Réflexions d’entre deux tours

On a voté ce dimanche 6 décembre à Champigny.
Les résultats de Champigny ne sont qu’une petite fraction du jeu très important qui se joue à l’échelle d’une région l’Ile de France, dont on oublie souvent l’importance, à savoir que c’est la région la plus riche d’Europe.
Champigny (77.000h) ne représente que 0,6% de la population de cette région (12,01 millions au 1/1/2014) et l’influence du résultat à Champigny ne sera sans doute pas déterminant pour l’avenir de la région mais l’expression des forces politiques dans notre ville a pour nous beaucoup d’intérêt parce que nous connaissons ses problèmes, ses habitants. Nous pouvons comprendre les espoirs, les besoins, les incertitudes, les peurs qu’expriment nos concitoyens par leur vote.
Centrer l’analyse sur Champigny ce n’est pas regarder la France par le petit bout de la lorgnette, au contraire car bien connaitre ce qui se passe autour de soi est essentiel. Etre un citoyen ne se limite pas à aller voter, c’est aussi agir, dans l’espace républicain. Le contexte actuel nous demande de prendre notre rôle citoyen très au sérieux.

Qui a voté ce 6 décembre ?
On ne peut on le sait comparer que ce qui est comparable. Les électeurs se déplacent plus pour des municipales (on connait son maire il est proche et on va manifester son appui à sa politique en votant pour lui ou son mécontentement en votant contre). Les électeurs se déplacent aussi plus pour l’élection présidentielle car le rôle du Président, voulu par la constitution de la 5ème République, renforcé encore par l’adoption du quinquennat, apparait essentiel dans la conduite des affaires publiques pour un plus grand nombre de citoyens. Les élections régionales et européennes sont celles qui mobilisent le moins les électeurs. Le rôle des élus régionaux n’est pas très clair pour les électeurs. On ne peut donc comparer que des scrutins de même type. Les scrutins références seront donc ici les premiers tours des régionales de 1998, 2004, et 2010 que nous voulons comparer avec ceux de ce premier tour du 6 décembre 2015.
En 1998 le taux de participation s’élevait à Champigny à 52,27%, en 2014 à 58,77% puis retombait à 39,83% en 2010 (une chute de près de 19 points). En 2015 le taux de participation est de 39,55% donc pratiquement le même qu’en 2010 (-0,32%). On pourrait dire que rien n’a changé, du moins du point de vue de la participation entre 2010 et 2015. Dans la réalité les choses sont différentes.
On a souvent écrit ici, sur ce blog, qu’à Champigny existe un différentiel de participation très marqué selon les quartiers. Les quartiers d’habitat dense où domine le logement social et qui votent majoritairement pour les candidats de gauche ont des taux d’abstention élevés (Boullereaux Cités Jardins, Mordacs Bois l’Abbé etc.) tandis que les quartiers pavillonnaires où sans être toujours majoritaire la droite est plus forte, ont eux, des taux de participation plus élevés. Le scrutin du 6 décembre 2015 montre un accentuationaccentuation de cette dichotomie.
Pour les bureaux du Bois l’Abbé totalisant 4146 inscrits il y a en 2015 1049 votants soit un taux de participation de 25,30% contre 1204 votants sur 3961 inscrits en 2010 soit 30,40%. De 2015 à 2010 la participation a donc reculé de 5,,10%  sur le Bois l’Abbé
Pour les bureaux des Mordacs qui comptent 2068 inscrits on a vu  601 votants le 6 décembre soit un taux de participation de 29,06% contre 737 votants sur 2331 inscrits en 2010 et un taux de participation de 31,62% (baisse de 2,56%).
Sur l’ensemble HLM des Boullereaux (bureau 19) on passe d’une participation de 34,86% en 2010 à 32,00% en 2015 (-2,86%)
Par contre on a voté à 50,66 % au bureau 7 (Marcel Cachin Primaire) soit un taux de participation de 3,70% supérieur à celui de 2010, à 49, 26% au bureau 14 (Gymnase Tabanelli) soit 4,39% de plus. Même s’il existe quelques exceptions la dichotomie persiste et même s’accentue entre les zones à habitat social locatif massivement à gauche où la  participation électorale est faible et les zones de petite propriété pavillonnaire et de copropriété, plus à droite. Cela pose des problèmes sérieucx de représentativité pour les élus municipaux, censés représenter tous les campinois mais qui en fonction de leur couleur représentent un type de quartier plus qu »un autre. Couramment de 10-15 points l’écart cette fois devient énorme si l’on considère que le fort taux de participation (50,66% à Marcel Cachin Primaire, Quartier du Maroc) est pratiquement double de ceux des 4 bureaux du Bois l’Abbé (26,60%, 25,24%, 25,36% et 24,18%).
Les résultats
Globalement sur Champigny le résultat du scrutin montre que 6 des 13 listes en présence n’ont pas obtenu 1% des suffrages exprimés. Ensemble elles recueillent 2,50% des exprimés. La liste présentée par LO recueille 295 voix (1,86%). LO n’était pas présent en 2010 mais une autre formation d’extrême gauche le NPA avait alors obtenu 605 voix (3,75% des exprimés). LO obtient 3,28% à Centre de Loisirs Joliot Curie, 4,98% à Danielle Casanova, 3,94% à Albert Thomas Maternelle. Sur ce groupe dit des Quatre Cités il semble que la ligne intransigeante de Lutte Ouvrière ait attiré certains électeurs du Front de Gauche.
Le Front de Gauche a obtenu les suffrages de 3560 campinois et campinoises (21,94%) contre 4267 et 26,41% en 2010 (soit une perte de 707 voix et 4,47%. Sur le long terme le jugement est plus nuancé puisque le PCF seul mais principale composante du FG actuellement sur Champigny, avait 4482 voix mais seulement 21,41% aux régionales de 2004 (pourcentage plus faible dû à une participation plus élevée).
Le Front de Gauche obtient ses meilleurs résultats sur les grands ensembles de logements sociaux.
Il totalise 444 voix sur le Bois l’Abbé soit 42,33% des exprimés mais recule par rapport à 2010 perdant 158 de ses 602 électeurs d’alors et 7,67% (50,00% en 2010).
Sur les Mordacs avec 269 voix et 44,76% il perd 35 voix et gagne 1,76% en pourcentage.
Sur les Boullereaux il obtient 112 voix et 37,21% contre 214 voix et 60,28% en 2010, une véritable hémorragie.
Sur le Plateau par contre le Front de Gauche progresse passant de 108 voix et 26,87% en 2010 à H. Bassis Maternelle à 140 voix (+32) et 31,96% (+5,09%) en 2015 reflet d’une activité politique plus présente ces dernières années dans ce secteur.
Mais le FG peut aussi progresser dans certains secteurs à dominante pavillonnaire comme le bureau 15 (Jean Morlet) ou il gagne 20 voix passant de 63 à 83 et de 14,72 à 18,69%.
Le Front de Gauche réalise toujours ses scores les plus faibles dans les bureaux de vote les plus traditionnellement acquis à la droite à Coeuilly (Romain Rolland B : 11,72%, Romain Rolland Maternelle 14,25%) au Maroc (J. Decour Maternelle 10,92%) et au Tremblay (36 L. Frapié maternelle : 13,84%,37 Jean Jaurès Primaire ; 12,15%, 38 Gymnase M. Baquet : 8,91% et 39 L. Frapié Maternelle : 10,80%).
Le Parti socialiste attendait ces élections avec quelque crainte. Finalement il s’en sort bien. Il avait obtenu 3410 voix et 21,11% en 2010, 3626 électeurs (+216) soit 22,34% des exprimés (+1,23%) lui ont fait confiance cette fois.
Il passe de peu devant le Front de Gauche (22,34% contre 21,94%) alors que celui-ci le dépassait de 5,3% en 2010. Un succès symbolique pour le PS à Champigny.
Le Parti socialiste a une influence relativement bien répartie sur toute la ville. Il obtient son meilleur score au bureau 6 (Marcel Cachin Maternelle) avec 27,91% des voix et ses plus faibles dans les bureaux Albert Thomas Maternelle et Albert Thomas Primaire (15,45% et 14,33% respectivement) et Maurice Thorez Maternelle (14,14%) donc dans des bureaux correspondant à de grands ensembles de logement sociaux. Toutefois ce qui est remarquable c’est sa progression dans ces quartiers par rapport à 2010. Alors que certains prédisaient au PS une véritable déroute dans les milieux les plus populaires, conséquence d’un mécontentement aggravé envers la politique gouvernementale on n’observe rien de tel. Au Bois l’Abbé le PS conserve ses 245 voix de 2010, comme il conserve ses 54 voix sur Les Boullereaux ce qui lui fait gagner 2 points en pourcentage du fait d’un nombre plus faible de votants.
Il se maintient dans des bureaux de Coeuilly classés à droite passant de 79 à 82 voix (de18,68 à 19,62%) à Romain Rolland B, de 94 à 92 (20,61 à 22,09) à Romain Rolland Maternelle.
Il semble que sa meilleure progression le PS l’ai trouvée dans certains (pas tous) bureaux du Maroc et du Centre-Ville. Au bureau 2 par exemple (Salle d’Escrime ancienne salle de Tennis de Table) il gagne 27 suffrages et passe de 23,85 à 27,65%. Au bureau 4, Maurice Denis Maternelle, il passe de 96 à 117 voix (et de 22,8 à 27,15%), idem au bureau 7 Marcel Cachin Primaire où le PS passe de 82 à 120 voix (+38) faisant bondir son pourcentage de 17,97% à 23,86%.
Quelle explication peut-on trouver à ces progressions ? On peut penser que ces voix gagnées par le Ps proviennent majoritairement d’électeurs d’Europe Ecologie Les Verts de 2010 qui cette fois ont reporté leurs voix sur la liste Bartolone (PS). C’est vraisemblable pour le bureau 4 (maternelle Maurice Denis) et 7 (maternelle Marcel Cachin) où EELV a respectivement perdu 47 et 67 voix entre 2010 et 2015. Une partie de ces voix « vertes » se seraient alors reportées sur le PS. Ce n’est pas le cas pour le bureau 2 (Salle d’Escrime ancienne salle de Tennis de Table) ou la liste EELV gagne 3 voix par rapport à 2010.
Une autre explication peut être apportée. En 2010 la liste du Front de Gauche pour le Val de Marne était conduite par Christian Favier, conseiller général de l’ex canton de Champigny Ouest, qui rassemblait sur son nom bien au-delà des électeurs du Front de Gauche. Certains de ces électeurs de C. Favier ont pu reporter leur vote sur la liste du PS.
Les deux phénomènes ont dû entrer en ligne de compte.
En ce qui concerne EELV le constat est mitigé. Certes sur Champigny la liste de EELV conduite par Emmanuelle Cosse est en net recul. Elle passe de 2261 voix et 13,68% à 1196 voix (-1065 voix) et 7,37% (-6,31%). Un tel recul est-il explicable alors que les questions environnementales sont tout à fait à l’ordre du jour avec la tenue à Paris de la COP 21.
2010 était une année faste pour EELV, la liste de plus était menée par Cécile Duflot qui avait un impact médiatique supérieur à celui d’Emmanuelle Cosse aujourd’hui. De plus en 2015 la ligne politique de EELV est brouillée. Même si, semble-t-il peu de militants ont suivi la démarche de ceux qui avec de Rugy et Placé ont quitté EELV pour fonder un mouvement mineur dans le sillage du PS il en resté un sentiment de confusion et le message politique de EELV n’a pas été audible. Le résultat est là perte de près de la moitié des voix.
EELV en 2010 dépassait les 20% des exprimés sur 3 bureaux de vote : bureau 37 Jean Jaurès primaire, 23,11%, 11 G. Politzer Maternelle, 21,81% et M. Cachin Primaire, 20,31%. La liste EELV par contre obtenait des résultats ridiculement faibles sur les grands ensembles de logements sociaux : 2,31%, 3,63% et 4,31% sur les 3 bureaux à l’époque du Bois l’Abbé. Cette faiblesse demeure aujourd’hui quoique moins évidente dans un paysage électoral fortement érodé mais l’influence de EELV est resté marginale aux Boullereaux (3,32%), aux Mordacs (Gymnase P. Owens : 3,83%) et aussi au Bois l’Abbé (3,19% à Salomon Maternelle 2 et 2,87 à Salomon Maternelle 1).
Seuls 7 bureaux de vote dépassent les 10% en 2015, contre 30 en 2010, aucun n’atteint 20% (3 bureaux en 2010), les scores les plus élevés restent localisés dans le centre-ville (11,30% à Politzer, le Maroc (2 bureaux à plus de 10%) et le Tremblay (2 bureaux à plus de 10%).

La gauche à Champigny a, en ce premier tour des régionales 2015, réuni (FG+PS+EELV) 8392 voix soit 51,65% des votes exprimés, dans la perspective du second tour cette gauche distance largement tant la droite (liste Pécresse) 3384 voix et 20,85% des exprimés que la liste extrême-droite du FN 2864 voix et 17,65%.
La gauche avait toutes tendances confondues, (FG+PS+EELV) % avait obtenu 9947 voix et 61,5% en 2010. Elle perd donc 1555 voix et 9,85%. En chiffres bruts ce recul peut être surtout porté au passif du vote écologiste et dans une moindre mesure au tassement du Front de Gauche.
Dans le détail les choses sont sans doute plus complexes. Massivement les pertes de EELV se traduisent par des transferts de votes vers le PS et par l’abstention. Parmi les électeurs potentiels du PS et même du Front de Gauche la tentation abstentionniste a été très forte et beaucoup se sont réellement abstenus. Les motivations sont simples et claires. Elles sont exprimées sans détours. Moins que le rejet des « tous pourris » un thème abondamment véhiculé par l’extrême droite ce qui a motivé l’abstention de beaucoup d’électeurs de gauche c’est le sentiment d’impuissance, d’inutilité, l’impression que les choses sont décidées ailleurs, et que les élus même de bonne volonté sont condamnés à l’impuissance et à l’immobilisme et corollaire ne pourront pas tenir leurs promesse. L’abstention chez une partie des électeurs de gauche est motivée par tout cela. Reste à savoir si la peur de la victoire de la droite et des politiques qu’elle souhaite mettre en place à la région motivera suffisamment ces abstentionnistes de gauche du 1er tour à voter au second. C’est une des clés du scrutin du 13 décembre.
3384 voix et 20, 85% des exprimés c’est bien peu pour la liste qui regroupait toute la droite (Républicains et UDI) à l’exception de Debout la France. En 2010 l’UMP seule (devenue depuis les Républicains) avait réuni 2381 voix et 17,53% des suffrages exprimés et le MoDem 560 voix et 3,47%.
La droite progresse un peu en voix (+443 voix) et stagne en pourcentage (-0,15%). C’est faible par rapport aux objectifs que s’était assigné la droite campinoise. Son leader Laurent Jeanne, qui n’a pas admis la réalité de son échec aux municipales cherche, à l’occasion de chaque élection à forcer le destin et à affirmer la primauté de son projet pour Champigny. Les départementales ou il avait pensé pouvoir battre Christian Favier lui ont apporté un échec. A l’occasion des Régionales, la place à lui attribuée sur la liste val de marnaise de Mme Pécresse, aurait pu lui assurer un poste d’élu régional en cas de succès. Les électeurs ne l’ont pas souhaité ainsi et le résultat très moyen de la liste de droite à Champigny affaiblit plutôt sa position.
La droite obtient ses meilleurs scores au Tremblay (Jean Jaurès Primaire bureau 37 avec 134 voix et 33,92% et à Gymnase Baquet bureau 38 avec 133 voix et 32,92%). Elle progresse de 44 voix et 13, 21% sur le bureau 37 et de 11 voix et 5,31% sur le 38.
Dans d’autres secteurs où elle était forte la droite régresse.
C’est le cas à Coeuilly aux bureaux 27 et 28 (Ecole Romain Rolland Primaire A et B). Dans le bureau 27 elle passe de 160 voix et 37,30% à113 voix (-47) et 27,03% (-10,23%). Dans le bureau 38 elle perd seulement 18 voix (de 123 à 105) et 4,16% (de 29,08 à 24,92).
Ces voix perdues par la droite sont clairement passées au FN puisque sur le bureau 27 celui gagne 68 voix et 16,50% passant de 38 à 106 suffrages et de 8,86 à 25,36%, et sur le bureau 28 gagne 39 voix passant de 51 voix à 90 et de 12,06 à 21,38%.
Les gains du FN sont pour une majeure partie des transferts d’électeurs de la droite « classique » mais pour une partie seulement.
Le même phénomène semble se produire sur le grand ensemble du Bois l’Abbé ; Le FN y reste faible entre 6 et 10% selon les bureaux de vote mais il progresse de 62 à 105 voix de 2010 à 2015 (+43 voix) tandis que la droite « classique » perd 30 voix passant de 108 à 78.
Encore une fois le FN progresse au détriment de la droite classique mais pas seulement il gagne aussi de nouveaux électeurs. Le fait est net au bureau 19 (Les Boullereaux). Dès 2010 le FN avait capté nombre d’électeurs de droite obtenant 34 voix (10,14%) tandis qu’UMP et MoDem totalisaient sur leurs deux listes 24 voix (6,77%). Dimanche dernier la liste de droite maintient son nombre de voix et progresse même très légèrement avec 26 voix (+2) et 8,64% (+1,93%) mais la liste FN elle double son score avec 68 voix (+34) et se classe maintenant parmi les acteurs importants de bureau de vote (22,59% soit +12,45%)
Le Front National à Champigny connait un succès, moins éclatant qu’en d’autres communes, mais un succès très net quand même.
Il faut tempérer un peu ce constat.
Si l’on considère les élections régionales depuis 1998 on constate que lors de cette première élection régionale le FN obtenait à Champigny 3060 voix et 15,50%, en 2004 2537 et 12,12%, en 2010 (après son recul lors de la présidentielle de 2008) 1390 voix et 8,6% et ce 6 décembre dernier2.860 voix et 17,65% retrouvant son niveau de 1998.
Il existe un courant FN à Champigny et ce depuis longtemps, ce n’est pas contestables. Ses soutiens sont plus mobilisés que d’autres et leur participation aux élections plus massive. La présence d’une abstention forte des électeurs et particulièrement des électeurs de gauche magnifie considérablement leur influence. On l’a vu lors des cantonales de 2011 sur le canton de Champigny Centre où l’ampleur de l’abstention a ouvert à leur candidat les portes du second tour.
Ce qui est inquiétant c’est que le Front National a gagné cette fois pas seulement à cause d’une meilleure mobilisation de ses électeurs traditionnels mais parce qu’il a aussi gagné de nouveaux soutiens tant par transfert d’électeurs de droite de 2010 que par de nouveaux électeurs dont il n’est pas possible, pour le moment de situer précisément quel cheminement les a mené au vote FN