velib menacé?

L’extension du réseau VELIB en banlieue est critiquée parce que non rentable. Certaines stations pourraient être fermées  alors que le réseau commence tout juste à se construire. Da ns cet article nous mettons en cause l’absence de structures cyclables et le manque de coordination  entre communes dans la constitution d’un réseau cohérent.

La 4ème station VELIB vient d’être ouverte à Champigny avec près d’un an de retard sur la date prévue. Ce retard a des causes techniques. ENEDIS a rencontré certaines difficultés dans le travail de connexion, à cause de la complexité des réseaux existant à cet endroit.
La réalisation de la première étape de déploiement de Vélib à Champigny est donc terminée. Quatre stations sont installées (La Fourchette, Mairie, Les Mordacs et maintenant République). D’autres études so;nt en cours pour choisir les emplacements de six stations supplémentaires. Leur ouverture devrait permettre un bon maillage de Champigny. Pour répondre aux attentes un réseau tel Vélib doit comporter suffisamment de stations pour que personne n’ait plus de 400 m au maximum à parcourir pour pouvoir emprunter un vélo.
Ensuite en 2024 quelques stations complémentaires devraient être installées pour satisfaire les besoins nouveaux à savoir rejoindre les gares nouvelles du Grand Métro ou en repartir
Champigny disposera alors de 12 à 15 stations.
Toutes les stations offrent déjà et offriront dans le stock des vélos 30% d’engins à assistance électrique, nécessaires à Champigny si on veut assurer une bonne circulation dans une commune caractérisée par l’existence d’un dénivelé marqué entre ses quartiers centraux et occidentaux et le bord du Plateau Briard à l’Est (Mordacs, Coeuilly, Bois l’Abbé).
Tout paraissait désormais devoir se dérouler harmonieusement. Les réticences initiales s’étaient estompées.
La prise de conscience progressive de l’ampleur de la crise écologique ef de la nécessité de trouver des solutions au « tout, toujours dans ma bagnole » ont amené même ceux qui au départ tenaient tout cela pour des fariboles à prendre en considération la gravité de la situation et à juger qu’il était nécessaire de mettre en place de nouveaux modes de déplacement moins polluants (transport en commun, co-voiturage, vélo, déplacement pédestre).
Mais des informations concordantes circulent actuellement qui remettent en cause le déploiement de VELIB dans les banlieues.
Vélib fut créé (phase 1) sur une initiative de la Mairie de Paris. Vélib se limitait à Paris et un peu au-delà du périphérique. Seules les communes de la petite couronne limitrophes de Paris pouvaient y prétendre; dans notre secteur Joinville avait pu adhérer car jouxtant Paris par le Bois de Vincennes mais pas Champigny.
Avec VELIB 2 cette restriction a disparu et de nombreuses communes de banlieue ont adhéré et aujourd’hui l’implantation de Vélib en banlieue est devenue importante mais la densité des stations y est inf’rieure à ce qu’elle est à Paris.
A l’heure des comptes on constate que les stations de banlieue sont majoritairement déficitaires et parfois lourdement. C’est le cas à Champigny.
Les deux stations les plus actives (La Fourchette et la Mairie) ont un « débit » qui s’élève à environ 400 locations par mois or le seuil de rentabilité d’une station est de 2000 par mois !
Parmi les représentants de Paris, majoritaires au sein du Conseil Syndical qui gère VELIB on commence à dire que soit les communes de banlieue qui ont sur leur territoire des stations déficitaires devront soit prendre le déficit à leur charge soit en cas de refus de prendre le déficit à spn compte accepter tout simplement la fermeture des stations en question.
Ces deux hypothèses sont inacceptables. quand on connait les difficultés financières auxquelles ont à faire face les communes de banlieue quel maire, quel Conseil Municipal aura le courage politique d’engager financièrement sa commune, de grever son budget pour une initiative (VELIB) pas forcément approuvée par tous, et ceci en période électorale ?
Paris ne peut pas prendre une telle décision qui irait à l’encontre de la politique d’une approche éco-responsable des déplacements dans toute la métropole.
L’air est un bien commun, une voiture qui roule à Nanterre participe à la pollution de l’air dans le quartier de la République à Paris . Nous vivons dans un même monde et dans une même métropole.
A Paris, l’urbanisme du baron Haussman , au 19ème siècle a créé un réseau de larges avenues, desservant tous les quartiers, sur lesquels il a été possible au prix de quelques restrictions pour la circulation automobile de créer un réseau cohérent de pistes cyclables .En vélo à Paris on circule relativement bien, mieux qu’à Champigny certainement. Le succès de cette politique du « mieux circuler à vélo » doit aussi à la permanence de la politique en ce sens menée au cours des mandats successifs par deux maires conscients de l’importance du problème M Bertrand Delanoé et Mme Anne Hidalgo.
Dans les banlieues rien de tel. L’urbanisme relève de chaque commune, les axes structurants sont rares ou entièrement dévolus aux circulations automobiles.
Les maires des différentes communes autour de Champigny n ‘ont pas élaboré de politique commune.
Ainsi Joinville adhérent à VELIB depuis la phase 1 a plusieurs stations mais lorsque Champigny a proposé à Joinville d’édifier une station commune sur la D4 en limite des deux communes, la réponse a été négative et Champigny a mis seul en place la station de La Fourchette.
Saint Maur, aussi adhérent mais depuis peu à Vélib, refuse de communiquer sur ses projets, sur la localisation des futures stations, un point) qui intéresse particulièrement Champigny (y aura-t-il des stations auprès des gares de Champigny St Maur ? de St Maur Créteil ? Pas de réponse ; à croire qu’il s’agit de secrets intéressant la Défense Nationale).
Villiers sur Marne et Le Perreux n’ont jamais manifesté d’intérêt à l’égard de Vélib . Bry sur Marne et le Plessis Trévise par contre ont manifesté leur intérêt mais attendent semble-t-il que Champigny ait mis en place son réseau afin de ne pas se trouver isolés.

Voici le tableau qu’il est possible de présenter en cet automne 2019 ;
Que peut-on faire pour soutenir le développement de VELIB ? et par là même de l’ensemble des moyens de déplacement éco-responsables,
Il faud agir aux différents échelons, commune, territoire et département pour que soient réalisées des infrastructure cohérentes et coordonnées permettant à tous de se déplacer en sécurité en vélo, qu’il s’agisse d’un vélo personnel ou d’un vélib.
Réaliser les infrastructures sécurisées est la condition nécessaire pour passer du discours à une véritable politique responsable de l’environnement
Nous demandons d’abord une réelle concertation au niveau du territoire PARIS EST MARNE ET BOIS débouchant sur un calendrier prévisionnel, chiffré, et que cette planification soit coordonnée au niveau du Conseil Départemental ;
Les problèmes rencontrées par Vélib pour se développer en banlieue sont les conséquences de l’insuffisance de structures permettant un déplacement sécurisé en vélo dans nos banlieues.
Aussi, au cours des prochaines campagnes des élections municipales en 2020, puis départementales en 2021 nous insisterons auprès des candidats pour qu’ils précisent leur position à ce sujet, prennent des engagements et les tiennent.

si elles ne sont pas séparées physiquement du trafic automobile les pistes cyclables s’avèrent inutiles voire dangereuses