Vérité à Nanterre (Hauts de Seine), erreur à Champigny (Val de Marne) ?

Nanterre et Champigny sont deux communes  de taille assez semblable (84.000 habitants à Nanterre contre 75.000 à Champigny) situées toutes deux sur le RER A et symétriques en gros par rapport au centre parisien. Toutes deux sont depuis fort longtemps des municipalités dirigées par le Parti Communiste Français puisque tant Nanterre que Champigny ont eu des maires communistes depuis la fin de la seconde guerre mondiale, il y a plus de 60 ans.

 Ces deux communes ont un autre point commun leur isolement politique d’un point de vue géographique. Toutes deux sont entourées uniquement par des villes gérées pare la droite.

 Le 6 mai 2009 les maires de Nanterre, Courbevoie, La Garenne Colombes, Puteaux , Rueil Malmaison et Suresnes ce sont réunis, accompagnés de Philippe Chaix, Directeur des opérations d’intérêt national à la Défense de Seine Arche pour initier un travail de réflexion sur l’avenir de leur territoire ( source http://www.lemoniteur.fr)

Car Nanterre a décidé malgré tout de proposer aux villes qui l’entourent (Courbevoie, 69.700 h, Rueil Malmaison, 73.600 h, Puteaux, 40.800 h et Suresnes, 39.700 h), La Garenne Colombes (59.000h)toutes dirigées par la droite (4 maires UMP) de constituer une communauté d’agglomération. Cette communauté regrouperait 367.000 habitants  ce qui est une taille respectable. Diverses commissions intercommunales vont se mettre en place.  » ..A partir de la définition d’axes de travail en commun qui se seont dégagés de cette démarche et qui pourraient concerner par exemple les transports, le logement, le développement économique, les équipements.., des réunions et des visites de ville seront organisées sur les thématiques choisies. Le but est d’aboutir en 2010, à la détermination d’orientations de politique urbaine partagée.  » (source le Moniteur).

Les communes concernées donnent l’impression de vouloir faire vite pour définir le contenu de leur coopération, les conditions de développement de leurs projets.

 Il n’est que temps. Le quotidien Le Monde daté dimanche 17-lundi 18 mai en effet confirme  (page 9) que le gouvernement a bien décidé de pousser à l’achèvement de l’organisation et de la carte des structures intercommunales. Les dates sont précisées par Mme la Ministre de l’Intérieur qui indique : «  Pour l’achever, j’ai fait le choix de l’incitation plutôt que de la contrainte avec une échéance raisonnable d’ici à la fin 2011 ». 2011 c’est tout proche.

 La municipalité de Champigny se refuse pourtant à engager des démarches avec les communes voisines. Lorsque M. Bargero était encore maire et que la question lui était posée il répondait invariablement qu’il était impossible d’envisager un travail commun avec les municipalités de droite qui nous entourent et que cela reviendrait à limiter les libertés de Champigny.

Lorsque la question est posée aujourd’hui la municipalité renvoie à l’ACTEP comme si l’ACTEP (Association des Collectivités Territoriales de l’Est Parisien) pouvait constituer une solution de rechange. Qu’est ce en effet que l’Actep ?  Une association, créée en 2000 et qui regroupait au départ 21 communes de Seine Saint Denis et du Val de Marne, soit 780.000 h. Elle est présidée depuis 2008 par M. Adenot, Maire de Champigny. L’an dernier 4 communes Bondy (54700h), Gournay sur Marne (5500h), Montreuil (90700h) et Noisy le Sec (37300h) représentant 25% de la population ont quitté l’ACTEP. Pourquoi ? Parce que l’ACTEP n’est qu’une association capable de faire des études, de présenter des projets mais n’a pas le statut juridique  lui permettant d’assurer des financements. Si 4 communes aujourd’hui (et combien d’autres demain ?) ont choisi de se retirer de l’ACTEP c’est bien à cause de l’inefficacité de ce type de structure.

L’ACTEP ne peut pas répondre aux besoins de développement de Champigny. Et nous ne pouvons pas rester seuls. Le mythe du petit village gaulois n’est pas d’actualité et son chef M. Adenot ne peut pas jouer les Abraraccourcix, il lui manque la potion magique.

Aujourd’hui 93% des communes de France ont adhéré à un regroupement intercommunal. L’état veut accélérer l’achèvement de la création des intercommunalités, notamment en Ile de France.

Champigny, structurellement pauvre et où la taxe professionnelle rapporte peu ne peut pas rester isolé.

Il est grand temps de parler transport, développement économique avec nos voisins et de monter à plusieurs des projets de développement financés par un produit de taxe professionnelle mutualisé.

 La création d’une intercommunalité est aussi une façon claire de faire entendre, à travers les élus municipaux, les attentes et les souhaits des citoyens, et de s’opposer aux préférences clairement indiquées dans le rapport Balladur de regroupements très centralisés dirigées autoritairement  d’en haut où aucune attention ne serait apportée à l’expression des citoyens.