NON LA POLLUTION DE LA STATION ESSO N’EST PAS UN ACCIDENT ISOLE

Les fuites des cuves, ou plus exactement des systèmes de remplissage des cuves de la station ESSO sur la D4, près de la tour hertzienne ont entrainé une pollution grave pour le quartier. Voir notre article « Grave pollution au benzène, un quartier se mobilise sur le blog daté du 1er mai 2011.

Les riverains se sont constitués en association pour obtenir la dépollution des sols, des indemnités pour les dommages subis et un suivi médical sur une longue durée.

Au cours des différents débats les représentants d’ESSO se sont toujours défendus en invoquant le caractère imprévisible de cette fuite « nous n’avons jamais observé de fuite de ce type ailleurs dans aucune de nos stations » ont-ils plusieurs fois déclaré, rejetant ainsi tout soupçon de négligence dans la surveillance de leur station. Il s’agissait donc d’un accident unique, nouveau.

Ce n’est pas vrai.

Un campinois de l’association de défense nous communique copie d’un article paru dans le journal belge L’Echo du 17 novembre 2011. Dans cet article le journaliste M. François Xavier Lefèvre explique que ESSO cherche à se débarrasser de partie ou totalité de son réseau de vente de carburant : ses station- service. Pourquoi ?

« Déjà initié en France, ce mouvement lancé par la maison mère américaine Exxon Mobil s’explique par l’envie qu’ont certaines majors de se dégager des risques liés au danger de pollution sur les sites des stations-service et au moment des approvisionnements en carburants, souligne une source du secteur. »

 

La pollution du type même de celle qui a affecté la station de Champigny, à savoir fuites au niveau du système de remplissage des cuves, n’est donc pas un phénomène unique mais c’est un accident récurrent observé maintes fois en Belgique.

 

Et que fait alors le pétrolier ? Selon son expression il met en place un nouveau « business model » en Belgique.

 

Le journaliste témoigne : 

 

« Contacté, le pétrolier américain ne conteste pas les faits. D’après Johan Scharpé, responsable public affaires chez Esso en Belgique, 49 stations-service sont effectivement en vente. « Il s’agit pour l’instant de stations qui se trouvent à Bruxelles et dans le Hainaut », explique-t-il. Sur un total de 265 stations en Belgique, cette opération allégerait de 18,5 % le réseau Esso…Mais si le groupe est désireux de rester fournisseur, l’avenir de sa marque Esso en Belgique n’est pas encore décidé. L’exploitation des stations-service cédées ne serait en effet pas obligatoirement faite sous sa propre enseigne »

 

On comprend bien la stratégie d’Esso. Se débarrasser des points de vente pour n’avoir pas à supporter les frais d’une pollution éventuelle. Confier progressivement le réseau de vente à des indépendants qui constitueront un écran protecteur et devront supporter les conséquences d’éventuels accidents environnementaux. Auront-ils les reins assez solides, financièrement, pour y faire face ? On peut en douter.

 

Auront-ils surtout, car c’est l’essentiel, les moyens pour faire effectuer sur les stations de distribution les travaux nécessaires pour que cessent les pollutions liées aux opération de remplissage des cuves.

 

On nous avait affirmé que l’accident survenu en son genre était unique. Il est avéré maintenant, l’article du journal belge le prouve, que cet accident n’est pas unique mais fréquent.

 

La station ESSO de Champigny est fermé des travaux de dépollution sont entrepris mais qu’en est-il des autres stations ? et les stations d’autres marques de carburant sont-elles mieux protégées ? On aimerait avoir des précisions.