UN DRAME EVITE DE PEU

Il y a des drames qui attirent l’attention, motivent des articles dans la presse. Et puis il y a des incidents qui par chance ne deviennent pas de drames. Alors la presse n’en parle pas. Et pourtant ils sont significatifs

C’est une rue tranquille dans un quartier pavillonnaire pas très loin du centre-ville. Des pavillons modestes avec jardins, une résidence qui date des années soixante et puis une maison de ville, sans  jardin, 2 étages seulement, et derrière une cour cimentée avec une maisonnette.

Délabrée il y a 20 ans cette maison a été retapée à la fin des années 90 par un entrepreneur  puis revendue à différents propriétaires successifs. Aujourd’hui elle appartient à une SCI qui dépend  elle-même d’une autre SCI  etc. C’est tout ce que nous apprend internet.

La maison accueille en location à prix très forts (600 euros sans les charges pour un minuscule 2 pièces) des immigrés, sans doute en situation irrégulière pour la plupart d’entre eux (mais et on le comprend ils préfèrent ne pas évoquer cet aspect des choses). Ils viennent d’ailleurs que cet ailleurs soit l’Océan Indien, l’Asie Mineure, l’Amérique Latine ou l’est de l’Europe .

La nuit du 30 octobre au 31 octobre dernier fut froide. Dans cette maison le seul moyen de se chauffer ce sont les radiateurs électriques. Ils devaient sans doute tous être allumés   La sollicitation fut trop forte pour un équipement sous dimensionné. L’échauffement fit fondre la gaine d’isolation des cables d’alimentation et aussi d’autres plastiques. Des vapeurs toxiques se répandirent dans les locaux où dormaient les locataires.

Dans un pavillon mitoyen une résidante se trouva elle-même incommodée par les vapeurs toxiques. Vers 2H du matin elle appela les pompiers qui intervinrent vite et efficacement. Les habitants furent évacués. Certains furent placés sous masque à oxygène. Deux personnes plus fortement intoxiquées furent hospitalisées.

Le drame avait été évité de très peu.

20 personnes dont des enfants se retrouvèrent à la rue dans le froid. La solidarité joua. La voisine qui avait donné l’alerte ouvrit sa maison pour le reste de la nuit.

Plus de 20 personnes habitaient donc cet immeuble avec moins de 10m2 par personne et des loyers très élevés.

Combien d’hébergement de ce type y-a-t-il à Champigny ? Difficile à dire mais on en signale un peu partout, parfois nettement plus délabrés et sans doute encore plus dangereux que celui-là.