Ile de l’Abreuvoir SUITE: Le Conseil Général écrit aux riverains mais ceux-ci ne sont pas d’accord

12 mars

Concernant l’ile de l’Abreuvoir les riverains ont reçu du Conseil Général la lettre qui suit en date du mercredi 7 mars

L’année 2012 est l’année de révision du plan de gestion de la Réserve Naturelle Départementale qui orientera les différentes opérations pour les 5 années suivantes (2013-2017). Dans cette optique, nous nous trouvons donc dans une phase de bilan du précédent plan de gestion, parallèlement aux réflexions menées à l’échelle de la Réserve. 

 

A travers le précédent plan de gestion qui couvre la période 2005-2010 (également 2011), plusieurs actions sur les boisements ont eu lieu, notamment destinées à tenter de limiter la présence d’une espèce à fort pouvoir invasif, le Noyer du Caucase, sur l’île de Pissevinaigre.

 

Concernant plus particulièrement l’île de l’Abreuvoir et pour reprendre la réponse faite sur ce point :

« L’île a vocation à revenir à un état écologiquement plus intéressant qui passe par une recolonisation par la flore sauvage locale, ce qui n’empêche pas les opérations de fauche ou des renforcements par des plantations d’essences autochtones, si besoin. Pour le moment, une action de ce type n’est pas prévue. »

Si une action n’est pour le moment pas prévue, c’est que le plan de gestion est à l’étude. Par ailleurs, l’aménagement sera bien progressif. Un retour à un état écologiquement plus intéressant, ne signifie pas nécessairement une absence de gestion ou une coupe systématique des arbres non autochtones, en fonction des caractéristiques des essences concernées.  

 

Enfin, nous avons bien l’intention d’organiser une réunion de présentation du projet d’aménagement, qui devrait se tenir à l’automne, lieu d’échanges privilégié pour toutes ces problématiques.

 

En espérant avoir répondu à vos questions,

Cordialement,

 

Franz Barth
Chargé de projets
Espaces Verts et Paysage – Service Projets

 

Mais cette réponse pose plus de problèmes qu’elle n’en résout ou du moins ne réponds pas précisément aux questions que se posent les riverains. Voici donc la lettre qu’à leur tour le 12 mars ils ont adressé au Conseil Général.

Bonjour Monsieur Barth,

Merci de votre réponse qui, vous l’imaginez, ne nous rassure pas vraiment. Vous nous écrivez :« Un retour à un état écologiquement plus intéressant, ne signifie pas nécessairement une absence de gestion ». Dont acte. Mais pour ce qui est de la gestion, en premier lieu quid du nécessaire nettoyage périodique ? Lequel aurait dû être prévu par le département dès qu’il est devenu propriétaire de l’île. Ce qui devrait passer par un contrat avec une société d’entretien intervenant à la fois régulièrement mais aussi, si nécessaire, sur demande ponctuelle des riverains (selon une procédure analogue au numéro vert de la mairie de Champigny). Le département doit comprendre que ceci est à régler sans délai pour des raisons d’hygiène évidentes, l’île étant un nid de prolifération privilégié des rats.

L’abattage des 3 arbres aurait dû donner lieu à plantation. Il remonte à 18 mois ; or depuis rien n’a été fait et l’on invoque un plan de gestion à l’étude.

« Si une action n’est pour le moment pas prévue, c’est que le plan de gestion est à l’étude ».

Le remplacement de 3 arbres peut et doit être dissocié du plan global d’aménagement de l’île sensé concerner aussi la partie amont appartenant à St Maur. Ce qui impliquera une concertation qui pourrait s’avérer longue.

 On ne parle plus de retour à la flore originelle (celle du pliocène ?). Mais « le retour à un état écologiquement plus intéressant » ne nous rassure pas, même si  cela « ne signifie pas nécessairement …… une coupe systématique des arbres non autochtones, en fonction des caractéristiques des essences concernées ». Encore heureux. Nous avons là des arbres d’une vingtaine de mètres qui font partie de notre environnement et de notre patrimoine. Nous n’accepterons pas qu’ils soient sacrifiés au nom «d’un état écologiquement plus intéressant » dont nous attendons que « l’intérêt » nous en soit précisément démontré. N’y a-t-il pas quelque chose de paradoxal à voir des arbres abattus au nom de l’écologie, à contre-courant de la protection, nécessaire et légitime, dont ils sont l’objet par exemple lors de l’exécution de grands travaux ou d’aménagements d’intérêt général.  

Copie au Maire de Champigny qui prévoit prochainement une réunion sur les questions d’aménagement et d’entretien des bords de Marne

6 mars

On se souvient de l’émotion suscité par l’abattage d’arbres sur l’ile de l’Abreuvoir en 2010 (voir dans les archives de ce blog l’article : Arbres abattus sur l’Ile de l’Abreuvoir  en septembre 2010).

A l’époque la mobilisation des riverains, les pétitions avaient eu un écho important. Les riverains pensaient qu’ils avaient été entendus. La  personne chargée du suivi au Conseil Général (les iles dépendent du Conseil Général) leur avait en effet promis que les arbres seraient remplacés et qu’ils seraient consultés.

Mme Laetitia Duffet (la responsable) écrivait au lendemain d’une réunion tenue en mairie (7 juin 2011) « Nous n’hésiterons pas à renouveler ce type de réunion qui nous semble la meilleure façon d’associer les riverains à nos projets ».  Exactement ce que demandaient les riverains.

Or les promesses ne sont pas tenues.

Il faut un nettoyage permanent des débris apportés par la Marne

Comme l’écrivent les représentants du quartier dans un courrier adressé au Conseil Général : « depuis l’abattage des arbres, l’extrémité de l’île a été envahie par de hautes herbes d’un aspect très disgracieux qui altère la beauté du site….Par ailleurs, le problème du nettoyage de l’île reste entier ; je crois savoir que vous êtes en contact avec la municipalité à ce sujet. La condamnation des accès semble efficace mais des individus inciviques et de mauvais plaisants ont, depuis le pont,  jeté qui des vêtements accrochés dans les arbres, qui un four à  micro-ondes ou d’autres détritus. Une solution doit être trouvée pour qu’il soit procédé à un nettoyage régulier des lieux »

Ce que certains jettent du haut du pont

                       

        Ce qui reste accroché dans les arbres

Mais ce n’est pas tout.

A réception d’une réponse de M. Barth qui a remplacé Mme Duffet comme responsable du suivi des iles les riverains vont constater que le conseil général a maintenant un nouveau projet pour les iles et que ce projet contrairement aux promesses a été élaboré sans qu’ils soient consultés. Qu’écrit en effet M. Barth ?

: « L’île a vocation à revenir à un état écologiquement plus intéressant qui passe par une recolonisation par la flore sauvage locale … ».

Et les riverains se demandent donc si «  malgré toutes les promesses faites, (n’existerait pas ) l’idée d’un abattage généralisé de tous les grands arbres « exotiques » présentement dans l’île ? Alors qu’engagement avait été pris d’un aménagement doux et progressif. »

Et ils s’insurgent :  « Nous n’imaginons pas que soit remis en cause tout le travail effectué en 2010 et 2011 après nos interventions auprès de Messieurs Christian Flavier et Alain Blavat  et oublié les engagements pris par les représentants de la Direction Espaces Verts et Paysage de CG 94. »

Et ils ont raison. C’est bien là que réside le problème. La direction du Conseil Général, comme d’ailleurs la municipalité de Champigny sur d’autres sujets  est tout à faits capable de comprendre et de prendre en compte les demandes des habitants lorsque ceux-ci se mobilisent en nombre. Le Conseil Général, comme la municipalité est prêt à intégrer dans son travail l’information et la consultation des citoyens. Et d’ailleurs il s’y engage, mais les engagements ne sont pas tenus. Pourquoi ? Y voir un calcul qui tablerait sur le découragement serait sans doute exagéré mais en réalité il y a le fait que la participation des citoyens cela fait bien dans les discours mais cela ne  passe pas encore dans les pratiques.

Dès que la pression s’éloigne quelque peu on en revient aux vieilles méthodes. C’est tellement plus facile de décider seul que d’accepter de confronter son opinion, de débattre.

La démocratie participative a encore beaucoup de chemin à faire pour être une réalité dans la culture politique des élus et des décideurs.

Qu’il s’agisse des arbres de l’ile de l’Abreuvoir, des antennes de téléphonie mobiles au Tremblay et à Coeuilly lorsque des Campinois(es) se mobilisent ils obtiennent satisfaction mais il apparait tout aussi clairement que, pour que les engagements soient tenus, et pour que les citoyens soient réellement associés aux décisions il y a encore beaucoup à faire.

C’est le rôle des associations citoyennes. Leur intervention sera de plus en plus nécessaire pour que chacun puisse participer aux discussions et aux décisions concernant le département et la ville.

Il faut sauver ce joli coin un des charmes de Champigny

 


 

 

 

 

 

 

                                                 et la faune qui y vit