PAROLES DE CAMPAGNE

Notre association FORUM DES BOUCLES DE LA MARNE ne présente pas de liste aux élections municipales de mars; toutefois certains de ses membres font campagne voire sont candidats sur des listes, preuve s’il en était besoin de la diversité de notre association citoyenne.

Au cours de la campagne il leur arrive de s’exprimer sur des questions d’intérêt général; lorsque ces interventions recoupent des problèmes qui font débat, nous les publierons sur ce blog

nous commençons cette série de « paroles de campagne » par l’intervention de Jean Louis BESNARD lors d’une réunion organisée jeudi 20 février, au Bois l’Abbé par la liste de M. Jean Michel SCHMITT

Ce soir, je vais vous parler de la politique de santé de la ville. Mais je vais vous en parler de façon concrète, en partant de l’expérience vécue ces 6 dernières années en tant qu’adjoint au Maire chargé de ces questions.

Tout d’abord, un rappel. La santé ne fait pas parti des compétences obligatoires des communes. Pour une municipalité, s’investir dans ce champ d’action procède donc d’un choix volontariste, fondé sur la prise en compte par les élus des réalités sociales de la ville qu’ils gèrent.

C’est le cas à Champigny, ville populaire, où depuis très longtemps, ce choix et les efforts financiers qui en résultent ont été faits et il faut en donner acte aux équipes successives. Je retiens deux chiffres pour s’en convaincre, 25% des campinois vivent dans un QPV (Quartier Politique de la Ville) et le taux de pauvreté à Champigny atteint 20%, soit 6 points au-dessus de la moyenne nationale.

Nous avons donc bien l’intention de persévérer dans cet effort en faveur du bien-être des campinois, parce qu’il le faut. Et cet effort doit bénéficier à tous les campinois et pas seulement des moins fortunés d’entre eux.

A Champigny, l’action publique locale en matière de santé ne saurait se limiter à la gestion d’une médecine par défaut. En effet, d’une part, la commune est menacée par la désertification médicale et, d’autre part, les politiques de santé publique doivent évoluer et se territorialiser si l’on veut mettre un terme au divorce entre l’hôpital et la médecine de ville qui entraîne des gaspillages multiples et nuit à l’efficacité de l’organisation des parcours de soins des patients.

A l’avenir, compte tenu de l’évolution des comportements des professionnels de santé libéraux, qui veulent avoir une vie normale et ne plus être mobilisables 24 heures sur 24, de l’augmentation de la fréquence des maladies chroniques et de la part des personnes de plus de 75 ans dans la population campinoise, nous devrons encore davantage nous emparer des problématiques de santé publique et agir en direction du Conseil de territoire et avec le concours des professionnels libéraux exerçant à Champigny pour résoudre les nombreux problèmes d’accès aux soins que nous connaissons actuellement.

Je ne vais pas tous les énumérer. Mais, je rappelle que durant ces dix dernières années notre ville a perdu 40% de ses généralistes et que la moyenne d’âge de ceux qui restent en activité n’augure rien de bon.

Et chacun connaît les délais pour avoir un rendez-vous, en particulier pour les spécialistes ou les difficultés pour échapper aux dépassements d’honoraires, etc.

Pour résoudre ces problèmes, il faudra continuer à s’appuyer sur les ressources offertes par nos deux centres de santé municipaux qui emploient environ 90 salariés et agents à temps plein.

Mais il nous faudra aussi organiser la complémentarité et la coordination entre cette médecine publique et les libéraux des différentes professions médicales et paramédicales, renforcer leur densité et améliorer l’articulation entre la ville et l’hôpital en nouant les partenariats nécessaires, pour faciliter l’accès de tous aux soins et enfin, faire en sorte que le « bien vieillir » à Champigny soit une réalité et envisager de créer un nouvel Ehpad public ou à but non lucratif.

A cela s’ajoute les actions de prévention, qu’il faudra continuer à développer en mobilisant tous les outils mis en place ces cinq dernières années avec les concours financiers de l’ARS ( Agence Régionale de Santé), de l’État dans le cadre de la politique de la ville, du département et de tout autre financeur. Ces actions sont essentielles : elles améliorent le bien-être de nos concitoyens et concourent donc à leur cohésion, mais plus encore, elles leur éviteront, à plus long terme, des problèmes de santé beaucoup plus sérieux, liés au surpoids, aux addictions, à la mauvaise alimentation, etc.

Ayant fait ces constats et énoncer ces orientations, qui devraient faire consensus, il faut interroger la crédibilité des choix proposés en ce sens par nos concurrents, à commencer par ceux du maire sortant.

Aujourd’hui, ce dernier évoquant « le droit à la santé » promet la reconstruction du CMS Ténine. Fort bien, sauf que l’urgence de la réalisation de ce projet ne date pas d’aujourd’hui.

Elle m’était apparue évidente dès 2014 et il m’a fallu insister lourdement, pour que juste avant la fin du mandat, le Maire accepte, enfin, de financer une étude de faisabilité et ce après qu’un de ses adjoints lors d’une réunion avec le personnel ait mis en doute, fin 2017, la nécessité de maintenir deux centres de de santé à Champigny… !

Ensuite, il évoque l’installation de nouveau médecins sur la ville. En fait, ce qu’il annonce, ce ne sont pour l’instant que des réinstallations, certes bienvenues mais insuffisantes pour enrayer la désertification.

Mais là encore, ces annonces renvoient à un travail partenarial qui n’a pu intervenir qu’à partir de 2016, après que l’équipe du Maire sortant ait enfin accepté d’engager la commune dans le processus de conclusion d’un contrat local de santé avec l’ARS, qui aurait pu être finalisé en 2013, s’il ne l’avait pas bloqué à l’époque.

Entre temps, un retard a été pris dans le diagnostic de la situation sanitaire, des dizaines de milliers d’euros de subventions ont été perdues, ainsi que des moyens humains. Il est donc pour le moins cocasse de lire aujourd’hui que ce CLS (Contrat Local de Santé) a été adopté sous « l’impulsion de la majorité municipale ».

Ce n’est donc qu’à partir de 2018, qu’a pu s’engager un dialogue approfondi avec l’URPS (Union Régionale des Professionnels de Santé ) et ses représentants locaux, qui les associe à la définition et à la mise en œuvre d’une stratégie de lutte contre la désertification médicale, qui prendra du temps, s’agissant de l’installation de professionnels dans de nouveaux locaux.

Ensuite, le Maire sortant ne dit pas un mot de la création à Champigny d’un CLSM (Centre Local de Santé Mentale), qui vient tout juste d’intervenir, sans doute parce ce que ses collègues s’y sont opposés à la fin 2015, alors que dans le contexte campinois, sa création était pourtant reconnue comme nécessaire par tous les acteurs locaux de la santé publique et qu’il a fallu, pour y parvenir, contourner l’obstacle en passant par la voie associative, ce à quoi je me suis personnellement employé.

Je pourrai ajouter à cette liste, le fait que dans ses documents de campagne, le Maire ne dise pas un mot de la prévention en matière de santé, alors que c’est un enjeu essentiel pour la qualité de la vie locale de toutes et tous !

Enfin, si le maire affiche un budget santé de la ville de 5 millions d’euros et omet de dire que le reste à charge pour la ville n’est que d’environ 1,3 million, il faut savoir qu’il a imposé la suppression d’un poste de dentiste et d’un poste d’infirmière depuis 2014 et que cela n’est pas le signe d’une volonté de préserver le niveau et la qualité de l’offre public de soin ouverte aux campinois.

En conclusion, en matière de santé, comme dans bien d’autres, le maire sortant excelle surtout dans la propagande et dans l’art de confondre les mots, en l’occurrence, la solidarité, avec les choses, c’est-à-dire l’engagement réel pour faire de Champigny, une ville humaine et dynamique, pour tous.

Mais, j’allais oublier la droite locale. C’est vrai qu’il n’y pas grand-chose à en dire. Jugez vous-même : sa seule proposition connue consiste à « rendre accessible le centre Ténine en le relocalisant » : c’est ce qu’on appelle le service minimum !

Je vous remercie de votre attention.