Peut-on améliorer la sécurité à Champigny? par Y. Fuchs, Conseiller Municipal

Peut-on améliorer la sécurité à Champigny ?

A la rentrée il y a les souvenirs de l’été mais aussi la confrontation avec les problèmes de la vie à Champigny et le développement des incivilités, du sentiment croissant d’insécurité pose un problème réel

Que retenir en effet de cette rentrée ?

Le fait marquant de cet été à Champigny c’est le terrible accident survenu, Avenue de la République le samedi  4 aout. Un enfant de 3 ans qui traversait la rue, accompagné de sa mère a été fauché, sur un passage protégé par un fourgon dont le conducteur a pris la fuite. L’enfant a été transporté à l’hôpital Necker dans un état grave. Quelques jours plus tard la presse annonçait heureusement que le processus vital n’était plus engagé.

Ce terrible accident nous rappelle qu’à Champigny le principal danger réside dans les accidents de circulation. En 2010  130 accidents de la circulation à Champigny ont fait 160 blessés et un mort. En novembre 2011 un collégien en route vers le collège a été tué au carrefour Jean Jaurès-Dimitrov.

Les accidents de circulation représentent, et de loin, la principale cause d’insécurité ; on l’oublie trop souvent.

Pourquoi sont-ils si nombreux et souvent si graves ?

De par sa situation dans une boucle de la Marne Champigny constitue un véritable entonnoir à circulation vers et de Paris. L’urbanisation de plus en plus lointaine, au détriment des terres agricoles de la Brie a induit une augmentation énorme de la circulation automobile, d’autant que les lieux de travail sont de plus en plus éloignés et que les investissements n’ont pas suivi pour réaliser un réseau de transport en commun fiable, confortable et rapide.

On commence à prendre la mesure du problème. Envoyer les gens de plus en plus loin du centre c’est fini, les urbanistes les décideurs l’ont compris. Les politiques prennent en compte que seul un développement des transports en commun peut améliorer la situation et inciter à un abandon progressif  de l’option  « tout voiture » couteuse, dangereuse et polluante.

En 2007 au carrefour Talamoni-Jaurès les laboratoires automatiques d’AIRPARIF (l’association chargée de la surveillance de l’air en Ile de France) relevait que sur le trottoir de 5H30 du matin à 23H la teneur en peroxyde d’azote était supérieure à la limite dangereuse de 40microgrammes par m3 d’air avec des pointes horaires égales à 5 fois la limite.

En 2010 des mesures faites loin des grands axes dans une rue tranquille du quartier du Maroc (rue des Peupliers) montraient une moyenne annuelle  de 30-33 microgrammes par m3 juste en dessous de la limite dangereuse.

A ces dangers (accidents, pollution) s’ajoute l’incivisme de certains conducteurs, en nombre croissant semble-t-il. La lâcheté du chauffard qui a renversé le petit garçon de trois ans rue de la République en est un exemple mais combien de conducteurs roulent à grande vitesse, brulent les feux, invectivent les piétons, se garent n’importe où, en double file, sur les pistes cyclables, sur les trottoirs ?  Ce mépris des droits des autres usagers  et en particulier de leur droit à la sécurité s’aggrave au fur à mesure de la perte des repères du comportement en société.

M. Lambert, adjoint en charge de l’espace public disait avec bon sens après l’accident du 4 aout que l’on ne peut multiplier indéfiniment les feux rouges. Il est toutefois urgent que soit lancée une campagne d’éducation des conducteurs qui s’accompagnera nécessairement d’une politique de vigilance et de répression. Cela suppose à Champigny des effectifs de police plus nombreux, mieux dotés et réorganisés spatialement en fonction de l’évolution de la ville. J’y reviendrai plus loin.

Je suis personnellement scandalisé que des associations, avec l’aide de juriste spécialisées se donnent pour but, pour des motifs de vice de forme de faire « sauter » les amendes infligées aux mauvais conducteurs et de leur faire rendre les points perdus ajoutant ainsi au sentiment d’impunité.

Bien sur la circulation n’est pas la seule cause d’accidents et d’insécurité à Champigny. Il y a aussi les trafics de l’économie souterraine (drogues, contrefaçons, travail clandestin ..), des cambriolages, des dégradations des biens. De cela la municipalité a choisi de ne pas parler sauf quand la presse s’empare d’un fait divers trop spectaculaire. On comprend ce souci de ne pas donner une image trop négative de notre ville où d’ailleurs le degré d’insécurité ne parait pas plus élevé que dans les communes limitrophes. Cette attitude a son revers. Lorsque dans un quartier des voitures sont brulées la nouvelle se propage par on dit, s’exagère, se déforme. Certains ont vite fait de dénoncer au passage tel ou tel groupe et sur cette base les dérapages vont vite. Aussi faudrait-il que la municipalité accepte d’ouvrir le débat sur le sujet (dans Champigny Notre Ville pourquoi pas ?). Je suis sûr que la connaissance de la réalité des faits, sans l’exagération du bouche à oreille, est un élément de sérénité.

Dans la nuit du 21 Juillet dernier deux voitures étaient incendiées sur le  parking situé à l’angle des rues Dupertuis et Georges et Marcel Sembat. Peu de temps après (étaient ce les mêmes individus ?) les portes de garages situés rue du Parc de la Montagne et rue du Bois Juliette étaient forcés et des incendies allumés dans ces garages. L’intention criminelle était claire. L’un des garages était situé sous un pavillon habité, deux autres jouxtaient des habitations. La présence d’esprit des résidents permit d’éviter des drames.

Le propriétaire du pavillon a écrit au Maire pour relater les faits et demander la création d’une police municipale. Dans sa réponse la Mairie rappelle que dans le cas d’un acte criminel (comme tentative d’incendie volontaire d’un immeuble habité) une police municipale n’est pas qualifiée et doit en tout état de cause faire appel à la police nationale. Enfin la mairie souligne qu’une police municipale représenterait une lourde charge budgétaire pour Champigny et faciliterait le retrait de la police nationale comme cela a été le cas dans les communes voisines qui ont choisi de développer une police municipale. La mairie rappelle aussi que suite à ses démarches 18 fonctionnaires de police supplémentaires ont été affectés à Champigny sous forme d’une Brigade Spéciale de Terrain (police de proximité) et elle indique dans cette réponse datée du 3 aout que Monsieur Adenot « vient d’ailleurs d’écrire à Monsieur Valls, Ministre de l’Intérieur afin d’accroitre les moyens de la Police Nationale sur notre ».

Peut-on pour autant donner entièrement quitus à la municipalité de ses efforts en ce domaine ?

Nous avons à plusieurs reprises souligné sur ce blog combien la localisation du commissariat central de Champigny au Bois l’Abbé était aberrant. Nous avions fait la proposition, dans notre programme des municipales de 2008 de la construction d’un commissariat ouvert 24H/24 en centre-ville.

Les prochains développements d’urbanisme en centre-ville et en particulier l’arrivée du métro rendent ce commissariat encore plus nécessaire. Le métro sera une très bonne chose pour Champigny, pour la vie des campinois d’abord bien sûr avec l’amélioration des déplacements, pour l’activité commerciale aussi avec un nouveau pôle d’activité et plus de chances de voir s’installer de nouvelles entreprises. Mais en même temps, on le sait, une station importante, d’interconnexion entre deux lignes de plus, est toujours susceptible de générer certains problèmes (lieux de trafics, rassemblement de bandes etc.). Est-il possible d’imaginer que la police puisse bien contrôler les situations à partir d’un commissariat excentré. Il ne s’agit pas de fermer le commissariat du Bois l’Abbé. Ceux qui habitent dans ces secteurs  de l’est campinois ont droit aussi à la sécurité et à la présence de la police. Il s’agit de construire en centre-ville et à proximité du futur métro un commissariat moderne, conforme aux normes de sécurité et d’accueil du public définies par le Ministère de l’Intérieur.

La municipalité en a la possibilité. La création de réserves foncières en vue de développer le logement à proximité du métro (voir dans notre note Nouvelles en Vrac l’interview de M. Christian Fautré au Nouvel Observateur) permet de disposer de terrains pour la construction de ce commissariat nouveau. Il est bon quand on pense logement et urbanisme d’investir dans la création des équipements nécessaires et ce commissariat en fait partie.

Il y a le coût de cet investissement. La solution financière existe. Le ministère de l’Intérieur octroie des prêts à taux zéro aux communes qui réalisent de tels investissements dans le respect des normes fixées par le ministère.

Et les demandes (justifiées) de M. Adenot auprès du Ministère de l’Intérieur auraient beaucoup plus de chances d’être entendues si la ville faisait la preuve de l’intérêt qu’elle porte réellement aux problèmes de sécurité en construisant ce nécessaire hôtel de police au centre-ville.

Yves Fuchs

Conseiller municipal