réponse à Clément Vaché

M. J. L. Besnard a souhaité répondre au texte que M. C. Vaché a publié sur ce blog, en  soutien à M. C. Fautré ; Nous publions donc ici son commentaire . Nous estimons que mises au point et clarifications peuvent être nécessaires  mais continuerons à  privilégier les projets et les propositions

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Réponse à Clément Vaché : du bon usage des couleurs et des contradictions s’y rapportant

Après nous avoir expliqué qu’il était un « conseiller municipal socialiste », « social-démocrate » et « rocardien » Clément préconise de voter « rouge vif » pour le second tour des municipales. Cette injonction en forme d’oxymore n’est pas de nature à inciter le lecteur de sa profession de foi à en examiner l’argumentaire sans un minimum de scepticisme…

En effet, sauf péril anti républicain avéré, ce qui ne semble pas être le cas à Champigny, en dépit des polémiques de caniveau, le fait d’appeler à réélire une majorité dominée par le parti communiste, tout en se réclamant du courant animé par Michel Rocard, inventeur de la « deuxième gauche » est pour le moins une tentative de percée conceptuelle hardie.

Mais, si cette une partie du texte de Clament mériterait des développements à caractère général, on se limitera ici à ce qui a trait à la gestion municipale à un moment où nos concitoyens vont devoir choisir entre deux options.

Clément commence par l’évocation du programme proposé par le maire sortant. Il observe, à juste titre que, « les distributions de bons alimentaires, et d’aides sociales, aussi bien soient-elles, pour celles et ceux qui les perçoivent ne constituent pas un projet de ville ».

En effet, pour placer la conduite d’une politique municipale sous l’empire du principe d’équité, comme il nous y invite, en matière d’accès au service public, c’est-à-dire, en traitant de façon inégale des personnes situées dans des positions sociales différentes pour rétablir l’égalité, encore faut-il en avoir les moyens, sachant que l’on ne peut répartir ce dont on ne dispose pas.

C’est là un point essentiel, car selon la majorité communiste, si une dépense, justifiée à ses yeux, ne peut être financée, c’est nécessairement et quasi systématiquement la faute de l’État et, selon les périodes, de sa politique anti-sociale, de l’austérité et des coupes « drastiques » dans les dotations et subventions, de la fraude fiscale, des « cadeaux au Medef » et au « grand capital », des « dividendes du CAC 40 », que sais-je encore…

Dans ces conditions, évoquer « la baisse constante des dotations de l’Etat » qui aurait « considérablement diminué sa marge de manœuvre, et conduit nos édiles à des coupes budgétaires contre-nature au regard de leurs convictions politiques », c’est, de fait, se soumettre à leur raisonnement déconnecté des réalités nationales, qui à partir de 2014, ont amené le gouvernement « social-démocrate », soutenu par notre ami Clément, à infléchir à la baisse de la croissance des dépenses des collectivités territoriales pour la ramener à un rythme soutenable eu égard au contexte macroéconomique, largement déterminé par les traités européens dont nous avons cru comprendre que Clément les défendait.

C’est au demeurant ce que j’ai indiqué à plusieurs reprises devant le Conseil Municipal, sans jamais avoir été contredit par l’intéressé.

Notons au passage un contresens de notre ami Clément qui reprend à son compte la vulgate des élus communistes et reproche à l’actuel gouvernement de réduire « l’autonomie des collectivités territoriales, en leur imposant un plafond maximal de leur section de fonctionnement à ne pas dépasser ».

A cela, on répond, en effet, que ce gouvernement, a renoncé à diminuer, en valeur absolue, de plusieurs milliards d’euros les ressources des collectivités locales (de 10 milliards d’euros, environ de 2013 à 2017) et donc d’exercer une pression à la baisse de leurs dépenses et(ou) de les contraindre à augmenter la pression fiscale, décision rarement populaire.

De plus, en contrepartie d’une stabilisation des dotations et subventions depuis 2018, il a mis en œuvre une démarche d’encadrement de la croissance de leurs dépenses, c’est-à-dire un relâchement certain des contraintes antérieurement imposées aux communes, via une approche contractuelle, qui sauf erreur, n’a pas suscitée de rejet de la part de notre ami.

Par conséquent, si réduction de l’autonomie des communes il y a, celle-ci a commencé sous la présidence précédente et de façon « drastique », selon le qualificatif favori des élus communistes et non sous l’actuel gouvernement.

Mais, en même temps, l’autonomie de gestion des collectivités territoriales, instituée par les lois Deferre de 1982-1983 sur la décentralisation, n’a jamais renvoyé à un fonctionnement à « guichet ouvert », leurs ressources, d’où qu’elles viennent, étant par construction toujours plus limitées que les dépenses, ce qui impose des choix au service d’un projet municipal, qui, selon notre ami, reste si l’on a bien compris, indéterminé.

S’agissant ensuite de la « tambouille locale campinoise » évoquée par Clément, l’on est surpris d’apprendre que les élus socialistes se seraient « dispatchés en deux groupes distincts à compter de 2016 ».

Curieuse façon en vérité de rendre compte des évènements passés. Sans vouloir ouvrir une nouvelle polémique ad hominem, il faut en effet rappeler que si le groupe socialiste constitué en 2014, s’est scindé en deux en septembre 2016, c’est à la suite d’un conflit de légitimité opposant la majorité d’entre eux (7 sur 11) à sa présidente, conflit que notre ami Clément, alors Secrétaire de la section de Champigny, élu à ce poste avec le soutien de cette dernière, n’a pas su gérer. Mais comme il le dit lui-même, il « n’a jamais eu la rancune tenance en politique », ce qui se passe de commentaires…

S’agissant du « duel » du 28 juin, Clément affirme « qu’il faut remonter aux municipales de 2001 puis à la partielle de 2002 pour retrouver une telle situation », ce qui est une erreur manifeste.

En effet, de mémoire, en 1977, après avoir été élu maire en 1975, à la suite d’une partielle organisée en raison du décès du toujours regretté Louis Talamoni, Jean-Louis Bargero a été réélu maire au premier tour face à une liste de droite, ce fut la même chose en 1983, puis en 1989, malgré la présence d’une liste FN.

Ce duel se poursuivît à son avantage au second tour, en 1995. En 2002, ce fut le même scénario, après l’invalidation de son élection en 2001, suite à une décision du Conseil d’État motivée par de graves irrégularités au regard du code électoral. Enfin en 2008, Dominique Adenot fut élu au premier tour face aux listes de droite.

Il n’y a donc rien d’inédit dans le duel du second tour qui s’annonce, dans un contexte singulier et inédit, plus de deux mois après le premier, durée pendant laquelle, l’équipe sortante a géré la ville sans débat ni contrôle, en vertu des pouvoirs exceptionnels dont elle a bénéficié suite aux lois et règlements mis en œuvre par le gouvernement dans le cadre de l’État d’urgence sanitaire.

Ensuite, s’agissant des résultats du 1er tour, Clément, évoquant la candidature de L. Jeanne : nous explique « sa stratégie, siphonner les voix de l’extrême droite pour virer en tête, a été couronnée de succès. »

Cette affirmation mérite d’être regardée avec circonspection compte tenu de l’évolution du pourcentage des voix obtenues par L. Jeanne de 2014 à 2020. En effet, alors qu’il était en concurrence en 2014 avec le FN, il obtint alors le score de 37,13% et le FN, 12,45% des suffrages exprimés.

En toute logique, il avait donc en 2020 un potentiel de 49,58% et il n’a obtenu que 39,76%. Aussi à moins de considérer que plus des deux tiers des voix obtenues par les listes Schmitt et Nguyen (15,84% au total) étaient le fait d’électeurs de droite, il est difficile d’affirmer que L. Jeanne a « siphonné » les voix des électeurs du RN, son gain de 2014 à 2020 n’ayant été que de 2,63 points, inférieur d’environ 7 points à son potentiel théorique.

Enfin, arrive la conclusion, où Clément affirme que « sa vision de la ville est diamétralement opposée à celle de L. Jeanne », tout en ajoutant, qu’avec lui, il a eu des « votes commun sur plusieurs délibérations politiques », portant notamment sur des « projets structurants » en matière d’urbanisme : que doit-on en déduire, du point de vue de la cohérence de cette démarche ?

Cette contradiction dans les termes, pour manifeste qu’elle soit n’empêche pas Clément d’affirmer qu’il se sent plus proche « d’un Christian Fautré que d’un Laurent Jeanne ». C’est évidemment son droit et il ne saurait être question de le lui en faire grief, mais en appelant à voter « rouge vif », il réduit à néant les nombreuses critiques qu’il porte à la gestion de l’équipe sortante sur les sujets clés de la politique municipale : urbanisme et constructions de logements, démocratie participative, efficience des services publics.

C’est bien là la principale faiblesse du discours de Clément Vaché », qui, en définitive, n’en apparaît que davantage justifié par des pétitions de principe proférées à l’encontre du projet de L. Jeanne et de son équipe.