AIRPARIF)

1,3 million d’habitants, soit environ 10 % de la population francilienne  est exposée à ce type de pollution. Ce seuil est dépassé sur 910km de voierie, soit environ 10 % du réseau francilien selon les données fournies par Airparif.

Les gains estimés du scénario A de ZFE métropolitaine sont essentiellement hors Paris, la ZCR parisienne étant actuellement en place.

Les gains apportés par la mise en oeuvre d’une ZFE métropolitaine sur les différents indicateurs sont plus conséquents pour le dioxyde d’azote que pour les particules PM2.5 et PM10. Cela provient essentiellement du fait que la contribution du trafic routier aux émissions régionales de NOx est plus importante que pour les particules.

Des actions complémentaires seront nécessaires, y compris sur d’autres secteurs émetteurs que le trafic routier, pour faire baisser les niveaux en-deçà des recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé sur les particules.

Le scénario A (qui ne concerne que les véhicules classés en Critair 5) de ZFE permettrait de baisser de 16 % le nombre de personnes exposées à des niveaux de NO2 supérieurs à la valeur limite au sein de la MGP, soit environ 150 000 personnes tandis que des impacts positifs sont également attendus au-delà de ce périmètre.

Notre commune se trouve à l’extérieur du périmètre de la ZFE à l’exception d’une rue en impasse, mais comme il est noté dans le rapport d’Airparif nous bénéficierions aussi de l’amélioration de la qualité de l’air.

Or lors du vote au Conseil de la Métropole du Grand Paris notre maire Christian Fautré s’est abstenu. Cette attitude a été celles de maires communistes, certains d’entre eux votant même contre ce projet de ZFE.

Pour quelles raisons ?

Les maires communistes , du moins ceux d’entre eux qui se sont abstenus ou qui ont voté contre le projet de ZFE mettent en avant  le caractère précipité de la décision et disent-ils irréaliste, faisant semblant de croire que la décision exclura dès juillet prochain tous les véhicules classés Critair 4 et 5. Or  pour le moment seuls les véhicules Critair 5 sont concernés, l’hypothèse Critair 4 étant seulement envisagée comme une possible extension ultérieure.

Ces élus, réticents font aussi valoir qu’il n’existe pas de véhicules véritablement  propres car les véhicules que l’on qualifie de tels (hybrides ou électriques) utilisent des matériaux (les Terres Rares) qui sont produits dans des conditions très polluantes (92% des terres rares utilisées dans l’industrie automobiles sont produites en Chine) et on peut ajouter que l’on ne sait pas actuellement recycler convenablement ces composants. Cela est exact, c’est un des nombreux problèmes posé par la nécessaire transition énergétique et la solution viendra bien évidemment d’un effort d’investissement dans la recherche scientifique et technologique. En tout état de cause le problème posé à la Métropole est celui de la qualité de l’air.

Les élus qui ont voté contre ou se sont abstenus sur le projet de ZFE font aussi valoir que le projet est irréaliste car les projets de transports en commun (Grand Métro Express, Tram etc) ont pris du retards et que seul l’existence d’un réseau de transport public efficace, desservant bien la banlieue peut permettre une diminution efficace du trafic routier. Les gens qui utilisent leur voiture quotidiennement pour le trajet résidence-lieu de travail le font parce que le réseau de transport en commun est insufisant voire inexistant et ceux qui le font avec des véhicules anciens, plus polluants, sont ceux qui ont les revenus les plus bas. Il est impossible disent-ils d’exiger de gens aux ressources limitées qu’ils trouvent d’ici juillet les 10.000€ nécessaires au minimum pour acquérir le véhicule propre conforme aux spécifications de la ZFE.

Cette objection est-elle valable ?

Combien de personnes sont concernées

Des données chiffrées existent.

On en retrouvera certaines ci-dessous concernant quelques localités de banlieue, différentes par leur position géographique, la sociologie de leur population ;

On a choisi

Champigny sur Marne, Fontenay sous Bois et Ivry, Créteil, Nogent sur Marne  et en banlieue Ouest Neuilly.

 

population parc total critair 5 % CritaiR 5 nb véhicule/hab
Champigny 75577 44253 3675 8,3% 0,59
Fontenay S/ B. 53729 25404 2630 10,4% 0,47
Creteil 90670 50406 3987 7,9% 0,56
Neuilly s/ S. 63356 38776 1658 4,3% 0,61
Nogent s/M 32677 15059 569 3,8% 0,46
Ivry 53370 28618 2450 8,6% 0,54

 

Ces chiffres montrent certes des différences. Il y a proporionellement plus de véhicule/ habitant à Neuilly qu’à Champigny mais la différence n’est pas significative. Plus significatif sans doute, sans être très importante , se révèle le nombre de véhicules Critair 5 qui atteint 8,3% du parc total des véhicules à Champigny et 10,4 % à Fontenay-sous -Bois contre respectivement 4,3% à Neuilly et 3,8% à Nogent.

Ces chiffres déjà assez faibles sont sans doute assez largement supérieurs à la réalité. Les services préfectoraux considèrent qu’un nombre important de véhicules anciens  a été détruit dans des casses et que leur destruction n’a pas été signalée au service des cartes grises.

Enfin on considère que pour ombre de ces véhicules leur implication dans le trafic reste faible. Ils circuleraient moins et moins souvent.

Aussi le problème doit-il être posé autrement que par le refus de la zone ZFE.

La protection de la santé des Franciliens, le maintien d’un niveau acceptable de qualité de l’air sont prioritaires ;

Aussi nous demandons que les maires recherchent toutes les mesures possibles d’aide qui permettraient aux personnes, qui disposent de ressources limitées d’être aidées pour l’achat de véhicules moins polluants ;

Nous appelons la maire de Champigny et celles du Plateau Briard, situées toutes en amont de la zone ZFE à engager une campagne pour développer le co-voiturage pour ceux qui travaillent à l’intérieur de la ZFE, en fournissant des espaces de parkings gratuits pour les véhicules Critair 5 aux entrées de la ZFE.

Plus qu’un refus de la ZFE de telles mesures permettrait unE véritable prise en compte des mesures visant à l’amélioration de la qualité de l’air.