QUEL AIR RESPIRONS NOUS?

Au 18ème siècle les habitants de Paris mettaient leurs enfants en nourrice

chez les paysans du petit village de Champigny pour qu’ils échappent aux

miasmes du cloaque qu’était alors la ville de Paris. Champigny était à cette

époque réputé pour son bon air.

Au 21ème   siècle que respirons nous à Champigny ? Quels dangers nous guettent ?

En allant sur le site de AIRPARIF on trouve des informations intéressantes concernant Champigny sur Marne : http://www.airparif.asso.fr/pages/resultats/stations

Ces données sont fournies par une station automatique d’analyse installée sur le terrain de sport Nelson Mandela derrière les tennis.

                                            

Le laboratoire automatique  et son mat de prélèvement

En sus des données de la station permanente le site fournit aussi les résultats d’une station temporaire qui a fonctionné en 2007 le long de la RN4 à Champigny. Cette station était localisé Avenue Talamoni sur la RN4. Le trafic était en 2007 estimé à 30880 véhicules jour sur cet axe.

Les teneurs en benzène et en NOx ont été mesurées. Globalement on peut dire que la teneur en NOx  augmente avec la vitesse tandis que celle en benzène croit lorsque les véhicules roulent lentement.

Sur cette station temporaire de l’Avenue Talamoni les teneurs en benzène sont supérieures à celles qui sont considérées comme caractéristiques d’un air de qualité mais sont inférieures aux valeurs limite d’alerte. Par contre les teneurs en NOx  (moyenne annuelle) avec 58 mg mar m3 dépassent largement non seulement la limite de qualité (40 mg/m3) mais aussi les valeurs limite d’alerte (46 mg/m3 ). Il s’agit là des moyennes annuelles. Les données d’AIRPARIF ne précisent pas ce qu’étaient les valeurs lors des pics de pollution mais respirer le long de la RN4 n’est pas sans danger si on s’en tient aux moyennes annuelles

Le poste automatique d’analyse situé sur le stade Nelson Mandela fournit des données détaillées, heure par heure, chaque jour.

Sont analysés NO (oxyde d’azote), NO2 peroxyde d’azote et O3 (ozone) en microgrammes (mg) par mètre cube d’air.

On observe des variations importantes de la qualité de l’air dans le temps. La qualité de l’air varie selon l’heure. Les pics de pollution se situent le matin de 7 à 9H et le soir de 18 à 20H ce qui tend à confirmer l’appréciation d’AIRPARIF selon laquelle environ 50% de la pollution observée en Ile de France aurait son origine dans le trafic routier.Le graphique des derniers jours (vendredi 21, samedi 22 et dimanche 23) confirme cette relation avec le trafic routier. Un pic est visible vendredi matin et vendredi soir. Moins marqué samedi il est quasiment inexistant le dimanche pour le NO2 et le NO

 

 Cette constatation est encore renforcée par les variations observées sur une plus longue période. Parmi les données disponibles sur le site AIRPARIF nous avons sélectionné celles concernant les analyses effectuées à 8H le matin tout au long du mois de décembre 2010.

Le graphique est significatif. Les pics de pollution s’observent tout au long de la semaine du lundi au vendredi. Les minima sont observés les dimanches (D sur le graphique).

 Durant les vacances scolaires on note une diminution globale des teneurs en NO2 avec un minimum très net pour le jour férié de Noël.

Si les teneurs dépassant ou frôlant le seuil d’alerte sont rares au cours des 15 derniers mois

On note quand même un pic à 318 mg le 16 octobre 2009 à 8 H du matin et un autre pic à 319mg à 21H et une dizaine de valeurs supérieures à 200mg ( à titre de comparaison la valeur moyenne à 8H les dimanches est de 20mg.

On peut être satisfait de disposer aujourd’hui d’analyses de la qualité de l’air à Champigny. C’est une demande que Forum faisait depuis des années. Ce blog y a consacré plusieurs notes et nos journaux l’ont constamment demandé. L’existence d’analyses en continu était nécessaire et il est bien que les données soient aujourd’hui disponibles et accessibles pour tous.

Toutefois il faut maintenant envisager des solutions pour améliorer la qualité de l’air

Nous respirons un air qui est passablement pollué. Le principal responsable de la pollution c’est le trafic des voitures particulières et des camions.

Le meilleur moyen d’améliorer la qualité de l’air que nous respirons c’est de faire diminuer la circulation des voitures particulières et des camions.

Pour cela il faut en ce qui concerne le fret une politique de transfert du transport de la route vers des moyens non polluants (transport fluvial, transport ferroviaire). En ce qui concerne les personnes il y a urgence à offrir des transports en commun qui présentent une véritable alternative à la voiture c’est-à-dire qu’il faut un maillage serré du réseau (bus et réseau ferré), un matériel moderne qui offre des conditions meilleures de confort, des dessertes plus rapides et plus fréquentes et ceci à des prix modérés. C’est un énorme défi pour la région Ile de France mais c’est la condition de base pour que notre environnement reste respirable pour nous et nos enfants. Ce sera aussi un travail de longue haleine mais il est urgent de le lancer tout de suite.