M. Fautré saisi par l’écologie

Avant même avoir lu le 4 pages que M. Christian Fautré a publié sous le titre

« L’urgence écologique au cœur de notre projet »

 je me posai une question : peut-on imprimer aujourd’hui sa propagande électorale sur du papier glacé non recyclable, signe d’une indifférence vis-à-vis des problèmes environnementaux  et être crédible en parlant d’urgence écologique ? Ceci en sachant que les imprimeurs sont tout à fait en mesure aujourd’hui de réaliser des tirages de qualité en utilisant du papier recyclé.

M. Fautré n’est pas le seul candidat à qui il est possible de reprocher un tel écart entre son discours et sa pratique ; nous avons noté  des dissonances similaires chez d’autres candidats et c’est bien dommage car cela laisse penser que les problèmes environnementaux s’ils ont gagné de la place dans le discours politique, n’en ont pas encore pour autant prioritaires dans l’esprit et la pratique. 

M. Fautré se félicite que Champigny soit l’une des ville les plus vertes du Val de Marnes CECI EST EXACT : les parcs (Tremblayet Parc départemental du Plateau), les Bords de Marne et les iles sont choses précieuses et les conserver,, les préserver est prioritaire ; il faut d’ailleurs remercier LOUIS TALAMONI Maire (pcf)  de Champigny sur Marne (1947-1974) qui a mené et gagné une difficile bataille contre le maire de Paris à cette époque Jacques CHIRAC qui projetait de construire sur l’hippodrome désaffecté du Tremblay, propriété de la ville de Paris 1400 logements HLM ; la politique de rénovation urbaine menée à Paris visait à chasser les couches sociales les moins fortunées vers les banlieues et à ouvrir ainsi des espaces à la spéculation immobilière dans Paris. Aujourd’hui le Parc du Tremblay, géré en commun par la Ville de Paris et le département du Val de Marne st un lieu de promenade et de pratique sportive pour tous.

M. Fautré prétend aussi faire de la politique énergétique de notre ville un modèle. Certes le choix de la géothermie comme une des sources d’énergie est positif tant du point de vue du prix de revient de la thermie qu’en terme de protection environnementale. On approuve la décision qui a été prise de procéder à l’ouverture d’une nouvelle unité de production près du stade Rousseau mais produire de la chaleur de façon respectueuse de l’environnement ne suffit pas. Il faut s’assurer ensuite du bon usage de cette énergie et ne pas la gaspiller. Les investissements insuffisants dans les bâtiments communaux (écoles, centres sportifs, etc) en termes d’isolation thermique moderne font de la plupart d’entre eux actuellement des « gouffres énergétiques ». Il est désespérant de constater combien la faiblesse des investissements dans l’entretien rigoureux des bâtiments municipaux peut coûter aux finances communales et contribuer à la dégradation de l’environnement

M. Fautré assure que Champigny est totalement libre de tout perturbateur endocrinien, une affirmation basée sur le seul fait qu’il a pris un arrêté contre l’utilisation du glyphosate sur le territoire de la commune; c’est une décision positive mais qui ne nous fait pas oublier qu’il existe une très importante pollution au PCB (polychlorure de benzène) au PCE (polychlorure d’éthylène) et au polychlorure de vinyle, mise en évidence par plusieurs enquêtes successives, sur la ZAC des Bords de Marne (ancienne usine de l’AIR LIQUIDE. Ces polluants classés comme cancérigènes et perturbateurs endocriniens y sont associés à des métaux lourds. Longtemps niée à l’époque de l’ancien maire M. J. L. Bargero cette pollution majeure a été révélée il y a 20 ans par une campagne de notre association « FORUM DES BOUCLES DE LA MARNE » qui par une requête auprès du Premier Ministre de l’époque, M. Raffarin au titre du droit d’accès aux documents administratifs put alors obtenir d’une SADEV 94 réticente communication du rapport des experts. Depuis la zone est dépolluée progressivement au fur et à mesure des constructions (siège d’IDF-HABITAT) mais cette dépollution est incomplète et la construction sur cette zone reste limitée, contrôlée, interdite à tout bâtiment scolaire ou de logement. La menace persiste donc et elle ne se limite pas à l’ancienne ZAC ; les pollutions se trouvent à quelques mètres de profondeur dans les alluvions de la Marne au contact des eaux de la nappe sous fluviale qui circule dans les alluvions.

Ce type de pollution assez répandu , est bien connu grâce à des études récentes. Les polychlorures sont en effet des dégraissants efficaces et à ce titre ont été largement utilisés par le passé dans les entreprises de nettoyage industriel et aussi par les militaires. L’Armée de l’Air américaine (US Air Force) qui s’en servait pour le nettoyage de ses moteurs d’avions, engage maintenant des travaux de dépollution autour de ses bases. Ces travaux sont d’autant plus couteux que ces polluants sont très mobiles particulièrement dans les aquifères ;

Cette inquiétude d’une extension de la zone polluée au-delà du périmètre de l’ancienne usine de l’Air Liquide est fondée : le seul piézomètre (référencé EPZ11) installé à l’extérieur de la ZAC, près des nouveaux locaux du Musée de la Résistance Nationale a permis de mettre en évidence une forte pollution avec un taux de polychlorure égal à 69 µg/l alors que la teneur maximale tolérable est de 0,50µg/l ( décret du 11/1/2017). Des information plus complètes sont accessibles sur la fiche 940056 de la base de données BASOL qui recense les sols pollués (https://basol.developement-durable.gouv.fr/ )

Et ce n’est pas le seul exemple de pollution traité avec beaucoup de légèreté. Il y a huit ans les habitants de la rue du Monument et de la rue de Dunkerque se plaignaient de maux de tête et de nausées et signalaient des odeurs d’essence dans leurs caves ; Alerté Forum informa la MAIRIE de Champigny, le Préfet du Val de Marne et la presse. Une enquête montra rapidement que des fuites d’essence provenant des cuves de la station-service ESSO toute proche polluaient le réseau des égouts et étaient à l’origine de remontées de benzène dans les maisons par les tuyauteries des eaux usées.

Les travaux, aux frais d’ESSO , ont consisté à évacuer un important volume de terres polluées par les hydrocarbures et a remplacer tout le système de collectage des eaux usées de la rue du  Monument entre la D4 et la rue de Dunkerque, ainsi que dans la rue de Dunkerque elle-même ; l’emplacement de la station ESSO qui fut démolie fut transformé en espace gazonné.

Cet exemple montre qu’il est absolument nécessaire qu’existe au plan local une Base de Données regroupant les connaissances sur les activités industrielles passées en faisant appel tant à la mémoire des anciens campinois qu’aux archives pour mettre en évidence les problèmes hérités du passé et pouvoir agir pour  un environnement sans danger ;

C’est une demande que nous avions formulée auprès de M. ADENOT lors des discussions d’entre deux tours en 2014 qui devaient amener la fusion de notre liste avec celle de Dominique ADENOT. Cela fut inscrit dans le projet mais jamais réalisé ; Cette connaissance du passé nous parait importante pour pouvoir proposer des perspectives environnementales sures dans notre ville.

Il y a des questions importantes qui sont soigneusement évitées par les candidats et ces « oublis » sont significatifs d’un certain manque de clarté et disons-le de sincérité ; dans le texte de M. Fautré j’en relève3 ;

Le TVM Est devait relier le terminus actuel (gare du RER A à la station de Saint Maur-Creteil ) à Noisy le Grand par le pont du Petit Parc, la Fourchette de Champigny, l’avenue Général de Gaulle en site propre ; il permettrait de desservir des quartiers nord de CHAMPIGNY .Les travaux maintes fois retardés du fait de l’opposition de la municipalité de Saint Maur et de celle de la droite campinoise et particulièrement de M. Laurent JEANNE , ont été ensuite replanifiés pour démarrer à la fin du chantier du Grand Métro Express ;

Ce temps devrait venir durant le prochain mandat municipal ; pas un mot à ce sujet !

Autre « oubli » qui pose question ;

La passerelle pour piétons et cyclistes du PONT DE NOGENT. Les travaux effectués ont permis de supprimer pour l’essentiel  les inconvénients  pour les automobilistes du plus gros bouchons d’Europe mais la double passerelle prévue pour les pitons et cycliste n’a pas été construite faute de financement ; la traversée du Pont de Nogent reste difficile et même dangereuse pour les piétons et les cyclistes. il n’en est pas fait mention dans le projet de M. Fautré. Est ce à dire que dans son esprit la question de la traversée sécurisée du pont pour les piétons et les cyclistes.

La ZFE (Zone à Faibles Emissions ) Sur les communes les plus proches de Paris, en gros à l’intérieur de l’anneau constitué par l’autoroute A 86 doit se mettre en place une zone à  faibles émissions (ZFE) d’où seront bannis progressivement les véhicules les plus polluants (vieux diesels, vieilles voitures à essence) ; Chamigny est très peu impliquée dans cette zone une de ses rues seulement se trouvant à l’intérieur de la ZFE .

M. Fautré s’est toutefois prononcé contre la ZFE. La raison qu’i invoque est que cette mesure affectera les propriétaires de véhicules anciens qui sont selon lui des personnes aux revenus faibles ; il eut été préférable qu’il se batte pour que des aides financières soient accordées à ceux qui ont le plus de difficultés et doivent impérativement se servir de leur voiture.;

SE PRONONCER CONTRE LA  ZFE ET PRETENDRE MENER UNE POLITIQUE DE PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT M. FAUTRE  NE VOIT PAS VRAIMENT QUE CELA N’A PAS DE SENS ?


 [