Notes prises au cours de l’atelier-débat n°2

A propos d’une politique de l’environnement à Champigny s/ Marne

Mercredi 16 octobre au soir à la salle de la Planchette le 2ème atelier débat a été un succès parce que plus encore qu’au premier les participants se sont investis dans les discussions et que des propositions concrètes ont vu le jour.

En abordant différents thèmes les participants gardaient à l’esprit une idée : dégager les points importants pour lesquels une action est susceptible  d’améliorer la gestion de l’environnement à Champigny.

Les participants ont souhaité la création d’une Charte de l’Environnement récapitulant les propositions, les buts à atteindre et les problèmes à gérer.

Premier point venu en discussion celui des friches industrielles et aussi des pollutions potentiellement induites par les hydrocarbures (station-service, casse automobiles) a fait l’objet de plusieurs interventions. Compte tenu de l’expérience acquise au cours de deux affaires précédentes celles de la ZAC de l’Air liquide et celle de la station Esso du rond-point de la tour dans lesquelles la municipalité pour la première, la préfecture dans la seconde ont montré une grande réticence à informer les riverains, les participants se sont posé la question d’un inventaire approfondi des sols et des eaux de la commune a été posé. On a pu constater dans ces deux cas l’importance de la mobilisation citoyenne (association, riverains de la rue du Monument) pour amener les autorités à prendre réellement en compte les problèmes environnementaux pourtant criants.

La pollution de la station Esso, dénoncée par l’action des riverains est enfin reconnue

Il est important qu’une véritable cartographie des pollutions sur la commune soit effectuée et serve à réaliser rapidement les dépollutions nécessaires. Il en découlerait une véritable valorisation du foncier ainsi traité et surtout c’est le plus important des conditions de vie bien meilleure (santé).

Pollution de la Marne à Champigny suite à la rupture d’une vanne à la station d’épuration de Noisy le Grand

Dans un autre domaine la pollution par l’amiante a été aussi évoquée. Grâce aux parents d’élèves la désamiantisation a été engagée à Maurice Denis au début des années 2000. Elle a été complétée par des travaux à Eugénie Cotton en 2012. Qu’en est-il des autres écoles ? L’information manque. On sait qu’il y a des problèmes d’amiante dans l’ancien marché Jean Vilar, dans la partie abandonnée du marché Stalingrad.

Il a fallu la vente en 2012 des 550 logements de l’Office Public d’HLM de la ville de Champigny à IDF Habitat pour découvrir à la page 50 de l’acte de vente (que la municipalité refusait de communiquer) que ces 550 logements étaient amiantés. Quels travaux IDF Habitat nouveau propriétaire a-t-il engagé pour remédier à ce danger pour la santé des locataires ? Combien d’autres logements sociaux anciens à Champigny sont amiantés. Là encore il faut une étude et un bilan.

On ne peut pas prétendre défendre le logement social si on ne crée pas les conditions pour éliminer de tels problèmes qui peuvent à terme peser lourdement sur la santé des locataires.

Les intervenants ont aussi noté que Champigny était richement doté en espaces verts (Parc Départemental et Parc du Tremblay, Iles de la Marne) et aussi du fait  des jardins et jardinets privés des secteurs pavillonnaires. L’ensemble constitue un poumon pour la ville et  permet aussi la pénétration des eaux de pluie dans le sol. A ce sujet des intervenants ont fait remarquer que la construction d’ensembles locatifs et de surfaces de parking augmentait le ruissellement de surface et diminuait le pourcentage d’eau qui s’infiltre. Cette augmentation du ruissellement  fait croitre le danger de crues et l’arrivée soudaine dans les cours d’eau (Marne) d’eaux de surface qui ont lessivé des parkings, des rues à grande circulation  et apportent ainsi des résidus d’huiles de moteur et des métaux lourds qui sont particulièrement néfastes pour la flore et la faune des rivières.

Les jardins ouvriers au coeur de la cité Une initiative de Valophis et du Conseil Général qui a créé des liens nouveaux

Un participant a fait part de l’initiative de Valophis et du Conseil Général qui, dans les Cités Blanches a permis la reconquête d’espaces pour créer des jardins ouvriers. Une initiative intéressante qui de plus a contribué à tisser des liens et à favoriser des échanges entre des gens qui auparavant se contentaient de se croiser.

Il a été émis le souhait que des contacts soient pris avec les différents bailleurs sociaux pour demander d’examiner la possibilité de création de jardin-ouvriers de ce type dans d’autres grands ensembles.

Dans la Charte de l’Environnement qui doit être mise sur pied (et que quelqu’un a proposé d’appeler Charte du Bien Etre des Campinois) il sera demandé que lors de la construction d’habitats collectifs un recensement préalable détermine la superficie des jardins et friches végétalisées qui seraient amenés à disparaître et qu’obligation soit faite au constructeur d’intégrer dans le nouveau bâti une surface équivalente d’espaces verts ceci pour préserver l’équilibre de la ville.

Autre question qui a suscité de nombreuses interventions celle de la sécurité de circulation des piétons et des cyclistes en ville. On ne pourra vraiment développer les circulations douces que si on assure aux piétons des itinéraires faciles sur des trottoirs bien aménagés et des traversées bien protégées des chaussées. Des personnes présentes ont demandé que soit publié un bilan du nombre d’accidents, de blessés et de morts sur la commune chaque année pour une incitation forte à la prudence et à la bonne conduite.

Où vont passer les piétons? et en particulier

les poussettes, les personnes à mobilité réduite?

Des pistes cyclables transformées en parkings?

En ce qui concerne les pistes cyclables tout le monde a observé qu’elles sont peu ou pas respectées par les automobilistes quand il s’agit de simples marques de peinture au sol (stationnements fréquents sur les pistes). Un résident des Mordacs a fait remarquer qu’une piste cyclable existe bien rue du Bois l’Abbé et Salvador Allende mais que rien n’a été fait ni sur l’Avenue du 8 mai 1945, ni sur l’Avenue Maurice Thorez qui sont autant empruntées par les cyclistes.

Un autre intervenant a insisté pour que soit introduit dans cette Charte de l’Environnement le problème de la formation professionnelle des jeunes en rappelant que les métiers de l’environnement constitue des débouchés d’avenir et qu’il serait bon que tous ces travaux à réaliser sur Champigny puissent aussi servir à assurer la qualification professionnelle des jeunes (sous forme stages).

Le problème des antennes de téléphonie mobile demeure. L’émotion des personnes résidant à proximité d’antennes a été rappelée surtout que les dernières enquêtes en cours même si elles sont imprécises confirment le danger. L’an dernier les menaces d’implantation d’antennes au Tremblay et à Coeuilly ont abouti à une mobilisation très forte des résidents. Des manifestations ont eu lieu à Coeuilly. Au Tremblay la mobilisation à 6H15 un matin de l’hiver dernier a bloqué la mise en place de la grue louée pour mettre en place l’antenne rue Jack Gourevitch. Dans les heures qui suivaient la mairie prenait un arrêté d’interdiction de la pose de l’antenne. Quelques jours plus tard l’EPFIF (Etablissement foncier de la région propriétaire de l’immeuble ou devait être posé l’antenne) annonçait qu’il refusait cette implantation.

Manifestation devant la mairie contre l’implantation sauvage des antennes de téléphonie mobile

Toutefois la menace pesant sur d’autres quartiers persistant à Coeuilly une manifestation devant l’hôtel de ville, la réception d’une délégation par le premier adjoint ont amené progressivement la mairie à prendre en compte le bien fondé des inquiétudes. La fixation des normes sécurisantes reste du domaine de l’état et il reste beaucoup à faire. Dans une intervention une des protagonistes de la mobilisation insistait sur l’urgence de solutions face au développement prévu de la 4G et soulevait la question de l’utilité réelle du très haut débit non filaire.

Dans le domaine des repas servis aux scolaires (et aussi dans les foyers logements) la question du retour à un fonctionnement local. Actuellement (sauf pour le collège Willy Ronis) la fourniture des repas a été externalisée et confiée à SIRESCO. On souhaiterait le développement de journées BIO et une préférence donnée aux circuits courts d’approvisionnement.

Dans le domaine des déchets et de leur traitement les intervenants ont pris en compte le fait que le taux de la TEOM (taxe d’enlèvement des ordures ménagères) fixé à 11,58%, même s’il est stable depuis 3 ans, reste le plus élevé du département alors que la production d’ordures ménagères par habitant reste plus élevée que la moyenne départementale et que corrélativement le tri (papier, verre) reste à un niveau plus faible là encore que la moyenne départementale. Il y a un vrai échec de la politique municipale des déchets. Il faudra puisque la procédure d’appel d’offre pour le renouvellement du contrat est lancée mobiliser les campinois pour obtenir une amélioration réelle de la politique en ce domaine.

L’enlèvement des déchets verts est une bonne chose en soi mais  cet enlèvement  coûte. Pourtant la ville se refuse toujours à encourager par des aides financières (différentes modalités ont été testées dans les villes qui ont encouragé cette pratique) la pratique du compostage. Pourtant le compostage a pour mérite de supprimer progressivement l’enlèvement des déchets verts et de diminuer le volume des ordures ménagères puisqu’un compost ne se compose pas uniquement de gazon et d’autres plantes mais qu’il convient pour un bon fonctionnement d’y adjoindre des débris végétaux ménagers (épluchures etc.).

Il a été souligné aussi que la mairie ne jouait pas le rôle qui devrait être le sien dans ce domaine en diffusant de l’information, en faisant des enquêtes. Un intervenant a signalé que Valophis, par contre, avait fait du très bon travail de sensibilisation en ce domaine.

Petites ou………

…grandes les incivilités ne sont pas tolérables

Tout le monde a été d’accord pour dire qu’un effort particulier devait être fait en direction des enfants et que le domaine scolaire était celui qui convenait le mieux pour les sensibiliser au tri et aux problèmes de l’environnement. Ceci suppose qu’on donne aussi aux écoles les moyens pour le faire. Une enseignante a ainsi rapporté que dans l’école où elle exerce ce travail de tri avait eu un grand succès auprès des scolaires avec des petites poubelles différentes pour le papier, les plastiques etc.  Toutefois la mairie n’ayant fourni qu’une seule poubelle à la femme de ménage celle-ci regroupait tous les produits. Les enfants s’en sont rendu compte et tout le profit de cet apprentissage a été perdu….Promouvoir une politique est une chose mais il faut un suivi et des moyens pour la réaliser.

D’une façon générale les participants ont regretté que l’information ne soit pas suffisante sur ces problèmes, qu’il n’y ait aucune mobilisation. On a cité des villes comme La Rochelle qui organisent tous les ans une journée d’action et d’information sur les déchets et le tri ; tout le monde y participe. Ce n’est pas le cas à Champigny.

Dernier point abordé celui des économies d’énergie, et de la précarité énergétique. Il est nécessaire de développer les efforts pour améliorer l’habitat. Une partie des réalisations dans ce domaine est pris en charge par l’état et des contrats d’avenir peuvent être lancés.

Ce deuxième atelier débat était animé par Jean Marie Lagache, responsable du groupe local d’Europe Ecologie-Les Verts, assisté au bureau par Caroline Adomo, secrétaire de la section de Champigny du Parti Socialiste et par Yves Fuchs, Président de l’association Forum des Boucles de la Marne