Remise en cause unilatérale de la déclaration d’utilité publique du projet Altival, par le Président du Conseil Départemental ou le prix de l’opportunisme électoral

Remise en cause unilatérale de la déclaration d’utilité publique du projet Altival, par le Président du Conseil Départemental ou le prix de l’opportunisme électoral

Non ce n’est pas un virage pris par le projet Altival, mais un véritable tête-à-queue, suivi d’une sortie de route.

Patrick Le Guillou, Yves Fuchs et Jean-Louis Besnard, tous trois anciens élus de la ville de Champigny, nous ne pouvons que nous opposer à une décision prise par Christian Favier qui met gravement en cause les intérêts du territoire de Champigny et des communes voisines.

Jugeons-en :

Après des dizaines d’années de gel des terrains d’assiette de l’ancienne autoroute A87, unanimement rejetée dans les années 1970, puis finalement abandonnée, un nouveau projet a été élaboré avec les communes de Bry, Villiers, Chenevières en accord avec le Conseil départemental. Il est inscrit au Contrat de Plan État Région et a obtenu des financements indispensables à sa réalisation.

Il s’agissait de créer une liaison destinée en premier lieu à désenclaver les quartiers des Mordacs et du Bois l’abbé, d’offrir une liaison rapide vers les nouvelles gares BRY-Villiers -Champigny (BVC) de la ligne 15 Sud, mais aussi avec l’interconnexion de la ligne Eole, dont les élus de Champigny, toutes tendances confondues avaient fait une exigence.

Après un long travail d’élaboration et de concertation, ce projet a été présenté aux différentes parties prenantes, qui l’ont finalement accepté.

Une enquête publique a été réalisée en 2019, le commissaire enquêteur a rendu un avis favorable en décembre 2019, assorti de prescriptions, comme il est de mise pour un projet de cette importance et, finalement, un arrêté interpréfectoral l’a déclaré d’utilité publique le 10 mars 2020 (N° 2020/842), précisant qu’il valait « mise en compatibilité des documents d’urbanisme », des villes de Noisy-le-Grand, Bry-sur-Marne, Villiers-sur-Marne, Champigny-sur-Marne et Chennevières-sur-Marne.

Le projet est ainsi défini dans la convention de financement Etat/ Région/ Département :

« Il consiste à réaliser des aménagements de sites propres bus qui permettent aux lignes de bus, actuellement futures, du secteur de desservir la future gare de B.V.C. de la ligne 15 Sud du Grand Paris Express, la future gare du RER E et de la gare du RER A de Noisy le Grand. »

L’aménagement de ce site propre, associé en partie à la création d’un Boulevard Urbain, permet de structurer l’ensemble du développement urbain prévu sur les emprises de l’ex Voie de Desserte Orientale (VDO) et d’améliorer fortement la desserte du plateau du haut val de marne, notamment les grands ensembles de Champigny-Chennevières.

C’est dans cette perspective qu’ont été conclus un Contrat de Développement Territorial (CDT) ainsi qu’un Contrat d’Intérêt National (CIN). L’État s’engageant à céder son foncier à son opérateur « Epamarne », choisi par Champigny, pour aménager cette zone.

En refusant, de manière unilatérale – les décisions ayant été communiquées par voie de presse- le prolongement du boulevard urbain pour les véhicules autres que les bus, au-delà de la rue de Bernau, Le Président du Conseil Départemental va priver ce projet d’une partie majeure de son intérêt.

Toute l’activité de cette zone repose sur sa capacité à faciliter les liaisons en direction des nouvelles gares, en s’appuyant sur une liaison A4/RN4 ; Les projets d’implantation des futures entreprises, seront pour beaucoup d’entre elles des PME/ PMI, qui ont à la fois besoin des gares pour acheminer leur personnel mais aussi de voie d’accès qui permettent des fluidifier la circulation de véhicules utilitaires.

En refusant de prolonger la voie au-delà de la rue de Bernau, on interdira de fait les implantations de part et d’autre, d’entreprises jusqu’à la RN4 et on créera un cul de sac rue de Bernau.

Ces projets avaient été portés par l’ensemble des groupes de l’ancien conseil Municipal de Champigny et notamment par Dominique Adenot et par des votes des collectivités voisines.

Peut-on remettre en cause ce projet après que le Préfet ait signé la Déclaration d’utilité publique ? La méthode de Christian Favier est stupéfiante : peut-on remettre en cause, au prétexte de fumeux enjeux écologiques, un projet majeur d’implantation d’entreprises dans une ville structurellement carencée en matière d’emplois ?

Oui, à Champigny existent de vrais enjeux de transition écologique dans le domaine du bâti, public et privé et des transports, comme dans toutes les villes de la métropole.

En freinant le rééquilibrage de l’emploi à l’Est de l’île de France, irait-on dans le bon sens, en perpétuant les déplacements quotidiens de nombreux salariés campinois, de l’Est vers l’ouest de la métropole ? Veut-on que Champigny reste principalement une ville dortoir ?

Ces questions et d’autres, sous-jacentes, doivent être posées même si elles dérangent : le renoncement soudain à créer une voie routière au-delà de la rue de Bernau est-elle le prix à payer pour que les élus Communistes bénéficient d’un soutien du parti « Europe écologie les verts » et au-delà, des électeurs de bonne foi, sensibles aux enjeux de l’écologie urbaine ?

Notre conviction est claire, ce changement de pieds, affiché à quelques semaines des élections départementales, ne peut s’interpréter autrement que comme une manœuvre d’opportunisme des plus politicienne, qui plus est, au mépris du Conseil municipal de Champigny et de ses délibérations successives sur ce projet.

Il conviendra donc de s’opposer à ce revirement et de le contester devant les tribunaux, mais aussi et d’abord, dans les urnes !

Yves Fuchs

Ancien Maire-adjoint de Champigny

Chargé des déplacements et des infrastructures

Patrick Le Guillou

Ancien Maire-adjoint de Champigny

Développement économique et emploi

Ancien conseiller du Territoire

Jean-Louis Besnard

Ancien Maire-adjoint de Champigny

Chargé de la santé et de la prévention