Métro à Champigny? Le démarrage est acquis

Lors d’une réunion le mardi 5 juillet, on en a appris un peu plus sur ce que serait

le Grand Paris Express et sur le calendrier des opérations.

Point d’importance et qui nous intéresse plus particulièrement :

La première étape sera réalisée dans le Val de Marne, département de proche couronne le moins bien doté en transports en commun.

Le coût du projet Grand Paris Express selon le document communiqué par la Société du Grand Paris s’élèverait à 17,5 Md €

La région a un plan de mobilisation des transports de 18,6Md € : rénovation des RER, de la ligne 13, mise en accessibilité, remplacement et amélioration du matériel roulant, réalisation des tangentielles SNCF Nord et Ouest, de 7 trams et 30 TCSP (Transports en Commun en Site Propre), et Arc Express régional qui correspond à Orbival, c’est-à-dire au Val de Marne.

En additionnant le projet Grand Paris Express et le Plan de la Région Ile de France on arrive à un total de 35,6Md €. Toutefois ce faisant on compte 2 fois Arc Express (Orbival) dont le cout est estimé à 3,5 Md€. Si on tient compte de ce fait le montant est alors de  32,1 Md€.

Le Grand Paris Express comportera  2 branches à l’Est conformément au souhait qui avait été fortement exprimé par la population de l’Est parisien et ses élus. La branche passant par Fontenay/B ne sera pas financée par la Société du Grand Paris, mais par le STIF et la Région. Le coût de cette branche n’est pas encore connu mais on peut estimer qu’on aboutira à un cout voisin de 35Md€.

Sauf que ! …. tous ces chiffres sont des chiffres 2008. L’estimation d’un coût de 17,5Md € de la Société du Grand Paris en 2008 est déjà passé à 18,3 Md € en 2011. Si on prend pour base un taux d’inflation de 1,3% par an,  le total initial de 35 Md€ devrait déjà être révisé à  36,3 Md€, et 40Md € en 2018. Personne ne sait qui paiera la différence. Ce qui veut certainement dire que ce sera le STIF et la région !

Document SGP

La première étape de réalisation du projet on l’a dit concernera le tronçon Arc Express soit un réseau comprenant 36 gares de Pont de Sèvres à Noisy Champs. Le gain de temps sera considérable. On mettra ainsi 13 minutes pour se rendre de Pont de Sèvres à la station Villejuif-Gustave Roussy contre 60 minutes aujourd’hui. De Gustave Roussy à Noisy-Champs le temps de trajet sera de 21 minutes contre 65 aujourd’hui. Un gain de temps appréciable et qui nous intéresse particulièrement puis c’est sur ce tronçon que se situera la gare de Champigny centre.

Le coût de ce tronçon est estimé à 4,2Mrd d’euros hors acquisitions foncières.

Le choix fait de débuter les travaux au Sud et au Sud Est de Paris n’est pas le fait du hasard. Le fait que ce secteur et plus particulièrement le Val de Marne soient mal pourvus en ce qui concerne les transports en commun a joué un grand rôle. L’autre facteur important de cette priorité accordée à notre secteur a été la mobilisation importante des élus de toutes tendances (Conseil Général, Maire des Communes) et l’appui apporté par les citoyens tant par leur présence aux réunions que par la signature de la carte pétition pour Orbival. Sur un sujet qui leur tient à cœur les citoyens, relayant et appuyant les élus ont pu peser en faveur du choix d’une première tranche dans le 94.

 

Une course contre la montre ?

Dans le plan de travail il est prévu que l’enquête publique démarre fin 2012 et que la DUP (Déclaration d’Utilité Publique) soit prise en 2014. Les travaux débuteraient immédiatement et la mise en service de ce tronçon pourrait se faire en 2018. Cette date parait très proche. La Société du Grand Paris ne cache pas qu’il s’agit d’une gageure puisqu’elle écrit dans son texte de présentation ; « 2018 une course contre la montre ».

Creuser plusieurs dizaines de kilomètres de galeries, équiper 36 gares avec tous les aménagements connexes semble en effet difficile à réaliser malgré les progrès réalisés dans le domaine de fonçage des puits et galeries (tunneliers) et de gestion des déblais. De plus contrairement à ce qu’on pourrait penser le sous sol de la région parisienne peut réserver des surprises on l’a vu lors du creusement des galeries d’Eole entre Magenta et Saint Lazare et auparavant de la ligne du RER A entre Etoile et la Défense. Ce projet de mise en service de ce premier tronçon en 2018 peut donc sembler optimiste mais du moins  la décision est prise le processus de réalisation est lancé.

Quelle sera la fréquentation de Grand Paris Express ?

Certains font la grimace au vu des chiffres prévus de voyageurs transportés par jour.On parle en effet d’un million de voyageurs par jour en 2020 (1er tronçon)
et de 2 millions en 2035. Les grincheux note qu’actuellement il y a 35 millions de déplacements par jour dans la région parisienne. Grand Paris Express n’assurerait donc que 3% des déplacements en 2020 mais ce qui est à prendre en compte c’est

1/ quel pourcentage des déplacement il assurera sur des secteurs comme le nôtre particulièrement mal desservis par les transports en commun ?

2/ Quelle part du trafic automobile individuel se détournera de la voiture pour choisir les transports en commun ?

3/ Comment peut-on quantifier le gain de temps libre, la diminution de fatigue et de stress que peut apporter un moyen de transport rapide, régulier et… plus confortable à des centaines de milliers de passager voire des millions ?

Pour que le Grand Paris Express soit vraiment une réussite il faudra aussi réussir les gares. Le document distribué par la Société du Grand Paris est intéressant. Il met en évidence la pauvreté de l’existence d’une nouvelle gare, si celle-ci n’est pas accompagnée d’aménagement pour bus, vélos, auto partage, covoiturage… et de création de nombreuses lignes de bus qui rabattent les utilisateurs vers les gares. Le coût supplémentaire peut aller jusqu’à 50% pour une gare. Certains parlent même de 100%.

Document SGP

Cela souligne l’importance de repenser l’urbanisme la circulation, le transport par bus etc. dans les communes qui accueilleront une gare. Avec 2 gares sur son territoire dont une gare d’interconnexion (Champigny centre) notre commune est particulièrement concernée.
Le débat sur l’urbanisme, les transports va revêtir une importance particulière. Dans les années à venir. Souhaitons qu’il soit inventif et à la hauteur des transformations que Champigny va vivre.


Note : Un bémol ; Lors de la présentation du document une question a été posée sur le fret puisque au départ il avait été prévu que les gares seraient aménagées pour pouvoir accueillir des trains de fret aux heures de nuit. M.Véron directeur de la SGP a répondu que le fret était abandonné, par manque de financement. Pourtant le surcoût d’un quai supplémentaire à chaque station est minime, et la RATP étudie depuis un an cette possibilité sur les trams et les RER. En abandonnant le fret ne laisse-t-on pas passer une chance de diminuer (un peu) le trafic des poids lourds en Ile de France