L’état condamné dans le scandale ESSO à Champigny sur Marne

Il est très rare qu’un particulier gagne un procès contre l’état. Pourtant le Tribunal Administratif de Melun par jugement en date du 16 octobre dernier a fait droit aux demandes des époux N demeurant rue du Monument à Champigny. Ceux-ci soutenaient que l’Etat n’avait pas rempli ses devoirs de protection dans le cas de cette pollution aux hydrocarbures (et plus particulièrement au benzène un cancérigène potentiel) suite à des fuites sur les cuves de la station ESSO.(voir sur ce site les articles « Grave pollution au benzène un quartier se mobilise » du 1/5/2011, «Non la pollution de la station Esso n’est pas un accident isolé » du 18/1/2012 et « Ces pollutions qui nous cernent » du 7/12/2012.

Dès mars 2009 les riverains avaient signalé de fortes odeurs d’hydrocarbures mais la préfecture n’a effectué des investigations poussées  qu’à partir du 16 mai 2010 et pris un arrêté préfectoral de fermeture le 18 mai. C’est à la suite de l’alerte lancée par les riverains que la commune de Champigny sur Marne a du faire effectuer elle-même les analyses qui ont mis en évidence la réalité de la pollution. Ces analyses ont révélé que les fortes émanations de benzène pendant 15 mois ont mis en danger la santé des riverains et peuvent être à l’origine du développement d’une leucémie chez un riverain.

Il reste bien clair que le responsable premier de la pollution et des conséquences est le groupe pétrolier ESSO mais en n’effectuant pas les contrôles appropriés et en tardant à prendre au sérieux les alertes des riverains l’état (la préfecture) a manqué à ses obligations. Celles çi sont pourtant claires. Les stations-service sont classées comme installations SEVESO ce qui impose le strict respect de normes de sécurité et des contrôles périodiques. Ces contrôles n’ont pas été effectués. Est-ce le manque de techniciens qualifiés qui en est la cause ? la baisse des effectifs du service public peut mener à négliger la protection  contre des dangers pourtant bien répertoriés. Quelle garantie avons-nous qu’il sera désormais remédié à cette carence de l’état et que les stations-service seront bien régulièrement contrôlées ?