Pour répondre à M. Adenot

Pour répondre à Monsieur Adenot

Depuis le mois de Juillet, près de 9 mois donc avant les élections municipales, fin mars 2014, M. Adenot, maire de Champigny, et candidat à sa propre succession, multiplie les appels au « rassemblement de toute la gauche et des écologistes pour battre la droite et l’extrême droite »

Les membres de Forum, femmes et hommes de sensibilité de gauche, se sentent concernés  par cet appel m,ais ne sont pas très enclins à répondre « Présent ».  Pourquoi ? Ils le disent ici publiquement.

Qu’est ce qui a amené le Maire à lancer cet appel et à lui donner tant de publicité ?

Quelle urgence y avait-il en effet à distribuer un tract fin juillet, en pleine période de vacances ? La droite est depuis longtemps minoritaire à Champigny (on a célébré l’an dernier le centenaire de l’élection en 1912 d’Albert Thomas premier maire socialiste de Champigny). Si l’on considère les élections les plus récentes, la présidentielle de 2012 et les législatives qui l’ont suivies, on constate que la gauche rassemble une large majorité des votants : 56,99% des voix pour les candidats de gauche au premier tour de la présidentielle, 63,09% au second tour pour François Hollande, 59,39% des exprimés sur l’ensemble de Champigny au premier tour des législatives, et 60,37%  au second tour. Certes, une présidentielle et des législatives sont des élections différentes des municipales. En 2008 le total des voix de gauche atteignait 56,31%, M. Adenot avait été élu dès le premier tour et l’expérience montre que, lors des élections municipales, un maire sortant bénéficie d’un avantage certain.

Pourquoi dans ces conditions M. Adenot a-t-il peur ? Ou fait-il semblant d’avoir peur ?

Oui pour quelle raison tactique M. Adenot agite-t-il,  la menace, bien improbable, d’une victoire de la droite à Champigny ? Pourquoi crie-t-on « au loup » ? Parce que, lorsqu’un danger imminent menace, tout le monde fait taire ses critiques, se rassemble sans discuter, sans poser de questions. M. Adenot souhaite rassembler la gauche, toute la gauche sous sa direction mais sans que soient discutées un certain nombre de questions portant sur sa politique municipale et les résultats de la dernière mandature.

Et pourtant…

Peut-on éviter de discuter des limites que sa gestion a posées à l’expression démocratique, au débat, à la participation citoyenne, que ce soit au sein du Conseil Municipal, ou dans les quartiers (Conseils de quartier croupions qui ont été supprimés de fait depuis deux ans) ?

Peut-on éviter de discuter d’une politique de l’environnement qui se caractérise par son absence ? Où en est-on du désamiantage des 550 logements de l’OPHLM vendus à IDF Habitat ? Qu’en est-il du tri des ordures ménagères, inférieur à la moyenne départementale et ceci pour une TEOM (Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères) la plus élevée du Val de Marne et payée par les foyers campinois ? Peut-on passer sous silence l’absence d’un véritable réseau de pistes cyclables et l’inertie de la municipalité en ce qui concerne l’occupation des pistes existantes par des voitures en stationnement ?

Peut-on éviter de parler de l’absence d’un projet d’urbanisme d’ensemble pour une ville de 77.000 habitants. Le PLU (Plan Local d’Urbanisme) est inadapté, ce qui a contraint le conseil municipal à le modifier une à plusieurs fois par an au cours des 6 dernières années.

Peut-on passer sous silence les observations très critiques de la Chambre Régionale des Comptes dans son rapport du 21 janvier 2013 ? (voir sur le site l’article publié le 16 février 2013 sous le titre La CRC fait des observations à la SADEV 94, Champigny n’est pas épargné).

Peut-on éviter de discuter les perspectives d’équilibre des différents types de logement à Champigny (du plus social aidé à l’accession à la propriété) ?

 Peut-on taire le fait que le problème du logement est celui de toute la région Ile de France et que la politique du logement à Champigny doit s’intégrer dans le plan de la métropole du Grand Paris ?

Peut-on accepter qu’un seul bailleur social, IDF Habitat, occupe de fait une position de quasi-monopole dans la construction du logement social ?

Peut-on éviter de parler de l’intercommunalité ? Peut-on taire le fait que M. le Maire a pris en mai dernier une position en flèche contre le projet de réforme territoriale (n’hésitant pas dans un tract à qualifier le projet du gouvernement de « liberticide » et à écrire qu’il s’agissait d’un « changement de République » (voir sur notre site l’article publié le 31 mai 2013 sous le titre Grand Paris Métropole). Peut-on éviter de poser au maire des questions sur la cohérence de sa pensée politique quand il défend aujourd’hui avec force les intercommunalités existantes alors qu’il s’est constamment opposé à ce que Champigny participe à de telles structures ?

 

Oui il y a matière à discussion, à confrontation des points de vue. La gauche est diverse. C’est aussi sa richesse. La vie politique ce n’est pas la vie militaire et tout peut et doit être discuté.

Comment pourrait-on envisager de constituer une équipe municipale, d’avoir une politique cohérente sans avoir discuté d’un programme ? mais le PCF est-il capable de discuter, donc de remettre en cause certaines des orientations de la politique municipale ?

Forum des Boucles de la Marne