LES RAISONS D’UN CHOIX

SECOND TOUR DES MUNICIPALES DE CHAMPIGNY

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yves fuchs

membre du bureau

L’article ci-dessous est le fruit des réflexions de son auteur LES RAISONS D’UN CHOIX c’est l’exposé par PATRICK LE GUILLOU des raisons qui l’amènent à voter pour Laurent Jeanne plutôt que pour Christian Fautré;

Le 28 juin prochain, le second tour des élections municipales va revêtir un enjeu majeur pour notre commune de Champigny, dans une situation inédite de la pandémie du coronavirus et de ses conséquences.

La crise économique qui se révèle, en réponse à l’arrêt de l’activité dans le monde entier, ne va épargner aucun secteur. La Commune va subir une forte augmentation de demandeurs d’emploi, notamment pour les salariés en CDD non renouvelés. Ceux exerçant dans la restauration, le secteur des spectacles, l’événementiel, le commerce…

La crise ne va pas épargner les recettes fiscales des communes, assises sur le produit de taxe sur la valeur ajoutée, les droits de mutations immobiliers, les droits de voiries…

La nouvelle équipe municipale, nouvellement élue, devra prendre la mesure de la crise et inventer des solutions pour couvrir les pertes de recettes et les augmentations de dépenses non prévues en intégrant les apports de l’Etat.

Dans le même temps, elle devra mettre en œuvre ses nouvelles orientations municipales en saisissant les opportunités des plans de relance votés par l’Europe et le parlement français.

Plus que jamais, l’inventivité sera de mise, la nécessaire interrogation des programmes municipaux à la lumière des exigences environnementales se justifiera.

Le premier tour des élections municipales a sonné comme un coup de tonnerre. Dans une ville où la gauche représente plus de 60 % du corps électoral, la liste conduite par Christian Fautré n’a réussi qu’à réunir 34.9 % des voix alors qu’elle avait le patronage du Parti Communiste, de la France Insoumise, du Parti Socialiste, des Verts et de divers mouvements de gauche.

Ces résultats sont à comparer avec ceux d’autres villes dirigées par des Maires communistes comme Montreuil, Nanterre, Fontenay, réélus sans difficulté au premier tour ou de villes comme Ivry, Vitry en ballotage très favorable alors même que des composantes de la gauche n’étaient pas présentes sur leur liste au premier tour.

Il faut, pour Champigny, chercher les causes de ce très faible résultat dans le fonctionnement de la municipalité sortante et dans celle du Maire et, enfin, dans l’état des partis politiques.

Le mode de fonctionnement de la Municipalité n’a pas changé. Pour avoir assisté pendant 5 ans et demi comme Maire-Adjoint au Bureau Municipal et être intervenu avec mes collègues Jean-Louis Besnard et Yves Fuchs en permanence, toute question d’importance ou stratégique fait l’objet d’un examen préalable au sein du groupe communiste qui arrête une position avant de la soumettre à l’examen du Bureau Municipal.

Cette instance entérine donc une orientation qui s’impose, compte-tenu de sa composition, et ne peut être généralement que faiblement amendée.

Il en est ainsi des questions d’urbanisme pour lesquelles les projets sont arrêtés avant même que la Commission Municipale ne soit saisie.

Or le rôle d’une commission municipale c’est, bien évidemment, de participer à une élaboration collective qui s’enrichit de la diversité de ses membres, de leur sensibilité et qui force les auteurs défendant un projet à affiner leur position et à se réinterroger sur leur proposition.

A Champigny, rien de cela.

La présence des membres de l’opposition justifie, pour les élus communistes majoritaires, que l’on cantonne les examens en commission à une validation formelle, contestant le pouvoir légitime et démocratique de l’opposition à participer aux débats.

Une commission devrait pouvoir disposer d’un pouvoir d’initiative, de se saisir de questions qu’elle souhaite développer et disposer de moyens d’études.

Fort de cette conception, il n’est pas difficile de présager du rôle de commissions extramunicipales qui pourraient réunir, au profit de thèmes structurants, des citoyens soucieux de participer à la vie municipale. Elles sont inexistantes.

Dominique Adenot avait, avec force solennité et formalisme, crée les conseils de quartier dans un exercice inédit de tirage au sort de citoyens et la volonté de faire vivre ces nouveaux conseils au début de son dernier mandat.

L’expérience du tirage au sort fut un échec. D’abord, nombre de citoyens tirés au sort ne s’intéressèrent pas à ces conseils de quartier.

L’absence de moyens et le peu de considération apportés ces dernières années à ces instances les a éloignés des citoyens intéressés.

Il conviendra de les faire revivre en leur donnant un pouvoir d’initiative sur les projets d’intérêt de quartier, d’examen systématique des projets d’investissement (aménagement de voirie, d’espaces publics…) et leur donner un rôle de gestion d’une enveloppe financière d’investissement.

L’échec de ces comités de quartier a été l’un des plus grands échecs de la vie citoyenne de Champigny. Il donne une impression de distance, de refus de déconcentrer les décisions alors que l’adhésion des citoyens renforce la légitimité des choix et des investissements réalisés.

Le Maire

Rien de destinait Christian Fautré à devenir Maire de Champigny, si ce n’est le décès de Dominique Adenot en avril 2018. Sa maladie a propulsé celui qui fut pendant des dizaines d’années Adjoint à cette fonction complexe.

Qu’attend-on d’un maire ? De nombreuses qualités à la hauteur de la multiplicité de ses responsabilités et de ses pouvoirs.

Une capacité de fédérer les énergies, une capacité à dessiner les contours d’un avenir commun à une population diversifiée et parfois déboussolée, une capacité à projeter le développement de la ville mais aussi savoir la représenter en toutes circonstances et avec la multiplicité de ses domaines d’intervention.

Le maire doit être un homme doté d’empathie, mais il doit aussi avoir un véritable esprit de synthèse, une capacité à diriger, à fédérer, à emporter l’adhésion, non par une rhétorique de parti mais par ses capacités de conviction.

Il doit aussi être en capacité, en sa qualité de chef de l’administration municipale, à diriger, à exiger des résultats et une efficacité dans l’utilisation de l’argent public et du service rendu à la population.

Christian Fautré a, sans doute, des qualités qui s’expriment dans la contestation, dans sa rhétorique du refus mais pas dans celles de Maire d’une grande ville évoluant dans un environnement complexe. Ce n’est pas lui faire injure que de le souligner.

Les partis politiques

L’image des partis politiques s’est profondément dégradée depuis ce début de siècle. Le nombre de leurs adhérents a fondu comme neige au soleil, limitant leur représentativité et la pertinence des interventions de leurs dirigeants.

Or, les partis politiques concourent à l’expression du suffrage comme le rappelle la constitution de 1958. Il en est de même à tous les échelons territoriaux.

A Champigny, les structures des partis politiques sont pour le Parti Socialiste, les Verts squelettiques. Combien d’adhérents ? On peut chiffrer leur nombre à une quinzaine pour le PS et sans doute moins d’une douzaine pour Europe Ecologie Les Verts.

Leurs directions départementales sont affaiblies.

L’enjeu des municipales vise à préserver pour les échelons nationaux et départementaux, un rapport de force politique départemental immuable et maintenir pour quelques emplois protégés pour de dociles ectoplasmes.

Le Parti Communiste, bien que très affaibli, comprend encore plusieurs centaines d’adhérents, chiffre imputable aux 73 années de gouvernance communiste et à la présence de la Municipalité détenue par le PC.

Comment, dans ces conditions, croire qu’il est envisageable que les partis alliés au PC puissent peser sur lui ?

Comment croire aussi qu’au sein du Conseil Municipal, il puisse en être autrement ?

Car, lors de la constitution de la liste de la précédente mandature, la majorité PC a veillé jalousement à être majoritaire lors des votes du conseil en bénéficiant, avec quelques alliés, d’une majorité absolue.

Le rôle de minorité pesant sur les décisions s’est donc heurté à ce rapport de force.

L’idée donc de la liste conduite par M. Sy de peser avec 6 élus au sein de la liste conduite par Christian Fautré est donc, au vu de l’expérience que nous avons eue, totalement illusoire.

Il est dans l’ADN du PC, de ses élus à Champigny, de vouloir disposer à tout prix d’une majorité absolue pour préserver ses choix, notamment dans les stratégies du peuplement de la ville.

Jamais ils ne changeront sur les sujets qui structurent la commune (politique du logement, choix d’urbanisme, conception et rôle des politiques municipales, d’information politique, d’actions sociale…

Voilà, aujourd’hui, nous avons besoin de répondre aux enjeux urbains majeurs de Champigny dans les domaines du développement.

L’arrivée des métros dans 5 ans va accroître l’attractivité du territoire.

L’histoire m’a appris que des potentiels de développement sont à eux seuls insuffisants s’ils ne sont relayés par des hommes capables de les porter et de les fédérer.

Certes, il n’y a pas d’examen pour exercer les fonctions de Maire, ni même de tests, et les hommes se révèlent souvent dans l’exercice de leurs fonctions. Christian Fautré a eu deux ans, voire trois, pour convaincre mais je l’ai déjà dit, l’essai n’a pas été concluant.

Champigny doit changer et s’ouvrir mais ceux qui se représentent dans la continuité, autour de Christian Fautré, ne pourront rompre avec un mode d’expression suranné.

Pour que Champigny change, il faut donc qu’ils perdent.

Le seul moyen, dans ce contexte, c’est donc de voter pour la liste qui s’oppose au PC, c’est-à-dire la liste conduite par Laurent Jeanne. Après plus de 30 années d’adhésion à des partis de gauche, ma position peut surprendre mais c’est la seule solution efficace.

Mais attention, pour gagner, ils vont développer une campagne haineuse, clivante et caricaturale afin de préserver leurs positions.

Il appartient à chacun à ne pas se laisser duper.

Alors j’ai décidé d’appeler celles et ceux qui veulent que cela change, et tous ceux qui ont compris que se battre à l’intérieur de la Municipalité de Champigny, est vain à voter Laurent jeanne.

Patrick LE GUILLOU