Premier tour mal engagé mais rien n’est tout à fait perdu pour Christian Fautré

Avec quelle image pourrait-on décrire la situation à Champigny après ce premier tour ?

L’image qui vient à l’esprit est celle d’un match de boxe.

 On en est au moment ou un des boxeurs soulé de coups s’accroche à son adversaire ; il semble prêt à s’écrouler mais parfois il trouve encore de l’énergie en lui et contre toute attente reprend le dessus.

Qu’est ce qui caractérise ce premier tour ?

D’abord une très faible participation. Globalement un campinois (es) sur trois s’est déplacé pour voter

Ensuite l’importance du recul de M. Fautré. Jean Louis Bargero avait déjà perdu 1264 voix de 1995 à 2002. Son successeur Dominique Adenot avait redresse la situation en 2008 (+4,19% et +3247voix) mais très provisoirement puisqu’il perdit 7,42 points et 2343 voix de 2008 à 2014 et que la chute continue de 2014 à 2020 (-8,8 %, -4199 voix)

Le phénomène spécifique de Champigny reste le lien manifeste entre type d’ habitat et couleur du vote ; le type d’habitat se reflète dans les résultats par bureau de vote :  pavillonnaire ou type habitat social HLM

Ceci est inscrit dans la géographie politique de notre ville qu’un certain nombre de bureaux de vote ont un territoire exclusivement d’habitat social correspondant à des cités (Bois l’Abbé, Les Mordacs, Les Boulleraux) d’autres à Coeully, au Maroc à des quartiers exclusivement ou quasi exclusivement pavillonnaires ;

Ces différences sont très tranchées et lors du vote de dimanche 15 mars cette différenciation sociale du type d’habitat a eu une incidence majeure sur le résultat du vote.

Le bureau de vote 7 dans le groupe scolaire Marcel Cachin correspond à un quartier pavillonnaire (Maroc)

Le bureau de vote 42 (Maison pour Tous , Bois l’Abbé) correspond uniquement à de l’habitat collectif de type HLM

Résultats 2020

  Bureau 7 (Cachin) Bureau 42 (MPT)
% votants 49,17% 22,24%
L. JEANNE 54 ,13% 15,35%
C. FAUTRE 23,24% 42,23%
M.SY 5,57% 36,28%

A  chaque élection les différences sont très marquées en ce qui concerne la participation entre les bureaux des quartiers pavillonnaires (qui se mobilisent plus) et ceux des quartiers à dominante de logements sociaux qui votent moins, et ceci pour tout type d’élection ;

Ce différentiel de participation s’est encore accentué lors des dernières consultationscomme le montre le tableau ci-dessous

  BUREAU 7 BUREAU 42 RATIO
2008 62,88 47,15* 1,33
2014 60,85 41,32 1,47
2020 49 ,17 22,24 2,21
  • Le bureau 42 ayant été créé après 2008 le chiffre du bureau jacques Solomon maternelle également au Bois l’Abbé, chiffre de participation le plus bas en 2008 a été pris comme référence pour les municipales 2008.

Ce différentiel de participation croissant entre des bureaux de cités majoritairement de gauche mais avec une participation faible des bureaux de quartiers pavillonnaires où la participation recule moins et qui votent majoritairement à droite explique pour partie le recul de la liste Fautré dans l’agglomération. Il s’additionne au recul, quasiment une débandade électorale de cette liste Fautré dans les secteurs pavillonnaires.

Ainsi dans ce bureau 7 D. Adenot obtenait 286 voix (42,37%) en 2008, 181 voix et 31, 21% en 2014 ; en 2020  C. Fautré a recueilli 109 voix (23,24%).

Dans cette situation quelle peut être la réaction de M. Fautré et de son camp? Pour préparer un 2ème tour difficile mais …REPOUSSE en juin ce qui laisse un peu de temps ;

‘D’abord évidemment engager des négociations avec M.Sy et sa liste pour tenter de ramener dans leur camp les 10,4% d’électeurs qui se sont prononcés pour cette liste ; tache difficile car si des convergences politiques existent, M. Sy et les siens restent sur leurs gardes vis-à-vis du PCF dont ils craignent la volonté hégémonique.

Ensuite évidemment, les militants vont se lancer dans un porte à porte intensif pour tenter de convaincre, dans les cités particulièrement ceux qui se sont abstenus au premier tour ;

Cela suffira-t-il ? PEUT ËTRE MAIS LE RISQUE DE VOIR LA DROITE L’EMPORTER RESTERA TRES FORT.

Pour l’emporter M. Fautré devrait regagner la confiance des électeurs des quartiers pavillonnaires, les écouter et surtout les entendre ; ce ne sont pas les « bourgeois », les « bobos » que les militants du PCF aiment tant caricaturer ; ce sont des enseignants, des ingénieurs, des techniciens, des petits ou moyen cadres ; leurs revenus trop faibles ne leur permettent pas d’envisager se loger à Paris ou en 1ère couronne ; et leur interdisent aussi parce que trop élevés l’accès au logement social ;

Les accueillir, les intégrer, cela fait partie du vivre ensemble. Cela n’a pas été le cas ces dernières décennies, la dégringolade de la liste Fautre dans ces quartiers en est la conséquence ; il faut penser la chose autrement ; On peut craindre que cela soit difficile pour certains et n’arrive que trop tard.

« —- ; leur cerveau est moulé, leurs idées sont irréformables. Ne cherchez point à les convaincre ; ils ne vous croiront pas ; leur mauvais génie les pousse à refuser tout :  Quos vult perdere Jupiter dementat. (à ceux qu’il veut perdre Jupiter ôte la raison)

Proudhon