VELIB à Champigny, on nous ballade

 

Tout le monde parle de l’extraordinaire succès de Vélib à Paris. Nous nous en félicitons. Ce succès prouve qu’il est possible de développer les circulations douces en milieu urbain dense. Cela ouvre des perspectives d’économies d’énergie, de diminution de la pollution et de pratique d’une activité physique.

 

Lors des dernières rencontres citoyennes on nous a annoncé (voir notre note du 26/10) que Champigny était ville candidate au Vélib. Une information reprise et diffusée quelques jours plus tard par le Parisien.

 

Bien sur Champigny n’est pas limitrophe avec Paris et l’extension du système Vélib n’est prévu qu’aux communes ayant une limite commune avec Paris. Qu’à cela ne tienne. On nous annonce que Joinville (qui a une limite avec le Bois de Vincennes donc Paris) est d’accord pour installer une station Vélib en limite de Champigny à la Fourchette.

Manque de chance la Mairie de Paris a publié la liste des 5 communes candidates à l’extension du Vélib… Joinville n’y figure pas.

 

La signification de ceci : une fois de plus la mairie lance une annonce pour le communiqué sans aucun fondement réel.

 

Venons en plutôt au fond du problème.

 

Peut-on réellement développer les circulations douces à Champigny ? et ceci pour que le vélo ne soit pas seulement un moyen de ballade sur quelques tronçons de Bords de Marne fermés aux voitures les dimanches d’été, mais un moyen de transport pratique, quotidien, régulier, utilisable en toute sécurité pour faire des courses, aller et revenir de son travail.

 

Pour répondre à cette question il faut analyser les raisons du succès de Vélib sur Paris. Il ne doit rien au hasard. La municipalité à Paris a fait un gros travail préparatoire d’information du public pour populariser les circulations douces, ensuite des aménagement de pistes cyclables, des signalisations nouvelles aux carrefours ont facilité et sécurisé l’usage du vélo à Paris. Si cela n’avait pas été réalisé avant l’opération.  Vélib à Paris aurait été un tonitruant échec.

 

A partir de là on peut raisonnablement se poser la question. Une opération Vélib aurait-elle quelque chance de succès à Champigny ? Oui beaucoup de Campinois sont favorables aux circulations douces (voir sur ce blog le succès des manifestations de « Villavélo » le 13 mai et des « Roues de Coeuilly » le 23 juin) mais il reste beaucoup à faire pour créer les conditions d’un développement réel des circulations douces à Champigny.

manif de Villavélo en Mai 2007

Aujourd’hui circuler à vélo à Champigny est difficile et dangereux. Demandez donc son avis à votre facteur ou factrice ! Ce danger il le ressent quotidiennement en faisant son travail.

D’abord (notre photo) les chaussées sont défoncées ce qui oblige les cyclistes à des numéros d’équilibre ou à des écarts dangereux lorsqu’une voiture les suit.

 

Ensuite parce qu’il n’existe pas de réseau cyclable. Encore une fois on a jeté de la poudre aux yeux en créant de pseudo pistes non séparées des chaussées .

On a fabriqué quelques hectomètres de piste cyclable ou de rue soi disant aménagée, des hectomètres parfois très dangereux comme rue des Lyonnes ou rue de Bernau sur des trajets sans intérêt pour les cyclistes et ou n’en voit pratiquement jamais. Pourtant le Plan adopté par le Conseil Municipal après le rapport d’un cabinet d’étude en 1998 prévoyait de structurer les déplacements en vélo autour de grands axes permettant de rejoindre les gares RER, le centre ville, les collèges et les lycées. Cela n’a pas été fait.

 

Au contraire la municipalité de Champigny, représentée par M. Fautré, est venue annoncer à la dernière réunion du Comité d’Axe de la RN4 à la DDE de Créteil qu’elle était opposée à la création d’une piste entre la Tour Hertzienne et la Mairie.

Alors que toutes les municipalités avaient donné leur accord pour une piste continue de Pontaut Combault  à Joinville, celle de Champigny a introduit un hiatus dans la continuité du dispositif sans même proposer une déviation d’itinéraire.

 

Il reste tout à faire à Champigny pour que notre ville puisse accueillir la circulation à vélo dans de bonnes conditions de sécurité pour les cyclistes et alors seulement  il sera possible de réfléchir avec un peu de sérieux au développement de systèmes du type Vélib.

 

Il faut que la municipalité comprenne que ce sont des réalisations concrètes que nous attendons. Tenter de tirer parti du succès réel de Vélib sur Paris ne suffit pas à masquer qu’un tel succès est impossible à Champigny parce qu’il n’y a pas la volonté politique de penser autrement et d’agir pour le développement des circulations douces.

Allons un véritable effort pour les vélos à Champigny et nous serons les premiers à applaudir

Champigny demain? et pourquoi pas?