LE BANDEAU NOIR

Mon article sur la crise du logement social et la politique de la ville a été publié comme tribune libre dans le Champigny Notre Ville du mois de décembre.

Comme lors des précédentes tribunes  ma contribution a été isolée de celles des autres groupes politiques du Conseil Municipal, et reléguée dans une page dédiée à d’autres informations.Les tribunes des autres groupes se font face dans une double page.

D’un côté les contributions de l’UMP, de l’UMP dissident, et du MoDem sont coiffées de la mention OPPOSITION MUNICIPALE.

Sur la page d’en face celles du PCF, du PS et du Parti de Gauche sont coiffées de la mention MAJORITE MUNICIPALE.

 

Sur la page qui suit au dessus de ma tribune aucune mention: un bandeau noir.

                                       
Pourquoi?

L’année dernière j’avais du refuser un bon à tirer parce que mon article était surmonté d’un MAJORITE MUNICIPALE que je ne pouvais pas accepter et qui fut de ce fait remplacé par OPPOSITION.

Etre rangé dans la catégorie « opposition municipale » présente toutefois un grave défaut. Il s’agit d’un tiroir fourre tout. Le lecteur peut penser qu’il y a une opposition et une seule. C’est  évidemment faux. Les orientations sur lesquelles je m’oppose à la majorité en place ne sont pas les mêmes que celles que combattent les élus UMP par exemple. Il y a en fait non pas une mais des oppositions municipales qui s’expriment d’ailleurs différemment sur les problèmes de la vie municipale. Je vote les textes présentés par la majorité PC+PS+PG concernant le service public de la Poste, la Sécurité Sociale ou la Protection Maternelle et Infantile alors que les  élus d’opposition de droite votent contre et que les élus MoDem ont des attitudes variables au cas par cas.

Plutôt que d’une opposition municipale il serait plus juste de parler de « Groupes ne faisant pas partie de la Majorité Municipale ». J’avais d’ailleurs proposé ce terme lors d’un récent conseil. Il est utilisé dans différentes communes par exemple au Conseil Municipal de Villejuif, commune comme Champigny dirigée par un maire communiste. Je n’ai pas été entendu.

La majorité actuelle préfère elle voir les choses de façon plus tranchée. D’un coté les bons eux, de l’autre les autres les méchants, l’opposition ; d’un coté la gauche unie et rassemblée majoritaire de l’autre l’opposition donc la droite.

Ma présence perturbe ce schéma simpliste.

 Je représente une sensibilité de gauche, citoyenne mais je ne fais pas partie de la majorité municipale parce que je désapprouve sa pratique politique sur des points importants : le manque de volonté de faire participer tous les citoyens à la vie démocratique locale, le manque d’écoute, les pseudo-concertations, les certitudes d’avoir toujours raison et d’apporter la vérité.  Je suis en désaccord avec son urbanisme étriqué, sans grand projet pour la ville et son avenir, avec une sous estimation des aspirations nouvelles en ce qui concerne l’environnement et la culture. Je dénonce un certain nombre de choix comme la suppression de l’Office Public d’HLM de Champigny au profit d’une société privée d’HLM omniprésente sur la ville.

Parce que je suis de gauche et que je ne fonds pas dans la majorité municipale je mets à mal une certaine prétention à représenter toute la gauche et les écologistes selon le titre même de la liste de M. Dominique Adenot aux municipales de 2008.

La publication de ma tribune sous un simple bandeau noir, sans mention d’appartenance à la majorité municipale ou à l’opposition constitue la prise en compte d’une réalité, celle de mon indépendance. Cela est positif. La gauche peut être multiple, diverse à Champigny, parler avec plusieurs voix.

A être divers on est souvent plus intelligents, plus inventifs alors que les blocs trop soudés trop uniformes tendent toujours vers l’immobilisme et le repli sur des solutions dépassées.

 Je continuerai à défendre ma position originale au sein du conseil.
Yves Fuchs